JO-2020: La cérémonie d'ouverture dans la tourmente

Une gymnaste chinoise participe à une séance d'entraînement au centre de gymnastique Ariake à Tokyo le 22 juillet 2021, avant les Jeux olympiques de Tokyo 2020. Lionel BONAVENTURE / AFP
Une gymnaste chinoise participe à une séance d'entraînement au centre de gymnastique Ariake à Tokyo le 22 juillet 2021, avant les Jeux olympiques de Tokyo 2020. Lionel BONAVENTURE / AFP
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Publié le Jeudi 22 juillet 2021

JO-2020: La cérémonie d'ouverture dans la tourmente

  • A la veille de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Tokyo, jeudi a réservé une nouvelle mauvaise surprise aux organisateurs
  • Ils ont dû démettre de ses fonctions le directeur artistique du spectacle de vendredi, pour une blague ancienne sur l'Holocauste

TOKYO : A la veille de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Tokyo, jeudi a réservé une nouvelle mauvaise surprise aux organisateurs, qui ont dû démettre de ses fonctions le directeur artistique du spectacle de vendredi, pour une blague ancienne sur l'Holocauste.

Cette journée, pourtant fériée au Japon pour honorer "la mer", n'a pas été de tout repos pour les organisateurs des Jeux: pour une mauvaise blague sur l'Holocauste remontant à plus de 20 ans, Kentaro Kobayashi a été écarté.

"Nous avons appris que lors d'une performance artistique passée", Kentaro Kobayashi "avait usé d'un langage moqueur au sujet d'un fait historique tragique", a déclaré à la presse la présidente de Tokyo-2020, Seiko Hashimoto.

Dans un sketch humoristique diffusé en vidéo en 1998, M. Kobayashi et un autre comédien imitaient un célèbre duo d'animateurs d'une émission télévisée japonaise pour enfants. Lors d'un sketch, M. Kobayashi avait évoqué des poupées en papiers qu'il avait créées en disant à son partenaire: "Celles de la dernière fois où tu avais dit: +Jouons à l'Holocauste+", déclenchant des rires du public.

Le duo avait ensuite plaisanté en imaginant la colère du producteur de l'émission à cause de cette référence à la Shoah.

Ce sketch "que j'avais écrit contenait des réparties qui étaient extrêmement inappropriés" s'est excusé dans un communiqué M. Kobayashi.

Scandales en cascade

Ce limogeage intervient à peine quelques jours après la démission de Keigo Oyamada, compositeur de l'un des thèmes musicaux de la cérémonie d'ouverture, rattrapé par d'anciennes interviews dans les années 1990 où il expliquait avoir persécuté des camarades de classe handicapés dans sa jeunesse.

Et en mars, un autre responsable artistique des cérémonies d'ouverture et de clôture des JO, Hiroshi Sasaki, avait lui aussi démissionné pour avoir suggéré de déguiser en porc une comédienne et vedette japonaise des réseaux sociaux aux rondeurs assumées, Naomi Watanabe.

Un mois plus tôt, le président de Tokyo-2020 et ancien Premier ministre japonais Yoshiro Mori, avait aussi dû quitter ses fonctions pour des propos sexistes.

Ces scandales en cascade ont encore un peu plus terni l'image des JO de Tokyo, déjà impopulaires auprès d'une grande partie de la population japonaise, qui redoute que l'événement n'aggrave la crise sanitaire dans le pays.

A 24 heures de la cérémonie d'ouverture, qui doit officiellement ouvrir les JO de Tokyo, ces scandales éclipsent presque le sujet majeur de ces avants-JO, le Covid.

Pourtant, les premiers forfaits de sportifs testés positifs commencent à tomber. Positifs, isolés, ils n'auront pas le temps d'être prêts pour leur compétition. Le dernier en date est le nageur russe et champion d'Europe du 400 m quatre nages en individuel Ilya Borodin.

La pandémie a fait une autre victime, mais collective celle-là. Jeudi matin, Tokyo a appris que la Guinée, qui devait envoyer cinq sportifs aux JO, a décidé d'annuler sa venue.

"En raison de la recrudescence de variants de la Covid-19", le gouvernement, "soucieux de préserver la santé des athlètes guinéens, a décidé avec regret l'annulation de la participation de la Guinée", a écrit le ministre des Sports, Sanoussy Bantama Sow, dans un courrier adressé au président du Comité olympique guinéen qu'a pu consulter l'AFP.

Les débuts bleus

Une source proche du gouvernement de Conakry a pour sa part évoqué des problèmes financiers pour justifier le renoncement de ce pays pauvre d'Afrique de l'Ouest.

Il s'agit du deuxième pays à renoncer, après la Corée du Nord en avril, laissant un total de 205 pays, qui défileront vendredi lors de la cérémonie d'ouverture.

Sur le front sportif, la journée sera marquée par le début du tournoi de football messieurs. Gignac, Thauvin et leurs camarades auront donc l'honneur d'être les premiers Français à participer aux Jeux de Tokyo, à l'occasion du match contre le Mexique (17h00 locales).

Un beau clin d'oeil, en plus, pour Pierre-André Gignac, qui brille dans le Championnat mexicain depuis 2015. Avec son compère, Florian Thauvin, qui l'a rejoint cet été, les deux anciens internationaux (50 sélections à eux deux) vont essayer d'emmener le plus loin possible cette équipe hétéroclite mais ambitieuse.


Des missiles Patriot redéployés en Crète face aux menaces iraniennes

Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
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  • Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer
  • Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale

ATHENES: Une batterie de missiles Patriot était en cours de transfert lundi de l'île de Karpathos, à l'extrême est de la Grèce, jusqu'en Crète, en raison de menaces iraniennes visant des bases américaines en Europe, a rapporté la presse grecque.

Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer.

Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale.

Toujours selon la presse, ce redéploiement fait suite à des informations selon lesquelles l'Iran envisagerait des attaques contre des cibles militaires américaines en Europe si le président Donald Trump intensifiait le conflit dans le détroit d'Ormuz.

Le ministère de la Défense grec n'a pas communiqué sur le sujet.

Selon un article du Financial Times (FT) publié la semaine dernière, citant des sources au sein du régime iranien, l'Iran ne se contentera plus de limiter sa riposte au Moyen-Orient et envisage de frapper des cibles américaines en Europe en cas de nouvelle escalade militaire américaine.

Selon ces deux sources, les forces iraniennes ont évalué la possibilité de frapper des installations américaines dans les Balkans et autour de la Méditerranée. Sont notamment évoquées la Bulgarie, où la base aérienne de Bezmer a autorisé son usage pour le ravitaillement d'appareils américains, entre juillet et octobre 2026, et Chypre, où une base britannique avait déjà été visée par un drone en mars.

La Grèce compte de plusieurs bases américaines, à Alexandroupoli – dans le nord du pays – et en Crète, à Souda.

Depuis la publication du FT, le ministère de la Défense nationale et l'état-major "étaient en état d'alerte", selon le quotidien de référence I Kathimerini.

Ce journal explique que la décision de déployer une batterie de Patriot en Crète a été fortement influencée par l'évaluation des capacités de l'arsenal iranien qui, selon les informations transmises à Athènes par les alliés, dispose encore d'un nombre suffisant de missiles balistiques d'une portée supérieure à 2 000 kilomètres, susceptibles de cibler des bases et des infrastructures en Europe du Sud-Est.

Les missiles Patriot avaient été transférés sur l'île de Karpathos,  au voisinage de la Turquie, en mars.

En mars dernier, après une attaque de drones menée par le Hezbollah libanais contre la base anglaise d'Akrotiri à Chypre, la Grèce avait envoyé des F-16 et une frégate équipée d'un système de neutralisation de drones dans l'île.

Une autre batterie de Patriot grecque est par ailleurs déployée en Arabie Saoudite depuis septembre 2021, qui est déjà entrée en action à plusieurs reprises contre des missiles et drones iraniens visant le royaume.


Trump publie une carte du détroit d'Ormuz en "territoire américain"

Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
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  • Donald Trump a relancé l’idée controversée de faire du détroit d’Ormuz un « territoire américain », en publiant une carte sur Truth Social
  • Cette déclaration intervient alors que les négociations entre Washington et Téhéran sont dans l’impasse et que la réouverture de ce passage stratégique reste conditionnée à des exigences jugées incompatibles

WASHINGTON: Donald Trump a publié mardi sur son réseau Truth Social une carte montrant le détroit d'Ormuz et le décrivant comme un "nouveau territoire américain", reprenant ainsi une idée déjà exprimée ces derniers jours.

Le président avait pour la première fois parlé de "territoire américain" à propos de cette artère commerciale stratégique la semaine dernière, pendant un meeting et sur un ton qui laissait penser à une plaisanterie.

Le républicain est revenu à la charge lundi pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau Ovale, en estimant que ce serait une "très bonne idée".

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump, confronté à un obstacle de politique étrangère, lance ainsi une suggestion surprenante ou menaçante d'annexion d'un territoire étranger.

Depuis son retour au pouvoir, il a menacé de faire du Canada le "51e" Etat américain, de s'emparer du Groenland et même évoqué une prise de contrôle de la bande de Gaza, sans passer à l'acte.

Sa suggestion concernant Ormuz intervient alors qu'une issue pacifique au conflit entre l'Iran et les Etats-Unis semble plus lointaine que jamais.

Il y a soixante jours, les deux belligérants avaient signé à grand bruit un protocole d'accord censé déboucher sur un règlement durable, mais qui n'a rien donné.

Washington et Téhéran posent des conditions a priori irréconciliables à la réouverture du détroit, passage névralgique pour le commerce mondial de pétrole.


Iran: le détroit d'Ormuz restera fermé tant que Washington n'aura pas satisfait les exigences de Téhéran

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
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  • Téhéran maintient la fermeture du détroit jusqu’au respect des engagements américains
  • Les négociations avancent, mais la méfiance et les tensions restent fortes

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique au coeur du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, restera fermé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord de juin, a annoncé mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le détroit d'Ormuz "ne sera pas ouvert tant que les engagements américains stipulés dans le protocole d'accord (...) ne seront pas mis en oeuvre", a déclaré M. Ghalibaf, également chef du Parlement, dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Il a cité parmi ces conditions "la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l'embargo pétrolier" contre Téhéran, ainsi que "la fin des opérations militaires sur tous les fronts".

Après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit, voie de transit majeur des hydrocarbures, faisant s'envoler les cours du pétrole.

Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un protocole d'accord en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats après avoir brièvement permis une réouverture du détroit.

Si les hostilités ont récemment baissé en intensité, les efforts diplomatiques menés par les médiateurs marquent le pas.

L'émissaire américain et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a toutefois qualifié lundi de "très positives et animées" les tractations dans le but de conclure un accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

S'il a admis sur Fox News qu'il n'y avait pas "beaucoup de confiance" entre les deux parties, il a précisé qu'elles "s'impliquaient très sérieusement".

"Le président Trump va se montrer très patient, il n'aime pas se précipiter pour conclure un accord. Il conclura le bon accord quand celui-ci sera prêt", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, l'Iran et Oman mènent depuis plusieurs semaines des discussions pour trouver un accord sur le passage des navires dans le détroit d'Ormuz, situé entre leurs côtes, dont Téhéran revendique le contrôle.

"Si Oman se met en travers de notre chemin, on va leur bombarder la gueule", a déclaré lundi l'imprévisible  président américain, interrogé sur ces discussions par le journaliste de Fox News Trey Yingst.