Déforestation sur un an proche du niveau record en Amazonie

Dans cette photo d'archive prise le 15 août 2020, de la fumée s'échappe d'un feu allumé illégalement dans la réserve de forêt amazonienne, au sud de Novo Progresso, dans l'État de Para, au Brésil. (Carl de Souza/AFP)
Dans cette photo d'archive prise le 15 août 2020, de la fumée s'échappe d'un feu allumé illégalement dans la réserve de forêt amazonienne, au sud de Novo Progresso, dans l'État de Para, au Brésil. (Carl de Souza/AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 06 août 2021

Déforestation sur un an proche du niveau record en Amazonie

  • Le collectif d'ONG Observatoire du Climat a estimé que la moyenne des surfaces déboisées lors des trois cycles sous le gouvernement Bolsonaro était 70% supérieure à celle des trois cycles précédents
  • Les écologistes s'attendent à une forte augmentation des incendies pour les mois à venir, les brûlis sur les zones déboisées tout au long de l'année ayant généralement lieu à partir d'août et septembre

RIO DE JANEIRO, Brésil : La déforestation continue de faire des ravages en Amazonie brésilienne, avec une surface déboisée proche du record de l'année dernière sur la période de référence d'août à juillet, selon les données satellitaires publiées vendredi.

Sur les 12 derniers mois, l'Amazonie a perdu 8.712 km2 de forêt, une baisse de 5% par rapport aux 9.126 km2 de la période allant d'août 2019 à juillet 2020, la plus dévastatrice depuis que ces données sont compilées par l'Institut National de Recherches Spatiales (INPE), en 2015.

Les chiffres publiés vendredi ne prennent pas en compte les données du 31 juillet, qui, lorsqu'elles seront ajoutées, rapprocheront encore le total du record de l'an dernier.

La comparaison des surfaces déboisées sur cette période de référence qui englobe l'ensemble du cycle des pluies montre une forte augmentation depuis l'arrivée au pouvoir du président d'extrême droite Jair Bolsonaro, en janvier 2019.

Le collectif d'ONG Observatoire du Climat a estimé que la moyenne des surfaces déboisées lors des trois cycles sous le gouvernement Bolsonaro était 70% supérieure à celle des trois cycles précédents.

Lundi, le vice-président brésilien Hamilton Mourao avait déjà admis que l'objectif de réduire la déforestation de 10% d'août 2020 à juillet 2021 ne serait pas atteint.

"Le cycle touche à sa fin et nous n'allons probablement pas remplir notre objectif de réduction de 10% (de la déforestation). Je crois que ce sera plutôt autour de 4 à 5%. C'est une réduction très faible, dérisoire, mais c'est mieux que rien", avait-il déclaré.

"Même les arbres morts d'Amazonie savent que tout chiffre annoncé par le gouvernement est dénué de crédibilité, parce qu'il manque l'essentiel au Brésil: une vraie politique de contrôle de la déforestation", a déploré l'Observatoire du Climat dans un communiqué.

Le président Bolsonaro s'est récemment engagé auprès de la communauté internationale à éliminer la déforestation illégale au Brésil d'ici à 2030, sans annoncer de mesures concrètes pour atteindre cet objectif.

Pour juillet (arrêté au 30 du mois), la déforestation a atteint 1.416 km2, une baisse de 14,6% par rapport à juillet 2020, après quatre records mensuels consécutifs.

Mais le total pour les sept premiers mois de l'année (5.026 km2) reste supérieur à celui de janvier à juillet 2020 (4.740 km2), avec une augmentation de 6%.

Par ailleurs, le nombre de foyers d'incendies identifiés par l'INPE le mois dernier a baissé de 27% par rapport à juillet 2020. Mais les écologistes s'attendent à une forte augmentation pour les mois à venir, les brûlis sur les zones déboisées tout au long de l'année ayant généralement lieu à partir d'août et septembre, au cœur de la saison sèche.


Des jeunes dans la rue en Iran pour la Journée de l'étudiant

Un manifestant tient un portrait de Mahsa Amini lors d'une manifestation de soutien à Amini, une jeune Iranienne décédée après avoir été arrêtée à Téhéran par la police des mœurs de la République islamique, sur l'avenue Istiklal à Istanbul le 20 septembre 2022 (Photo d'illustration, AFP)
Un manifestant tient un portrait de Mahsa Amini lors d'une manifestation de soutien à Amini, une jeune Iranienne décédée après avoir été arrêtée à Téhéran par la police des mœurs de la République islamique, sur l'avenue Istiklal à Istanbul le 20 septembre 2022 (Photo d'illustration, AFP)
Short Url
  • Des étudiants ont défilé et scandé des slogans contre le régime dans plusieurs villes du pays, parfois malgré une forte présence des forces de sécurité
  • BBC Persian, basée en Grande-Bretagne, a diffusé des images semblant montrer des étudiants protestant contre la présence du président Raïssi à l’Université de Téhéran, avant d'être repoussés par les forces de sécurité

PARIS: Des étudiants ont manifesté mercredi en Iran et boycotté les cours, selon des ONG, alors qu'un ancien président de la République islamique a apporté un soutien implicite au mouvement de contestation déclenché par la mort de Mahsa Amini.

Les manifestations ont eu lieu lors la Journée de l'étudiant, qui commémore la mort en 1953 de trois étudiants tués par les forces de sécurité du chah d'Iran et coïncidait avec le 3ème jour d'une grève à laquelle avaient appelé des protestataires.

Des étudiants ont défilé et scandé des slogans contre le régime dans plusieurs villes du pays, parfois malgré une forte présence des forces de sécurité, selon des vidéos mises en ligne par des militants et des groupes de défense des droits humains.

"Tremblez, tremblez, nous sommes tous ensemble", ont ainsi clamé des étudiants à l’Université de technologie Amirkabir de Téhéran, dans une vidéo publiée par le média en ligne 1500tasvir.

 "Beau message" 

Certaines organisations de jeunes avaient appelé à transformer cette Journée des étudiants en une "Journée de terreur pour l'Etat".

L'Iran est le théâtre de manifestations depuis la mort le 16 septembre de la jeune Kurde iranienne Mahsa Amini, arrêtée trois jours plus tôt et accusée de ne pas avoir respecté le code vestimentaire qui impose aux femmes de porter le voile en public.

Le cri de ralliement des protestataires adopté après sa mort, "Femme, vie, liberté", a été repris dans des manifestations à l'étranger et salué mardi par un ancien président iranien, Mohammad Khatami (1997-2005), principale figure des réformateurs.

M. Khatami, 79 ans, a estimé que ce slogan était "un beau message" et jugé que "sécurité et liberté n'étaient pas contradictoires", selon un communiqué cité par l'agence de presse Isna.

Les autorités iraniennes, qui ont eu du mal à contenir les manifestations, dénoncent des "émeutes" fomentées de l'étranger et notamment par l’ennemi juré de l’Iran, les Etats-Unis, ainsi que leurs alliés comme Israël.

En visite sur un campus de Téhéran pour la Journée des étudiants, le président ultraconservateur Ebrahim Raïssi a lui salué l'attitude des "étudiants perspicaces qui n'ont pas permis qu'il y ait à l'université une atmosphère d'émeute".

Il a accusé "les ennemis de chercher à rendre les universités peu sûres", appelant les étudiants à "déployer tous les efforts pour donner de l'espoir aux gens".

De son côté, BBC Persian, basée en Grande-Bretagne, a diffusé des images semblant montrer des étudiants protestant contre la présence du président Raïssi à l’Université de Téhéran, avant d'être repoussés par les forces de sécurité.

 "Soulèvement légitime" 

Parallèlement à la mobilisation estudiantine, des magasins sont restés fermés mercredi dans différentes villes, après qu'un appel à la grève a été lancé pour trois jours à partir de lundi.

Le groupe de défense des droits humains Iran Human Rights (IHR), basé en Norvège, a partagé des vidéos de magasins fermés à Téhéran, Qazvin, à l’ouest de la capitale, dans la ville septentrionale de Rasht et à Divandarreh, dans la province natale d’Amini, le Kurdistan.

La répression du mouvement a déjà fait au moins 458 morts depuis mi-septembre, selon un bilan communiqué mercredi par IHR.

En Iran, le Conseil suprême de la sécurité nationale a déclaré samedi que "plus de 200 personnes" incluant civils et forces de sécurité avaient été tuées. Un général des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, avait lui fait état avant de plus de 300 morts.

Les autorités ont arrêté en outre des milliers de personnes, dont 11 ont été condamnées à mort dans des procès liés aux manifestations.

Dénonçant un régime "despotique", la soeur du guide suprême Ali Khamenei a également apporté son soutien au mouvement de contestation.

"Je m'oppose aux actions de mon frère", écrit Badri Hosseini Khamenei dans une lettre rendue publique mercredi sur internet par son fils basé en France, Mahmoud Moradkhani.

"Le peuple iranien mérite la liberté et la prospérité, et son soulèvement est légitime et nécessaire pour faire valoir ses droits", a-t-elle encore indiqué.

L'opérateur européen de satellites Eutelsat a par ailleurs confirmé mercredi à l'AFP avoir demandé à ses partenaires, diffuseurs et distributeurs, de cesser la diffusion de la chaîne d'information iranienne anglophone Press TV à la suite de "sanctions" de l'Union européenne.


Espagne: des migrants s'échappent d'un avion commercial après un faux atterrissage d'urgence

La police espagnole était mercredi à la recherche de 12 migrants, passagers d'un vol commercial, qui se sont enfuis après l'atterrissage d'urgence de leur avion à l'aéroport de Barcelone à la suite d'une urgence médicale vraisemblablement mise en scène (Photo d'illustration, AFP)
La police espagnole était mercredi à la recherche de 12 migrants, passagers d'un vol commercial, qui se sont enfuis après l'atterrissage d'urgence de leur avion à l'aéroport de Barcelone à la suite d'une urgence médicale vraisemblablement mise en scène (Photo d'illustration, AFP)
Short Url
  • L'avion a dû demander à 04h30 (03h30 GMT) à atterrir d'urgence car une femme à bord était sur le point d'accoucher
  • Lorsque l'appareil s'est posé, une ambulance et trois patrouilles de police sont venues évacuer la femme enceinte mais un groupe de 27 personnes a alors «quitté l'avion et a tenté de s'enfuir»

BARCELONE: La police espagnole était mercredi à la recherche de 12 migrants, passagers d'un vol commercial, qui se sont enfuis après l'atterrissage d'urgence de leur avion à l'aéroport de Barcelone à la suite d'une urgence médicale vraisemblablement mise en scène, ont annoncé les autorités.

Au total, une trentaine de personnes ont tenté de s'"échapper" de ce vol Pegasus Airlines reliant Casablanca à Istanbul peu après que l'appareil a dû atterrir en urgence dans la nuit de mardi à mercredi à l'aéroport El Prat de Barcelone.

L'avion a dû demander à 04h30 (03h30 GMT) à atterrir d'urgence car une femme à bord était sur le point d'accoucher et que "cette passagère avait prétendument perdu les eaux", a expliqué une source de la préfecture de Catalogne.

Lorsque l'appareil s'est posé, une ambulance et trois patrouilles de police sont venues évacuer la femme enceinte mais un groupe de 27 personnes a alors "quitté l'avion et a tenté de s'enfuir", a indiqué cette source.

Cinq sont retournées spontanément à bord de l'avion et onze autres, dont la femme enceinte, ont été arrêtées. La préfecture n'a pas précisé leur nationalité.

Un examen à l'hôpital a révélé que la femme enceinte "n'était pas sur le point d'accoucher, elle a donc été arrêtée pour trouble à l'ordre public", a ajouté cette source.

Mercredi soir, la police recherchait toujours les douze personnes qui ont réussi à s'enfuir.

Il s'agit du deuxième incident de ce type en Espagne en un peu plus d'un an.

Le 5 novembre 2021, un avion reliant Casablanca à Istanbul avait dû atterrir en urgence sur l'île espagnole de Majorque, dans les Baléares, quand l'un des passagers, apparemment diabétique, avait fait un malaise et semblait être dans le coma. Alors qu'il était évacué de l'avion avec un compagnon, 21 personnes avaient pris la fuite.

A son arrivée à l'hôpital, les médecins l'avaient trouvé en bonne santé mais son ami avait pris la fuite. Là encore, la police n'était pas parvenue à arrêter tous les fuyards, la plupart Marocains, et seules douze personnes avaient pu être retrouvées.


Pérou: le président dissout le Parlement et crée un «gouvernement d'exception»

Le président du Congrès péruvien Jose Williams Zapata (D) lit le résultat du vote pour destituer le président Pedro Castillo lors de la session plénière à Lima le 7 décembre 2022. (AFP)
Le président du Congrès péruvien Jose Williams Zapata (D) lit le résultat du vote pour destituer le président Pedro Castillo lors de la session plénière à Lima le 7 décembre 2022. (AFP)
Short Url
  • Jusqu'à l'établissement du nouveau Parlement, «le gouvernement sera régi par un décret-loi»
  • Le Parlement péruvien, dominé par la droite, devait débattre mercredi d'une nouvelle motion visant à le destituer pour «incapacité morale permanente»

LIMA: Le président péruvien Pedro Castillo a ordonné mercredi la dissolution du Parlement quelques heures seulement avant que celui-ci ne se réunisse pour débattre d'une motion visant à le destituer, et annoncé l'établissement d'un "gouvernement d'exception".

Dans un message à la nation prononcé depuis le palais présidentiel, le président de gauche a déclaré "dissoudre temporairement le Congrès de la République et établir un gouvernement d'urgence exceptionnel".

Il a également annoncé "convoquer dans les plus brefs délais un nouveau Congrès doté de pouvoirs constituants pour rédiger une nouvelle Constitution dans un délai ne dépassant pas neuf mois".

"Cette situation intolérable ne peut plus durer, et c'est pourquoi, en réponse aux demandes des citoyens... nous avons décidé d'établir un gouvernement d'urgence visant à rétablir l'Etat de droit et la démocratie", a-t-il indiqué avant de détailler les mesures prises.

Jusqu'à l'établissement du nouveau Parlement, "le gouvernement sera régi par un décret-loi", a poursuivi le président Castillo, annonçant également un "couvre-feu national à partir d'aujourd'hui" entre 22h00 et 04h00.

"Le système judiciaire, le pouvoir judiciaire, le ministère public, le conseil national de la justice, la cour constitutionnelle sont déclarés en réorganisation", a-t-il annoncé également, demandant "à toutes les personnes en possession d'armes illégales" de les "remettre à la police nationale dans un délai de 72 heures".

La police nationale "consacrera tous ses efforts à la lutte réelle et efficace contre le crime, la corruption et le trafic de drogue, ce pour quoi elle sera dotée des ressources nécessaires", a-t-il poursuivi, appelant les institutions de la société civile "à soutenir ces décisions qui nous permettront de mettre notre pays sur la voie du développement".

"Auto-coup d'Etat" 

"Le président Pedro Castillo a organisé un coup d'Etat. Il a violé l'article 117 de la Constitution péruvienne et est dans l'illégalité. C'est un auto-coup d'Etat", a réagi auprès de l'AFP Augusto Alvarez, un analyste politique indépendant.

"C'est un coup d'Etat voué à l'échec, le Pérou veut vivre en démocratie", a estimé Francisco Morales, président de la Cour constitutionnelle, à la radio RPP. "Personne ne doit obéissance à un gouvernement usurpateur", a-t-il ajouté.

Le Parlement péruvien, dominé par la droite, devait débattre mercredi d'une nouvelle motion visant à le destituer pour "incapacité morale permanente".

Le débat sur cette motion était prévu à 15h00 (20h00 GMT). Pour qu'il puisse être destitué, il fallait que la motion recueille un minimum de 87 voix sur les 130 que compte le parlement. L'opposition en disposait d'environ 80.

M. Castillo a déjà échappé à deux motions similaires, dont la dernière en mars 2022.

A l'époque, l'opposition l'accusait d'être intervenu dans une affaire de corruption présumée opérée par son entourage et d'avoir commis une "trahison" en se déclarant ouvert à un référendum sur un débouché sur l'océan Pacifique pour la Bolivie voisine, privée d'accès à la mer. Elle lui reprochait également les crises ministérielles à répétition et la formation de quatre gouvernements en huit mois, fait inédit au Pérou.

Il s'agissait alors de la sixième motion de destitution du Parlement péruvien pour "incapacité morale" contre un président en exercice depuis 2017, après Pedro Pablo Kuczynski (droite) en 2018 et Martin Vizcarra (centre) en 2020.

L'éviction de M. Vizcarra avait déclenché des manifestations violemment réprimées qui avaient fait deux morts et une centaine de blessés. Son départ avait conduit le Pérou à avoir trois présidents en cinq jours.