En Autriche, une randonnée théâtrale retrace l'exode des Juifs

Des acteurs du groupe de théâtre Teatro Caprile reconstituent une scène d'émigration sur l'ancienne voie romaine de l'Alp Windbach dans les Alpes de Krimmler Tauern à la frontière entre l'Autriche et l'Italie, près de Krimml, le 25 juin 2021. (AFP)
Des acteurs du groupe de théâtre Teatro Caprile reconstituent une scène d'émigration sur l'ancienne voie romaine de l'Alp Windbach dans les Alpes de Krimmler Tauern à la frontière entre l'Autriche et l'Italie, près de Krimml, le 25 juin 2021. (AFP)
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Publié le Dimanche 11 juillet 2021

En Autriche, une randonnée théâtrale retrace l'exode des Juifs

  • Des descendants des survivants ont parfois fait le voyage depuis Israël jusque dans cette vallée escarpée pour marcher sur les pas des membres de leur famille
  • «Il y avait des femmes enceintes, les pères portaient les petits sur leurs épaules sans équipement, c'est une histoire très forte»

KRIMML, Autriche: A plus de 1 500 mètres d'altitude, dans l'imposant décor des montagnes autrichiennes, une troupe de comédiens alpinistes redonne vie à l'exode méconnu de milliers de Juifs d'Europe vers la Palestine à l'été 1947.

Les sentiers sont escarpés, les rochers glissants, les cascades vertigineuses: les randonneurs se retrouvent plongés 75 ans en arrière, quand des rescapés de la Shoah ont traversé la frontière clandestinement pour rejoindre l'Italie.

"Il y avait des femmes enceintes, les pères portaient les petits sur leurs épaules sans équipement, c'est une histoire très forte", souffle entre deux scènes la comédienne Céline Nerbl, dans la vallée sauvage de Krimml, non loin de Salzbourg.

Au début de l'été, elle et six autres artistes du "Teatro Caprile" ont rejoué ce drame de l'après-guerre, qui reste peu évoqué dans les livres d'histoire. 

Climat antisémite 
En 1947, les armes se sont tues depuis deux ans et l'Autriche est occupé par les puissances victorieuses. Mais l'antisémitisme sévit toujours en Europe de l'Est et les Juifs affluent illégalement. 

"Ils venaient de Pologne, d'Ukraine ou des pays Baltes et devaient fuir car personne ne voulait d'eux après la Seconde Guerre mondiale", rappelle l'historien de la région Rudi Leo, au sujet de ce chapitre tardif du conflit.

Si les Français ont convenu avec Londres de bloquer dans le Tyrol le passage vers la Palestine sous mandat britannique, les Américains gérant la région voisine de Salzbourg, eux, aident les réfugiés à partir.  

Épaulés par l'organisation juive internationale Brichah, ils autorisent entre 5.000 et 8.000 personnes à passer la frontière, ravitaillant même un alpage en lait frais.

Les candidats au départ, par groupe de 200, arrivent en véhicule au pied de la montagne, puis marchent durant un jour et demi.

C'est le point de départ de la randonnée théâtrale, qui dure huit heures et s'arrête avant la frontière italienne, où les réfugiés étaient pris en charge avant d'embarquer à Gênes pour Haïfa. 

Ces traversées s'achèveront avec la création d'Israël en mai 1948, lorsque l'immigration devient légale.

«Communion»
"Suivre ce chemin, que ces gens ont foulé", même sur une partie seulement, c'est tenter de "ressentir leur désespoir face à ces montagnes incroyablement escarpées", estime bâton de marche au poing Hans Nerbl, l'un des instigateurs du projet.

Parmi la quarantaine de spectateurs, l'émotion grandit au fil des huit mises en scène distinctes, qui ponctuent l'ascension entre sapins centenaires.

"On a l'impression d'y être": Marion Mikenda, qui participe à l'expédition avec toute sa famille, "apprécie vraiment cette combinaison" entre travail du corps et de l'esprit propice à la "communion". 

"Le public doit fournir un effort physique et peut donc concevoir ce que cela signifiait pour les réfugiés de devoir marcher jusqu'ici", explique l'auteur de la pièce, Andreas Kosek, devant une prairie où broutent quelques vaches. 

"Et le fait de reprendre le sentier entre les scènes permet de réfléchir" dans un cadre qui incite au recueillement, juge-t-il, tandis que la troupe entame la mélodie de "Shalom Chaverim", un morceau faisant écho au désir de retrouver la paix.

La peine et l'espoir en bagage 
Avant 2003, cet épisode de la marche des Juifs n'était connu que des locaux. Cette année-là, le directeur de BNP Paribas à Vienne, Ernst Löschner, en entend parler grâce à un guide de haute montagne.

Emu par leur aventure, il fonde une association pour organiser chaque année une "randonnée de commémoration" auquel le président autrichien Alexander Van der Bellen a participé en 2017, tandis que le Teatro Caprile a commencé de son côté à organiser ces "pièces à pied".

Des descendants des survivants ont parfois fait le voyage depuis Israël jusque dans cette vallée escarpée pour marcher sur les pas des membres de leur famille. 

Céline Nerbl raconte que l'un d'entre eux "s'est subitement mis à pleurer", en pensant à ses parents, la peine et l'espoir en bagage dans les neiges éternelles.


Tom Holland livre sa meilleure performance à ce jour dans « Spider-Man: Brand New Day »

Tom Holland dans le rôle de Peter Parker dans « Spider-Man: Brand New Day ». (Photo fournie)
Tom Holland dans le rôle de Peter Parker dans « Spider-Man: Brand New Day ». (Photo fournie)
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  • Tom Holland livre sa performance la plus aboutie dans un Spider-Man plus sombre, vulnérable et profondément humain
  • Grâce à la réalisation de Destin Daniel Cretton, le film renouvelle la franchise avec une approche émotionnelle, portée par une excellente alchimie entre Holland et Zendaya

DUBAÏ : « Spider-Man: Brand New Day » est l'épisode le plus sombre et le plus introspectif à ce jour consacré au sympathique héros de quartier de Marvel. Destin Daniel Cretton (« Short Term 12 », « Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux », « Wonder Man ») s'impose comme un choix étonnamment parfait pour ce virage tonal. Depuis longtemps salué pour son travail avec les acteurs dans des drames intimistes, Cretton apporte cette même sensibilité à une superproduction, permettant à Tom Holland de livrer une interprétation brute et profondément incarnée qui entraîne le personnage dans des territoires véritablement troublants.

Dans la continuité des séquelles émotionnelles de « No Way Home », le film retrouve Peter Parker dans un état de profond déracinement. Avec l'aide de Doctor Strange, il a effacé des mémoires du monde entier le secret de son identité. Son meilleur ami, Ned Leeds (Jacob Batalon), et l'amour de sa vie, MJ (Zendaya), poursuivent désormais leur existence comme s'il n'avait jamais existé. Le cœur brisé et totalement seul, Parker consacre ses jours et ses nuits à combattre le crime, comme si l'épuisement pouvait combler le vide laissé par sa vie d'autrefois.

Le récit s'appuie pleinement sur cette solitude, qui devient le moteur thématique central du film. Le scénario interroge Peter Parker sur ce qu'il se refuse à vivre lorsqu'il choisit d'ignorer ce qui le rend profondément humain : ses relations avec les autres. Et à mesure qu'il se replie sur lui-même, son corps comme son esprit commencent à se transformer d'une manière qu'il ne maîtrise plus totalement. C'est une métaphore audacieuse du choix du confort de la solitude face à l'inconfort de l'intimité et du changement, flirtant avec le body horror et le thriller psychologique. Mais la mise en scène maîtrisée de Cretton et la vulnérabilité de Holland empêchent l'ensemble de basculer dans le ridicule.

Pendant ce temps, Spider-Man affronte un tout nouvel adversaire, capable de prendre possession du corps de simples civils et déterminé à mettre la main sur un élément conservé au sein de l'agence gouvernementale Damage Control, dirigée par William « Bill » Metzger, brillamment incarné par Tramell Tillman, révélé dans « Severance ». Peter reçoit également l'aide de quelques visages familiers — dont nous ne révélerons pas l'identité — tandis qu'un nouveau personnage fait son apparition, interprété par Sadie Sink (« Stranger Things »). L'actrice s'empare pleinement de son rôle, qui bouleverse la franchise de façon spectaculaire.

Si Tom Holland signe une prestation remarquable, tout en justesse et en intensité, Zendaya brille tout autant dans la peau d'une MJ désormais adulte. La complicité entre les deux acteurs est toujours aussi évidente, et chacune de leurs scènes dégage une énergie irrésistible.

Au final, Destin Daniel Cretton signe l'un de ces rares films de super-héros qui paraissent profondément humains, tandis que Tom Holland livre sans doute sa meilleure interprétation de Peter Parker à ce jour. Si vous hésitez encore à acheter votre billet en vous demandant si vous avez vraiment besoin d'un nouveau film de super-héros, n'hésitez plus. Faites le grand saut. Faites confiance à Spider-Man pour amortir votre chute. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le DJ français Kavinsky retrouvé mort à son domicile à Paris

Le DJ Kavinsky, une des figures de la scène électro française, a été retrouvé mort à son domicile à Paris, a indiqué mercredi le parquet, sollicité par l'AFP, confirmant une information du Parisien. (AFP)
Le DJ Kavinsky, une des figures de la scène électro française, a été retrouvé mort à son domicile à Paris, a indiqué mercredi le parquet, sollicité par l'AFP, confirmant une information du Parisien. (AFP)
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  • Kavinsky, Vincent Belorgey de son vrai nom, aurait fêté ses 51 ans le 31 juillet
  • Cet artiste emblématique de la French Touch était notamment célèbre pour son titre "Nightcall", repris avec le groupe pop-rock Phoenix et la star belge Angèle pendant les Jeux olympiques de Paris en 2024

PARIS: Le DJ Kavinsky, une des figures de la scène électro française, a été retrouvé mort à son domicile à Paris, a indiqué mercredi le parquet, sollicité par l'AFP, confirmant une information du Parisien.

Le parquet a précisé qu'"une enquête en recherche des causes de la mort" avait été ouverte, "afin de déterminer l'origine du décès, aucun élément suspect n'ayant été découvert sur place par les services primo-intervenants", mardi soir.

Kavinsky, Vincent Belorgey de son vrai nom, aurait fêté ses 51 ans le 31 juillet.

Cet artiste emblématique de la French Touch était notamment célèbre pour son titre "Nightcall", repris avec le groupe pop-rock Phoenix et la star belge Angèle pendant les Jeux olympiques de Paris en 2024.

"Avec la disparition soudaine de Kavinsky, la France perd l'une de ses voix les plus singulières. Du film +Drive+ aux JO de Paris, le monde entier avait vibré sur +Nightcall+. À la fois dansante et nostalgique, sa musique continuera de traverser les générations et les frontières", a réagi sur X la ministre de la Culture, Catherine Pégard.

Pianiste autodidacte né en Seine-Saint-Denis, Kavinsky s'est lancé au début des années 2000, assurant notamment des premières parties de Daft Punk et se produisant aux côtés d'autres nouveaux noms de la scène électro, comme SebastiAn. Mais le grand tournant de sa carrière reste "Nightcall", ce tube synthwave à l'ambiance assombrie et au tempo ralenti, qui a fait partie de la bande originale de "Drive", thriller à succès avec Ryan Gosling.


Guggenheim Abu Dhabi fixe sa date d’ouverture en décembre

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  • Le Guggenheim Abu Dhabi ouvrira le 11 décembre, marquant une nouvelle étape dans le développement d’Abu Dhabi comme destination culturelle mondiale
  • Situé dans le quartier culturel de Saadiyat, le musée mettra à l’honneur l’art moderne et contemporain à travers une collection mêlant perspectives régionales et internationales

DUBAÏ : Le Guggenheim Abu Dhabi ouvrira officiellement ses portes le 11 décembre de cette année, a annoncé mardi le Département de la Culture et du Tourisme d’Abu Dhabi.

Cette ouverture marque une étape majeure dans les efforts de l’émirat pour s’imposer comme une destination mondiale de l’art et de la culture.

Le musée d’art moderne et contemporain servira de plateforme d’échange artistique, avec pour ambition de présenter des perspectives mondiales variées tout en mettant en valeur les récits des Émirats arabes unis et de la région. Conçu pour susciter la curiosité autour de l’art moderne et contemporain, il entend mobiliser les nouvelles générations à travers des expositions, des programmes éducatifs et un dialogue culturel.

Situé dans le quartier culturel de Saadiyat, le Guggenheim Abu Dhabi rejoindra le Louvre Abu Dhabi, le Musée national Zayed, le Musée d’Histoire naturelle d’Abu Dhabi et teamLab Phenomena Abu Dhabi, renforçant ainsi le statut du quartier comme l’un des principaux pôles culturels au monde.

Membre du réseau de musées Guggenheim, qui comprend notamment ceux de New York, Venise et Bilbao, l’établissement d’Abu Dhabi a été développé avec une identité propre, ancrée dans l’histoire de l’émirat en tant que carrefour du commerce et des cultures.

Mohamed Khalifa Al-Mubarak, président du Département de la Culture et du Tourisme d’Abu Dhabi, a déclaré : « Le Guggenheim Abu Dhabi représente un moment décisif dans notre parcours culturel. Le musée est le fruit de la conviction profonde de l’émirat que la culture constitue le lien le plus durable entre les peuples et un pilier essentiel des sociétés tournées vers l’avenir. Il apporte de nouvelles perspectives sur l’art moderne et contemporain, en mettant en lumière des œuvres venues des quatre coins du monde.

En tant qu’élément clé du quartier culturel de Saadiyat, le musée créera de nouvelles opportunités de transformation en matière d’apprentissage, de créativité et d’échanges culturels, inspirant les générations futures à explorer leur propre potentiel. Ici, chacun trouvera sa place et pourra se reconnaître dans les récits racontés par le musée, en découvrant des idées et des voix artistiques venues du monde entier. »

La Dre Mariet Westermann, directrice générale de la Fondation Solomon R. Guggenheim, a déclaré : « La Fondation Guggenheim est fière et heureuse d’être un partenaire de longue date du Département de la Culture et du Tourisme d’Abu Dhabi dans la création d’un musée d’art contemporain d’une ambition et d’une envergure exceptionnelles. La collection du musée est à la fois profondément ancrée dans son territoire et résolument internationale, centrée sur la région tout en réunissant des œuvres provenant de tous les continents. À travers les nombreuses histoires qu’il racontera et fera découvrir, le Guggenheim Abu Dhabi sera une source d’émerveillement, un lieu de rencontre et un espace de curiosité et de joie pour les habitants des Émirats arabes unis comme pour les visiteurs du monde entier. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com