Cyberattaque géante: Kaseya peine à redémarrer ses serveurs en toute sécurité

Un enchevêtrement de cables dans une salle de serveurs internet. La porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, a indiqué mardi que "si le gouvernement russe ne peut pas ou ne veut pas prendre de mesures contre les acteurs criminels résidant en Russie, nous prendrons des mesures ou nous nous réservons le droit de prendre des mesures nous-mêmes." (Photo, AFP)
Un enchevêtrement de cables dans une salle de serveurs internet. La porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, a indiqué mardi que "si le gouvernement russe ne peut pas ou ne veut pas prendre de mesures contre les acteurs criminels résidant en Russie, nous prendrons des mesures ou nous nous réservons le droit de prendre des mesures nous-mêmes." (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 07 juillet 2021

Cyberattaque géante: Kaseya peine à redémarrer ses serveurs en toute sécurité

  • L’attaque aurait été menée par un affilié au groupe de hackers russophones connu sous le nom de REvil
  • Des experts supposent que c'est probablement la plus grande attaque au rançongiciel de tous les temps

NEW YORK : La société informatique américaine Kaseya, victime d'une cyberattaque au "rançongiciel" qui pourrait avoir affecté jusqu'à 1500 entreprises dans le monde, tentait toujours mardi soir de redémarrer ses serveurs pour permettre à ses milliers de clients d'accéder de nouveau à leurs services en ligne.

Kaseya envisageait initialement de remettre en route ses machines lundi, mais a retardé plusieurs fois le moment où elle pensait pouvoir le faire en toute sécurité.

Dans un nouveau communiqué, l'entreprise souligne qu'elle fait de son mieux pour réduire le délai de remise en service.

L'entreprise, qui fournit des services informatiques à quelque 40000 sociétés dans 20 pays dans le monde, assure que l'assaut dont elle a été victime vendredi a touché moins de 60 clients directs.

En ajoutant les victimes indirectes, à savoir les clients de ses clients, "nous pensons que moins de 1500 entreprises au total ont été touchées", a affirmé Kaseya sur son site internet tard lundi soir.

"Il semble que cela ait causé des dégâts minimes aux entreprises américaines", a indiqué pour sa part le président américain Joe Biden lors d'un point presse mardi. Ses services sont "encore en train de rassembler des informations sur l'ampleur de l'attaque", a-t-il dit en promettant de nouvelles précisions "dans les jours à venir".

La chaîne de supermarchés suédoise Coop figure parmi les victimes indirectes de l'attaque, ses caisses ayant été paralysées lorsque son sous-traitant informatique, Visma Esscom, a été touché.

Mardi matin, la majorité des quelque 800 magasins Coop étaient restés fermés.

Les attaques par rançongiciel, quand un pirate crypte les données d'une entreprise et demande une rançon pour les débloquer, sont devenues fréquentes.

Les Etats-Unis ont été particulièrement frappés ces derniers mois par des assauts touchant de grandes entreprises comme le géant de la viande JBS ou le gestionnaire d'oléoducs Colonial Pipeline, mais aussi des collectivités locales et des hôpitaux.

Discussions entre Moscou et Washington

Selon de nombreux experts, les pirates à l'origine de cyberattaques par rançongiciel sont souvent installés en Russie et celle contre Kaseya a été menée par un affilié au groupe de hackers russophones connu sous le nom de REvil.

Comme elle s'est démultipliée en visant une entreprise fournissant des services informatiques à de nombreuses autres sociétés, "c'est probablement la plus grande attaque au rançongiciel de tous les temps", a affirmé Ciaran Martin, professeur de cybersécurité à l'université d'Oxford.

Une revendication publiée dimanche sur le blog du darknet "Happy Blog", associé dans le passé à REvil, réclame le paiement d'une rançon de 70 millions de dollars en bitcoins pour rendre publique la clef de déchiffrement. Les hackers y affirment avoir atteint "un million d'appareils et de réseaux".

La porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, a indiqué mardi que suite à un entretien entre les présidents Joe Biden et Vladimir Poutine mi-juin sur le sujet, des discussions entre des experts de haut niveau des deux pays se sont engagées.

Il est prévu dans ce cadre une nouvelle réunion la semaine prochaine "qui sera dédiée aux attaques par rançongiciel", a-t-elle ajouté.

Le message de l'administration reste le même, a assuré Mme Psaki: "Si le gouvernement russe ne peut pas ou ne veut pas prendre de mesures contre les acteurs criminels résidant en Russie, nous prendrons des mesures ou nous nous réservons le droit de prendre des mesures nous-mêmes."

Foire d'empoigne

L'attaque a touché les utilisateurs du logiciel VSA de Kaseya destiné à gérer à distance des réseaux de serveurs, ordinateurs et imprimantes.

Dans son message de 16H00 GMT mardi, l'entreprise prévoyait de remettre en route ses serveurs pour les clients utilisant son logiciel à distance entre 20H00 et 23H00 GMT.

Elle souhaitait ensuite diffuser "dans les 24 heures" un correctif pour les clients utilisant son logiciel directement sur leurs appareils.

Jacques de La Rivière, directeur général de la firme de cybersécurité française Gatewatcher, s'interroge sur le fait que REvil ait demandé une rançon unique.

"Les victimes ne vont jamais se cotiser pour avoir la clef de chiffrement" et les pirates "n'auront jamais aucune rémunération" pour cette attaque.

Pour lui, les auteurs de l'attaque ont peut-être agi "dans la précipitation", pour ne pas être doublés par d'autres pirates également au courant de la faille.

"Comme il y a de plus en plus d'acteurs" qui cherchent à mener des attaques par rançongiciels, vu la rentabilité de ces opérations, "les types font n'importe quoi pour être les premiers à exploiter une faille", analyse-t-il.

 


Rubio met en garde contre le «chaos total» en cas de péage à Ormuz

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
  • L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés
  • C'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient

MANAMA: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, en tournée dans le Golfe, a mis en garde jeudi contre le "chaos total" que pourrait engendrer la mise en place par l'Iran de frais dont devraient s'acquitter les navires dans le détroit d'Ormuz.

Plus tôt jeudi, Téhéran avait menacé de "mesures appropriées" contre tout bateau s'aventurant à franchir le détroit sans leur autorisation, semblant répondre à l'aonnonce par Oman de l'ouverture d'un "corridor maritime temporaire" présenté comme une intiative concertée avec l'ONU.

Ormuz est une étroite voie navigable d'une trentaine de kilomètres de large qui sépare l'Iran et Oman, mais le seul passage autorisé par l'Iran se fait dans un couloir qui longe ses côtes.

L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés - c'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn).

Le chef de la diplomatie américaine, venu rassurer ses alliés du Golfe largement ciblés par Téhéran pendant la guerre en représailles des frappes israélo-américaines sur l'Iran, a ajouté que les Etats-Unis souhaitaient un accord de paix, mais pas "à n'importe quel prix".

"Nous voulons un accord qui soit bon, nous voulons un accord qui soit réel, nous voulons un accord qui soit vérifiable, et nous voulons un accord qui soit respecté", a poursuivi M. Rubio.

Le responsable, qui s'est rendu aux Emirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn, a également donné l'assurance que les intérêts des pays du Golfe seraient pris en compte.

"Nous voulons nous assurer qu'aucune partie de cet accord ne porte atteinte, de quelque manière que ce soit, à la sécurité, à la stabilité ou à la prospérité de l'un de nos partenaires de la région du Golfe", a-t-il souligné.

Son homologue de Bahreïn, Abdoullatif ben Rachid Al Zayani, a lui mis en avant les "incertitudes" affectant ces pays.

Les monarchies du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Elles accueillent des bases militaires américaines et ont été visées par des missiles et drones iraniens en représailles.


Double séisme au Venezuela: au moins 32 morts et plus de 700 blessés

Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
  • Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres
  • Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela

CARACAS: Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués.

Dans la capitale de ce pays d'Amérique latine de près de 30 millions d'habitants régulièrement frappé par des séismes, des photographes de l'AFP ont vu des secouristes et des habitants fouiller des immeubles réduits à des gravats. Des personnes étaient extirpées des décombres puis emmenées sur des brancards.

Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres. "Nous avons besoin de lampes torches !", lance l'un d'eux dans la nuit noire.

"A l'heure actuelle, nous avons reçu des informations faisant état de 32 morts" et "de plus de 700 blessés", a déclaré la présidente par intérim Delcy Rodriguez dans un message à la nation, après avoir déclaré l'état d'urgence.

Elle a précisé ne pas encore disposer de données concernant l'Etat de La Guaira, situé à proximité de la capitale et qui est selon elle la région la plus touchée. L'aéroport de Caracas, gravement endommagé selon elle, a été fermé.

Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela. "Nous serons aux côtés de nos nouveaux et formidables amis", a assuré le président américain Donald Trump, tandis que Mme Rodriguez a indiqué s'être entretenue au téléphone avec le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

Cette initiative américaine, un acte diplomatique fort après des années de tensions, s'inscrit dans le cadre du rétablissement des relations entre les deux pays depuis que les forces américaines ont capturé le président déchu Nicolas Maduro, aujourd'hui incarcéré aux Etats-Unis.

La Chine et l'Inde ont elles aussi proposé leur aide, et plusieurs pays d'Amérique latine ont fait de même et exprimé leur solidarité, parfois au-delà de leurs divergences politiques. 


L'Iran accuse l'Otan de «complicité» dans la guerre menée contre lui

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
  • M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury"
  • "Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X

TEHERAN: Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël.

M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury" lancée contre l'Iran le 28 février.

M. Rutte a également affirmé que l'aéroport de Bucarest avait réduit ses vols commerciaux pour laisser la place aux avions de ravitaillement utilisés dans le cadre de cette opération, et qu'entre 4.000 et 5.000 sorties d'avions américains avaient été effectuées depuis des bases européennes pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X.

"Le secrétaire général de l'Otan a explicitement désigné l'Italie et la Roumanie comme ayant participé à l'agression contre l'Iran", a souligné le porte-parole du ministère iranien.

"Ces pays, ainsi que tous les autres pays européens ayant apporté leur soutien à l'agression américano-israélienne contre l'Iran, doivent expliquer à leur propre population et au monde entier pourquoi ils ont choisi de se rendre complices de cet acte d'agression flagrant et de la perpétration d'atrocités de masse contre les populations iraniennes", a-t-il ajouté.

En Italie, le ministère de la Défense a condamné mercredi les propos de M. Rutte, estimant qu'ils avaient envoyé "un message complètement trompeur", Rome n'ayant permis aux Etats-Unis d'utiliser ses bases que pour des vols techniques et logistiques, et non des missions de combat.