Hémorragie de départs à Europe 1, en pleine «déferlante» CNews

Une manifestante tient une pancarte avec le logo d'Europe 1 lors d'une manifestation, organisée par l'intersyndicale et la société des éditeurs de la radio française Europe 1, pour dénoncer «l'influence croissante» de Vincent Bolloré du groupe de médias Vivendi (AFP)
Une manifestante tient une pancarte avec le logo d'Europe 1 lors d'une manifestation, organisée par l'intersyndicale et la société des éditeurs de la radio française Europe 1, pour dénoncer «l'influence croissante» de Vincent Bolloré du groupe de médias Vivendi (AFP)
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Publié le Jeudi 08 juillet 2021

Hémorragie de départs à Europe 1, en pleine «déferlante» CNews

  • «Il y a eu beaucoup de larmes vendredi, je n'ai jamais vu de pots de départ aussi tristes», a raconté à l'AFP un ex-salarié de la station qui a requis l'anonymat
  • Preuve du découragement des troupes, les recalés du plan de départs devraient se voir proposer un autre dispositif de sortie, une «avancée» obtenue auprès de la direction à l'issue de la grève

PARIS : «Ambiance d'enterrement», «douloureuse», «hyper triste»... L'été est morose à Europe 1, où s'accumulent les départs consentis ou forcés, tandis que de multiples voix issues de CNews s'apprêtent à «déferler» sur la grille de la radio sous la main de son principal actionnaire Vincent Bolloré.

"Bon courage à tous ceux qui partent et tous ceux qui restent", a lancé vendredi Matthieu Belliard, "buée sur les lunettes", à l'issue d'une dernière matinale pleine d'émotion.

"Il y a eu beaucoup de larmes vendredi, je n'ai jamais vu de pots de départ aussi tristes", a raconté à l'AFP un ex-salarié de la station qui a requis l'anonymat.

Débarqué après deux saisons sur la tranche la plus stratégique, Matthieu Belliard sera remplacé à la rentrée par Dimitri Pavlenko, transfuge de Radio Classique et surtout co-équipier d'Eric Zemmour dans "Face à l'info" sur CNews.

Exit aussi l'humoriste Bertrand Chameroy, licencié la semaine dernière alors qu'il avait signé dès l'automne pour une 2e saison, selon des informations du site Les Jours confirmés à l'AFP par une source interne.

Confirmé également, le départ de Patrick Cohen, attendu sur France Culture et que pourrait remplacer le matinalier de CNews, Romain Desarbres, à la mi-journée, selon Le Parisien.

S'y ajoutent les sorties de Pascale Clark, Anne Roumanoff, Wendy Bouchard, Jimmy Mohamed, Emilie Mazoyer ou encore Sophie Larmoyer, aux manettes de l'émission "Carnets du monde" depuis... 2005, bientôt rejoints par beaucoup d'autres salariés moins connus.

Tourner la page

Le plan de départs volontaires lancé au printemps pour redresser les comptes d'une radio qui perd "26 millions d'euros" par an, selon son patron Arnaud Lagardère, avait ainsi recueilli mardi, jour de sa clôture, au moins 77 candidatures pour... 48 places maximum et 39 postes initialement visés (sur un total d'environ 330 salariés permanents), assure à l'AFP un journaliste, qui espère voir son dossier accepté et préfère rester anonyme.

Malgré une grève historique de cinq jours, motivée par la mise à pied d'un reporter et la crainte d'une transformation de la radio en "média d'opinion" au gré des rapprochements avec CNews, l'heure est à la résignation.

"On a presque tourné la page, c'est assez triste", commente ce journaliste, moins d'une semaine après un rassemblement de salariés devant la station contre "l'emprise croissante" de Vincent Bolloré dans les médias.

Preuve du découragement des troupes, les recalés du plan de départs devraient se voir proposer un autre dispositif de sortie, une "avancée" obtenue auprès de la direction à l'issue de la grève.

Pendant ce temps, les salariés découvrent les noms des potentiels nouveaux arrivants dans Le Parisien: le matinalier du week-end de CNews, Thomas Lequertier, ou encore les deux figures de Canal+ Laurie Cholewa et Mouloud Achour, qui viennent allonger la liste inaugurée notamment par Laurence Ferrari, qui hérite d'une émission commune à CNews et Europe 1.

«Coups de poignard»

"Ce ne sont plus des ponts" avec le groupe Canal+, filiale de Vivendi, "c'est une déferlante Bolloré", s'indigne encore le journaliste, évoquant "des coups de poignard".

"Dire qu'Europe 1 passe sous la coupe de Vivendi, c'est un fantasme qui frôle le complotisme", avait pourtant assuré Arnaud Lagardère, officialisant les "synergies" voulues avec le principal actionnaire du groupe hérité de son père, en pleine grève.

"Je crains qu'on soit tous complotistes", ironise Eva Roque, qui a décidé de partir au bout de dix ans, "bousculée" par un management "violent" et fatiguée des changements de grille incessants, en partie responsables selon elle de la fuite des auditeurs.

Evoquant "un gâchis", un ancien collègue salue des "salariés qui se défoncent depuis des années" et "n'ont jamais baissé les bras" pour finalement s'entendre dire "si vous n'êtes pas contents, vous dégagez. C'est triste à mourir".

Et d'y voir un "revival" d'iTELE (ancêtre de CNews), qui s'est vidée d'une centaine de journalistes sur 120 à l'issue d'une grève historique de 31 jours fin 2016.

Beaucoup s'interrogent sur le sort de l'imitateur vedette Nicolas Canteloup, déchaîné lors de sa dernière chronique, dans laquelle il a rebaptisé Europe 1 "CNews Radio" et raillé le "grand capitaine breton" Bolloré. Ce dernier "n'aime pas l'humour", rappelle une voix débarquée de la radio.

 

 


Les enseignants de retour à l'école pour une rentrée affectée par une cyberattaque

Plus de 850.000 enseignants reprennent lundi le chemin des classes pour une journée de rentrée, perturbée dans certaines académies par les conséquences d'une cyberattaque survenue cet été. (AFP)
Plus de 850.000 enseignants reprennent lundi le chemin des classes pour une journée de rentrée, perturbée dans certaines académies par les conséquences d'une cyberattaque survenue cet été. (AFP)
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  • Dans ce contexte, plusieurs accès à des outils numériques ont été suspendus à titre préventif, compliquant les préparatifs de la rentrée pour les chefs d'établissement
  • Un retour à la normale a été annoncé vendredi soir par le ministère dans 28 des 30 académies

PARIS: Plus de 850.000 enseignants reprennent lundi le chemin des classes pour une journée de rentrée, perturbée dans certaines académies par les conséquences d'une cyberattaque survenue cet été.

"C'est une rentrée assez inédite", a reconnu vendredi le recteur de l'académie de Toulouse, tout en assurant que tous les élèves seraient bien accueillis pour la rentrée mardi.

Le ministère de l'Éducation nationale a révélé le 31 juillet qu'un important vol de données avait été constaté six jours plus tôt. Mi-août, des hackeurs ont ensuite revendiqué avoir mis la main sur des données personnelles de plusieurs dizaines de milliers d'enseignants et d'élèves.

Dans ce contexte, plusieurs accès à des outils numériques ont été suspendus à titre préventif, compliquant les préparatifs de la rentrée pour les chefs d'établissement. Un retour à la normale a été annoncé vendredi soir par le ministère dans 28 des 30 académies.

Reste celles de Nantes et de Toulouse, parmi les plus touchées. Dans ces deux académies, "la rentrée va se faire dans des conditions très dégradées", a alerté jeudi Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire.

"On a tous les logiciels de traitement de données des élèves qu'on ne peut pas utiliser pour les inscriptions et les radiations par exemple", déplore auprès de l'AFP une enseignante de Toulouse ayant requis l'anonymat.

À Toulouse, "les accès aux messageries et aux applications professionnelles restent coupés jusqu'à nouvel ordre", a précisé le ministère vendredi.

Le rétablissement complet des outils numériques est attendu d'ici à "environ deux semaines", selon le recteur Karim Benmiloud, qui a précisé que les espaces numériques de travail (ENT) devraient être relancés le 7 septembre. Si "la préparation des emplois du temps n'est pas affectée", a assuré le ministère, le planning des cours sera remis aux élèves en version papier.

Il pourrait en être de même à Nantes, selon le ministère qui précise que "seul un accès partiel aux messageries est possible, en fonction des appareils et des configurations utilisées".

L'académie a assuré à l'AFP travailler au "rétablissement progressif des services numériques". Selon le Snes-FSU, certains élèves encore sans affectation devront toutefois patienter jusqu'à la mi-septembre pour connaître leur établissement.

"Désenchantement" 

Cette rentrée est la dernière du second quinquennat d'Emmanuel Macron, dont les syndicats dressent un bilan sévère. Pour le Snes-FSU, il est même "catastrophique".

"Les 10 ans de politique d'Emmanuel Macron ont attaqué l'école dans le sens même de sa mission, c'est-à-dire faire réussir tous les élèves", estime Sophie Vénétitay, selon qui de nombreux enseignants ont aujourd'hui "perdu le sens de leur métier".

Un malaise confirmé par le dernier baromètre du SE-Unsa, selon lequel seuls 0,3% des quelque 43.000 répondants se disent confiants dans l'avenir du système éducatif.

Le salaire, dont les syndicats réclament toujours la revalorisation, est devenu leur première préoccupation.

Le gouvernement met de son côté en avant une embellie sur le front du recrutement, après plusieurs années de pénurie.

"Tous les indicateurs sont bien meilleurs cette année que les années précédentes, entre autres parce que les concours ont permis de recruter quasiment à plein", avec la réforme avançant le concours à bac+3, a affirmé le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray lundi sur France inter.

Le taux de postes pourvus atteint 98,5% dans le premier degré (maternelle et élémentaire), contre 92,1% l'an dernier, et 96,1% dans le second degré (collège et lycée), contre 90,6%.

Les syndicats appellent néanmoins à la prudence, jugeant ces résultats en partie "en trompe-l'oeil" en raison de la coexistence cette année des concours à bac+3 et à bac+5.

Après plusieurs années marquées par des réformes successives, cette rentrée apparaît relativement calme. "Ça fait un peu l'effet d'une rentrée plan-plan", résume Aurélie Gagnier, du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire.

Parmi les principales nouveautés figurent la diffusion d'un questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles aux élèves de la grande section à la terminale et l'interdiction des téléphones portables au lycée.

"Que l'interdiction mette quelques semaines à prendre corps, c'est normal", a souligné vendredi M. Geffray. "Il n'y a pas de quoi s'en inquiéter et ça se fera au rythme ordinaire de la vie d'un établissement."


Macron dans un lycée en Lozère mardi pour la rentrée scolaire

Le président français Emmanuel Macron signe une banderole réalisée par des élèves d’une école locale à son départ, après avoir présidé le Conseil des ministres hebdomadaire, dans la ville de Montluçon, dans le centre de la France, le 22 avril 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron signe une banderole réalisée par des élèves d’une école locale à son départ, après avoir présidé le Conseil des ministres hebdomadaire, dans la ville de Montluçon, dans le centre de la France, le 22 avril 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra mardi au lycée Chaptal de Mende pour échanger sur la généralisation de l’interdiction des téléphones portables dans les lycées dès la rentrée
  • Il visitera ensuite la faculté d’éducation de l’université de Montpellier à Mende pour présenter la réforme de la formation des enseignants, destinée notamment à renforcer le recrutement

PARIS : Emmanuel Macron se rendra au lycée Chaptal de Mende (Lozère) mardi, où il échangera avec élèves et enseignants sur l'interdiction du téléphone portable dans les lycées, pour la dernière rentrée scolaire de son double quinquennat, a annoncé vendredi l'Elysée.

"Dans la suite de son engagement pour renforcer la protection des mineurs face aux expositions permanentes aux écrans, le chef de l'Etat échangera avec les élèves et les enseignants sur la généralisation de l'interdiction des téléphones portables au lycée, dans la continuité de ce qui est mis en place au collège depuis 2018", a précisé la présidence.

Déjà en vigueur de la maternelle au collège, l'interdiction du téléphone portable sera étendue aux lycées dès la rentrée par la loi visant à protéger les mineurs des réseaux sociaux.

Emmanuel Macron a promulgué ce texte mardi alors que le Conseil constitutionnel a censuré sa mesure phare interdisant l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

Il se rendra ensuite à la faculté d'éducation de l'université de Montpellier sur le site de Mende à l'occasion de la mise en œuvre de la réforme de la formation initiale des enseignants, "grand engagement du second quinquennat" selon l'Elysée.

Pour répondre à la crise du recrutement, le ministère de l'Education nationale a réformé le système de concours afin notamment d'élargir le vivier de candidats.

Le concours a été avancé cette année à la fin de la licence (bac+3). Jusqu'à l'an dernier, les aspirants professeurs, dans le premier degré (écoles maternelles et primaires) comme dans le second degré (collèges et lycées) ne pouvaient passer le concours qu'après un master (bac+5).

Le manque d'enseignants, avec un nombre conséquent de postes non pourvus depuis plusieurs années, est une problématique de longue date dans l'Education nationale. En 2025, plus de 2.600 postes étaient restés vacants, selon des données compilées par l'AFP.

Cette réforme "permet de préparer plus tôt et plus progressivement les futurs enseignants à leur métier, grâce à des programmes rénovés, une formation renforcée et mieux répartie sur le territoire", estime la présidence.

"Elle doit renforcer durablement l'attractivité du métier et élargir le vivier de candidats qui seront rémunérés pendants leurs années de master", ajoute-t-elle.

Le chef de l’Etat échangera avec des étudiants se préparant au professorat des écoles, dont notamment les premiers lauréats du nouveau concours.


Mélenchon aux patrons: "si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession"

Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
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  • Jean-Luc Mélenchon appelle les chefs d’entreprise à augmenter les salaires pour éviter une récession en France
  • Lors du débat du Medef, les principaux candidats ont exposé leurs visions économiques, de la réduction de la bureaucratie à la relance sociale et écologique

PARIS: Jean-Luc Mélenchon a exhorté jeudi les chefs d'entreprise à "augmenter les salaires" pour éviter à la France de "tomber en récession", en ouverture du premier débat entre les principaux candidats à la présidentielle, organisé par le Medef.

"Je vous mets en alerte: le budget Lecornu, plus l'inflation alimentaire, si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession", a lancé le candidat de La France insoumise lors de ce débat à Roland-Garros, diffusé par LCI.

Les sept candidats les mieux placés dans les sondages se sont exprimés à tour de rôle sur le court central.

Actuelle favorite selon les intentions de vote à moins de huit mois du premier tour du 18 avril, Marine Le Pen a estimé qu'il y avait "un consensus général sur la gravité de la situation" économique du pays.

"Moi j'appelle à l'union de l'ensemble des acteurs, à l'union des salariés et des entrepreneurs pour opérer le redressement, j'oserai même, même en présence de Monsieur Attal, la renaissance de la France", a dit la candidate du Rassemblement national.

Gabriel Attal, candidat du parti présidentiel Renaissance, conteste en justice l'utilisation de ce terme par la quadruple candidate à l'Elysée dans son slogan de campagne.

Ce dernier, qui se dispute avec Edouard Philippe la place de candidat du bloc central, a lui épinglé dans son introduction les insoumis, invitant Jean-Luc Mélenchon à "présenter des excuses pour les propos de (l'eurodéputée) Manon Aubry qui a qualifié les entrepreneurs français de nuisibles et de parasites".

Son concurrent Edouard Philippe, candidat du parti Horizons, souvent accusé de promettre du "sang et des larmes", s'est dit "convaincu qu'on ne gagne pas une élection, mais surtout qu'on ne sort pas un pays de l'ornière en se contentant de dire ce qui ne va pas et en disant que ça va être dur".

Il s'en est pris, lui aussi, à la proposition des insoumis d'annuler une partie de la dette publique française, car selon lui, "brûler la dette" mettra la France en "interdit bancaire".

"Moi je ne veux pas pour mon pays, la France, d'un destin de parc d'attractions pour tycoons américains, oligarques russes, dignitaires du Parti communiste chinois ou émirs du Golfe", a martelé pour sa part le social-démocrate Raphaël Glucksmann, proposant son "nouveau contrat patriotique".

A droite, Bruno Retailleau, candidat du parti Les Républicains, a promis de s'attaquer à "l'État bureaucratique", "vorace", "paperasse", qualifié de "premier problème", et qui "asphyxie les forces vives" selon lui.

L'écologiste Marine Tondelier a assuré les patrons que, comme eux, "les Ecologistes aussi veulent la liberté", car "l'écologie est la condition de la liberté".