Le gouvernement français à l'écoute d’une filière automobile en pleine mutation

Le président français Emmanuel Macron s’apprête à monter dans une version électrique de la Renault 4L pour marquer le 60e anniversaire d'un modèle portant le logo 'Présidence de la République' sur la porte, lors de sa visite sur le site de la future usine de batterie de la firme japonaise Envision AESC, où Renault SA développe un centre de fabrication de véhicules électriques, à Douai, dans le nord de la France, le 28 juin 2021. (Photo, AFP)
Le président français Emmanuel Macron s’apprête à monter dans une version électrique de la Renault 4L pour marquer le 60e anniversaire d'un modèle portant le logo 'Présidence de la République' sur la porte, lors de sa visite sur le site de la future usine de batterie de la firme japonaise Envision AESC, où Renault SA développe un centre de fabrication de véhicules électriques, à Douai, dans le nord de la France, le 28 juin 2021. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Mardi 13 juillet 2021

Le gouvernement français à l'écoute d’une filière automobile en pleine mutation

  • L’UE envisage la suppression complète des émissions de CO2 à partir de 2035, les véhicules électriques deviendraient de facto les seuls autorisés sur le marché
  • Paris veut garder les hybrides rechargeables sur la table, même s'ils émettent des gaz toxiques, ils représentent « une bonne solution de transition », selon l'Elysée

PARIS : La France va continuer à promouvoir les hybrides rechargeables face à la proposition européenne d'interdiction des moteurs thermiques, et prépare un nouveau plan d'investissements pour la filière.

Un an après la mise en œuvre, en mai 2020, d'un plan de relance automobile doté de huit milliards d'euros, Emmanuel Macron a réuni lundi les constructeurs comme Renault, Stellantis (Peugeot-Fiat) et Toyota, les équipementiers, les partenaires sociaux ainsi que des représentants des filières.

Le secteur s'apprête en effet à vivre une révolution: mercredi, la Commission européenne doit proposer de nouvelles réglementations pour réduire à zéro les émissions de CO2 des véhicules neufs, afin d'accélérer la lutte contre le changement climatique.

Selon plusieurs sources, elle envisage la suppression complète des émissions automobiles à partir de 2035. Les véhicules électriques deviendraient de facto les seuls autorisés sur le marché du neuf.

La France ne s'y oppose pas, mais veut garder les hybrides rechargeables sur la table. Même s'ils émettent des gaz toxiques, ils représentent "une bonne solution de transition", a indiqué l'Elysée.

"On n'a pas acté la fin du moteur thermique en 2035, ça fermerait la porte à l'hybride également", a souligné la présidence française.

Pour 2030, le gouvernement français et la filière militent pour "un objectif réaliste", "autour de 55% de baisse des émissions maximum", soit moins que ce que devrait proposer la Commission européenne.

Le chef de l'Etat a multiplié les gestes en direction de ce secteur industriel hautement symbolique et pourvoyeur de près de 200000 emplois industriels en France. Fin juin, entouré de trois ministres, il a visité le futur pôle "ElectriCity" de Renault dans les Hauts-de-France, qui va bientôt accueillir la deuxième usine de batteries de l'Hexagone.

La réunion de lundi était le "coup d’envoi de la mobilisation de l’équipe France pour faire face à une transition très forte" et "qui s’accélère", a expliqué l'Elysée.

Le gouvernement prépare pour la fin de l'été un plan d’investissements pour soutenir la transition du marché automobile. Le sujet des subventions à l'achat des véhicules devrait être abordé, a précisé l'Elysée.

Une "cartographie détaillée de l'impact de cette transition et des moyens de l’Etat qui peuvent être mis en place", filière par filière, doit également être présentée au Premier ministre.

La Plateforme automobile (PFA), qui représente la filière, estime à 17 milliards d'euros les investissements à localiser en France dans les cinq ans "sur les technologies clés de l'automobile du XXIe siècle", comme les bornes de recharge, l'hydrogène ou les composants électroniques. La PFA évalue le besoin de soutien public à 30%.

"Nous faisons très clairement face au risque d’un scénario du déclin qui ferait sortir la France des grands pays de l’industrie automobile. Nous pouvons aussi en faire une opportunité de sursaut en exigeant une nouvelle ambition industrielle", a déclaré à l'AFP Luc Chatel, le président de la PFA.

100000 emplois seraient menacés dans la filière française d'ici 2035, selon un rapport de l'Observatoire de la métallurgie.

"Pour être juste, la transition énergétique ne doit pas se conduire au détriment de l'emploi", a souligné le syndicat FO Métaux dans un communiqué. "Un effort gigantesque doit être mis en œuvre sur la formation afin d’offrir à chaque salarié une opportunité dans les futurs métiers".

Plusieurs groupes automobiles ont déjà annoncé le retrait progressif des moteurs à combustion de leurs gammes, à l'image de Volkswagen, Volvo (2030) ou Jaguar (2025).

"Nous devons y aller, mais faisons-le à une cadence qui ne nous mette pas en risque de dépendance", notamment vis-à-vis d'une industrie automobile chinoise en pleine explosion, a souligné à l'AFP Claude Cham, de la Fédération des équipementiers. "Ça implique qu’entre maintenant et 2035, on n’accélère pas le rythme".

Le marché européen, lui, s'électrifie à grande vitesse: sa faible reprise en temps de crise sanitaire profite surtout aux véhicules hybrides et électriques, qui représentaient près d'un tiers des ventes européennes au premier trimestre.


« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Short Url
  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

--
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Short Url
  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Short Url
  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.