Covid-19: l'OMS veut un moratoire sur les doses de rappel pour combattre l'inégalité

«Nous avons un besoin urgent de renverser les choses: d'une majorité de vaccins allant dans les pays riches à une majorité allant dans les pays pauvres». (Photo, AFP)
«Nous avons un besoin urgent de renverser les choses: d'une majorité de vaccins allant dans les pays riches à une majorité allant dans les pays pauvres». (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 05 août 2021

Covid-19: l'OMS veut un moratoire sur les doses de rappel pour combattre l'inégalité

  • Tedros Adhanom Ghebreyesus a demandé que le moratoire dure «au moins jusqu'à la fin septembre»
  • Pour l'heure, Covax n'arrive pas à remplir sa mission faute de doses et n'a pu distribuer qu'une petite fraction de ce qui était initialement prévu

GENÈVE: Face au gouffre entre pays riches, où les vaccins anti-Covid abondent, et les pays pauvres qui n'ont pu immuniser qu'une faible partie de leur population, l'OMS a réclamé mercredi un moratoire sur les doses de rappel pour tenter de rétablir un semblant d'équilibre.

"Nous avons un besoin urgent de renverser les choses: d'une majorité de vaccins allant dans les pays riches à une majorité allant dans les pays pauvres", a déclaré le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'un point de presse à Genève.

Il réagissait au fait que l'Allemagne et Israël ont d'ores et déjà annoncé des campagnes pour une troisième dose, pour les vaccins nécessitant deux doses initiales. Ces "booster doses" sont destinées notamment aux personnes âgées dont le système immunitaire ne produit pas toujours assez d'anticorps malgré la vaccination complète.

Le patron de l'agence onusienne a demandé que le moratoire dure "au moins jusqu'à la fin septembre" pour tenter d'atteindre un objectif qu'il avait fixé en mai: que 10% de la population de tous les pays du monde soit vaccinée contre la Covid-19, qui a fait officiellement plus de 4,2 millions de morts depuis la fin 2019.

Coopération de tous

"Pour y arriver il nous faut la coopération de tout le monde, en particulier la poignée de pays et d'entreprises qui contrôlent la production mondiale de vaccins", a-t-il souligné.

Il en a notamment appelé aux groupes pharmaceutiques pour qu'ils favorisent le système Covax, un système international mis en place pour tenter justement de lutter contre l'inégalité vaccinale et aider 92 pays pauvres à immuniser leur population. 

Pour l'heure, Covax n'arrive pas à remplir sa mission faute de doses et n'a pu distribuer qu'une petite fraction de ce qui était initialement prévu faute de pouvoir acheter les vaccins nécessaires ou parce que l'approvisionnement a été bloqué par l'Inde pour combattre la pandémie chez elle. 

Le système a toutefois pu bénéficier de dizaines de millions de doses de vaccins offerts par des pays qui en avaient trop -ou d'un type qui ne leur convenait pas- comme les États-Unis mais aussi la France et d'autres pays européens.

Sur les 4 milliards de ces doses injectées dans le monde, 80% sont allées à des pays à revenu élevé ou moyen supérieur, alors qu'ils représentent moins de 50% de la population mondiale.

Le docteur Bruce Aylward, chargé de Covax au sein de l'OMS, a reconnu que fin septembre était un objectif ambitieux qui ne sera pas atteint si on continue au rythme actuel.

Les États-Unis ont d'ores et déjà rejeté cet appel à un moratoire estimant qu'ils n'avaient "pas besoin" de choisir entre administrer une troisième dose à leurs citoyens ou en faire don à des pays pauvres.

Si Washington n'a pas à ce jour pris de décision sur l'administration de doses de rappels, Israël a lancé une campagne la semaine dernière pour donner une troisième dose aux plus de 60 ans et l'Allemagne compte lancer sa campagne dès le 1er septembre pour les personnes âgées et vulnérables. 

"Notre objectif est double: nous voulons fournir une troisième vaccination à titre préventif aux personnes vulnérables en Allemagne et parallèlement apporter notre soutien pour une vaccination si possible de l'ensemble des populations dans le monde" en donnant des dizaines de millions de doses à Covax, a expliqué un porte-parole du ministère allemand de la santé.

Kate O'Brien, responsable des vaccins à l'OMS, s'est pour sa part interrogée sur l'utilité de la 3ème dose.

"Nous n'avons pas d'éléments de preuve complets pour savoir si on en a besoin ou pas", a-t-elle dit.

«Le prix devrait baisser»

L'OMS a aussi demandé un effort aux entreprises sur un autre front: celui des prix. 

Pfizer et Moderna, qui ont produit en un temps record des vaccins à ARN messager, les plus efficaces sur le marché, vont augmenter les prix des doses pour l'Union européenne, parce qu'elles ont adapté leur sérums aux variants, selon un ministre français.

Mariangela Simao, chargée de l'accès aux médicaments à l'OMS, a rappelé qu'il était "très important que les entreprises pratiquent des prix abordables".

"Dans une situation de marché normale les prix devraient baisser, pas augmenter", a-t-elle souligné, rappelant que Pfizer comme Moderna avaient non seulement réussi à augmenter leur production mais aussi leur productivité.

"Nous enjoignons à ces entreprises de maintenir les prix bas et abordables", a-t-elle insisté.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.