Bangladesh: face au virus, les habitants en quête désespérée d'oxygène

Des ouvriers chargent des bouteilles remplies d'oxygène médical sur un camion dans une usine de recharge. (AFP)
Des ouvriers chargent des bouteilles remplies d'oxygène médical sur un camion dans une usine de recharge. (AFP)
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Publié le Dimanche 04 juillet 2021

Bangladesh: face au virus, les habitants en quête désespérée d'oxygène

  • Proche de l'Etat indien du Bengale Occidental, Khulna affronté une hausse soudaine des contagions, provoqué par le variant Delta, détecté en premier lieu en Inde voisine
  • Jeudi, la ville a enregistré 46 décès, selon le décompte officiel, alors qu'elle n'avait jamais été confronté à plus d'une dizaine de décès lors des vagues précédentes

KHULNA , Bangladesh: Dans la ville de Khulna (sud-ouest), devenue l'épicentre de la nouvelle vague de contagions au Covid-19 au Bangladesh, les bonbonnes d'oxygène vides s'accumulent presque aussi rapidement que les morts.

Face à la montée du nombre de cas, le gouvernement a imposé un confinement strict à l'ensemble du pays pour le week-end, espérant ainsi freiner la propagation du virus, mais à Khulna, les hôpitaux et familles des victimes n'arrivent plus à faire face au rythme de contamination.

Non loin de l'accueil des urgences de l'hôpital, Mohammed Siddik, appuyé contre des bonbonnes vides, appelle ses proches, en larmes, pour leur annoncer le décès de son frère de 50 ans

Cet entrepreneur de 42 ans a conduit son frère à l'hôpital lorsque sa santé s'est détériorée mais il n'y avait plus ni lit ni oxygène disponible, relate-t-il à l'AFP.

"Il est mort en suffoquant dans un couloir de l'hôpital, à aucun moment ils ne lui ont apporté de l'oxygène", décrit M. Saddik.

Proche de l'Etat indien du Bengale Occidental, Khulna affronté une hausse soudaine des contagions, provoqué par le variant Delta, détecté en premier lieu en Inde voisine.

Jeudi, la ville a enregistré 46 décès, selon le décompte officiel, alors qu'elle n'avait jamais été confronté à plus d'une dizaine de décès lors des vagues précédentes.

Dans cette ville de 680 000 habitants, nombreux sont ceux qui estiment qu'en réalité le bilan est bien plus lourd, les cimetières étant incapables de gérer l'afflux soudain de décès dans les villes voisines, telles que Satkhira.

L'hôpital public, l'un des quatre de la ville, compte 400 lits mais la demande dépasse largement ses capacités désormais.

"Nous faisons face à une pression énorme au niveau des admissions", a reconnu Niaz Muhammad, médecin en chef du gouvernement pour la région de Khulna, qui assure en revanche qu'il n'y a aucun problème d'approvisionnement en oxygène.

La situation est critique

Mais d'autres témoignages décrivent la mort de proches sans avoir pu recevoir d'oxygène.

"Si seulement ils avaient pu en donner un peu à mon frère, il serait toujours vivant", regrette Afroza, en pleurs dans la cour de l'hôpital.

Depuis jeudi, la police et l'armée patrouillent dans les rues du pays, qui compte 168 millions d'habitants, afin d'imposer le couvre-feu. Des centaines de personnes sont interpellées chaque jour pour avoir quitté leur domicile.

A Khulna, les restrictions sont en place depuis le mois dernier, alors que le taux de contamination s'envolait, mais les usines de la villes sont toujours ouvertes et nombreux sont ceux qui sont obligés de sortir pour aller travailler.

Rafikul Islam, un étudiant, explique ainsi qu'il a dû marcher sept kilomètres pour se rendre à son travail à temps partiel à l'usine, du fait de l'absence de bus.

"La plupart des boutiques et des transports sont fermés mais compte tenu de la situation sérieuse de Khuna, nous n'avons pas le choix, nous devons maintenir le travail. La situation est critique", estime-t-il.

Officiellement, le Bangladesh a enregistré 935 000 contagions et 14 9000 décès depuis le début de l'épidémie mais pour la plupart des habitants ces chiffres sont largement sous-estimés.

Employé du cimetière de Khulna, Mohammad Badu assure qu'il n'a jamais été autant occupé en 32 ans de métier: "le nombre d'enterrements est bien plus important qu'avant".

Pour les autorités sanitaires, cette nouvelle vague s'explique par le refus de la population de porter des masques et de respecter la distanciation sociale.

"Les gens ne veulent pas accepter l'isolement, cela contribue à renforcer la transmission du virus", assure ainsi Suhas Halder, porte-parole du principal hôpital de Khulna.


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.