Origines du Covid: Pékin dénonce «l'arrogance» de l'OMS, Washington proteste

Cette vue aérienne montre le laboratoire P4 sur le campus de l'Institut de virologie de Wuhan, dans la province centrale du Hubei en Chine le 27 mai 2020. (Photo, Archives/AFP)
Cette vue aérienne montre le laboratoire P4 sur le campus de l'Institut de virologie de Wuhan, dans la province centrale du Hubei en Chine le 27 mai 2020. (Photo, Archives/AFP)
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Publié le Vendredi 23 juillet 2021

Origines du Covid: Pékin dénonce «l'arrogance» de l'OMS, Washington proteste

  • La Chine nie farouchement être à l’origine de la pandémie, même si les premiers malades du coronavirus ont été identifiés en 2019 dans la ville de Wuhan
  • Le régime de Xi Jinping combat aussi la théorie selon laquelle le virus aurait pu s'échapper d'un de ses laboratoires avant de se répandre à la surface du globe

PEKIN : "Arrogance" et "manque de respect". La Chine a critiqué vivement jeudi la demande de l'OMS de poursuivre sur son sol l'enquête sur les origines du Covid-19, s'attirant une réplique véhémente de Washington sur son attitude jugée "irresponsable".

Les premiers malades du coronavirus ont été identifiés fin 2019 dans la ville chinoise de Wuhan. Le virus s'est depuis répandu à la surface du globe, faisant plus de 4 millions de victimes à ce jour.

Plus d'un an et demi après le début de la pandémie, les scientifiques peinent toujours à en retracer l'origine et le sujet est devenu un énième point de contentieux dans les relations déjà bien tendues entre la Chine et les Etats-Unis.

La Chine a révélé le 31 décembre 2019 à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) l'existence d'un foyer de pneumonie virale inconnue sur son sol.

Mais Pékin n'admet pas pour autant que le coronavirus soit d'origine chinoise et a même laissé entendre qu'il aurait pu être importé dans le pays.

Le régime du président Xi Jinping combat aussi farouchement la théorie selon laquelle le Covid-19 aurait pu s'échapper d'un de ses laboratoires, en particulier de ceux de l'Institut de virologie de Wuhan, pointé du doigt par l'ex-administration Trump (2017-2021).

Longtemps balayée d'un revers de la main par la plupart des experts, cette hypothèse revient cependant en force ces derniers mois.

Le chef de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a lui-même demandé la semaine dernière un audit des laboratoires dans les régions où les premiers cas de coronavirus ont été identifiés -- une référence à Wuhan.

Jeudi, Pékin a fustigé cette proposition et s'est dit "extrêmement surpris".

Elle révèle un "manque de respect pour le bon sens et une arrogance envers la science", a estimé devant la presse le vice-ministre chinois de la Santé, Zeng Yixin.

M. Zeng a par ailleurs récusé la théorie de la fuite de laboratoire, qualifiée de "rumeur".

L'Institut de virologie de Wuhan "n'a jamais mené de recherches" sur les coronavirus, a-t-il assuré aux journalistes.

La réponse des Etats-Unis, engagé dans un bras de fer tous azimuts avec le géant asiatique, ne s'est pas fait attendre longtemps.

La position chinoise est "irresponsable" et "dangereuse", a lancé jeudi la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki. "Ce n'est pas le moment de faire obstruction", a-t-elle critiqué.

Le chef de l'OMS, longtemps accusé d'être trop complaisant envers Pékin, avait déjà créé la surprise en mars en demandant des enquêtes supplémentaires.

Quelques semaines plus tôt, des experts internationaux dépêchés à Wuhan par l'OMS avaient pourtant jugé "extrêmement improbable" que le virus provienne d'un laboratoire, privilégiant la piste d'une contamination naturelle par des animaux.

Cette conclusion est cependant mise en doute par Washington.

L’administration américaine a souligné à plusieurs reprises que l'équipe de l'OMS ne comportait pas de spécialistes capables d'évaluer la sécurité des laboratoires.

Le Dr Tedros a lui évoqué la semaine dernière un manque de partage par Pékin de "données brutes" sur le virus, ce qui constitue un "problème" pour retracer l'origine de l'épidémie.

La Chine s'en défend et critique à son tour un manque de transparence des Etats-Unis.

Responsables chinois comme médias d'Etat pointent du doigt en particulier le laboratoire de Fort Detrick près de Washington, comme étant à l'origine du Covid-19.

Ce site est au coeur de la recherche américaine contre le bioterrorisme.

Selon le Global Times, quotidien chinois au ton résolument nationaliste, cinq millions d'internautes avaient signé mercredi une pétition pour l'ouverture d'une enquête sur Fort Detrick.

La controverse risque d'être au menu des discussions qu'aura en Chine à partir de dimanche la vice-secrétaire d'Etat Wendy Sherman, la plus haute responsable américaine à se rendre dans le pays depuis l'arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche.

 


Interdiction d'accès au Saint-Sépulcre à Jérusalem: l'Espagne convoque la chargée d'affaires israélienne

L'Espagne a convoqué lundi la chargée d'affaires israélienne à Madrid après que la police israélienne a interdit la veille l'accès à l'église du Saint-Sépulcre au patriarche latin de Jérusalem pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, a annoncé son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
L'Espagne a convoqué lundi la chargée d'affaires israélienne à Madrid après que la police israélienne a interdit la veille l'accès à l'église du Saint-Sépulcre au patriarche latin de Jérusalem pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, a annoncé son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
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  • Pour justifier cette interdiction dimanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait évoqué des raisons de sécurité, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient
  • Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, avait de son côté dénoncé dimanche soir "une attaque injustifiée contre la liberté religieuse" et une action menée "sans raisons ni motifs"

MADRID: L'Espagne a convoqué lundi la chargée d'affaires israélienne à Madrid après que la police israélienne a interdit la veille l'accès à l'église du Saint-Sépulcre au patriarche latin de Jérusalem pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, a annoncé son ministre des Affaires étrangères.

"Ce matin, nous avons convoqué la chargée d'affaires d'Israël au ministère des Affaires étrangères pour lui faire part de notre protestation, pour lui indiquer que cela ne peut pas se reproduire", a déclaré José Manuel Albares dans un entretien à la radio RAC1.

"C'est une mesure très préoccupante, car la liberté religieuse, la liberté de culte est une liberté fondamentale", a-t-il appuyé, disant "s'opposer" à la décision prise dimanche par la police israélienne, qui a provoqué des réactions indignées à l'étranger.

Pour justifier cette interdiction dimanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait évoqué des raisons de sécurité, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, avait de son côté dénoncé dimanche soir "une attaque injustifiée contre la liberté religieuse" et une action menée "sans raisons ni motifs".

"Sans tolérance, il est impossible de coexister", avait appuyé sur le réseau social X le chef du gouvernement espagnol, fermement opposé à la guerre menée par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran depuis plus d'un mois.

Lundi, Benjamin Netanyahu a annoncé que le patriarche latin de Jérusalem allait retrouver un accès "total et immédiat" à l'église du Saint-Sépulcre.

Israël a rappelé son ambassadrice basée à Madrid en 2024 après la reconnaissance par l'Espagne de l'État palestinien, et est depuis seulement représenté par une chargée d'affaires.

 


Trump vante un «changement de régime» en Iran, annonce le passage de 20 pétroliers à Ormuz

Donald Trump s'est vanté dimanche d'avoir obtenu un "changement de régime en Iran", grâce aux frappes aériennes des Etats-Unis et d'Israël, et a assuré avoir négocié le passage de 20 cargos pétroliers à travers le détroit d'Ormuz "dans les prochains jours" avec les nouveaux responsables de la République islamique. (Reuters)
Donald Trump s'est vanté dimanche d'avoir obtenu un "changement de régime en Iran", grâce aux frappes aériennes des Etats-Unis et d'Israël, et a assuré avoir négocié le passage de 20 cargos pétroliers à travers le détroit d'Ormuz "dans les prochains jours" avec les nouveaux responsables de la République islamique. (Reuters)
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  • Les objectifs de la guerre déclenchée par le milliardaire républicain sont toujours flous, et des milliers de soldats américains ont été envoyés dans la région ces derniers jours
  • Malgré ce déploiement de militaires autour de l'Iran, M. Trump agite toujours la possibilité d'un accord de paix imminent

WASHINGTON: Donald Trump s'est vanté dimanche d'avoir obtenu un "changement de régime en Iran", grâce aux frappes aériennes des Etats-Unis et d'Israël, et a assuré avoir négocié le passage de 20 cargos pétroliers à travers le détroit d'Ormuz "dans les prochains jours" avec les nouveaux responsables de la République islamique.

Ces annonces du président américain interviennent alors que les inquiétudes grandissent aux Etats-Unis sur un possible enlisement américain au Moyen-Orient. Les prix du pétrole ont repris leur flambée et Wall Street a accusé un repli marqué la semaine dernière.

Les objectifs de la guerre déclenchée par le milliardaire républicain sont toujours flous, et des milliers de soldats américains ont été envoyés dans la région ces derniers jours.

Malgré ce déploiement de militaires autour de l'Iran, M. Trump agite toujours la possibilité d'un accord de paix imminent.

"Je pense que nous allons conclure un accord avec eux, j'en suis presque sûr", a-t-il affirmé lors d'un point presse à bord d'Air Force One.

Le président a également tenté de rassurer, en estimant avoir déjà obtenu un changement de la nature du pouvoir à Téhéran, grâce aux frappes qui ont tué le Guide suprême Ali Khamenei et de nombreux hauts responsables de la République islamique.

"Nous avons eu un changement de régime, on le voit déjà, parce que le premier régime a été décimé, détruit, ils sont tous morts", a estimé le président américain lors d'un point presse. "Le régime suivant", nommé dans la foulée de la mort de l'ayatollah Khamenei "est en grande partie mort" également, a-t-il remarqué.

Désigné pour lui succéder, son fils Mojtaba Khamenei n'a pas été aperçu depuis qu'il est censé être à la tête du pays. Les autorités iraniennes ne diffusent que des messages écrits de sa part.

"Personne n'a entendu parler de lui. Il est peut-être vivant, mais il est de toute évidence dans une situation très, très grave", a estimé M. Trump.

Cette situation a conduit de facto à la mise en place d'un "troisième régime" en Iran, selon le président américain.

"Nous avons affaire à des personnes différentes de celles auxquelles quiconque a eu affaire auparavant", a-t-il résumé. "C'est tout un autre groupe de personnes, donc je considérerais que c'est un changement de régime."

Le locataire de la Maison Blanche a également annoncé que ces responsables iraniens ont accepté de desserrer légèrement l'étau autour du détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale par laquelle transite habituellement 20% du pétrole mondial et qui est paralysée depuis le début de la guerre.

"Ils nous ont donné, par respect je pense, 20 bateaux de pétrole de grands, grands bateaux de pétrole qui vont passer par le détroit d'Ormuz, et ça commence demain matin, pour les prochains jours", a-t-il assuré.

 

 


Guerre au Moyen-Orient: prochaine réunion des chefs de diplomatie du Pakistan, Arabie saoudite, Turquie et Egypte

Les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, Arabie saoudite, Egypte et Turquie se réuniront dimanche et lundi à Islamabad pour évoquer la guerre au Moyen-Orient, a annoncé samedi le gouvernement pakistanais. (AFP)
Les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, Arabie saoudite, Egypte et Turquie se réuniront dimanche et lundi à Islamabad pour évoquer la guerre au Moyen-Orient, a annoncé samedi le gouvernement pakistanais. (AFP)
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  • Les chefs de la diplomatie de ces pays, à l'invitation du Pakistanais Ishaq Dar, se rencontreront "à Islamabad les 29 et 30 mars" pour tenir "des discussions approfondies sur une série de sujets, y compris les efforts visant à réduire les tensions"
  • Ils doivent également rencontrer le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif. Celui-ci s'est entretenu plus d'une heure samedi avec le président iranien Massoud Pezeshkian, dans le cadre de la préparation de cette réunion

ISLAMABAD: Les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, Arabie saoudite, Egypte et Turquie se réuniront dimanche et lundi à Islamabad pour évoquer la guerre au Moyen-Orient, a annoncé samedi le gouvernement pakistanais.

Conservant des liens tant avec l'Iran qu'avec les Etats-Unis, de même que de nombreux contacts avec les pays du Golfe, le Pakistan est apparu ces derniers jours comme un possible facilitateur de négociations entre les deux camps de la guerre au Moyen-Orient déclenchée il y a un mois.

Les chefs de la diplomatie de ces pays, à l'invitation du Pakistanais Ishaq Dar, se rencontreront "à Islamabad les 29 et 30 mars" pour tenir "des discussions approfondies sur une série de sujets, y compris les efforts visant à réduire les tensions dans la région", a indiqué le ministère pakistanais des Affaires étrangères dans un communiqué.

Ils doivent également rencontrer le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif. Celui-ci s'est entretenu plus d'une heure samedi avec le président iranien Massoud Pezeshkian, dans le cadre de la préparation de cette réunion, a indiqué à l'AFP une source gouvernementale pakistanaise. Le ministre égyptien des Affaires étrangères Badr Abdelatty est arrivé à Islamabad samedi.

Selon la présidence iranienne, M. Pezeshkian a a salué les efforts de médiation d’Islamabad et "a remercié le Pakistan pour ses efforts de médiation visant à stopper l’agression contre la République islamique".

Les deux hommes s'étaient déjà entretenus ces dernières semaines à propos du conflit et de l'intermédiation du Pakistan.

"J’ai réitéré la ferme condamnation par le Pakistan de la poursuite des attaques israéliennes contre l’Iran, y compris les frappes récentes visant les infrastructures civiles, et j’ai exprimé la solidarité du Pakistan avec le vaillant peuple iranien", a écrit sur X. M. Sharif à propos de son appel au président iranien.

"Je l’ai informé des efforts diplomatiques en cours du Pakistan — impliquant les États-Unis ainsi que des pays frères du Golfe et du monde islamique — afin de faciliter le dialogue et la désescalade", a-t-il ajouté.

L’Égypte a confirmé la tenue des discussions de dimanche et lundi.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, avait évoqué dès vendredi la possibilité d'une réunion des quatre chefs de diplomatie.

"Initialement, nous avions prévu de tenir cette réunion en Turquie (...) entre la Turquie, le Pakistan, l'Égypte et l'Arabie saoudite. Cependant, nos homologues pakistanais étant tenus de rester dans leur pays, nous avons déplacé la réunion au Pakistan. Il est possible que nous nous y réunissions ce week-end", avait-il déclaré sur la chaîne privée turque A Haber.

Si Téhéran refuse d'admettre des "discussions" avec les Etats-Unis, les Iraniens ont transmis "officiellement", via le médiateur pakistanais, une réponse à un plan américain en 15 points, selon une source anonyme citée jeudi par l'agence de presse iranienne Tasnim.

L'émissaire américain Steve Witkoff a affirmé vendredi espérer que des réunions entre l'Iran et Washington se dérouleraient dans la semaine afin de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.