La dépouille d'un général français mort en 1812 revient en France

Des membres d'un club historique et des proches portent le cercueil du général français Charles Etienne Gudin lors d'une cérémonie de transfert des restes de son corps de Russie en France (AFP)
Des membres d'un club historique et des proches portent le cercueil du général français Charles Etienne Gudin lors d'une cérémonie de transfert des restes de son corps de Russie en France (AFP)
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Publié le Mardi 13 juillet 2021

La dépouille d'un général français mort en 1812 revient en France

  • Charles Étienne Gudin de la Sablonnière a été fauché le 19 août par un boulet de canon ennemi lors de la bataille de Valoutina Gora, à 20 kilomètres à l'est de Smolensk, ville russe près de l'actuelle frontière avec le Belarus
  • La dépouille du soldat sera rapatriée dans un A320 financé par l'oligarque russe Andrey Kozystin, selon plusieurs médias

PARIS : Deux cents ans pour atteindre sa dernière demeure, avec un final sur fond de polémique politique. La dépouille d'un général français, mort en 1812 pendant la campagne russe de Napoléon, est attendue en France mardi.

Charles Étienne Gudin de la Sablonnière a été fauché le 19 août par un boulet de canon ennemi lors de la bataille de Valoutina Gora, à 20 kilomètres à l'est de Smolensk, ville russe près de l'actuelle frontière avec le Belarus.

La ministre déléguée aux anciens combattants, Geneviève Darrieussecq, présidera la cérémonie à l'arrivée du corps en début d'après-midi à l'aéroport du Bourget. Interrogé par l'AFP, le ministère n'a pas précisé si une décision avait été prise sur le lieu de son inhumation.

Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice des Français de l'étranger et Présidente d’honneur de l'association Paris-Napoléon 2021, a obtenu des informations "orales" qu'il entrerait aux Invalides le 2 décembre, anniversaire de la bataille d'Austerlitz, a-t-elle indiqué à l'AFP.

"On a quand même des personnages qu'on ne peut pas renier", a-t-elle estimé, déplorant des "polémiques de bas étage". Car le dossier est un peu miné.

Le général a été retrouvé grâce à Pierre Malinowski, un historien et ex-militaire français proche de l'extrême droite et disposant d'appuis au Kremlin. Ex-assistant parlementaire de Jean-Marie Le Pen, il est président de la Fondation franco-russe des initiatives historiques.

Une personnalité sans doute en lien avec les réticences de l'Elysée. "Gudin devait être inhumé aux Invalides en grande pompe et ça devait être la première partie des commémorations de la mort de Napoléon" avant que tout soit annulé, assurait en mai l'historien à Radio Sputnik, un média financé par Moscou

Outre sa personnalité, lui même évoquait aussi comme explication la crise sanitaire, mais surtout la dégradation des relations entre Paris et Moscou autour du sort de l'opposant politique russe Alexeï Navalny, dont l'Occident réclame la libération.

Quelle qu'en soit la raison, le président Macron sera absent au Bourget. Et la dépouille du soldat sera rapatriée dans un A320 financé par l'oligarque russe Andrey Kozystin, selon plusieurs médias.

Amputé de la jambe gauche, le général, que l'on disait très apprécié de Napoléon, est mort de la gangrène trois jours après sa blessure. Il était âgé de 44 ans. "Chose rare, Napoléon écrivit à la comtesse Gudin une lettre de condoléances dans laquelle il dit : +la perte est grande pour vous ; elle l’est aussi pour moi+", écrit le site de la Fondation Napoléon.

Précurseur des commandos

"Le général prit part aux guerres de la République, du Consulat puis de l’Empire", a précisé de son côté le ministère dans un communiqué. Il combattit dans les armées du Nord, du Rhin, puis du Danube dans laquelle il se distingua dans plusieurs batailles. Dont Wagram en 1809.

"Il inaugura sur le champ de bataille des techniques d’attaques surprises par petits groupes, ce qui lui donne la réputation d’être un précurseur des commandos", selon le ministère.

Longtemps, les témoignages ont divergé sur la localisation de sa tombe. Mais une équipe franco-russe d'archéologues avait repris les recherches en mai 2019 à l'initiative de Pierre Malinowski. Des analyses ADN ont permis de prouver que les restes retrouvés en juillet de la même année étaient bien ceux de ce général, dont le nom est gravé sur l'Arc de Triomphe.

A l'époque de sa mort en août 1812, l'armée française est en pleine avancée et rien ne laisse présager le désastre de la campagne russe. Avec la prise de Smolensk, le 16 août, Napoléon ouvre la voie vers  Moscou, 400 kilomètres plus à l'est.

Mais trois jours plus tard, lors de la bataille de Valoutina Gora, située à moins de 15 kilomètres de Smolensk, l'armée russe échappe au piège des troupes françaises. Après avoir confié Gudin à son médecin personnel, Napoléon lui rend visite et le prend dans ses bras juste avant sa mort le 22 août, selon des témoignages.

Son cœur prélevé est conservé au cimetière parisien de Père-Lachaise.

 


Notre-Dame: 5 ans après l'incendie, les principaux défis de la reconstruction relevés

Le 15 avril 2019, un gigantesque incendie a ravagé la cathédrale, symbole de la chrétienté inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco qui accueillait 12 millions de visiteurs chaque année. (AFP).
Le 15 avril 2019, un gigantesque incendie a ravagé la cathédrale, symbole de la chrétienté inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco qui accueillait 12 millions de visiteurs chaque année. (AFP).
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  • Le 15 avril 2019, un gigantesque incendie a ravagé la cathédrale, symbole de la chrétienté inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco qui accueillait 12 millions de visiteurs chaque année
  • Des millions de personnes sont restées médusées devant les images diffusées en direct

PARIS: Cinq ans après l'incendie qui a dévasté Notre-Dame de Paris, les principaux défis posés par sa restauration ont été relevés, à l'image de sa flèche dont l'aiguille vêtue de sa couverture en plomb pointe à nouveau dans le ciel, selon Philippe Jost, à la tête du chantier.

Quelque 250 entreprises et des centaines d'artisans d'art, d'architectes et de professionnels ont travaillé dans ce chantier hors norme pour permettre la réouverture du chef-d'oeuvre de l'art gothique, toujours prévue le 8 décembre, affirme à l'AFP M. Jost, qui dirige l'établissement public chargé de cette restauration depuis le décès du général Jean-Louis Georgelin l'été dernier.

Le 15 avril 2019, un gigantesque incendie a ravagé la cathédrale, symbole de la chrétienté inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco qui accueillait 12 millions de visiteurs chaque année. Il a provoqué l'effondrement de sa flèche et celui, partiel, de sa toiture, ravagées par les flammes.

Des millions de personnes sont restées médusées devant les images diffusées en direct.

Déblaiement et sécurisation

"Nous avons tous vécu le choc de la cathédrale après l'incendie, avec ces visions de désolation: les brèches béantes dans les voûtes, les décombres qui jonchaient le sol. On a utilisé des robots car on ne pouvait pas pénétrer sous les voûtes. La phase de sécurisation a duré plus de deux ans", se souvient M. Jost, qui fut d'abord le bras droit du général Georgelin.

Des tonnes de gravats (bois calciné, pierres écroulées...) ont dû être dégagées. Un chantier interrompu plusieurs semaines en raison du Covid.

La sécurisation s'est poursuivie avec le cintrage des arcs-boutants qui soutiennent les voutes, qui menaçaient de s'effondrer à leur tour, ainsi que par la dépollution de 450 tonnes de plomb partiellement vaporisées dans l'atmosphère.

Un échafaudage extérieur de 40.000 tubes tordus et calcinés, qui entourait avant l'incendie la flèche (dont 16 statues avaient été démontées pour restauration), a été démantelé.

Cette "étape majeure" sous haute sécurité s'est achevée à l'été 2021, pour un coût de 150 millions d'euros.

Reconstruction

La reconstruction a démarré à l'automne 2021 sur le chantier de la cathédrale (où des échafaudages intérieurs et extérieurs ont été installés) et dans de nombreux ateliers d'art (charpentiers, maîtres-verriers, tailleurs de pierre...).

Parmi les défis techniques, M. Jost cite les charpentes de la nef, du choeur et de la flèche, qui ont pu être reconstruites à l'identique en chêne massif, avec plus d'un millier d'arbres bicentenaires spécialement sélectionnés dans les forêts françaises.

Elles étaient toutes achevées en mars, la flèche, identique à celle de l'architecte du XIXe siècle Viollet-le-Duc, ayant recouvré aussi une partie de sa couverture et de ses ornements en plomb, ainsi que sa croix et son coq.

Parmi les "très grands moments", M. Jost cite "avril 2023, lorsque les maçons-tailleurs de pierre ont refermé la grande brèche de la voûte de la nef" et lorsque "la flèche est réapparue aux yeux de tous" en février 2024.

Le budget global de cette phase de reconstruction devrait rester "en-deçà" des 550 millions d'euros estimés au départ, anticipe M. Jost.

846 millions d'euros de dons ont été recueillis à travers le monde, dont environ 150 doivent servir à la restauration de parties extérieures de la cathédrale très érodées et touchées par différentes pathologies de la pierre avant l'incendie.

Intérieur

A l'intérieur, Notre-Dame a retrouvé une luminosité inconnue de mémoire de vivant: le nettoyage des murs, voûtes et décors est quasiment achevé.

Il révèle la blondeur de la pierre d'Ile-de-France et des décors peints qui étaient enfouis sous des couches de saleté. La repose des sols en damier noir et blanc se poursuit, ainsi que l'installation, totalement repensée, des dispositifs techniques et électriques et d'un système anti-incendie inédit, selon M. Jost.

Le diocèse a choisi d'épurer l'axe central de la cathédrale et de la doter d'un nouveau mobilier liturgique massif et sobre en bronze brun, ainsi que de 1.500 chaises au design ajouré en chêne massif, qui seront installés à l'automne.

Les vitraux (parmi lesquels seulement trois grandes roses sont médiévales) n'ont pas été endommagés par l'incendie mais ils ont tous été nettoyés. Six vitraux contemporains devraient intégrer certaines chapelles côté Seine, mais pas avant 2026, selon le souhait du président de la République.

Le grand orgue (le plus grand de France) a été épargné par le feu mais recouvert de poussière de plomb. Après nettoyage, ses 8.000 tuyaux ont été remontés un par un. Son harmonisation devrait durer six mois pour redonner sa "voix" à Notre-Dame.

Prochaines étapes

D'ici l'été, les toitures de la nef, du choeur et de la flèche, la restauration des sols, ainsi que des travaux sur du mobilier d'art intérieur, doivent être achevés.

A partir de l'automne, le parvis et les accès seront dégagés et réaménagés en lien avec la Ville de Paris, chargée de restructurer les abords, qui doivent être verdis, à l'horizon 2028.


Des ONG, dont Amnesty, saisissent la justice contre les livraisons d'armes à Israël

Cette photo prise le 10 avril 2024 depuis la frontière sud d'Israël avec la bande de Gaza montre des bâtiments de l'autre côté de la barrière frontalière qui ont été détruits au cours de six mois de combats et de bombardements incessants sur le territoire palestinien, au milieu des combats incessants entre Israël et le Hamas. (Photo de JACK GUEZ / AFP)
Cette photo prise le 10 avril 2024 depuis la frontière sud d'Israël avec la bande de Gaza montre des bâtiments de l'autre côté de la barrière frontalière qui ont été détruits au cours de six mois de combats et de bombardements incessants sur le territoire palestinien, au milieu des combats incessants entre Israël et le Hamas. (Photo de JACK GUEZ / AFP)
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  • Selon des sites d'investigation, «la France a autorisé, la livraison à Israël d'au moins 100 000 pièces de cartouches pour des fusils mitrailleurs susceptibles d'être utilisés contre des civils à Gaza»
  • «Il y a une opacité extrême autour des conditions dans lesquelles la France aujourd'hui intervient et fournit des armes», a dénoncé l'avocat de six organisations

PARIS: Huit organisations, dont Amnesty International France, ont annoncé jeudi avoir saisi - ou s'apprêter à le faire - le tribunal administratif de Paris pour exiger "la suspension des livraisons d'armes" de la France à Israël, une action décrite comme "parfaitement exceptionnelle".

"Il existe clairement un risque que les armes et les équipements militaires que la France exporte vers Israël soient utilisés pour commettre de graves crimes contre des populations civiles dans la bande de Gaza occupée", s'alarment ces ONG, associations et syndicats - dont Attac et Solidaires - dans un communiqué.

"Ce faisant, la France viole les règles internationales relatives notamment au traité sur le commerce des armes et risque de devenir complice de violations du droit international – y compris de crimes de guerre – et d'un possible génocide", alertent ces organisations, qui ont ou vont déposer trois procédures juridiques d'urgence distinctes.

Fin mars, le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, avait démenti la vente à Israël, en guerre contre le Hamas à Gaza depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien le 7 octobre, de composants pour des pièces de cartouches.

Selon les sites d'investigation Disclose et Marsactu, "la France a autorisé, fin octobre 2023, la livraison à Israël d'au moins 100.000 pièces de cartouches pour des fusils mitrailleurs susceptibles d'être utilisés contre des civils à Gaza".

"Il y a une opacité extrême autour des conditions dans lesquelles la France aujourd'hui intervient et fournit des armes", a dénoncé lors d'une conférence de presse Me Vincent Brengarth, avocat de six organisations - dont l'Association France Palestine Solidarité - qui devaient saisir dans les prochaines heures le tribunal administratif pour exiger la suspension de toutes les licences d'exportation de matériels de guerre vers Israël.

"Les actes de complicité que constitue la fourniture d'armes sont à l'envers de l'obligation de prévenir le génocide", a estimé pour sa part Me William Bourdon, alors que plus de 33.000 personnes ont été tuées dans la bande de Gaza, selon le Hamas.

L'ONG Action Sécurité Éthique Républicaines (ASER) a déjà saisi le tribunal administratif de Paris pour demander la suspension d’une licence d'exportation vers Israël de matériels de guerre de la catégorie ML3 (munitions et éléments de munitions).

De son côté, Amnesty International France va exiger la suspension des licences d'exportation de matériels de guerre pour les catégories ML5 (matériels de conduite de tir) et ML15 (matériels d’imagerie).


Des groupes de défense des droits de l’homme exhortent l’ONU à mettre fin au profilage racial en France

La Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, que la France a signée, interdit le profilage racial par les forces de l’ordre. (AFP)
La Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, que la France a signée, interdit le profilage racial par les forces de l’ordre. (AFP)
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  • Les cinq plaignants appellent le comité de l’ONU à reconnaître le problème en France et à proposer un plan au gouvernement en vue de l’éradiquer
  • Les plaignants cherchent également à modifier «les objectifs institutionnels, les lignes directrices et la formation proposée à la police»

LONDRES: Une plainte a été déposée auprès du Comité des nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale concernant le profilage racial pratiqué par la police en France.

Cinq groupes français et internationaux, dont Amnesty International et Human Rights Watch, ont porté plainte, en l’absence d’action gouvernementale, malgré une décision du Conseil d’État français, au mois d’octobre dernier, selon laquelle les incidents de discrimination n’étaient pas «isolés».

La Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, que la France a signée, interdit le profilage racial par les forces de l’ordre.

Les cinq plaignants appellent le comité de l’ONU à reconnaître le problème en France et à proposer un plan au gouvernement en vue de l’éradiquer.

Les mesures proposées comprennent «la redéfinition et la clarification du cadre juridique des contrôles d’identité par la police afin d’éliminer la discrimination en exigeant des raisons objectives et individualisées», tout en créant «une traçabilité de tous ces contrôles d'identité par la police au moyen d’un système d’enregistrement et d’évaluation pour justifier chaque contrôle d’identité» et «le renforcement des droits des victimes en prévoyant un système de recours efficace à un mécanisme de plainte indépendant».

Les plaignants cherchent également à modifier «les objectifs institutionnels, les lignes directrices et la formation proposée à la police, y compris en ce qui concerne les interactions avec le public».

Ils intentent une action en justice à ce sujet depuis un arrêt de 2016 de la Cour de cassation française condamnant cinq affaires de profilage racial en tant que «faute lourde engageant la responsabilité de l’État».

Des recherches approfondies ainsi que des témoignages de policiers ont révélé que le profilage racial – en particulier contre les jeunes hommes noirs et arabes – était répandu au sein de nombreuses forces de police françaises.

Le profilage racial en France a été reconnu par de nombreux organismes nationaux et internationaux, notamment la Commission nationale consultative des droits de l’homme et la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com