Les phares, nouvelle destination dans le vent pour une nuit insolite

Cette photo prise le 28 juin 2021 à Plouguerneau, dans l'ouest de la France montre les deux phares de l'Ile Vierge qui sont désormais disponibles à la location. (Fred Tanneau/AFP)
Cette photo prise le 28 juin 2021 à Plouguerneau, dans l'ouest de la France montre les deux phares de l'Ile Vierge qui sont désormais disponibles à la location. (Fred Tanneau/AFP)
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Publié le Samedi 03 juillet 2021

Les phares, nouvelle destination dans le vent pour une nuit insolite

Cette photo prise le 28 juin 2021 à Plouguerneau, dans l'ouest de la France montre les deux phares de l'Ile Vierge qui sont désormais disponibles à la location. (Fred Tanneau/AFP)
  • La maison des gardiens de phare de l'île Vierge, située à un peu plus d'un kilomètre de la côte nord du Finistère, vient tout juste de s'ouvrir à la location
  • Les phares exercent toujours une profonde attraction, notamment par gros temps

BREST, France : Chambre à coucher à 30 mètres de hauteur, vues à 360° ou encore vie de Robinson sur îlot rocheux: après avoir perdu leur gardien, des phares se reconverstissent pour accueillir des amoureux de la mer à la recherche d'un hébergement insolite.

A quelques encablures de la rade de Lorient, en Bretagne, se dresse le phare de Kerbel, désaffecté en 1989. Connu pour avoir été gardienné par une femme, Honorine Le Guen, pendant près de 50 ans (!), ce phare a changé d'ère: tout en haut, à la place de la lanterne, se trouve un studio, climatisé, avec salle de bain et kitchenette, le seul en France où l'on peut dormir à son sommet.

"On est complet jusqu'à octobre et il n'y pas un samedi jusqu'en 2022", avec traditionnellement un pic de demandes pour la Saint-Valentin, explique la propriétaire Valérie Bergeron, alors qu'il faut débourser 650 euros la nuit pour deux.

Patrick a pu lui exaucer son vœu le plus cher en y dormant, un cadeau pour ses 70 ans, découvrant du lit les ciels somptueux sur l'île de Groix et Belle-île. "J'en rêvais depuis longtemps et c'était formidable! Petit, je voyais les reportages sur le phare de la Jument, le phare de la Vieille, qui me fascinaient littéralement", explique-t-il.

Car les phares exercent toujours une profonde attraction, notamment par gros temps. "Lors de la tempête Alex, j'avais des coups de téléphone jusqu'à 21H00 de personnes demandant si c'était disponible car ils voulaient vivre la tempête en haut du phare", s'amuse Mme Bergeron, qui a déboursé 1,5 million pour l'acquérir en 2018 après une annonce sur les réseaux sociaux.

Plus au nord, la maison des gardiens de phare de l'île Vierge, située à un peu plus d'un kilomètre de la côte nord du Finistère, vient tout juste de s'ouvrir à la location. D'importants travaux de remise en état ont été réalisés au sein de la bâtisse, de 1845, et de son phare.

"Il y a tout ce qu'il faut pour y passer une nuit ou deux: cuisine, salle de bain, salon, salle à manger...", énumère Magali Casadémont, guide référente des phares de l'île Vierge, à propos de cet éco-gîte pouvant accueillir jusqu'à neuf personnes. Prix de la nuitée: à partir de 350 euros.

Accolé à la maison de deux étages, le phare offre depuis sa coupole réaménagée une incroyable vue circulaire sur cette côte aux eaux turquoises et les nombreux récifs qui la jalonnent, ainsi que sur son "grand frère", un phare de 82,5 m, le plus haut d'Europe. Mis en service en 1902 afin d'étendre la portée du précédent, il est ouvert à la visite.

Résidence d'artiste 

Plus à l'est, dans la baie de Morlaix, la maison des gardiens de phare de l'île Louët peut héberger jusqu'à dix personnes dans un confort plus sommaire. Posée sur un bout de rocher, elle est accolée à l'ancien phare qui n'est en revanche pas accessible, car toujours en fonction.

"Les gens peuvent vivre ici en Robinson pendant une nuit ou un weekend", sourit Jean-Baptiste Patault, élu à la mairie de Carantec, à propos de l'îlot où de nombreux goélands et mouettes ont élu domicile.

Si une poignée de phares et maisons de gardiens ont réussi leur reconversion, ce n'est pas le cas de la majorité de ceux qui ne sont plus en service. "Les phares en mer pourraient aussi avoir une seconde vie", juge Marc Pointud, président de la Société nationale pour le patrimoine des phares et balises, qui œuvre pour la sauvegarde de ces édifices.

"Il y aurait plein de choses à faire. Il suffit de faire preuve d'imagination", assure cet ardent défenseur de ces bâtiments mythiques, évoquant notamment le projet de créer une résidence d'artistes sur Tévennec. L'îlot abrite l'unique maison-phare construite en pleine mer en France, dans une zone de violents courants parsemée de rochers à fleur d'eau, où de nombreux marins ont perdu la vie.

 


Au cœur du centre de crise du Quai d’Orsay: rapatrier mais également écouter et rassurer

Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
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  • Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés
  • Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités

PARIS: Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable.

Le Centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, dirigé par l’ambassadeur Louis L’alliot, a été immédiatement mobilisé. Ses équipes travaillent jour et nuit pour répondre aux appels des Français, organiser des évacuations et coordonner les actions diplomatiques et humanitaires.

Environ 400 000 Français vivent au Moyen-Orient, auxquels s’ajoutent de nombreux touristes. La fermeture des espaces aériens rend les départs très difficiles. Une plateforme téléphonique composée d’environ 30 répondants, dont une majorité de bénévoles de la Croix-Rouge, traite les appels de personnes inquiètes ou bloquées. Au total, plus de 50 agents peuvent répondre simultanément grâce à plusieurs centres d’appel.

Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés. Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités. Les personnes vulnérables (personnes âgées, malades, familles avec jeunes enfants) sont prioritaires pour les vols spéciaux affrétés par l’État, dont le coût est en partie pris en charge.

Jusqu’à présent, plus de 1 500 personnes ont été rapatriées par ces vols, tandis qu’environ 17 000 Français ont quitté la région par leurs propres moyens.

Le centre fonctionne grâce à plusieurs pôles spécialisés : gestion des ressources humaines, relations internationales, soutien médical, organisation des vols et le « pôle communauté » chargé de contacter les ressortissants prioritaires.

Les bénévoles de la Croix-Rouge jouent également un rôle important en apportant écoute et soutien psychologique aux appelants souvent stressés ou inquiets.

Créé en 2008, le Centre de crise et de soutien est aujourd’hui un outil essentiel de la diplomatie française, capable d’activer une cellule de crise en moins d’une heure et de fonctionner 24h/24 lors de situations internationales majeures.


Municipales en France: percée de la gauche radicale, l'extrême droite s'installe

Sarah Knafo (au centre), candidate d'extrême droite du parti Reconquete! à la mairie de Paris, se promène parmi ses partisans et les représentants des médias après l'annonce des résultats du premier tour des élections municipales de 2026 à Paris, le 15 mars 2026. (AFP)
Sarah Knafo (au centre), candidate d'extrême droite du parti Reconquete! à la mairie de Paris, se promène parmi ses partisans et les représentants des médias après l'annonce des résultats du premier tour des élections municipales de 2026 à Paris, le 15 mars 2026. (AFP)
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  • Tard dans la nuit dimanche, les tractations ont commencé partout où de possibles triangulaires, quadran, quinquan, voire sextangulaires sont théoriquement possibles, puisqu'il suffit qu'une liste ait obtenu 10% pour qu'elle puisse se maintenir au 2e tour
  • A Toulouse (sud), 4e ville de France, où La France insoumise (LFI), le parti de gauche radicale dirigé par Jean-Luc Mélenchon, est arrivé à la surprise générale devant la liste de gauche menée par le Parti socialiste (PS)

PARIS: Au lendemain d'élections locales en France marquées par la percée de la gauche radicale et des scores favorables à l'extrême droite, des alliances délicates ont commencé à se nouer à gauche lundi en vue du second tour dimanche.

Les résultats ont placé en effet dimanche soir les forces politiques, et notamment la gauche, face à de nombreux dilemmes à treize mois de la prochaine présidentielle. Le scrutin a été marqué par une progression de l'abstention.

Tard dans la nuit dimanche, les tractations ont commencé partout où de possibles triangulaires, quadran, quinquan, voire sextangulaires sont théoriquement possibles, puisqu'il suffit qu'une liste ait obtenu 10% pour qu'elle puisse se maintenir au second tour.

A Toulouse (sud), 4e ville de France, où La France insoumise (LFI), le parti de gauche radicale dirigé par Jean-Luc Mélenchon, est arrivé à la surprise générale devant la liste de gauche menée par le Parti socialiste (PS), une "liste commune" a été annoncée dès lundi matin.

A Lille (nord), les discussions ont débuté entre les trois forces de gauche arrivées en tête, socialistes et insoumis cherchant une alliance avec les Écologistes.

A Besançon (est), la maire écologiste sortante, largement distancée par le candidat Les Républicains (LR, droite), a annoncé son ralliement à LFI pour "battre la droite".

A Lyon (centre-est) également, la candidate LFI espère une fusion avec la liste de l'écologiste sortant Grégory Doucet contre le candidat de droite Jean-Michel Aulas, ancien patron de l'Olympique lyonnais.

Mais à Paris et Marseille, 2e ville de France, les négociations s'annoncent plus ardues après des campagnes extrêment tendues entre PS et LFI.

A Paris, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire a certes largement distancé sa concurrente de droite Rachida Dati, ex-ministre de la Culture, d'au moins dix points et semble en mesure de permettre à la gauche hors-LFI de conserver la capitale.

Mais la candidate Insoumise Sophia Chikirou, qui a passé le cap des 10%, risque de lui mettre des bâtons dans les roues.

Faute de fusion, elle se maintiendra, a-t-elle assuré. Le socialiste a toujours exclu la moindre alliance avec LFI.

"Tradition à gauche" 

En face, le candidat centriste Pierre-Yves Bournazel va lui aussi devoir décider s'il répond à l'appel au "rassemblement" lancé par Rachida Dati.

Pour la gauche, la situation est plus complexe encore à Marseille, où le sortant Benoît Payan est au coude-à-coude avec Franck Allisio (Rassemblement national, RN).

M. Payan a affirmé qu'il n'était "pas question de faire la moindre tambouille avec qui que ce soit". Une position jugée "irresponsable" par le LFI Sébastien Delogu, lui aussi qualifié.

Les choix pour le second tour du 22 mars devront être tranchés au plus tard mardi soir, date-butoir pour les têtes de liste ayant obtenu plus de 10% des voix dimanche qui devront dire si elles se maintiennent, fusionnent ou se désistent.

Lundi matin, les stratèges des partis ont développé leurs argumentaires.

Répétant qu'il n'y aurait pas d'"accord national", le secrétaire général du PS Pierre Jouvet a demandé "solennellement" à LFI de se retirer à Marseille, tout en évoquant des alliances locales possibles, comme à Nantes (ouest).

Forte de ses bons résultats dans les grandes villes, de sa victoire à Saint-Denis (nord de Paris) et de son score très prometteur à Roubaix (nord), LFI continue de mettre la pression sur le reste de la gauche.

Son coordinateur Manuel Bompard a répété son souhait d'"une fusion entre les différentes listes (de gauche) pour battre la droite et l'extrême droite, comme d'ailleurs c'est la tradition à gauche depuis la nuit des temps".

A rebours, l'ancien président François Hollande ou le très probable candidat Place publique (gauche) à la présidentielle Raphaël Glucksmann semblent prêts à prendre le risque de voir des villes basculer à droite plutôt que de passer un accord avec le parti mélenchoniste.

Défendant le principe d'alliances locales, la cheffe des Écologistes Marine Tondelier a, pour sa part, estimé que refuser tout accord avec LFI "a un coût pour les habitants (des) villes qui avaient besoin de politiques de gauche et écolos".

De son côté, le RN, qui revendique 24 communes remportées et est en tête dans 60 autres, selon son vice-président Sébastien Chenu, a appelé les électeurs LR au "vote utile" au second tour pour faire barrage à la gauche.

Le RN, qui cherche à amplifier sa dynamique en vue de 2027, a vu plusieurs maires sortants être réélus comme Louis Aliot à Perpignan (sud).

A Nice (sud), son allié Eric Ciotti est très bien parti dans sa lutte fratricide contre Christian Estrosi, symbole d'un score en demi-teinte du bloc macroniste.

Seul l'ex-Premier ministre Édouard Philippe lui redonne quelques couleurs, avec une dizaine de points d'avance sur son concurrent communiste au Havre (nord-ouest).

 


Macron appelle Israël à des "discussions directes" avec le Liban, propose de les accueillir à Paris

Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky au palais de l’Élysée à Paris, après des discussions sur le soutien de la France et de l’Europe à l’Ukraine et sur les moyens d’accentuer la pression sur la Russie, le 13 mars 2026. (Photo: AFP)
Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky au palais de l’Élysée à Paris, après des discussions sur le soutien de la France et de l’Europe à l’Ukraine et sur les moyens d’accentuer la pression sur la Russie, le 13 mars 2026. (Photo: AFP)
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  • Emmanuel Macron appelle Israël à accepter des discussions directes avec l’exécutif libanais et toutes les composantes du Liban, se proposant de faciliter ces rencontres à Paris
  • Il exhorte le Hezbollah à stopper ses actions et Israël à renoncer à une offensive majeure afin d’éviter que le Liban ne sombre dans le chaos, alors que des centaines de milliers de personnes ont déjà fui les bombardements

PARIS: Emmanuel Macron a appelé samedi Israël à accepter des "discussions directes" avec l'exécutif libanais et "toutes les composantes" du Liban, qu'il s'est dit prêt à "faciliter" en "les accueillant à Paris".

"Tout doit être fait pour empêcher que le Liban ne sombre dans le chaos. Le Hezbollah doit arrêter immédiatement sa fuite en avant. Israël doit renoncer à une offensive d’ampleur et cesser ses frappes massives, alors que des centaines de milliers de personnes ont déjà fui les bombardements", a déclaré le président français sur X, rapportant s'être entretenu vendredi avec le président libanais Joseph Aoun, le Premier ministre libanais Nawaf Salam et le président du Parlement libanais Nabih Berri.