Thierry Burkhard, un opérationnel et communicant à la tête des armées françaises

Le chef d'état-major des armées françaises Thierry Burkhard assiste à la cérémonie militaire de la «prise d'armes» dans la cour des Invalides, à Paris, le 8 juillet 2021 (AFP)
Le chef d'état-major des armées françaises Thierry Burkhard assiste à la cérémonie militaire de la «prise d'armes» dans la cour des Invalides, à Paris, le 8 juillet 2021 (AFP)
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Publié le Dimanche 11 juillet 2021

Thierry Burkhard, un opérationnel et communicant à la tête des armées françaises

  • Le général Burkhard, qui fêtera ses 57 ans le 30 juillet, prendra quelques jours auparavant le relais du général François Lecointre
  • Le Saint-Cyrien, qui a débuté sa carrière d'officier dans la Légion étrangère, au 2e régiment étranger de parachutistes (2e REP), peut se prévaloir d'une vaste expérience de terrain

PARIS : Actuel patron de l'armée de Terre, le légionnaire Thierry Burkhard, désigné nouveau chef d'état-major des armées françaises, est un général respecté à l'épaisse expérience opérationnelle, dont la vision stratégique est tournée vers les conflits de demain, qu'il prédit plus durs et plus complexes.

Le général Burkhard, qui fêtera ses 57 ans le 30 juillet, prendra quelques jours auparavant le relais du général François Lecointre. Ce dernier tire sa révérence après 4 ans à la tête des armées, une période marquée notamment par la remontée en puissance du budget de la défense, consécutive à de longues années de disette.

Dans l'immédiat, le nouveau "CEMA" aura pour délicate mission de superviser la réduction annoncée de la présence militaire française au Sahel, après plus de huit ans d'engagement massif. Cette réarticulation se traduira par le resserrement d'un dispositif qui mobilise aujourd'hui plus de 5000 hommes, la fermeture de bases dans le nord-Mali et un accompagnement renforcé des armées locales à l'aide de renforts européens.

Thierry Burkhard devra aussi orchestrer un virage stratégique majeur, à l'heure où la conflictualité change de visage à grande vitesse. "Ca fait plus de dix ans que l'armée s'est concentrée sur la menace du moment qu'était le terrorisme militarisé", or elle "doit changer d'échelle et se préparer à des conflits plus durs, de haute intensité", alors que s'accélère la compétition stratégique sur la scène mondiale, expliquait-il en novembre dernier à l'AFP.

Un changement de paradigme qui impose d'adapter la préparation opérationnelle des soldats, d'investir dans les nouveaux champs d'affrontements - espace, cyber, fonds marins, réseaux sociaux - et de poursuivre la modernisation des matériels. Les armées devront en particulier "penser l’intégration des robots et de l'intelligence artificielle dans l'espace de bataille" à l'horizon 2040, notait récemment celui qui assumait jusqu'à présent les fonctions de chef d'état-major de l'armée de Terre.

Le général Burkhard "devra consolider une réflexion sur la vision des armées dans la future revue stratégique qui suivra inévitablement l'élection présidentielle de 2022, analyser la conflictualité à 10 ou 20 ans et anticiper le modèle d'armée qui en découle", soulignait début juin à l'AFP le général Lecointre.

ancien porte-parole des armées

Marié et père de trois enfants, Thierry Burkhard aborde le poste suprême précédé d'une solide réputation. "La vision stratégique et le charisme de Thierry Burkhard font de lui un des officiers les plus remarquables de sa génération. Dès sa nomination à la tête de l'armée de Terre en juillet 2019, il a fait l'unanimité", souligne Cédric Perrin, sénateur du territoire de Belfort où est né le futur chef d'état-major.

Le Saint-Cyrien, qui a débuté sa carrière d'officier dans la Légion étrangère, au 2e régiment étranger de parachutistes (2e REP), peut se prévaloir d'une vaste expérience de terrain. Il a ainsi été envoyé en Guyane, en Irak, en ex-Yougoslavie, au Tchad, au Gabon, en Côte d'Ivoire et en Afghanistan.

En 2005, il devient l'un des adjoints du chef du Centre de préparation et de conduite des opérations (CPCO), d'où se pilotent toutes les opérations militaires françaises. Il en prendra le commandement en 2017. A partir de 2008, il commande durant deux années la prestigieuse 13e demi-brigade de légion étrangère (13e DBLE) à Djibouti.

Mais les sphères plus feutrées du pouvoir ne lui sont pas étrangères. En 2013, il rejoint pendant deux ans à l'Elysée l'équipe du Coordonnateur national du renseignement.

A la fois charismatique et accessible, les poings sur les hanches quand il s'adresse à ses hommes, l'officier est aussi rompu à l'art de la communication, qu'il pratique de manière franche et directe. Adjoint au conseiller communication du chef d'état-major des armées de 2007 à 2008, il a aussi occupé la fonction de porte-parole de l'état-major de 2010 à 2013, année du lancement de l'opération Serval au Mali.

Une inclination qui le prédispose à s'intéresser de près à la "guerre informationnelle" et aux moyens de contrer les campagnes de désinformation qui visent régulièrement les armées.

L'état-major devrait prochainement publier "une doctrine qui décrit nos actions en la matière et nous nous dotons des moyens permettant de mieux discerner les tentatives de manipulation de l'information contre nous", affirmait début juin le général Lecointre au Sénat. "C'est un champ dans lequel nous serons de plus en plus actifs".


A Béziers, Robert Ménard instaure un couvre-feu pour les moins de 13 ans

Maire français de Béziers, Robert Ménard (Photo, AFP).
Maire français de Béziers, Robert Ménard (Photo, AFP).
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  • «Les parents des enfants concernés pourront faire l'objet de poursuites pénales»
  • En France, la responsabilité pénale d'un mineur peut être engagée, même si son âge et sa capacité de discernement sont pris en compte par les juges

MONTPELLIER: Le maire de Béziers (Hérault), Robert Ménard, a instauré un couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans dans plusieurs quartiers, a-t-il indiqué mardi, jour où syndicats et associations de gauche vont manifester "contre les idées d'extrême droite" dans cette ville.

Ex-proche de Marine Le Pen aujourd'hui fâché avec le Rassemblement national, M. Ménard a signé lundi un arrêté municipal stipulant que "tout mineur âgé de moins de 13 ans ne pourra, sans être accompagné d'une personne majeure, circuler de 23H00 à 06H00 sur la voie publique" dans trois "quartiers prioritaires".

L'interdiction s'applique "toutes les nuits" du 22 avril au 30 septembre. "En cas d'urgence ou de danger immédiat pour lui ou pour autrui", ces mineurs pourront être "reconduits à (leur) domicile ou au commissariat", prévoit l'arrêté.

"Les parents des enfants concernés pourront faire l'objet de poursuites pénales", prévient le texte.

Dans son arrêté, le maire de Béziers justifie sa décision par le "nombre croissant de jeunes mineurs livrés à eux-mêmes en pleine nuit", ainsi que par une "aggravation du nombre de faits", notamment de "violences urbaines", citant l'incendie d'une école il y a quatre ans, en 2019, et les "émeutes de juillet 2023".

Interrogé par l'AFP, M. Ménard n'a pas cité de chiffres précis mais affirme que la délinquance des moins de 13 ans constitue un "angle mort" des statistiques parce qu'on ne les amène pas devant le juge et qu'on ne les condamne pas".

Responsabilité pénale  

En France, la responsabilité pénale d'un mineur peut être engagée, même si son âge et sa capacité de discernement sont pris en compte par les juges des enfants qui les suivent.

Selon la "première photographie de la délinquance et insécurité en 2023", publiée début 2024 par le ministère de l'Intérieur, les moins de 13 ans ont représenté 2% des mis en cause dans les atteintes aux personnes (contre 36% pour les 30 à 44 ans) et 1% des mis en cause pour vols violents (contre 44% pour les 18 à 29 ans).

En 2018, le Conseil d'Etat avait annulé un arrêté similaire pris en 2014 par Robert Ménard pointant l'absence "d'éléments précis de nature à étayer l'existence de risques particuliers relatifs aux mineurs de moins de 13 ans".

M. Ménard a assuré que sa décision n'avait aucun lien avec la "Marche pour les libertés, contre les idées d'extrême droite" organisée à Béziers mardi à l'initiative de plusieurs syndicats et à laquelle doivent participer la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, et celui de la FSU, Benoit Teste.

Mardi, le maire Horizons de Nice, Christian Estrosi, a estimé sur BFMTV que "le maire de Béziers a raison" et qu'il souhaitait "renouveler" un arrêté sur les mineurs de moins de 13 ans, qui avait été en vigueur entre 2009 et 2020.

Un tel couvre-feu "relève davantage de la politique de façade", a regretté l'élue d'opposition (Ecologiste), Juliette Chesnel-Le Roux, reprochant à M. Estrosi "le rabotage des budgets école et logement".

En 2009, le couvre-feu à Nice avait aussi suscité la perplexité de syndicats de policiers nationaux, se disant peu enclins "à faire la nounou".

Depuis lundi, un couvre-feu pour les mineurs est en vigueur à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, pour une durée d'un mois "renouvelable".

D'autres villes en France ont pris des arrêtés similaires pour les mineurs sur des durées limitées, comme Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes) qui le fait depuis 2004 pour les moins de 13 ans.


L'intelligence artificielle va «simplifier» les démarches administratives, promet Attal

Le Premier ministre français Gabriel Attal visite les locaux de « France Services » à Sceaux, près de Paris, le 23 avril 2024 (Photo, AFP).
Le Premier ministre français Gabriel Attal visite les locaux de « France Services » à Sceaux, près de Paris, le 23 avril 2024 (Photo, AFP).
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  • Devant la multiplication des acronymes de l'administration, il a aussi annoncé le lancement d'un audit
  • Attal a enfin confirmé que la procuration de vote en ligne, possible aux prochaines élections européennes, serait étendue aux autres scrutins

SCEAUX: Gabriel Attal a souhaité mardi mettre l'intelligence artificielle (IA) développée en France "au service" des usagers et des fonctionnaires et annoncé la création de 300 maisons France Services supplémentaires d'ici 2026 pour "simplifier" le quotidien des Français dans leurs démarches administratives.

"Osons mettre l'IA au service des Français. Débureaucratisons l'administration et simplifions les quotidiens", a affirmé le Premier ministre après avoir visité la maison France Services de Sceaux, dans les Hauts-de-Seine, qui utilise déjà une IA générative 100% française.

Gabriel Attal a effectué ce déplacement après avoir réuni une quinzaine de ministres à Matignon pour un 8e comité interministériel de la Fonction publique (CITP).

L'administration fiscale va déployer une IA 100% française nommée Albert, conçue par la direction interministérielle du numérique (Dinum), "pour rédiger les réponses aux 16 millions de demandes annuelles en ligne", a-t-il précisé.

Chaque réponse sera néanmoins validée ou modifiée le cas échéant par un agent. "Mais l'analyse de la réglementation sera automatisée, les réponses drastiquement accélérées et le travail des agents rendu moins pénible et plus intéressant", a-t-il fait valoir.

De même 4.000 projets environnementaux déposés chaque année dans les directions régionales de l'environnement seront désormais "pré-instruits par une IA", comme des projets de parcs éoliens ou d'aménagement urbain.

Toutes options 

Cette IA servira aussi "dès la fin de l'année" à automatiser la retranscription d'audiences judiciaires, le dépôt de plaintes ou les compte-rendus médicaux. Elle sera également mise au service de la détection des feux de forêts ou de la gestion RH des fonctionnaires.

"A l’IA les tâches rébarbatives, et aux agents publics, le lien avec nos concitoyens", a promis Gabriel Attal.

Devant la multiplication des acronymes de l'administration, il a aussi annoncé le lancement d'un audit, "ministère par ministère, pour passer en revue l’intégralité des contenus en ligne et des formulaires" et rendre le langage administratif "intelligible, accessible".

Le chef du gouvernement a enfin confirmé que la procuration de vote en ligne, possible aux prochaines élections européennes, serait étendue aux autres scrutins.

Depuis mi-avril, il est possible, pour peu que l'on dispose d'une carte d'identité nouvelle version, de donner sa procuration pour les élections européennes du 9 juin en ligne, sans avoir à se déplacer en commissariat ou en brigade de gendarmerie.

Gabriel Attal a également annoncé l'extension des espaces France Services, qui permettent aux usagers de se faire aider dans la plupart de leurs démarches administratives, à 300 villes moyennes d'ici 2026, ce qui portera ces "maisons" à 3.000.


À Paris, un Français crache sur une femme musulmane qui porte un hijab

Un homme marche dans une rue de la ville de Châteauroux, dans le centre de la France, près de Deols où se déroulera l'épreuve de tir des Jeux Olympiques de Paris 2024 au Centre National de Tir (CNTS), le 7 avril 2024. (Photo de Martin BUREAU / AFP)
Un homme marche dans une rue de la ville de Châteauroux, dans le centre de la France, près de Deols où se déroulera l'épreuve de tir des Jeux Olympiques de Paris 2024 au Centre National de Tir (CNTS), le 7 avril 2024. (Photo de Martin BUREAU / AFP)
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  • Fatima Saidi, une influenceuse marocaine qui a récemment visité la capitale française, a révélé sur son compte TikTok le racisme dont elle avait été victime
  • L’influenceuse a qualifié le comportement de cet homme de «raciste» et «machiste»

PARIS: Un incident a récemment suscité l'indignation: à Paris, un Français a craché sur une femme musulmane qui portait un hijab.  

Fatima Saidi, une influenceuse marocaine qui a récemment visité la capitale française, a révélé sur son compte TikTok le racisme dont elle avait été victime. 

 

Cette jeune femme de 22 ans a affirmé qu'un homme d'âge moyen qui faisait son jogging alors qu'elle se trouvait sur un trottoir a craché sur son hijab. 

Saidi a filmé son agresseur, qui a craché à nouveau, sur la caméra cette fois. 

Fatima Saidi a décidé de porter plainte contre cet individu auprès du commissariat de police de Paris Centre.  

L’influenceuse a qualifié le comportement de cet homme de «raciste» et «machiste».