Thaïlande: la police réprime des manifestants dénonçant la gestion de la pandémie par le Premier ministre

Bravant les règles qui interdisent les rassemblements de plus de cinq personnes, les manifestants avaient empilé des sacs mortuaires factices avec de la peinture rouge au carrefour où se dresse le Monument de la Démocratie avant de se diriger vers le siège du gouvernement. (AFP)
Bravant les règles qui interdisent les rassemblements de plus de cinq personnes, les manifestants avaient empilé des sacs mortuaires factices avec de la peinture rouge au carrefour où se dresse le Monument de la Démocratie avant de se diriger vers le siège du gouvernement. (AFP)
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Publié le Dimanche 18 juillet 2021

Thaïlande: la police réprime des manifestants dénonçant la gestion de la pandémie par le Premier ministre

  • Confrontée à sa pire vague de Covid-19 depuis le début de la pandémie, avec des hôpitaux débordés, la Thaïlande dénombre actuellement plus de 403 000 cas et 3 341 décès
  • La lenteur du gouvernement à fournir des vaccins est largement critiquée. L'économie thaïlandaise est paralysée par des restrictions de plus en plus sévères

BANGKOK: La police thaïlandaise a utilisé dimanche balles en caoutchouc et canons à eau à Bangkok pour disperser des manifestants bravant les restrictions anti-Covid pour réclamer la démission du Premier ministre, le général Prayut Chan-O-Cha, dénonçant notamment sa gestion de la pandémie au premier anniversaire du mouvement pro-démocratie.


Confrontée à sa pire vague de Covid-19 depuis le début de la pandémie, avec des hôpitaux débordés, la Thaïlande dénombre actuellement plus de 403.000 cas et 3.341 décès. Le pays a enregistré dimanche un record de nouvelles contaminations en 24 heures, à plus de 11.000, au lendemain d'un record quotidien de décès (141).


La lenteur du gouvernement à fournir des vaccins est largement critiquée. L'économie thaïlandaise est paralysée par des restrictions de plus en plus sévères.


Recevant samedi soir le prix du jury pour son film "Memoria" au Festival de Cannes, le cinéaste thaïlandais Apichatpong Weerasethakul a lancé un appel aux gouvernements de Thaïlande et de Colombie, où "Memoria" a été tourné: "s'il vous plait, réveillez-vous et travaillez à présent pour vos peuples".


"J'ai vraiment de la chance d'être ici alors que beaucoup de mes compatriotes ne peuvent voyager", a-t-il déclaré. "Beaucoup souffrent énormément de la pandémie avec la mauvaise gestion des ressources, des soins de santé et de l'accès aux vaccins".


Bravant les règles qui interdisent les rassemblements de plus de cinq personnes, les manifestants avaient empilé des sacs mortuaires factices avec de la peinture rouge au carrefour où se dresse le Monument de la Démocratie avant de se diriger vers le siège du gouvernement.


Une bannière géante représentant le Premier ministre - un général issu du coup d'Etat de 2014 et légitimé par des élections controversées cinq ans plus tard -, avait été déployée, les manifestants lui piétinant ensuite le visage.


Ils ont été bloqués par des camions à eau et forcés de battre en retraite. Selon des reporters de l'AFP, les forces de l'ordre ont fait usage de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes. 


"Nous allons mourir du Covid si nous restons chez nous, c'est pourquoi nous devons sortir", avait auparavant lancé un organisateur, qui a énuméré trois revendications: "Prayut Chan-O-Cha doit démissionner sans condition; la deuxième est une réduction du budget de la monarchie et de l'armée pour la lutte contre le Covid, et la troisième est la fourniture de vaccins à ARN messager".


L'été 2020 avait vu le coup d'envoi d'un vaste mouvement pro-démocratie, les protestataires réclamant le départ du chef du gouvernement, une réécriture de la Constitution jugée trop favorable à l'armée et une réforme en profondeur de la monarchie intouchable il y a encore peu. Mais la gestion de la pandémie par le gouvernement est devenue l'un des principaux griefs du mouvement.


La Thaïlande a imposé depuis lundi de nouvelles restrictions, dont un couvre-feu nocturne à Bangkok. Le pays a par ailleurs annoncé cette semaine qu'il allait revoir sa stratégie vaccinale, et combiner le vaccin chinois Sinovac avec l'anglais AstraZeneca, dans le but d'enrayer la propagation rapide des variants Alpha et Delta.


"Vous n'avez pas besoin de faire des mélanges de vaccins - donnez-nous juste de bons vaccins", a demandé un jeune manifestant dimanche.


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.


Les Etats-Unis réinstaurent leurs sanctions sur le pétrole iranien, dénoncent les actes de Téhéran dans le détroit d'Ormuz

Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
  • Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même
  • Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit.

"Les agissements de l'Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des Etats-Unis et ne resteront pas impunis", a commenté un responsable gouvernemental américain auprès de l'AFP, sous le couvert de l'anonymat.

Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même.

Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient.

La guerre a été déclenchée fin février par des bombardements israélo-américains sur l'Iran. La République islamique avait riposté en frappant Israël et des intérêts américains dans les pays du Golfe, mais aussi en bloquant la navigation dans le très stratégique détroit d'Ormuz, ce qui a fait flamber les prix du pétrole, depuis retombés.

Le protocole d'accord prévoyait la reprise du trafic maritime dans le détroit, où plusieurs navires ont récemment subi des attaques.

Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé à Téhéran la responsabilité de deux d'entre elles.

Le document publié mardi par les autorités américaines permet aux transactions conclues après le 21 juin d'être finalisées. La date limite est le 17 juillet.