Le gouvernement aidera les entreprises pénalisées par le pass sanitaire, assure Le Maire

"Comme nous avons répondu présent depuis le début de cette crise, depuis le premier jour de cette crise, nous répondrons aussi présent à la fin de l'été pour ceux qui auront été impactés", a déclaré le ministre Brunon Le Maire. (AFP).
"Comme nous avons répondu présent depuis le début de cette crise, depuis le premier jour de cette crise, nous répondrons aussi présent à la fin de l'été pour ceux qui auront été impactés", a déclaré le ministre Brunon Le Maire. (AFP).
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Publié le Mercredi 28 juillet 2021

Le gouvernement aidera les entreprises pénalisées par le pass sanitaire, assure Le Maire

  • Depuis l'extension du pass sanitaire la semaine dernière à plusieurs secteurs, comme les parcs de loisirs ou les cinémas, les professionnels affirment voir leur activité fortement diminuée
  • Bruno Le Maire a rappelé que les entreprises peuvent déjà continuer à bénéficier du fonds de solidarité, prolongé jusqu'à fin août

PARIS: Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a assuré mercredi que le gouvernement répondra "présent" pour aider les entreprises dont l'activité sera pénalisée par le pass sanitaire.


"Comme nous avons répondu présent depuis le début de cette crise, depuis le premier jour de cette crise, nous répondrons aussi présent à la fin de l'été pour ceux qui auront été impactés", a déclaré le ministre sur RTL, donnant rendez-vous aux professionnels le 30 août pour faire le point sur leurs pertes d'activité.


Depuis l'extension du pass sanitaire la semaine dernière à plusieurs secteurs, comme les parcs de loisirs ou les cinémas, les professionnels affirment voir leur activité fortement diminuée.


Les restaurateurs, cafés et d'autres établissements recevant du public qui devront aussi l'appliquer à partir de début août ont déjà manifesté leurs craintes.


Bruno Le Maire a rappelé que les entreprises peuvent déjà continuer à bénéficier du fonds de solidarité, prolongé jusqu'à fin août.


"A tous ceux qui s'inquiètent en disant que le pass sanitaire finalement va remettre en cause ma saison (...), je leur dis rendez-vous le 30 août", afin de "faire le point avec eux, regarder les pertes de chiffres d'affaires secteur par secteur", a-t-il encore indiqué.


Depuis le début de la crise, la stratégie du gouvernement reste de "compenser les pertes qui peuvent être liées à des règles sanitaires qui sont contraignantes", a insisté Bruno Le Maire. 


Au procès du 13-Novembre, «les amoureux du Bataclan» racontés par leurs parents endeuillés

Un homme regarde la plaque commémorative près du théâtre et café du Bataclan à Paris le 3 septembre 2021 où des djihadistes ont attaqué et tué 90 personnes le 13 novembre 2015. (Photo, AFP)
Un homme regarde la plaque commémorative près du théâtre et café du Bataclan à Paris le 3 septembre 2021 où des djihadistes ont attaqué et tué 90 personnes le 13 novembre 2015. (Photo, AFP)
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  • Prise quelques semaines avant que Marie et Mathias soient tués au Bataclan, à respectivement 23 et 22 ans et parmi les plus jeunes victimes de la tuerie qui a fait au total 90 morts, l'image a fait le tour du monde 
  • Six ans plus tard, c'est ensemble, prenant tour à tour la parole, que leurs pères honorent la mémoire de leurs seuls enfants

PARIS : Deux pères éplorés, côte à côte à la barre. Au procès des attentats du 13 novembre 2015, ces parents ont raconté ensemble lundi la perte de leur enfant unique, Marie et Mathias, "les amoureux du Bataclan" fauchés en pleine jeunesse. 

Le selfie projeté sur grand écran derrière la cour d'assises spéciale de Paris montre deux visages juvéniles, radieux: Marie Lausch a le bras autour du cou de son compagnon, Mathias Dymarski, et lui embrasse la joue. 

Parce qu'une mèche des cheveux blonds de Marie avait rejoint sa chevelure sombre, Mathias trouvait la photographie "ratée", confie son père, Jean-François. 

Prise quelques semaines avant que Marie et Mathias soient tués au Bataclan, à respectivement 23 et 22 ans et parmi les plus jeunes victimes de la tuerie qui a fait au total 90 morts, l'image a fait le tour du monde. 

Six ans plus tard, c'est ensemble, prenant tour à tour la parole, que leurs pères honorent la mémoire de leurs seuls enfants. 

Les deux amoureux s'étaient rencontrés lors de leur année de terminale à Metz, à une fête d'anniversaire. 

"Mathias, qui était toujours entier, avait voulu séduire Marie, et s'était enduit le visage de Nutella car Marie était gourmande et cela avait marché", sourit Jean-François. 

Séparés un moment par leurs études, elle à Londres, lui à Grenade en Espagne, ils s'étaient installés à Paris à l'été 2015 et projetaient d'aller vivre aux Etats-Unis, quitte à ce que Mathias "casse" un CDI tout juste décroché. 

"Marie avait son petit prince Mathias. Elle était solaire, lumineuse, dynamique, ouverte sur les autres, humble et toujours souriante", se souvient son père, Maurice. 

A son côté, le dépassant de deux têtes, Jean-François loue aussi un fils qui faisait "tout à fond", son travail dans le BTP, le BMX, et sa "première passion, Marie". 

Unis "dans la même peine" d'être devenus les membres d'une "famille sans enfant", Maurice et Jean-François ont traversé ensemble six années d'épreuves. 

Ni «haine» ni «pardon»

Partis de Moselle avec leurs épouses le soir du 13 novembre 2015, ils découvrent le "capharnaüm" dans les hôpitaux, l'attente interminable puis "l'atroce réalité", la mort de leurs uniques enfants. 

Derrière une vitre à l'Institut médico-légal, ils ont pu voir quelques minutes les corps de Marie et Mathias, "unis dans un linceul blanc", et "dû attendre dix jours pour pouvoir les embrasser dans un cercueil". 

C'est encore ensemble que ces parents inconsolables ont assisté à la messe d'enterrement commune de leurs enfants. Ensemble toujours qu'ils ont créé avec les amis du jeune couple l'association Marie et Mathias, reconnue d'utilité publique pour son aide pour la jeunesse, dit fièrement le père de Marie. 

Aux accusés, il lance: "Non seulement vous ne nous avez pas divisés mais vous avez agrandi notre famille". 

"Pas de haine, mais pas de pardon", complète le père de Mathias. 

A l'entame de cette cinquième semaine d'auditions de parties civiles, la cour d'assises spéciale a également entendu la douleur des proches d'un autre couple "mort dans l'enfer du Bataclan", Cécile, 32 ans, et Luis, 33 ans. "Unis par la musique et un coup de foudre", ils ont été enterrés ensemble, à Gap.

Cécile avait rencontré "l'amour de sa vie" en 2008, Luis était un peu devenu "comme un second fils" pour la famille de la jeune femme, administratrice de production dans un théâtre. 

"Attiré par son amoureuse", Luis avait décidé de venir vivre à Paris, quittant son Chili natal, témoigne aussi sa mère, Nancy, qui s'est installée en France le temps des neuf mois du procès. 

A l'aide d'un interprète, elle raconte son fils, benjamin d'une fratrie de trois, un "amoureux de la musique" qui avait fondé un groupe de rock, Captain americano. 

Elle souligne également les nombreux obstacles qu'elle a dû affronter pour assister au procès, en tant que victime étrangère. "Nous avons dû nous débrouiller tous seuls", déplore Nancy.

Les dépositions des familles endeuillées se poursuivent mardi. 


Une mosquée accusée de «pratique radicale de l'islam» fermée six mois

La mosquée d'Allonnes où est promue, selon la préfecture du département de la Sarthe, "une pratique radicale de l'islam". (Photo, AFP)
La mosquée d'Allonnes où est promue, selon la préfecture du département de la Sarthe, "une pratique radicale de l'islam". (Photo, AFP)
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  • Le 13 octobre, la préfecture de la Sarthe avait annoncé avoir engagé une procédure de fermeture contre cette mosquée qui accueille environ 300 fidèles et une école coranique avec 110 enfants. 
  • «L'association Al Qalam, ainsi que les imams officiant à la mosquée d'Allonnes promeuvent une pratique radicale de l'islam, légitiment le recours au djihad armé, la mort en martyr ainsi que l'instauration de la charia»

RENNES : Les autorités françaises ont ordonné lundi la fermeture pendant six mois de la mosquée d'Allonnes (ouest) où est promue, selon la préfecture du département concerné, "une pratique radicale de l'islam".

Le 13 octobre, la préfecture de la Sarthe avait annoncé avoir engagé une procédure de fermeture contre cette mosquée qui accueille environ 300 fidèles et une école coranique avec 110 enfants. 

Selon l'arrêté préfectoral publié lundi, "les dirigeants de l'AAJM (Association allonnaise pour le juste milieu, ndlr) et de l'association Al Qalam, ainsi que les imams officiant à la mosquée d'Allonnes promeuvent une pratique radicale de l'islam, légitiment le recours au djihad armé, la mort en martyr ainsi que l'instauration de la charia".

Les deux associations sont accusées de "légitimer les attentats terroristes". "Il en a été ainsi en septembre 2020, après la republication des caricatures de Mahomet par le journal Charlie Hebdo, M. Moulay Driss El Yakoubi ayant réuni des jeunes à la mosquée en indiquant : +Ces gens méritent la mort, mais nous ne sommes pas en position de force+". 

"Il en a été ainsi également à la suite de l'assassinat, en octobre 2020, de Samuel Paty", professeur d'histoire décapité par un islamiste tchétchène, "les dirigeants et imams de la mosquée s'étant réjouis en érigeant l'auteur de l'attentat en martyr", peut-on lire dans l'arrêté.

"L'enseignement dispensé au sein de l'école coranique abritée au sein du lieu de culte géré par les associations susmentionnées légitime et valorise le djihad armé ainsi que la haine des juifs", indique l'arrêté.

Compte tenu de "la menace terroriste à un niveau très élevé, il y a lieu de prononcer la fermeture du lieu de culte la +mosquée d'Allonnes+, gérée par les associations +Association allonnaise pour le Juste Milieu+ (AAJM) et +Al Qalam+, pour une durée de six mois, dans le but de prévenir la commission d'actes de terrorisme", selon la même source. 

Le 13 octobre, une enquête avait été ouverte pour "apologie de terrorisme" et "provocation à commettre des actes terroristes", avait annoncé la procureure de la République du Mans.

L'AAJM avait dénoncé mi-octobre sur sa pages Facebook "des graves accusations", regrettant "le tort qui est fait aux fidèles qui fréquentent la mosquée et à la communauté musulmane qui se trouve lésée et stigmatisée".


Affaire Pegasus: L'Humanité, objet d'une plainte du Maroc, mobilise pour la liberté de la presse

Introduit dans un smartphone, le logiciel permet d'en récupérer les messages, photos, contacts et même d'écouter les appels de son propriétaire. (Photo, AFP)
Introduit dans un smartphone, le logiciel permet d'en récupérer les messages, photos, contacts et même d'écouter les appels de son propriétaire. (Photo, AFP)
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  • Depuis la révélation cet été par un consortium de médias de l'affaire Pegasus, le Maroc est soupçonné d'avoir massivement espionné en France de hauts responsables politiques, des opposants et des journalistes
  • Depuis la fin juillet, plusieurs plaintes, visant directement ou indirectement le Maroc et NSO Group, ont été déposées en France par des victimes du logiciel espion et des ONG

PARIS : L’Humanité, cible comme d'autres médias français d'une plainte en diffamation du Royaume du Maroc, dans le cadre des révélations de l'affaire Pegasus, organise une soirée pour mobiliser pour les droits de la presse, lundi, à la veille de sa convocation au tribunal.

"Pour la première fois de son histoire, le journal L'Humanité est convoqué au tribunal par un Etat étranger qui entend nous faire taire et nous intimider. Le Royaume du Maroc a assigné L’Humanité en justice pour diffamation", déclare Fabien Gay, directeur de journal, dans une vidéo postée sur Twitter à l'occasion de la soirée.

Depuis la révélation cet été par un consortium de médias de l'affaire Pegasus --du nom d'un logiciel espion, élaboré par l'entreprise israélienne NSO--, le Maroc est soupçonné d'avoir massivement espionné en France de hauts responsables politiques, des opposants et des journalistes.

Introduit dans un smartphone, le logiciel permet d'en récupérer les messages, photos, contacts et même d'écouter les appels de son propriétaire.

Rabat nie avoir utilisé ce logiciel et a porté plainte "pour diffamation" contre les principaux partenaires en France de la plateforme Forbbiden Stories ("Histoires interdites") qui avait révélé l'affaire, dont Le Monde, mais aussi contre Mediapart -dont le fondateur, Edwy Plenel, aurait été espionné par Pegasus-- et aussi L'Humanité.

Dans sa vidéo sur Twitter, le directeur du journal communiste, Fabien Gay, précise que "cette manœuvre d’intimidation cible en particulier notre journaliste Rosa Moussaoui. Son nom figurait dans la liste des personnes espionnées". 

"A plusieurs reprises dans nos colonnes, elle a courageusement fait état des pressions, harcèlement et barbouzeries en tout genre exercés au Maroc contre des journalistes mais aussi des avocats et des personnalités progressistes défendant les droits humains", a ajouté M. Gay. 

Depuis la fin juillet, plusieurs plaintes, visant directement ou indirectement le Maroc et NSO Group, ont été déposées en France par des victimes du logiciel espion et des ONG, dont Reporters sans frontières.

Mme Moussaoui et L'Humanité avaient aussi déposé une plainte que le Syndicat National des Journalistes-CGT accompagne, au nom du "principe fondamental de la confidentialité des sources" des journalistes, a indiqué la SNJ-CGT.

Son secrétaire général, Emmanuel Vire, interviendra à la soirée de lundi, ainsi que Mme Moussaoui, Fabien Gay, des journalistes de Mediapart et du Monde, et Hicham Mansouri, fondateur de l'Association marocaine pour le journalisme d'investigation.