Cannes: Hafsia Herzi réalise un portrait délicat de femme dans les cités de Marseille

L'actrice Hafsia Herzi (Photo, AFP).
L'actrice Hafsia Herzi (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 12 juillet 2021

Cannes: Hafsia Herzi réalise un portrait délicat de femme dans les cités de Marseille

  • Le film livre le récit sensible des difficultés d'une mère de famille dans un grand ensemble de la cité phocéenne
  • Il sort en salles en France le 21 juillet

CANNES: L'actrice Hafsia Herzi, révélée dans « La Graine et le Mulet » en 2007, avant de multiplier les rôles puis de réaliser un premier long-métrage il y a deux ans, transforme l'essai à Cannes avec « Bonne Mère », pour lequel elle a puisé dans ses souvenirs d'enfance, dans les cités de Marseille.

Le film livre le récit sensible des difficultés d'une mère de famille dans un grand ensemble de la cité phocéenne. Présenté dans la section « Un certain regard », il sort en salles en France le 21 juillet.

« Bonne Mère », surnom de la basilique Notre-Dame-de-la-Garde qui domine Marseille, suit Nora (Halima Benhamed, pour la première fois au cinéma) qui élève seule ses enfants et petits-enfants. Elle cumule les emplois et les soucis, notamment celui d'un fils aîné en détention pour lequel elle doit payer un avocat.

Ce portrait pudique restitue aussi le bouillonnement de la cité portuaire et son art de la débrouille à travers des dialogues et de nombreux personnages pleins de mordant. « Dans les quartiers nord de Marseille il y a beaucoup de mères seules, de mères isolées et j'avais envie de rendre hommage à ces femmes », confie la réalisatrice de 34 ans, elle-même élevée par une mère laissée seule avec quatre enfants. « Les femmes portent beaucoup sur leurs épaules », dit-elle.

Le tournage a été réalisé dans la cité en prise avec le trafic de drogue où la réalisatrice a grandi, et où elle conserve des liens, avec exclusivement des acteurs non professionnels : « pour moi, c'était une évidence (...) pour apporter de la crédibilité à l'histoire » et « montrer des visages qu'on n'a pas l'habitude de voir au cinéma ».

Les exigences en ont été redoublées. Il y a eu beaucoup de répétitions, de liens humains à nouer et de travail du cadre avant de pouvoir filmer, le plus souvent en une seule prise.

Une démarche en écho avec le propre parcours d'Hafsia Herzi : elle a elle-même démarré à l'écran sans formation, dans « La Graine et le mulet » (2007) d'Abdellatif Kechiche, qui lui a valu un prix à Venise puis un César du meilleur espoir féminin, et a lancé sa carrière.

La trentenaire est passée réalisatrice il y a deux ans avec « Tu mérites un amour » (2019), une comédie romantique tournée avec peu de moyens sur la jeunesse parisienne d'aujourd'hui, où elle tenait le rôle principal, bien accueillie par la critique. Pour la suite, elle hésite : « J'aimerais beaucoup tourner à nouveau à Marseille mais pas tout de suite. La mise en scène, c'est tellement dur psychologiquement et physiquement, il faut être inspiré, y croire ».


La boutique rurale d'Asir propose du pain traditionnel fraîchement sorti du four

Elham Asiri attire les visiteurs et les habitants de la région d'Asir avec ses pains frais connus sous le nom de mifa et hali, entre autres. (Photo, AN/Huda Bashatah)
Elham Asiri attire les visiteurs et les habitants de la région d'Asir avec ses pains frais connus sous le nom de mifa et hali, entre autres. (Photo, AN/Huda Bashatah)
Elham Asiri attire les visiteurs et les habitants de la région d'Asir avec ses pains frais connus sous le nom de mifa et hali, entre autres. (Photo, AN/Huda Bashatah)
Elham Asiri attire les visiteurs et les habitants de la région d'Asir avec ses pains frais connus sous le nom de mifa et hali, entre autres. (Photo, AN/Huda Bashatah)
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  • Vêtue de la tenue traditionnelle d'Asir, composée d’une burqa et d’une tafsha, et d'un chapeau de paille pour se protéger du soleil, Asiri ouvre sa boutique tous les jours à 14 heures
  • La boutique d'Asiri est unique car elle pétrit et cuit le pain et le sert chaud à ses visiteurs, dès qu'elle reçoit une commande

ABHA: L'arôme du pain fraîchement sorti du four émanant des boulangeries et des maisons locales embaume l'air frais d'un quartier d'Asir.

Arab News a rencontré Elham Asiri, une mère de famille et une boulangère experte, qui attire les visiteurs et les habitants de la région d’Asir avec ses pains traditionnels frais connus sous le nom de mifa et hali, entre autres.

Située au sommet de la montagne Al-Sawda, à environ 3 133 mètres d'altitude, sur le chemin du retour vers Abha, la boutique d'Asiri se trouve sur le bord d'une route menant à Rijal Alma, un village historique.

Vêtue de la tenue traditionnelle d’Asir, composée d’une burqa et d’une tafsha, et d'un chapeau de paille pour se protéger du soleil, Asiri ouvre sa boutique tous les jours à 14 heures, les clients faisant déjà la queue pour passer leurs commandes du jour. 

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Elle prépare de grandes quantités de pâte pendant la nuit, et l'après-midi, elle les met au four pour les cuire. Les pains sont principalement composés de farine blanche ou brune, de sel, de levure et d'eau.

Le mifa est un pain de forme ovale fait de farine brune sans garniture, avec des graines de sésame ou de nigelle sur le dessus, ce qui donne au pain un goût et une saveur distincts lorsqu'il est cuit.


Cannes: un cinéaste autochtone exclu du tapis rouge à cause de ses moccassins

Kelvin Redvers s'était rendu en France avec une délégation de cinéastes autochtones  (Photo, Facebook: Kelvin Redvers).
Kelvin Redvers s'était rendu en France avec une délégation de cinéastes autochtones (Photo, Facebook: Kelvin Redvers).
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  • Des responsables du services de sécurité du festival lui ont cependant barré l'accès
  • Dans les heures qui ont suivi l'incident, le réalisateur a indiqué avoir rencontré de hauts responsables du festival

MONTRÉAL: Le cinéaste autochtone Kelvin Redvers a affirmé s'être récemment vu refuser l'entrée au tapis rouge de la 75e édition du Festival de Cannes parce qu'il portait des mocassins, des chaussures traditionnelles qu'il a par la suite pu chausser.

"J'ai grandi avec ma culture et les mocassins sont importants. Je comprends qu'il y ait certaines règles concernant le dress-code sur le tapis rouge alors j'ai pensé que si je portais un smoking, un noeud papillon, et une pièce qui montrait que je suis autochtone, ça serait accepté", a raconté samedi le réalisateur déné, originaire des Territoires du Nord-Ouest, à la chaîne CBC.

"Dans de nombreuses cultures au Canada, les mocassins sont tout à fait considérés comme des vêtements traditionnels et formels", a-t-il souligné.

Kelvin Redvers s'était rendu en France avec une délégation de cinéastes autochtones et était invité à l'avant-première du film "Les Amandiers" de l'actrice franco-italienne Valeria Bruni Tedeschi, projeté le 22 mai.

Des responsables du services de sécurité du festival lui ont cependant barré l'accès, a raconté le réalisateur dans plusieurs grands médias nationaux. Il a ensuite été autorisé à retourner sur le tapis rouge avec d'autres chaussures.

"C'est difficile de digérer des choses comme ça. Même maintenant quand j'y repense, ça me bouleverse. J'étais déçu, en colère", a-t-il expliqué, à son retour à Vancouver en Colombie-Britannique (ouest). 

Kelvin Redvers a déclaré qu'il était "excité depuis un moment" à l'idée de pouvoir porter ses mocassins bruns, qui avaient été confectionnés par sa soeur. 

Dans les heures qui ont suivi l'incident, le réalisateur a indiqué avoir rencontré de hauts responsables du festival, qui se sont excusés et l'ont invité à porter les mocassins sur le tapis rouge lors de la présentation des "Crimes du Futur" de David Cronenberg, lundi. 

Cette semaine, le cinéaste a dit sur Facebook espérer que cet incident permettrait de faire savoir "partout dans le monde que les vêtements traditionnels autochtones sont tout à fait acceptables dans des contextes formels comme le tapis rouge".


Cannes: Song Kang-ho, le visage du cinéma coréen

L'acteur sud-coréen Song Kang-Ho pose avec son trophée à Cannes, dans le sud de la France, en mai 28 février 2022 (Photo, AFP).
L'acteur sud-coréen Song Kang-Ho pose avec son trophée à Cannes, dans le sud de la France, en mai 28 février 2022 (Photo, AFP).
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  • Dans le film, il joue un homme criblé de dettes qui découvre un bébé abandonné
  • C'est son deuxième succès à Cannes, après la Palme d'Or décernée au film coréen «Parasite»

CANNES: Star du cinéma coréen, acteur fétiche de son compatriote Bong Joon-ho, Song Kang-Ho a accédé à la notoriété internationale grâce à "Parasite", Palme d'or 2019 et Oscar du meilleur film, où il incarnait un père de famille pauvre qui va faire imploser un foyer de riches Coréens. 

A 55 ans, l'acteur a franchi une étape supplémentaire en recevant samedi le prix d'interprétation à Cannes pour son rôle dans le film "Les bonnes étoiles" du Japonais Kore-Eda. Visiblement ému, il a seulement remercié et salué toute sa famille, présente en partie dans la salle. 

Dans le film, il joue un homme criblé de dettes qui découvre un bébé abandonné et se porte volontaire pour lui trouver une nouvelle famille, en échange d'argent. 

La vente du bébé va se transformer en voyage entre Busan et Séoul, dans un van décati. 

C'est son deuxième succès à Cannes, après la Palme d'Or décernée au film coréen "Parasite". 

Devenu le visage le plus connu du cinéma sud-coréen, Song Kang-ho était aussi revenu à Cannes en juillet 2021, en tant que membre du jury présidé par Spike Lee.

C'est sa première collaboration avec Kore-eda, grand analyste de la famille et des liens entre parents et enfants. Dans "Les bonnes étoiles", il a imaginé des êtres se rencontrant fortuitement qui recréent une forme de famille, cette fois-ci autour d'un bébé abandonné dans une de ces boites où les mères peuvent laisser leur nouveau-né. 

L'occasion de s'interroger sur les liens du sang, les séquelles de l'abandon, la douleur des séparations...     

Expressif 

"Ce n'est pas l'histoire, le thème ou même le scénario des +Bonnes étoiles+ qui m'a motivé, mais le fait même de travailler avec lui (Kore-eda). J’aime beaucoup son cinéma, pour son humanité, et pour l’amour qu’il porte à ses personnages", a expliqué l'acteur dans une interview à Paris Match. 

Début mai, Song Kang-ho avait raconté à Séoul qu'il s'attendait à une direction d'acteurs "méticuleuse et calculée" de Kore-eda. "Mais il nous a vraiment respectés et a fait ressortir nos émotions d'une manière qui soit vraiment libre, bienveillante et inépuisable".

L'acteur a débuté sa carrière sur les planches en Corée, avant de percer au cinéma dans un petit rôle en 1996, pour lequel il est aussitôt remarqué par Lee Chang-Dong, qui le fait jouer dans son premier film, "Green Fish" (1997).

Il enchaîne ensuite les films coréens, et devient l'acteur fétiche de plusieurs réalisateurs: Kim Jee-woon ("The Quiet Family") puis Park Chan-wook ("JSA" - Joint Security Area", "Sympathy for Mr. Vengeance", premier volet de sa trilogie de la vengeance, et "Thirst, ceci est mon sang", film de vampires librement inspiré de "Thérèse Raquin" d’Émile Zola). 

Avec Bong Joon-ho, il a joué un policier obsédé par un serial killer dans le polar "Memories of Murder". Il a également tourné sous sa direction dans "The Host", "Snowpiercer"... puis "Parasite".

"Song Kang-ho est un acteur tellement expressif, que ce soit pour exprimer la tension, la comédie ou la confusion", commentait récemment à l'AFP Brian Hu, professeur de cinéma à l'Université d'Etat de San Diego.