Remplacer les équipements Huawei et ZTE coûterait 1,8 Mds USD aux petits opérateurs américains

Le logo Huawei affiché sur un écran derrière le secrétaire d’État américain Mike Pompeo lors d’un point de presse au département d’État, à Washington D.C. (Andrew Harnik/Pool/AFP)
Le logo Huawei affiché sur un écran derrière le secrétaire d’État américain Mike Pompeo lors d’un point de presse au département d’État, à Washington D.C. (Andrew Harnik/Pool/AFP)
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Publié le Samedi 05 septembre 2020

Remplacer les équipements Huawei et ZTE coûterait 1,8 Mds USD aux petits opérateurs américains

  • Huawei est l'un des rares groupe capable de déployer des réseaux de 5G, la dernière génération ultra rapide de téléphonie mobile
  • Les petits opérateurs américains utilisant Huawei et ZTE reçoivent des subventions d'un fonds fédéral, qui ne peuvent pas être utilisées pour payer des fournisseurs chinois

SAN FRANCISCO :  Débarrasser les infrastructures américaines de télécommunications des équipements chinois, et les remplacer, pourrait coûter plus d'1,8 milliard de dollars en tout aux petits opérateurs, a estimé vendredi l'agence fédérale des télécoms, la FCC.

Le régulateur a voulu déterminer à quel point les réseaux américains dépendent des technologies chinoises après avoir décidé, en juin dernier, que les équipementiers Huawei et ZTE représentaient "une menace pour la sécurité nationale et l'intégrité des services de communication", explique son communiqué.

Les États-Unis considèrent les deux firmes comme "soumises aux ordres du Parti communiste chinois" et craignent que leur emprise dans le secteur des communications ne leur permette d'espionner pour le compte de Pékin.

Les deux pays sont engagés dans une guerre commerciale sur fonds de tensions politiques.

"En identifiant les équipements et services non sécurisés dans nos réseaux, nous pouvons maintenant travailler à nous assurer qu'ils ne dépendent que d'infrastructures provenant de fournisseurs fiables", a déclaré Ajit Pai, le président de la FCC.

Les petits opérateurs américains utilisant Huawei et ZTE reçoivent des subventions d'un fonds fédéral, qui ne peuvent pas être utilisées pour payer des fournisseurs chinois.

"J'appelle de nouveau le Congrès à allouer les financements nécessaires pour rembourser les opérateurs de leurs coûts pour remplacer tout équipement ou service considéré comme posant une menace pour la sécurité nationale", a ajouté Ajit Pai.

Huawei est l'un des rares groupe capable de déployer des réseaux de 5G, la dernière génération ultra rapide de téléphonie mobile.

L'équipementier est largement considéré comme le plus avancé dans cette technologie.

La 5G est attendue impatiemment par de nombreux secteurs de l'économie, des divertissements aux usines et aux transports, car elle permettra de transférer des données dans des volumes et à des vitesses sans précédent.


Lagardère dans l'escarcelle, Bolloré veut désormais sécuriser son empire

Vincent Bolloré (Photo, AFP).
Vincent Bolloré (Photo, AFP).
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  • Il a notamment écarté tout projet «compliqué» visant à «fusionner ou simplifier» la succession de holdings qui assurent le contrôle de son groupe
  • «Il n'y aucun projet d'aucune sorte concernant les distributions d'actifs par l'Odet», a-t-il assuré

PARIS: La prise de contrôle de Lagardère désormais assurée, Vincent Bolloré s'est tourné vers l'avenir mercredi, assurant vouloir préserver la "tranquillité" et la stabilité de son empire florissant dans la logistique pétrolière, le transport et les médias.

À l'approche d'une période qu'il pressent "difficile", le milliardaire breton a notamment écarté tout projet "compliqué" visant à "fusionner ou simplifier" la succession de holdings qui assurent le contrôle de son groupe, mais pèsent également sur sa valorisation.

La modification approuvée mercredi, lors de deux assemblées générales successives, des statuts de la "Compagnie de l'Odet", navire amiral de la famille, et du groupe Bolloré, pour permettre la distribution de "biens en nature, y compris de titres financiers", n'était selon lui que "purement formelle".

"Il n'y aucun projet d'aucune sorte concernant les distributions d'actifs par l'Odet", a-t-il assuré.

Cette société financière, qui détient quelque 64% du groupe Bolloré, a toutefois mis à profit ces dernières semaines les dividendes perçus de sa filiale pour se renforcer en achetant un peu plus de 1% des parts de Bolloré, pour près de 150 millions d'euros.

Pessimiste

Dans quel but ? "Plutôt par manque d'imagination qu'une confiance absolue dans la valeur future des actions", a ironisé Vincent Bolloré, qui s'est montré plus pessimiste que d'ordinaire.

Le groupe Bolloré, fortement désendetté, a pourtant dégagé l'année dernière un bénéfice record.

Il a largement profité, au sein de ses activités logistiques, de la hausse du coût du transport de marchandises, sur lequel il prélève une commission, et de la flambée des prix du pétrole à la suite de la guerre en Ukraine, qu'il transporte également.

Mais "la conjoncture va être sans doute beaucoup plus difficile que les gens ne le croient" et le second semestre s'annonce "plus compliqué", a prévenu Vincent Bolloré.

Parmi ses possibles projets, certains analystes avancent qu'il pourrait tenter de renforcer sa position chez Vivendi, dont il détient un peu moins de 30%, en utilisant l'abondante trésorerie du groupe propriétaire de Canal+ ou le produit de la cession de ses activités de logistique africaine (5,7 milliards d'euros), qui devrait intervenir avant la fin du premier trimestre 2023.

Son fils Cyrille, à la tête du groupe Bolloré, étudie aussi des acquisitions dans l'expédition de fret, un secteur où le groupe espère atteindre le top 5 mondial.

Enfin, Vivendi va également poursuivre son OPA sur Lagardère, dont il détient dorénavant quelque 55% après la première phase de son offre publique d'achat.

"C'est une date historique pour le groupe Lagardère, pour moi-même et ma famille", a relevé dans un communiqué Arnaud Lagardère, qui conserve son siège de PDG et 11% du capital de l'empire industriel fondé par son père, Jean-Luc, disparu en 2003. 

L'issue de cette opération reste soumise à l'autorisation de plusieurs instances, dont la Commission européenne, qui pourrait imposer des "remèdes" pour valider le mariage entre les éditeurs Editis et Hachette, et l'Arcom (ex-CSA), qui doit se prononcer sur la prise de contrôle des radios de Lagardère (Europe 1, Virgin Radio et RFM).

Sur ce dernier point, Arnaud Lagardère, PDG du groupe qui porte son nom, a annoncé le 10 mai un projet pour conserver le contrôle de ses radios, sans donner plus de détails dans l'immédiat.


Nouvelles frictions commerciales entre Washington et Ottawa

Les groupes laitiers américains avaient appelé l'administration Biden à riposter avec des tarifs douaniers sur les produits canadiens, affirmant que ces représailles étaient prévues par l'AEUMC (Photo, AFP).
Les groupes laitiers américains avaient appelé l'administration Biden à riposter avec des tarifs douaniers sur les produits canadiens, affirmant que ces représailles étaient prévues par l'AEUMC (Photo, AFP).
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  • Les deux pays s'affrontent depuis des mois sur l'octroi des contingents tarifaires, prévus dans l'accord États-Unis, Mexique, Canada
  • Washington dénonce qu'une majorité de ces contingents soient accordés aux transformateurs canadiens

WASHINGTON: Les États-Unis ont annoncé mercredi le lancement d'une nouvelle procédure commerciale contre le Canada, l'accusant de ne pas respecter les dispositions de leur accord de libre-échange concernant les produits laitiers, une incrimination immédiatement rejetée par Ottawa.

Les deux pays s'affrontent depuis des mois sur l'octroi des contingents tarifaires, prévus dans l'accord États-Unis, Mexique, Canada (AEUMC) en vigueur depuis le 1er juillet 2021 et qui a remplacé l'accord de libre-échange nord-américain (Aléna) de 1994.

Ce mécanisme impose un droit de douane nul ou faible sur les importations de certains produits jusqu'à une quantité déterminée.

Washington dénonce qu'une majorité de ces contingents soient accordés aux transformateurs canadiens, qui sont enclins à importer du fromage américain bon marché, excluant de fait d'autres produits américains.

Les États-Unis ont officiellement demandé "des consultations" au titre du règlement des différends prévu par l'AEUMC, estimant que "les restrictions imposées par le Canada" sur les produits américains sont "contraires" à ses engagements pris dans le cadre de ce traité, ont annoncé mercredi les services de la représentante américaine au Commerce dans un communiqué.

"Le Canada a rempli ses obligations en vertu de l'accord (...) pour s'assurer que notre système de gestion de l'offre est conforme", a rétorqué Mary Ng la ministre canadienne du Commerce dans une déclaration à l'AFP.

C'est la deuxième fois que Washington a recours à ce dispositif.

L'administration Biden avait en effet déjà fait appel au groupe spécial de règlement de l'AEUMC en décembre 2021 qui avait conclu en janvier dernier que la pratique du Canada consistant à conserver des réserves de contingents tarifaires à l'usage exclusif des transformateurs laitiers était incompatible avec l'AEUMC.

La semaine dernière, le Canada avait alors annoncé de nouvelles mesures pour se mettre en conformité.

"Nous avons clairement indiqué au Canada que ses nouvelles politiques ne sont pas conformes aux dispositions de l'AEUMCA et empêchent les travailleurs, producteurs, agriculteurs et exportateurs américains de tirer pleinement parti de l'accès au marché auquel le Canada s'est engagé", a justifié Mme Tai, dans un communiqué.

En principe, en cas d'absence de consensus, Washington pourrait imposer des droits de douane.

Jusqu'à présent, l'administration Biden et le gouvernement canadien avaient manifesté leur volonté de régler ce litige par la voie de consultations.

Mais désormais les deux pays semblent dos à dos.

"Les politiques laitières protectionnistes du Canada sont une préoccupation majeure pour le ministère américain de l'Agriculture", a déploré mercredi le secrétaire à l'Agriculture, Tom Vilsack. 

Vers des représailles américaines?

Il a souligné qu'un "accès réel et significatif au marché canadien" était une "priorité absolue" de l'administration Biden et que le gouvernement envisageait "toutes les options disponibles pour atteindre cet objectif".

De son côté, Mme Ng a assuré que le Canada participerait "activement au processus de consultation de l'AEUMC" tout en voulant "maintenir sa position d'administrer ses contingents tarifaires d'une manière qui appuie son système de gestion de l'offre laitière".

Le système de gestion de l'offre a permis jusqu'alors au gouvernement canadien de protéger son marché en contrôlant la production, afin que l'offre réponde à la demande canadienne, en fixant des prix permettant aux agriculteurs d'avoir un revenu suffisant par rapport à leurs coûts de production et en contrôlant les importations.

L'AEUMC avait été arraché à l'issue d'âpres discussions notamment en raison de ce conflit sur les produits laitiers. Mais le Canada avait alors accepté d'élargir ses quotas.

La semaine dernière, l'ambassadrice américaine Katherine Tai a souligné sa déception et avait alors ajouté qu'elle évaluerait "toutes les options".

Les groupes laitiers américains avaient, eux, appelé l'administration Biden à riposter avec des tarifs douaniers sur les produits canadiens, affirmant que ces représailles étaient prévues par l'AEUMC.


La Chine propose un accord régional de libre-échange et de sécurité dans le Pacifique sud

Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi est assis à côté du président sri-lankais Gotabaya Rajapaksa (non vu) alors qu'ils assistent à un événement de voile à l'occasion du 65e anniversaire des relations diplomatiques entre le Sri Lanka et la Chine lors de sa visite du projet de ville portuaire de Colombo, à Colombo, le 9 janvier 2022. (AFP).
Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi est assis à côté du président sri-lankais Gotabaya Rajapaksa (non vu) alors qu'ils assistent à un événement de voile à l'occasion du 65e anniversaire des relations diplomatiques entre le Sri Lanka et la Chine lors de sa visite du projet de ville portuaire de Colombo, à Colombo, le 9 janvier 2022. (AFP).
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  • Dans le cadre de cette initiative, la Chine proposerait des millions de dollars d'assistance à dix Etats insulaires de la région, la perspective d'un accord de libre-échange ainsi que la possibilité d'accéder au vaste marché chinois avec ses 1,4 milliard
  • En retour, la Chine se chargerait de former les forces de police et s'impliquerait dans la cybersécurité locales

HONIARA : La Chine a lancé une vaste initiative visant à renforcer considérablement ses relations de libre-échange et de coopération en matière de sécurité avec les pays du Pacifique sud, selon des documents obtenu mercredi par l'AFP.

Ces documents — un projet d'accord ainsi qu'un plan de mise en œuvre sur cinq ans – feront l'objet de discussions à l'occasion d'une visite du ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi dans plusieurs pays de la zone à partir de jeudi.

Dans le cadre de cette initiative, la Chine proposerait des millions de dollars d'assistance à dix Etats insulaires de la région, la perspective d'un accord de libre-échange ainsi que la possibilité d'accéder au vaste marché chinois avec ses 1,4 milliard de consommateurs.

En retour, la Chine se chargerait de former les forces de police et s'impliquerait dans la cybersécurité locales. Elle pourrait par ailleurs réaliser des opérations sensibles de cartographie marine et obtiendrait un meilleur accès aux ressources naturelles locales.

L'adoption de cette "vision commune de développement", nom donné au projet d'accord, pourrait avoir lieu le 30 mai à l'occasion d'une rencontre entre M. Wang et les ministres des Affaires étrangères de la région, devant se tenir aux Îles Fidji.

Mais déjà certaines capitales ont commencé à tirer la sonnette d'alarme.

Dans une lettre adressée à ses collègues du Pacifique sud, le président des Etats fédérés de Micronésie, David Panuelo, a mis en garde contre un accord "attrayant" à première vue, mais susceptible de permettre à la Chine "d'acquérir accès et contrôle sur notre région".

Qualifiant les propositions d'"insincères", M. Panuelo y estime qu'elles "garantiraient une influence chinoise au sein du gouvernement", un "contrôle économique" chinois sur certaines industries clé ainsi qu'une "surveillance de masse" des appels téléphoniques et messages électroniques locaux.

Le Pacifique sud est de plus en plus un théâtre de forte concurrence entre la Chine et les États-Unis, première puissance de la région depuis des décennies.

Pékin a cherché ces derniers mois à accroître sa présence militaire, politique et économique dans le Pacifique sud, mais n'a fait jusqu'à présent que des progrès limités et inégaux.

Le plan de coopération, s'il était accepté, pourrait représenter en revanche un tournant majeur, facilitant notamment un certain nombre d'opérations de police ou militaires.

En outre, les vols entre la Chine et les îles du Pacifique seraient multipliés, Pékin nommerait un émissaire régional, assurerait la formation des jeunes diplomates du Pacifique et fournirait 2 500 "bourses" gouvernementales.