«Un miracle»: les passagers d'un avion accidenté retrouvés vivants en Sibérie

Aucune blessure grave n'est à déplorer parmi les survivants, les médecins ayant «enregistré principalement des contusions et des écorchures», selon un communiqué publié par les autorités régionales. (Photo, AFP)
Aucune blessure grave n'est à déplorer parmi les survivants, les médecins ayant «enregistré principalement des contusions et des écorchures», selon un communiqué publié par les autorités régionales. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 16 juillet 2021

«Un miracle»: les passagers d'un avion accidenté retrouvés vivants en Sibérie

  • L'appareil, un Antonov exploité par la compagnie «Aviation légère sibérienne» (SiLA), reliait la petite ville de Kedrovy à Tomsk
  • L'avion a été retrouvé à environ 150 kilomètres à l'ouest de Tomsk, où il aurait dû atterrir

MOSCOU: "Un miracle": les 18 passagers et membres d'équipage de l'avion russe qui avait disparu des radars en Sibérie, contraint à un atterrissage d'urgence dans la taïga, ont été retrouvés vendredi vivants et sans blessures graves.

L'appareil, un Antonov exploité par la compagnie "Aviation légère sibérienne" (SiLA), reliait la petite ville de Kedrovy à Tomsk quand il a cessé d'émettre vers 17H00 locales (10H00 GMT).

Dans un premier temps, le ministère régional des Situations d'urgence a indiqué que l'An-28 avait été localisé et semblait avoir effectué un "atterrissage d'urgence", ajoutant que des survivants avaient été aperçus par les secours depuis les airs.

"Les 15 passagers et trois membres d'équipage ont été retrouvés. Toutes les personnes qui étaient à bord sont vivantes", a ensuite annoncé l'agence aérienne Rosaviatsia dans un communiqué, précisant qu'ils étaient transférés vers Tomsk, la capitale de la région.

Selon ce communiqué, l'avion a été retrouvé à environ 150 kilomètres à l'ouest de Tomsk, où il aurait dû atterrir.

Aucune blessure grave n'est à déplorer parmi les survivants, les médecins ayant "enregistré principalement des contusions et des écorchures", selon un communiqué publié par les autorités régionales.

"Nous avons tous cru à un miracle. Et grâce au professionnalisme des pilotes, il a eu lieu et tout le monde est en vie", a salué le gouverneur de la région de Tomsk, Sergueï Jvatchkine, cité dans le communiqué.

Trajet en minibus

Des images publiées par des médias russes montrent l'appareil très abîmé posé sur le dos dans la taïga, de la terre à l'intérieur de son habitacle. 

Selon l'agence Interfax, six des passagers de l'avion ont refusé d'être transportés par voie aérienne vers Tomsk, après avoir été évacués du lieu de l'atterrissage par hélicoptère. "Ils seront emmenés à Tomsk avec un minibus", a déclaré un responsable local, Alexeï Sevostianov.

De premières sources avaient fait état de 17, puis de 19 passagers et membres d'équipage à bord de l'Antonov.

Citant des sources aéronautiques, l'agence TASS a indiqué que l'avion avait passé tous les contrôles techniques mais un dirigeant de SiLA a précisé à TASS que l'avion avait été retardé de dix heures en raison de mauvaises conditions météorologiques.

Cette catastrophe intervient à peine plus d'une semaine après un autre accident impliquant un Antonov. Le 6 juillet, un An-26 s'est écrasé à l'atterrissage dans la péninsule du Kamtchatka (Extrême-Orient), tuant les 28 personnes à bord.

Essentiellement fabriqués à l'époque soviétique, les Antonov sont encore utilisés à travers l'ex-URSS dans l'aviation civile et militaire. Ils ont été impliqués dans plusieurs accidents mortels au cours des dernières années.

Selon Interfax, l'avion accidenté vendredi a été construit en 1989. Il a été exploité par la compagnie nationale Aeroflot, puis au Kirghizstan avant d'entrer en service à SiLA en 2014. Ce type d'avion court-courrier a une capacité de 17 passagers.

La Russie, longtemps connue pour ses nombreux accidents aériens, a nettement amélioré sa sécurité aérienne depuis les années 2000 à mesure que les principales compagnies du pays abandonnaient leurs vieux appareils soviétiques pour des avions plus modernes.

Des problèmes de maintenance et le respect parfois laxiste des règles de sécurité posent toutefois toujours problème, notamment dans les régions reculées où l'avion et l'hélicoptère sont privilégiés pour relier les localités isolées.  

Le précédent accident grave en Russie date de mai 2019, avec l'atterrissage forcé d'un Soukhoï Superjet 100 d'Aeroflot qui avait pris feu sur la piste d'un aéroport de Moscou, tuant 41 personnes. 

En février 2018, un An-148 de Saratov Airlines s'était écrasé peu après son décollage près de Moscou, tuant les 71 personnes à bord.


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Short Url
  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.