Washington annonce le retrait total de ses troupes d'Afghanistan d'ici fin août

Un soldat de l'Armée nationale afghane (ANA) monte la garde à la base aérienne de Bagram, après le départ de toutes les troupes américaines et de l'OTAN, à quelque 70 km au nord de Kaboul, le 2 juillet 2021 (AFP)
Un soldat de l'Armée nationale afghane (ANA) monte la garde à la base aérienne de Bagram, après le départ de toutes les troupes américaines et de l'OTAN, à quelque 70 km au nord de Kaboul, le 2 juillet 2021 (AFP)
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Publié le Vendredi 02 juillet 2021

Washington annonce le retrait total de ses troupes d'Afghanistan d'ici fin août

  • Ce retrait intervient avant la date butoir fixée du 11 septembre sans pour autant être aussi rapide que ceux qui comptaient sur la date symbolique de la fête nationale américaine du 4 juillet
  • Selon des informations de presse, le Pentagone devrait néanmoins maintenir près de 600 soldats en Afghanistan pour garder la vaste ambassade des Etats-Unis à Kaboul

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont assuré vendredi que la totalité de leurs troupes seraient parties d'Afghanistan d'ici fin août, quelques heures après l'annonce du départ de l'ensemble des militaires américains et de l'Otan de la base aérienne de Bagram, la plus grande du pays. 

Ce retrait intervient avant la date butoir fixée du 11 septembre sans pour autant être aussi rapide que ceux qui comptaient sur la date symbolique de la fête nationale américaine du 4 juillet.  

Les talibans se sont "réjouis" du départ des troupes étrangères de ces installations situées à 50 km au nord de Kaboul qui ont été le pivot des opérations américaines tout au long de la guerre déclenchée en 2001. 

C'est de là qu'étaient effectuées les frappes aériennes contre les talibans et leurs alliés d'Al-Qaïda et qu'était organisé le réapprovisionnement des soldats.

"L'aérodrome de Bagram a été officiellement remis au ministère de la Défense. Les forces américaines et de la coalition se sont complètement retirées de la base et désormais les forces armées afghanes la protégeront et l'utiliseront pour combattre le terrorisme", a tweeté le porte-parole adjoint du ministère afghan de la Défense, Fawad Aman.

Un responsable américain de la Défense avait auparavant confirmé, sous couvert d'anonymat, que "toutes les forces de la coalition" étaient parties de Bagram.

"Nous nous réjouissons" de "ce départ", a déclaré à l'AFP le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid. "Leur retrait complet (d'Afghanistan) permettra aux Afghans de décider eux-mêmes de leur avenir."

Les derniers soldats américains quitteront le territoire afghan d'ici "fin août", a indiqué vendredi la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki, soit avant la date butoir qui était celle du 20ème anniversaire des attentats de 2001.

"Nous sommes exactement sur la trajectoire" programmée, a affirmé le président Joe Biden au cours d'une conférence de presse.

Les talibans ont quant à eux partout multiplié leurs offensives depuis que ce retrait final a débuté en mai, s'emparant de dizaines de districts ruraux, pendant que les forces de sécurité afghanes consolidaient leurs positions dans les grandes villes.

La capacité de l'armée afghane à conserver le contrôle de l'aérodrome de Bagram pourrait être une des clés pour préserver la sécurité aux abords de Kaboul et pour maintenir la pression sur les insurgés.

Joe Biden a à cet égard souligné vendredi que le gouvernement afghan devait désormais "être capable lui-même" de protéger en particulier la capitale.

- "Situation chaotique" -

Le départ des troupes étrangères de Bagram "symbolise le fait que l'Afghanistan est seul, abandonné et contraint de se défendre seul contre l'assaut des talibans", a estimé l'expert Nishank Motwani, basé en Australie.

"De retour chez eux, les Américains et les forces alliées verront de loin ce qu'ils se sont battus si durement pour construire être réduit en cendres, en sachant que les hommes et les femmes afghanes avec lesquels ils se sont battus risquent de tout perdre", a-t-il ajouté.

Selon des informations de presse, le Pentagone devrait néanmoins maintenir près de 600 soldats en Afghanistan pour garder la vaste ambassade des Etats-Unis à Kaboul.

"Nous continuerons à fournir des systèmes de sécurité, de l'assistance humanitaire et d'être des partenaires du gouvernement de l'Afghanistan dans les prochains mois", a ainsi précisé Jen Psaki. 

Les habitants de Bagram, pour leur part, s'attendent à ce que la situation sécuritaire se dégrade après le départ des troupes étrangères.

"La situation est chaotique (...) Il y a beaucoup d'insécurité et le gouvernement n'a pas (assez) d'armes et d'équipements", a dit à l'AFP Matiullah, qui tient un magasin de chaussures sur le marché de cette localité.

"Depuis qu'ils ont commencé à se retirer, la situation a empiré. Il n'y a pas de travail (...), les affaires ne marchent pas", a constaté Fazal Karim, un mécanicien pour vélos.

Au fil des ans, des centaines de milliers de militaires américains et de l'Otan, ainsi que des sous-traitants, s'étaient établis dans la base de Bagram, qui ressemblait à une ville miniature.

A une certaine époque, elle a même compris des piscines, des cinémas et des spas ainsi que des chaînes de restauration rapide comme Burger King et Pizza Hut.

- Retrait des Allemands et des Italiens -

La base abrite aussi une prison dans laquelle ont été enfermés des milliers de talibans et de jihadistes.

Elle avait été construite par les États-Unis pour leur allié afghan pendant la Guerre froide dans les années 1950 pour le protéger de l'Union soviétique au Nord.

Ironiquement, elle a été utilisée et considérablement étendue par les Soviétiques après qu'ils ont envahi en 1979 l'Afghanistan.

Quand ils s'en sont retirés en 1989, elle est devenue un enjeu majeur de la guerre civile qui a suivi. Il semble même que les talibans soient un moment parvenus à contrôler un bout de la piste longue de trois kilomètres, leurs ennemis de l'Alliance du Nord étant alors à l'autre bout.

Ces derniers mois, Bagram est devenue la cible de tirs de roquettes revendiqués par le groupe Etat islamique, faisant craindre qu'elle ne soit rapidement l'objet d'une attaque en règle.

En mai, il restait près de 9 500 soldats étrangers en Afghanistan, dont 2 500 Américains. Jusqu'à présent, ce retrait a été mené tambour battant.

Pour le moment, seules l'Allemagne et l'Italie ont confirmé avoir retiré leurs dernières troupes.


Rubio met en garde contre le «chaos total» en cas de péage à Ormuz

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
  • L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés
  • C'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient

MANAMA: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, en tournée dans le Golfe, a mis en garde jeudi contre le "chaos total" que pourrait engendrer la mise en place par l'Iran de frais dont devraient s'acquitter les navires dans le détroit d'Ormuz.

Plus tôt jeudi, Téhéran avait menacé de "mesures appropriées" contre tout bateau s'aventurant à franchir le détroit sans leur autorisation, semblant répondre à l'aonnonce par Oman de l'ouverture d'un "corridor maritime temporaire" présenté comme une intiative concertée avec l'ONU.

Ormuz est une étroite voie navigable d'une trentaine de kilomètres de large qui sépare l'Iran et Oman, mais le seul passage autorisé par l'Iran se fait dans un couloir qui longe ses côtes.

L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés - c'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn).

Le chef de la diplomatie américaine, venu rassurer ses alliés du Golfe largement ciblés par Téhéran pendant la guerre en représailles des frappes israélo-américaines sur l'Iran, a ajouté que les Etats-Unis souhaitaient un accord de paix, mais pas "à n'importe quel prix".

"Nous voulons un accord qui soit bon, nous voulons un accord qui soit réel, nous voulons un accord qui soit vérifiable, et nous voulons un accord qui soit respecté", a poursuivi M. Rubio.

Le responsable, qui s'est rendu aux Emirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn, a également donné l'assurance que les intérêts des pays du Golfe seraient pris en compte.

"Nous voulons nous assurer qu'aucune partie de cet accord ne porte atteinte, de quelque manière que ce soit, à la sécurité, à la stabilité ou à la prospérité de l'un de nos partenaires de la région du Golfe", a-t-il souligné.

Son homologue de Bahreïn, Abdoullatif ben Rachid Al Zayani, a lui mis en avant les "incertitudes" affectant ces pays.

Les monarchies du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Elles accueillent des bases militaires américaines et ont été visées par des missiles et drones iraniens en représailles.


Double séisme au Venezuela: au moins 32 morts et plus de 700 blessés

Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
  • Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres
  • Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela

CARACAS: Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués.

Dans la capitale de ce pays d'Amérique latine de près de 30 millions d'habitants régulièrement frappé par des séismes, des photographes de l'AFP ont vu des secouristes et des habitants fouiller des immeubles réduits à des gravats. Des personnes étaient extirpées des décombres puis emmenées sur des brancards.

Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres. "Nous avons besoin de lampes torches !", lance l'un d'eux dans la nuit noire.

"A l'heure actuelle, nous avons reçu des informations faisant état de 32 morts" et "de plus de 700 blessés", a déclaré la présidente par intérim Delcy Rodriguez dans un message à la nation, après avoir déclaré l'état d'urgence.

Elle a précisé ne pas encore disposer de données concernant l'Etat de La Guaira, situé à proximité de la capitale et qui est selon elle la région la plus touchée. L'aéroport de Caracas, gravement endommagé selon elle, a été fermé.

Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela. "Nous serons aux côtés de nos nouveaux et formidables amis", a assuré le président américain Donald Trump, tandis que Mme Rodriguez a indiqué s'être entretenue au téléphone avec le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

Cette initiative américaine, un acte diplomatique fort après des années de tensions, s'inscrit dans le cadre du rétablissement des relations entre les deux pays depuis que les forces américaines ont capturé le président déchu Nicolas Maduro, aujourd'hui incarcéré aux Etats-Unis.

La Chine et l'Inde ont elles aussi proposé leur aide, et plusieurs pays d'Amérique latine ont fait de même et exprimé leur solidarité, parfois au-delà de leurs divergences politiques. 


L'Iran accuse l'Otan de «complicité» dans la guerre menée contre lui

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
  • M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury"
  • "Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X

TEHERAN: Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël.

M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury" lancée contre l'Iran le 28 février.

M. Rutte a également affirmé que l'aéroport de Bucarest avait réduit ses vols commerciaux pour laisser la place aux avions de ravitaillement utilisés dans le cadre de cette opération, et qu'entre 4.000 et 5.000 sorties d'avions américains avaient été effectuées depuis des bases européennes pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X.

"Le secrétaire général de l'Otan a explicitement désigné l'Italie et la Roumanie comme ayant participé à l'agression contre l'Iran", a souligné le porte-parole du ministère iranien.

"Ces pays, ainsi que tous les autres pays européens ayant apporté leur soutien à l'agression américano-israélienne contre l'Iran, doivent expliquer à leur propre population et au monde entier pourquoi ils ont choisi de se rendre complices de cet acte d'agression flagrant et de la perpétration d'atrocités de masse contre les populations iraniennes", a-t-il ajouté.

En Italie, le ministère de la Défense a condamné mercredi les propos de M. Rutte, estimant qu'ils avaient envoyé "un message complètement trompeur", Rome n'ayant permis aux Etats-Unis d'utiliser ses bases que pour des vols techniques et logistiques, et non des missions de combat.