En quête d'un accord sur la pêche, l'OMC convoque les ministres

Dans cette photo d'archive prise le 9 juillet 2021, deux thons rouges sont extraits avec une grue après avoir été pêchés par des plongeurs dans une senne coulissante dans l'installation aquacole de la société de pêche Balfego en pleine mer au large de la côte de L'Atmella de Mar. PAU BARRENA / AFP
Dans cette photo d'archive prise le 9 juillet 2021, deux thons rouges sont extraits avec une grue après avoir été pêchés par des plongeurs dans une senne coulissante dans l'installation aquacole de la société de pêche Balfego en pleine mer au large de la côte de L'Atmella de Mar. PAU BARRENA / AFP
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Publié le Jeudi 15 juillet 2021

En quête d'un accord sur la pêche, l'OMC convoque les ministres

  • L'OMC a convoqué jeudi les ministres au chevet des difficiles négociations sur la surpêche mais les désaccords sur la fiscalité des carburants et le traitement des pays en développement continuent de freiner les progrès
  • Les ministres des 164 membres de l'OMC doivent discuter sur la base d'un texte proposé par le Colombien Santiago Wills, qui dirige les négociations sur ce sujet épineux

GENEVE : L'OMC a convoqué jeudi les ministres au chevet des difficiles négociations sur la surpêche mais les désaccords sur la fiscalité des carburants et le traitement des pays en développement continuent de freiner les progrès.

En raison de la pandémie de Covid-19, la directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce, la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala, a tenu à ce que la réunion, qui n'est pas publique, se tienne en ligne.

Les ministres des 164 membres de l'OMC doivent discuter sur la base d'un texte proposé par le Colombien Santiago Wills, qui dirige les négociations sur ce sujet épineux, alors que l'ONU avait fixé 2020 comme année butoir pour conclure un accord.

Cet objectif n'a pas été atteint en raison des profonds désaccords entre les membres et de la crise sanitaire qui a ralenti le rythme des discussions, mais la nouvelle patronne de l'OMC a fait de ces négociations, vieilles de 20 ans, une priorité et réclame un accord avant la fin d'année.

"Après deux décennies de négociations à l'OMC et des discussions marathon cette année, nous avons devant nous un projet de texte d'un accord qui va concrétiser l'ambition mondiale de mettre fin aux subventions à la pêche préjudiciables", a affirmé Mme Okonjo-Iweala.

"Nous sommes sur le point de conclure un accord à l'OMC qui est historique à plus d'un titre. Il montrera que les membres peuvent se réunir et agir sur des questions d'intérêt commun. La santé de nos océans et de notre planète est en jeu", a-t-elle dit.

A l'issue des interventions des ministres (jusqu'à 17H00 GMT), l'OMC fera le point sur les discussions, même si personne ne s'attend à de réelles avancées.

"J'espère sincèrement que chacun aborde ce texte révisé dans la perspective d'y trouver un compromis possible afin que les négociations soient couronnées de succès", a souligné M. Wills.

Malgré la volonté affichée par Mme Okonjo-Iweala d'accélérer les négociations, ces dernières butent sur plusieurs points, tandis que les ONG appellent à trouver un accord qui protège réellement les océans.

"Il est essentiel que les membres de l'OMC ne sacrifient pas la question environnementale au nom de la rapidité" à trouver un accord, a indiqué à l'AFP Isabel Jarrett, de l'ONG Pew Charitable Trusts.

Armada de pêche chinoise

Les discussions à l'OMC visent à interdire les subventions à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (dite INN), celles concernant les stocks surexploités et celles contribuant à la surcapacité et à la surpêche. Dans les deux derniers cas, le texte prévoit que les aides soient autorisées lorsqu'elles encouragent la reconstitution des stocks de poissons à des niveaux biologiquement durables.

Les modalités du traitement des pays en développement constitue la principale pierre d'achoppement des discussions. Les pays développés jugent plutôt d'un bon oeil que les pays les plus pauvres puissent bénéficier de flexibilités, mais ils souhaitent que les pays en développement qui possèdent de véritables armadas de pêche, comme la Chine, ne jouissent d'aucun régime d'exception.

D'autant qu'à l'OMC ce sont les pays qui s'autodéclarent "pays en développement".

"Il serait très utile que la Chine, qui est la plus grande nation de pêche du monde, dise clairement qu'elle est prête à assumer pleinement les obligations sans traitement spécial et différencié. Ce serait certainement un signal politique très important", a affirmé un responsable européen.

Le traitement spécial et différencié "ne peut pas être une carte blanche permettant à un pays qui se déclare en développement de continuer à subventionner" à tout va, a-t-il ajouté.

La portée de l'accord est également source de discorde: s'il semble y avoir un consensus pour exclure l'aquaculture et la pêche continentale du champ d'application, certains pays en développement demandent que les aides aux carburants, dont les exonérations fiscales, soient incluses. Ce que l'UE refuse.

Le texte risque de ne pas satisfaire non plus ceux qui, comme les Etats-Unis, souhaitent que l'accord englobe le travail forcé sur les navires de pêche, la proposition américaine n'étant pas prise en compte.

Au-delà du coût humain, "le travail forcé donne aux navires de pêche qui se livrent à cette pratique un avantage commercial injuste", avait souligné fin mai le bureau de la représentante américaine au Commerce (USTR), Katherine Tai: "Cela exacerbe également la surpêche et l'épuisement des océans du monde". 


Maroc: la Banque centrale relève son taux directeur pour freiner l'inflation

Un homme tient des billets de dirham marocain, le 23 janvier 2018 à Casablanca. (Photo, AFP)
Un homme tient des billets de dirham marocain, le 23 janvier 2018 à Casablanca. (Photo, AFP)
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  • Elle survient dans un contexte de poussée inflationniste alimentée par la flambée des prix des matières premières au niveau mondial
  • Sur l'ensemble de l'année 2022, l'institution monétaire table sur une inflation de 6,3% (contre 1,4% en 2021). Elle reviendrait à 2,4% en 2023

RABAT: La Banque centrale du Maroc (BAM) a relevé mardi son taux directeur de 50 points de base, à 2%, afin de juguler une "forte accélération de l’inflation", selon un communiqué de l'institution.

Cette hausse, attendue, a été décidée pour "assurer les conditions d’un retour rapide à des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix", précise le communiqué de la banque centrale publié à l'issue de la réunion trimestrielle de son conseil.

Elle survient dans un contexte de poussée inflationniste alimentée par la flambée des prix des matières premières au niveau mondial.

Ainsi l'indice des prix à la consommation a progressé de 8% en août sur un an, "tiré essentiellement par le renchérissement des produits alimentaires et des carburants", selon la BAM.

"Aujourd'hui, les prix brûlent les caddies des consommateurs et leurs portefeuilles. L'inflation est cruelle pour les revenus modestes", a averti lundi le quotidien L'Economiste dans son éditorial, affirmant que "la sortie de crise sera difficile".

Sur l'ensemble de l'année 2022, l'institution monétaire table sur une inflation de 6,3% (contre 1,4% en 2021). Elle reviendrait à 2,4% en 2023.

La croissance de l'activité économique accusera quant à elle un "net ralentissement" à 0,8% en 2022 (+7,9% en 2021), poussé par "un recul de 14,7% de la valeur ajoutée agricole et une décélération du rythme des activités non agricoles", ajoute la BAM qui prévoit une reprise de 3,6% en 2023 (à condition d'une bonne récolte céréalière).

Cette situation reste "marquée profondément par les séquelles de la pandémie (de Covid-19) et les implications de la guerre en Ukraine" mais également par "les répercussions d’une sécheresse particulièrement sévère", souligne son communiqué.

L'économie du pays maghrébin reste largement tributaire du secteur agricole et de la pêche qui représentait encore près de 12% du PIB en 2020.


Le plongeon de la livre, signe d'un retour au désordre économique des années 1980?

La devise britannique avait repris des couleurs en 1985 après une action concertée des gouvernements aux Etats-Unis, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et au Japon (Photo, AFP).
La devise britannique avait repris des couleurs en 1985 après une action concertée des gouvernements aux Etats-Unis, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et au Japon (Photo, AFP).
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  • La livre est certes considérée comme un baromètre de l'économie britannique, mais sa chute récente est, comme en 1985, en grande partie due à la vigueur du dollar
  • Pour l'instant, les dirigeants politiques ne semblent pas envisager de mesures similaires, note George Saravelos, de Deutsche Bank

LONDRES: Le déclin de la livre, tombée lundi à un record de faiblesse historique face au dollar, témoigne-t-il d'un Royaume-Uni aussi mal en point que dans les années 1970 ou 1980, quand la devise britannique avait touché ses précédents planchers?

Si le contexte économique actuel connaît des similitudes avec ces années-là, quand le Royaume-Uni était surnommé "l'homme malade de l'Europe", les maux d'aujourd'hui sont différents, et la situation outre-Manche n'est pas isolée.

Pendant les années 70, période de choc énergétique comme aujourd'hui, le gouvernement travailliste avait choisi de soutenir l'économie à coup de dépenses publiques, ce qui avait fait chuter la livre, flamber l'inflation, et entraîné une détérioration des finances publiques. Londres avait dû faire appel au Fonds monétaire international.

Aujourd'hui aussi, l'inflation s'envole à près de 10% - encore loin du pic de plus de 20% de 1975 -, les taux d'emprunt grimpent, la récession plane et les comptes publics se détériorent depuis la pandémie de Covid-19 et avec le programme d'aides massives aux factures d'énergie lancé par le nouveau gouvernement conservateur de Liz Truss.

Ce qui a toutefois pris de court les marchés, c'est la combinaison d'un soutien coûteux et de baisses d'impôts tous azimuts, annoncée vendredi par le chancelier de l'Echiquier (ministre des Finances) Kwasi Kwarteng.

Un cocktail jugé téméraire et risqué, d'autant que son financement reste flou, et qui a eu un effet révulsif sur les marchés. La livre a plongé, les taux d'emprunt ont flambé.

«Réformes bien moindres»

En outre, pendant les années 80, la politique d'austérité administrée en traitement de choc par la Première ministre conservatrice Margaret Thatcher et ses importantes baisses d'impôts s'était accompagnée de réduction drastique des dépenses publiques et de déréglementation.

Or, si les baisses d'impôts annoncées par le gouvernement Truss "sont d'une ampleur similaire" à celles des premières années Thatcher, "les réformes sont bien moindres", souligne Paul Dales, spécialiste du Royaume-Uni pour Capital Economics.

"Comparé à la privatisation, la réduction du pouvoir des syndicats et l'acceptation du marché unique dans les années 1980, les zones d'investissement prioritaires et des amendements aux critères de bénéfices sociaux pèsent peu", détaille M. Dales. Même si le Trésor a laissé entendre que d'autres réformes structurelles seraient annoncées lors d'une nouvelle déclaration budgétaire en novembre.

Au prix d'années de vaches maigres, entre choc de la concurrence de l'entrée dans la Communauté économique européenne (CEE) en 1973 puis les réformes de l'ère Thatcher, "le marché britannique était devenu beaucoup plus compétitif" et l'économie était repartie, fait valoir Jane Foley, de Rabobank, interrogée par l'AFP.

Au contraire, "le Brexit, la récession (qui s'annonce, ndlr) et une inflation très élevée laissent actuellement un goût amer en bouche pour les investisseurs", conclut Mme Foley.

Le plafond des factures énergétiques aura toutefois un effet calmant sur l'inflation à court terme. En outre, contrairement aux années 70, le chômage est au plus bas et le Royaume-Uni manque même de bras, conséquence de la pandémie et du Brexit.

De plus, la situation britannique n'est pas totalement isolée. Les autres pays européens font aussi face à une crise énergétique, avec des finances publiques détériorées et des taux d'intérêt qui montent en flèche.

Le Brexit complique la donne pour le Royaume-Uni, mais "l'Italie vient d'élire quelqu'un qui a des racines politiques revendiquées dans le fascisme, et l'Allemagne risque des pannes d'électricité cet hiver et une récession sévère", alors "il y a beaucoup de compétition aujourd'hui pour le titre d'+homme malade de l'Europe+", remarque Jonathan Portes, économiste à King's College, interrogé par l'AFP.

La livre est certes considérée comme un baromètre de l'économie britannique, mais sa chute récente est, comme en 1985, en grande partie due à la vigueur du dollar, monnaie refuge par excellence en période de turbulences comme actuellement, et qui écrase les autres devises, notamment l'euro.

La devise britannique avait repris des couleurs en 1985 après une action concertée des gouvernements aux Etats-Unis, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et au Japon, qui avaient signé les accords du Plaza pour déprécier le dollar.

Pour l'instant, les dirigeants politiques ne semblent pas envisager de mesures similaires, note George Saravelos, de Deutsche Bank.


Sonatrach et Engie sont en passe de signer «des contrats de moyen et long termes»

L’Algérie est le premier pays exportateur de gaz naturel en Afrique et le septième à l’échelle mondiale. Photo fournie
L’Algérie est le premier pays exportateur de gaz naturel en Afrique et le septième à l’échelle mondiale. Photo fournie
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  • Selon la direction du groupe Engie, les discussions s’inscrivent dans la continuité du contrat signé en juillet dernier
  • Des experts évoquent des contrats d’investissement dans la récupération du gaz de torchage qui s’effectue via l’utilisation des technologies de pointe

PARIS: Après la visite du président français, Emmanuel Macron, en Algérie, à la fin du mois d’août dernier, le groupe algérien Sonatrach, spécialisé dans la production d’hydrocarbures, et la société française Engie ont entamé des discussions qui portaient sur l’établissement de contrats relatifs à l’approvisionnement en gaz.

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L’Algérie est le premier pays exportateur de gaz naturel en Afrique et le septième à l’échelle mondiale. Photo fournie.

«Nous ne parlons pas de l’hiver prochain. Les discussions en cours avec la Sonatrach portent sur des contrats de moyen et long terme», avait précisé Claire Waysand, directrice générale adjointe d’Engie, lors de la Rencontre des entrepreneurs de France (LaREF), organisée par le Medef, le patronat français.

Selon la direction du groupe, les discussions s’inscrivent dans la continuité du contrat signé en juillet, dont l’aboutissement – avec la signature d’un nouvel accord – devrait intervenir dans plusieurs semaines. D’après la radio française Europe 1, les discussions en cours concernent entre autres l’augmentation, de l’ordre de 50%, des importations françaises en matière de gaz naturel ou de gaz liquéfié (GNL) à partir de l’Algérie.

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Le ministre algérien de l'Énergie et des Mines Mohamed Arkab reçoit Catherine MacGregor, directrice générale du groupe français Engie. Photo fournie.

En juillet dernier, le groupe énergétique algérien a annoncé qu’il avait conclu un accord afin d’augmenter la fourniture de gaz au distributeur d’énergie Engie. «Avec cet accord, les deux parties sont convenues de définir le prix de vente contractuel applicable sur une période trois ans – courant jusqu’en 2024 – afin de prendre en compte les conditions du marché.» La compagnie algérienne va «renforcer sa part dans le portefeuille d’approvisionnement d’Engie, ce qui permettra aux deux groupes de poursuivre leur diversification et de contribuer à la sécurité énergétique des clients européens», lit-on sur le document publié par Sonatrach.