Bangladesh: malgré la pandémie, les ouvriers se ruent au travail

Les gens débarquent d'un ferry à Sreenagar le 31 juillet 2021 pour retourner dans leurs zones de travail après que le gouvernement du Bangladesh a assoupli les normes de verrouillage pour toutes les usines orientées vers l'exportation qui avaient été imposées auparavant pour freiner la propagation du coronavirus Covid-19. (Munir Uzzaman / AFP)
Les gens débarquent d'un ferry à Sreenagar le 31 juillet 2021 pour retourner dans leurs zones de travail après que le gouvernement du Bangladesh a assoupli les normes de verrouillage pour toutes les usines orientées vers l'exportation qui avaient été imposées auparavant pour freiner la propagation du coronavirus Covid-19. (Munir Uzzaman / AFP)
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Publié le Samedi 31 juillet 2021

Bangladesh: malgré la pandémie, les ouvriers se ruent au travail

  • Alors que l'économie du Bangladesh a été particulièrement touchée par la pandémie, le gouvernement a exclu les usines fournissant les principales marques en Europe et en Amérique du Nord du nouveau confinement
  • Le gouvernement a annoncé que les 4.500 ateliers de confection du pays, qui emploient quatre millions de personnes, pourront rouvrir à partir de dimanche, provoquant une ruée vers les pôles industriels

SHIMULIA, Bangladesh : Des centaines de milliers de Bangladais ont pris d'assaut trains et cars afin de retourner travailler samedi, le gouvernement ayant annoncé la réouverture des ateliers de confection exportateurs, malgré une nouvelle vague meurtrière de coronavirus dans le pays.

Alors que l'économie du pays d'Asie du Sud-Est a été particulièrement touchée par la pandémie, le gouvernement a exclu les usines fournissant les principales marques en Europe et en Amérique du Nord du nouveau confinement imposé à l'ensemble de la population.

Les autorités ont ordonné que les usines, bureaux, transports et magasins soient fermés à compter du 23 juillet jusqu'au 5 août, le nombre de nouveaux cas et de décès atteignant des niveaux records.

Officiellement, le Bangladesh a recensé 1,2 million de cas et plus de 20.000 morts depuis le début de l'épidémie mais les experts estiment que le bilan réel est quatre fois supérieur.

Malgré le confinement, le gouvernement a annoncé que les 4.500 ateliers de confection du pays, qui emploient quatre millions de personnes, pourront rouvrir à partir de dimanche, provoquant une ruée vers les pôles industriels.

Très influents, les propriétaires de ces ateliers avaient alerté sur les conséquences "catastrophiques" qu'aurait leur incapacité à répondre à temps aux commandes de leurs clients étrangers.

Plusieurs centaines de milliers d'ouvriers, rentrés dans leurs villages afin d'y passer le confinement et y fêter l'Aïd al-Adha, la principale fête religieuse musulmane, tentaient samedi de rejoindre la capitale, Dacca, par tous les moyens, certains n'hésitant pas à marcher sous la mousson.

Signe de cette affluence exceptionnelle, plusieurs dizaines de milliers d'ouvriers ont attendu des heures pour pouvoir monter dans un des bateaux quittant la gare de ferry de Shimulia, à 70km au sud de Dacca.

"La police a effectué de nombreux contrôles et le ferry était plein à craquer", a expliqué à l'AFP un de ces ouvriers, Mohammad Masun, 25 ans, qui a quitté son village à l'aube, marchant plus de 30 km avant de prendre des rikshaws, pour atteindre l'embarcadère.

"C'était une course effrénée pour rentrer à la maison lors de l'annonce du confinement et maintenant nous éprouvons les mêmes difficultés pour retourner au travail", a déploré un autre ouvrier, Jubayer Ahmad, interrogé par l'AFP.

Deuxième exportateur de textile après la Chine, le Bangladesh, 169 millions d'habitants, a vu cette industrie devenir l'une des pierres angulaires de son économie.

Selon le vice-président de l'Association bangladaise des fabricants et exportateurs de tissus, Mohammad Hatem, des commandes pour près de trois milliards de dollars risquaient d'être perdues pour l'industrie si les usines étaient restées fermées.

"Les grandes marques seraient allées se fournir dans d'autres pays", a-t-il assuré à l'AFP.


Négociations Etats-Unis-Iran: nouvelle visite d'un ministre pakistanais à Téhéran

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  • Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine
  • "Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran"

TEHERAN: Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine, a rapporté mercredi l'agence officielle Irna, en pleine impasse dans les négociations de paix.

"Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran", a précisé l'agence, citant "des sources diplomatiques à Islamabad".

 

 


L'armée iranienne prévient qu'elle «ouvrira de nouveaux fronts» en cas de nouvelle attaque américaine

Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
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  • Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens
  • La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole

TEHERAN: L'armée iranienne a averti mardi dans un communiqué qu'elle "ouvrira de nouveaux fronts" si les Etats-Unis reprennent leurs attaques contre l'Iran, interrompues depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril.

"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a déclaré le porte-parole de l'armée Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.

Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant ce lundi et un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une nouvelle offensive à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Lundi, M. Trump avait estimé devant la presse qu'il avait "de très bonnes chances" de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution "très positive" des tractations avec Téhéran, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu.

Il avait toutefois assuré que les Etats-Unis se tenaient prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé" avec Téhéran.

Le chef du commandement des forces armées iraniennes, Ali Abdollahi, avait répondu en mettant en garde "les Etats-Unis et leurs alliés" contre toute nouvelle "erreur stratégique et de calcul".

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a écrit Donald Trump sur son réseau.

Des médias iraniens avaient déjà dénoncé les "conditions excessives" imposées par les Etats-Unis dans leur dernière offre.

Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Washington a également refusé de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre, selon la même source.


Le pétrole baisse après le passage d'un pétrolier sud-coréen par le détroit d'Ormuz

 M. Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.  Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant de publier un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une reprise des hostilités à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord. (AFP)
M. Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran. Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant de publier un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une reprise des hostilités à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord. (AFP)
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  • "Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui"
  • Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant de publier un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une reprise des hostilités à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des EAU

LONDRES: Les cours du pétrole redescendent mercredi après le passage d'un pétrolier sud-coréen par le détroit d'Ormuz, le marché se montrant optimiste quant au "bon progrès" avec la partie iranienne évoqués par le vice-président des Etats-Unis.

Vers 09H40 GMT (11H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, perdait 1,79% à 109,29 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, dont c'est le premier jour d'utilisation comme contrat de référence, tombait de 1,64% à 102,44 dollars.

"En ce moment-même, notre navire pétrolier sort du détroit d'Ormuz, en coordination avec l'Iran", a déclaré au Parlement le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Cho Hyun.

Selon le suivi maritime de MarineTraffic, il pourrait s'agir du "Universal Winner". Ce navire "transporte du pétrole du Koweït", affirme Anna Macdonald, analyste chez Hargreaves Lansdown.

La mention d'une coordination avec l'Iran de la Corée du Sud qui possède d'importantes raffineries est perçu par le marché comme un soulagement.

Et "deux navires chinois auraient déjà effectué le voyage", souligne Mme Macdonald, consolidant la tendance baissière mercredi.

"Les déclarations faites hier par le vice-président Vance, qui a affirmé que Trump préfère éviter une guerre avec l'Iran" contribuent également à la baisse des cours, estime auprès de l'AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

"Il y a beaucoup d'allers-retours" avec la partie iranienne, a aussi déclaré le vice-président des Etats-Unis JD Vance lors d'un point presse lundi à la Maison Blanche, évoquant de "bons progrès."

Donald Trump qui alterne entre apaisement et tonalité agressive a cependant déclaré le même jour à propos de l'Iran : "mais nous pourrions devoir leur donner encore un gros coup. Je ne suis pas sûr pour l'instant".

De leur côté, les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont promis d'étendre la guerre "au-delà de la région" du Moyen-Orient, si les Etats-Unis et Israël attaquaient de nouveau le pays.

"Cela suggère que le régime estime que le temps joue en sa faveur tant que les prix de l'essence aux États-Unis restent élevés", affirme Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

Or, avec un détroit d'Ormuz qui reste largement paralysé, bloquant une grande partie des exportations pétrolières du Golfe, "il est probable que nous continuerons à observer une baisse continue des réserves de pétrole au cours des prochaines semaines", ce qui ferait grimper les cours, affirme M.Staunovo.