Le congrès du RN s'interroge sur la défaite sans changer de ligne

Les membres du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Le maire de Perpignan Louis Aliot (g), le maire de Beaucaire Julien Sanchez (2e g)), le candidat aux élections régionales dans la région Occitanie Jean-Paul Garraud (d) et le maire de droite de Béziers Robert Menard (2e d) avant une conférence de presse à Narbonne, dans le sud de la France, le 22 juin 2021. (Raymond Roig/AFP)
Les membres du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Le maire de Perpignan Louis Aliot (g), le maire de Beaucaire Julien Sanchez (2e g)), le candidat aux élections régionales dans la région Occitanie Jean-Paul Garraud (d) et le maire de droite de Béziers Robert Menard (2e d) avant une conférence de presse à Narbonne, dans le sud de la France, le 22 juin 2021. (Raymond Roig/AFP)
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Publié le Samedi 03 juillet 2021

Le congrès du RN s'interroge sur la défaite sans changer de ligne

Les membres du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Le maire de Perpignan Louis Aliot (g), le maire de Beaucaire Julien Sanchez (2e g)), le candidat aux élections régionales dans la région Occitanie Jean-Paul Garraud (d) et le maire de droite de Béziers Robert Menard (2e d) avant une conférence de presse à Narbonne, dans le sud de la France, le 22 juin 2021. (Raymond Roig/AFP)
  • Les dirigeants du RN, Marine Le Pen en tête, accusent d'abord l'abstention, massive, qui a notamment touché les jeunes et les classes populaires, électeurs du RN
  • Mais pas question de remettre en cause la stratégie de "normalisation" du discours, pourtant questionnée par des militants ou en périphérie du RN

PERPIGNAN, France : Les militants du RN entament samedi leur 17e congrès à Perpignan, une semaine seulement après une défaite aux régionales qui les a sonnés, mais qui ne devrait pas provoquer de changement sur la ligne de "normalisation" avant la présidentielle.

Le maire RN de la ville Louis Aliot, également membre de la direction du parti, a souhaité vendredi "s'interroger" sur la "part de responsabilité" de sa formation dans cet échec aux régionales : elle en est sortie bredouille et avec 30% d'élus régionaux en moins. Cet enjeu n'a "pas intéressé" les électeurs, a-t-il affirmé sur Sud Radio.

Les dirigeants du RN, Marine Le Pen en tête, accusent d'abord l'abstention, massive, qui a notamment touché les jeunes et les classes populaires, électeurs du RN. Les moyens de la combattre pourraient faire l'objet de discussions au congrès.

Mais pas question de remettre en cause la stratégie de "normalisation" du discours, pourtant questionnée par des militants ou en périphérie du RN.

Aucune personnalité n'apparaît de toute façon en capacité de porter ces mécontentements internes au congrès, qui n'est pas organisé autour de motions ou de courants comme dans d'autres formations. La direction du RN a en outre été accusée d'avoir mis à l'écart, l'été dernier, les partisans de l'ancienne députée FN Marion Maréchal, qui n'a plus sa carte au parti.

"Ouvrir les bras"

Le RN s'est-il trop "banalisé", au risque de ne plus intéresser les électeurs ? "Un faux débat", estime Louis Aliot. Quand l'ancien président Jean-Marie Le Pen accuse la "délepénisation" du parti, duquel il a été exclu en 2015 pour ses dérapages sur la Shoah, sa fille Marine Le Pen répond qu'elle ne "recherche ni plus ni moins de radicalité" et veut "agir sans violence et sans faiblesse".

"On peut être plus trash, mais à ce moment-là, on ne fait pas 21%, on fait 15%", ajoute son conseiller Philippe Olivier.

Quant à "l'ouverture" à des candidats extérieurs au parti, mise en avant aux régionales, mais critiquée par des fédérations qui y ont vu des parachutages aux dépens de militants mieux implantés, Louis Aliot affirme qu'il "préfère l'ouverture à la fermeture".

L'ancien vice-président du FN (devenu RN), qui vient au congrès avec un livre, fait valoir sa conquête de Perpignan l'an dernier, obtenue selon lui "en ouvrant les bras à d'autres, sur un projet".

Fort de cette expérience municipale, mais surtout de trente ans dans le mouvement, Louis Aliot brigue la présidence temporaire du RN pendant la campagne présidentielle, poste pour lequel est aussi cité le numéro deux Jordan Bardella.

"Décorréler" les élections

Les militants, attendus autour d'un millier, voteront samedi un changement des statuts qui permettra cet intérim "pendant 12 mois". Dans ce cas, le président du parti sera remplacé par le vice-président et, s'il y en a plusieurs, par le "premier d'entre eux".

Reste donc à savoir si le nom du premier vice-président sera connu dimanche. Les militants guetteront également l'ordre d'arrivée des élus au conseil national ("parlement" du parti), où Louis Aliot, très populaire dans le mouvement, est souvent arrivé en tête.

Seule candidate à sa succession, Marine Le Pen, dont le discours est prévu dimanche à 15H00, est assurée pour sa part d'être réélue présidente et adoubée pour la campagne présidentielle, vers laquelle elle compte désormais orienter ses militants en "décorrélant" ce scrutin des régionales.

Désireuse de ressouder sa base, elle a déjà appelé mercredi à "la mobilisation" face à "la submersion [migratoire] programmée de l'Europe", thème fétiche de son parti. Vendredi, elle a publié avec 15 alliés en Europe une déclaration commune visant à une "grande alliance au Parlement européen", marque d'un "travail de rassemblement", selon le RN.

Plusieurs organisations de gauche ont prévu de manifester samedi à Perpignan contre la "carte de la +respectabilité+" du RN qui "résiste mal" aux mises en examen dans l'affaire des emplois présumés fictifs du parti au Parlement européen.

Des cadres du RN ont aussi laissé entendre que des soutiens du polémiste Eric Zemmour allaient mener une action. Le collectif Génération Z a démenti vouloir "attaquer" Marine Le Pen.

 


Un hommage national rendu au militaire français tué en Irak

L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. (AFP)
L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. (AFP)
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  • "La Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos militaires blessés qui sont encore, pour certains, dans les soins intensifs en ce moment-même à l'hôpital"
  • Arnaud Frion, 42 ans, a été tué jeudi soir dans une frappe de drone qui a également blessé six militaires français, depuis rapatriés et hospitalisés en France

VARCES-ALLIERES-ET- RISSET: Emmanuel Macron a salué mardi, au début d'un conseil de défense sur le conflit au Moyen-Orient, la mémoire du major Arnaud Frion "mort pour la France" en Irak, auquel la ministre des Armées Catherine Vautrin a aussi rendu un hommage solennel au 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces (Isère) où il servait.

"Le major Frion est mort pour la France en Irak en fin de semaine dernière lors d'une attaque de drones perpétrée par une milice pro-iranienne, alors qu'il œuvrait à la lutte contre le terrorisme, au combat contre Daech (État islamique, NDLR), à la défense de la souveraineté irakienne et, ce faisant, à notre sécurité", a déclaré le chef de l’État.

"La Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos militaires blessés qui sont encore, pour certains, dans les soins intensifs en ce moment-même à l'hôpital", a-t-il ajouté.

Arnaud Frion, 42 ans, a été tué jeudi soir dans une frappe de drone qui a également blessé six militaires français, depuis rapatriés et hospitalisés en France.

"La France n'oubliera pas le prix de la vie d'Arnaud Frion (...) ce prix douloureux, c'est celui de notre sécurité, de notre souveraineté, de notre liberté", a également affirmé Catherine Vautrin à Varces.

Face à elle, le cercueil du major est recouvert du drapeau bleu blanc rouge et de trois coussins sur lesquels reposent ses décorations, la croix de chevalier de la Légion d'honneur reçue à titre posthume et la tarte, béret distinctif des chasseurs alpins.

"Le parcours d'Arnaud Frion raconte un homme qui était devenu par le travail, par la valeur, par l'exemple, l'une des plus belles figures du soldat français", a salué la ministre au côté du chef d'état-major de l'armée de Terre, le général Pierre Schill.

L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. Marié et père d'un enfant, il avait reçu la médaille militaire le 31 décembre 2021.

Il a été frappé avec ses compagnons d'armes alors qu'il se trouvait dans une base placée sous l'autorité des combattants kurdes peshmergas, située au sud-ouest d'Erbil, à Mala Qara, dans le Kurdistan irakien. Ils y étaient déployés dans le cadre de la coalition internationale mise en place en 2014 contre le groupe jihadiste État islamique.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le Kurdistan irakien et Erbil ont essuyé de multiples attaques de drones Shahed imputées à des factions pro-iraniennes, visant notamment les dispositifs militaires américains dans la région. Ces attaques ont été pour la plupart neutralisées par la défense antiaérienne.


Macron convoque un nouveau conseil de défense mardi après-midi sur la situation au Moyen-Orient

Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse avec Volodymyr Zelensky à l’Élysée, le 13 mars 2026, après des discussions sur le soutien à l’Ukraine et la pression sur la Russie. (AFP)
Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse avec Volodymyr Zelensky à l’Élysée, le 13 mars 2026, après des discussions sur le soutien à l’Ukraine et la pression sur la Russie. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron convoque un conseil de défense sur la situation en Iran et au Moyen-Orient, dans un contexte de pressions de Donald Trump concernant la sécurisation du détroit d’Ormuz
  • Isaac Herzog appelle les pays européens à agir contre le Hezbollah, tandis que la France propose une médiation entre le Liban et Israël pour éviter une escalade régionale

PARIS: Le président Emmanuel Macron a convoqué un nouveau conseil de défense et de sécurité nationale mardi après-midi "sur la situation en Iran et au Moyen-Orient", a annoncé l'Elysée.

Ce nouveau conseil de défense réunissant les ministres et responsables chargés des questions de sécurité - le dernier remonte au 10 mars - intervient alors que Donald Trump fait pression sur la France pour qu'elle réponde positivement à sa demande d'aide pour la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Le président israélien Isaac Herzog a de son côté appelé lundi les pays européens à "soutenir tout effort visant à éradiquer" le mouvement islamiste libanais Hezbollah, allié de l'Iran.

Il a aussi salué l'offre française de faciliter des discussions directes entre le Liban et Israël qui a lancé des frappes aériennes massives et des "opérations terrestres limitées" contre le Hezbollah.

Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient lorsque le Hezbollah a attaqué Israël le 2 mars pour venger l'assassinat du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, tué deux jours plus tôt par une frappe israélienne à Téhéran.

Emmanuel Macron a appelé samedi Israël à accepter des "discussions directes" avec l'exécutif libanais et "toutes les composantes" du Liban, qu'il s'est dit prêt à "faciliter" en "les accueillant à Paris", afin d'empêcher que "le Liban ne sombre dans le chaos".

Israël a poursuivi mardi ses bombardements sur Téhéran et contre le Hezbollah pro-iranien dans la banlieue sud de Beyrouth, au 18e jour de la guerre au Moyen-Orient qui embrase aussi l'Irak, théâtre de nombreuses attaques.


Au cœur du centre de crise du Quai d’Orsay: rapatrier mais également écouter et rassurer

Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
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  • Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés
  • Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités

PARIS: Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable.

Le Centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, dirigé par l’ambassadeur Louis L’alliot, a été immédiatement mobilisé. Ses équipes travaillent jour et nuit pour répondre aux appels des Français, organiser des évacuations et coordonner les actions diplomatiques et humanitaires.

Environ 400 000 Français vivent au Moyen-Orient, auxquels s’ajoutent de nombreux touristes. La fermeture des espaces aériens rend les départs très difficiles. Une plateforme téléphonique composée d’environ 30 répondants, dont une majorité de bénévoles de la Croix-Rouge, traite les appels de personnes inquiètes ou bloquées. Au total, plus de 50 agents peuvent répondre simultanément grâce à plusieurs centres d’appel.

Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés. Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités. Les personnes vulnérables (personnes âgées, malades, familles avec jeunes enfants) sont prioritaires pour les vols spéciaux affrétés par l’État, dont le coût est en partie pris en charge.

Jusqu’à présent, plus de 1 500 personnes ont été rapatriées par ces vols, tandis qu’environ 17 000 Français ont quitté la région par leurs propres moyens.

Le centre fonctionne grâce à plusieurs pôles spécialisés : gestion des ressources humaines, relations internationales, soutien médical, organisation des vols et le « pôle communauté » chargé de contacter les ressortissants prioritaires.

Les bénévoles de la Croix-Rouge jouent également un rôle important en apportant écoute et soutien psychologique aux appelants souvent stressés ou inquiets.

Créé en 2008, le Centre de crise et de soutien est aujourd’hui un outil essentiel de la diplomatie française, capable d’activer une cellule de crise en moins d’une heure et de fonctionner 24h/24 lors de situations internationales majeures.