Droit de grève: FO, CGT et SUD dénoncent des propos d'Olivier Véran

SUD et la CGT ont appelé les personnels des secteurs de la santé, du médico-social et du social à une grève nationale contre l'obligation vaccinale et le pass sanitaire. (AFP)
SUD et la CGT ont appelé les personnels des secteurs de la santé, du médico-social et du social à une grève nationale contre l'obligation vaccinale et le pass sanitaire. (AFP)
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Publié le Dimanche 08 août 2021

Droit de grève: FO, CGT et SUD dénoncent des propos d'Olivier Véran

  • «Les personnels de santé ont donné de leur vie, ils veulent avoir le choix de se vacciner; ils ont prouvé depuis 18 mois qu'ils faisaient face à la pandémie»
  • Pour Jean-Marc Devauchelle, de SUD Santé Social, «remettre en cause le droit de grève parce qu'une loi a été votée, n'engage que M. Véran»

PARIS: FO, CGT et SUD dénoncent dimanche des propos tenus par le ministre de la Santé Olivier Véran s'apparentant selon eux à une "mise en cause du droit de grève" des soignants, en raison de l'obligation vaccinale qui va s'appliquer.

"Vient un temps où ces personnes n'auront plus le loisir de faire grève puisque par définition cette obligation vaccinale s'appliquera", a déclaré le ministre devant la presse lors d'une visite jeudi au centre hospitalier d'Aix-en-Provence. Il évoquait un appel à la grève nationale des personnels soignants et médico-sociaux lancé par SUD et la CGT la veille.

Ces propos peuvent "laisser entendre une mise en cause du droit de grève, un droit constitutionnel attaché à la liberté syndicale et à la démocratie", a déploré dans un communiqué la Confédération FO, qui "attend du gouvernement qu'ils (ces propos) soient retirés sans délai".

Pour Denis Betand, de la CGT Santé et Action sociale, "ces propos sont à l'image de M. Véran, méprisants". 

"Ils accentuent la colère, déjà immense, ce qui va nous conforter dans la poursuite de la grève. M. Véran est hors-sol, il y a un écart abyssal entre ses effets d'annonce et la réalité. Il prouve qu'il ne maîtrise absolument pas la situation et que la politique de santé menée n'est pas adaptée à la réalité", a-t-il ajouté auprès de l'AFP dimanche. 

"Les personnels de santé ont donné de leur vie, ils veulent avoir le choix de se vacciner; ils ont prouvé depuis 18 mois qu'ils faisaient face à la pandémie", a-t-il précisé, s'indignant: "en février, le gouvernement imposait à ceux positifs au Covid mais asymptomatiques de travailler par manque d'effectifs, en mars 2020 on les applaudissait et maintenant on va les licencier !" Il a déploré la "fermeture de 69.000 lits d'hôpitaux depuis 2003" (Drees) et "l'incapacité du système à prendre en charge les besoins réels de la population bien avant la crise du Covid". 

Pour Jean-Marc Devauchelle, de SUD Santé Social, "remettre en cause le droit de grève parce qu'une loi a été votée, n'engage que M. Véran".

"C'est beaucoup plus facile d'être autoritaire devant les caméras que devant les personnels avec lesquels il n'y a pas de discussion", a-t-il déclaré à l'AFP dimanche, se disant "déterminé à poursuivre l'action et tous les recours possibles" contre la nouvelle loi.

Les soignants en grève étant assignés, seuls ceux qui sont en repos ou en congé peuvent manifester. "Beaucoup l'ont fait samedi partout en France, notamment à Paris, Lyon et Marseille", a assuré M. Devauchelle.

A l'instar de la CGT, il met en garde contre un "fort taux d'absence des soignants dans les semaines à venir".

SUD et la CGT ont appelé les personnels des secteurs de la santé, du médico-social et du social à une grève nationale contre l'obligation vaccinale et le pass sanitaire, une mobilisation prévue dès la fin de la semaine pour le premier et à compter de lundi pour le deuxième.


Darmanin annonce l'interpellation du responsable du groupe d'ultradroite les Zouaves

Le ministre de l'Intérieur français Gérald Darmanin s'exprime lors d'une séance au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 18 janvier 2022. (Photo, AFP)
Le ministre de l'Intérieur français Gérald Darmanin s'exprime lors d'une séance au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 18 janvier 2022. (Photo, AFP)
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  • Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé l'interpellation d'un responsable du groupuscule d'ultradroite
  • L'homme arrêté jeudi matin serait le leader du groupuscule, Marc de Cacqueray-Valmenier selon France Info

PARIS : Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé jeudi l'interpellation quelques heures plus tôt d'un responsable du groupuscule d'ultradroite, les Zouaves, pour "non respect de son contrôle judiciaire".

Selon le ministre de l'Intérieur qui s'exprimait sur France Info, l'homme avait malgré cette dissolution participé samedi à un rassemblement en marge des manifestations contre le pass sanitaire au cours duquel des journalistes de l'AFP ont été agressés.

L'homme arrêté jeudi matin serait le leader du groupuscule, Marc de Cacqueray-Valmenier selon France Info.

Notamment soupçonné d'être impliqué dans les violences commises lors du meeting d'Eric Zemmour à Villepinte en décembre, les Zouaves ont été dissous le 5 janvier en Conseil des ministres.

"A l'intérieur de ces gentils manifestants, il y avait des (membres) des Zouaves, et notamment la personne qui est le responsable des Zouaves qui avait fait le coup de poing lors du meeting de M. Zemmour". "On le voit avec un mégaphone pour évoquer les slogans", a expliqué M. Darmanin.


L'ancien ministre François Baroin nommé président de Barclays France

Le maire de Troyes et président de l'Organisation des maires de France François Baroin s'exprime sur scène lors du 103e Congrès des maires et présidents d'intercommunalité de France à Paris, le 16 novembre 2021. (Photo, AFP)
Le maire de Troyes et président de l'Organisation des maires de France François Baroin s'exprime sur scène lors du 103e Congrès des maires et présidents d'intercommunalité de France à Paris, le 16 novembre 2021. (Photo, AFP)
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  • La banque britannique Barclays a annoncé jeudi la nomination de l'ancien ministre de l'Economie et figure de la droite François Baroin en tant que président de sa filiale française
  • Le maire de Troyes (Aube), 56 ans, exerçait depuis 2018 un rôle de conseiller au sein de la banque sur les métiers de banque d'affaires

WASHINGTON : La banque britannique Barclays a annoncé jeudi la nomination de l'ancien ministre de l'Economie et figure de la droite François Baroin en tant que président de sa filiale française.

"L'expérience et la stature de François Baroin font de lui un choix idéal pour devenir Chairman (président, ndlr) pour la France", explique Francesco Ceccato, PDG de Barclays Europe, cité dans un communiqué.

"En élargissant son rôle, il sera en mesure de contribuer encore plus fortement à l'expansion de nos activités en France", reprend-il.

M. Baroin aura notamment pour mission de participer au développement des relations avec les grands clients de la banque et à la promotion de toutes les activités et solutions proposées par Barclays en France, est-il précisé.

Le maire de Troyes (Aube), 56 ans, exerçait depuis 2018 un rôle de conseiller au sein de la banque sur les métiers de banque d'affaires.

Ancien parlementaire, François Baroin a été plusieurs fois ministre de gouvernements de droite entre 2005 et 2012, notamment de l'Intérieur, du Budget et de l'Economie et des finances. Il dirigeait jusqu'en 2021 la puissante Association des maires de France (AMF).

La banque britannique emploie environ 300 personnes en France, avec une activité de banque d'affaires mais aussi d'investissement, de financement et de banque privée.

Barclays a par le passé exercé le métier de banque de détail en France, avant d'annoncer son retrait en 2014. Un plan social et la cession des agences en 2017 au fonds d'investissements AnaCap Financial Partners avait entraîné la création de Milleis Banque, lancée en 2018.

D'autres anciens ministres ont fait le choix du privé: l'ancienne collègue de M. Baroin Nathalie Kosciusko-Morizet est passée par Capgemini tandis que l'ancien Premier ministre François Fillon avait rejoint la société de gestion d'actifs et d'investissement Tikehau Capital.

Fleur Pellerin, ancienne ministre de la Culture de François Hollande, a de son côté fondé en 2016 un fonds d'investissement, Korelya Capital.


Braquages chez Chanel et Chopard: 8 à 20 ans de prison requis contre une «équipe chevronnée»

Photo prise le 30 mai 2009 à Paris, montrant l'une des vitrines du magasin d'élite Chopard de la place Vendôme, où quelque six millions d'euros de bijoux ont été volés. (Photo, AFP)
Photo prise le 30 mai 2009 à Paris, montrant l'une des vitrines du magasin d'élite Chopard de la place Vendôme, où quelque six millions d'euros de bijoux ont été volés. (Photo, AFP)
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  • Aux "piteux mensonges" des accusés, l'avocat général a opposé une "enquête extrêmement fouillée"
  • Deux d'entre eux, qui ne se sont pas présentés à l'audience, sont jugés par défaut

PARIS: Des peines de huit à vingt ans de réclusion ont été réclamées mercredi à Paris contre sept hommes accusés de braquages en 2015 chez le joailler Chopard et en 2016 chez Chanel, des réquisitions "particulièrement excessives" selon la défense.

La justice doit faire preuve de "fermeté" face à cette équipe au "caractère chevronné", a estimé l'avocat général Philippe Courroye devant la cour d'assises de Paris.

Sept hommes y sont jugés depuis le 4 janvier, soupçonnés d'être impliqués, à des degrés divers, dans le braquage d'une boutique Chopard à Paris en décembre 2015 et celui d'une bijouterie Chanel de la capitale en mai 2016, pour un préjudice de plus de 3 millions d'euros.

Ils répondent également du vol d'une mallette contenant 20 000 euros dans un véhicule de transport de fonds, du vol de cinq Range Rover et de la constitution d'une cache d'armes où des explosifs et deux kalachnikov avaient été retrouvés.

Deux d'entre eux, qui ne se sont pas présentés à l'audience, sont jugés par défaut. Trois autres mis en examen, qui ont contracté le Covid-19 au début du procès, seront jugés ultérieurement.

Aux "piteux mensonges" des accusés, l'avocat général a opposé une "enquête extrêmement fouillée" qui, à partir d'un heureux hasard (une plaque d'immatriculation filmée par la vidéosurveillance du ministère de l'Intérieur lors du braquage chez Chopard), a su "remonter le fil d'Ariane" pour "confondre les accusés".

«Réquisition extravagante»

Dans son réquisitoire, il a relevé le casier judiciaire très chargé de la plupart des accusés, qui selon lui "ont fait le choix délibéré de la délinquance et de la criminalité pour avoir de l'argent facile".

La peine la plus lourde, 20 ans de réclusion, a été requise contre Philippe Enriquez, le "chef d'orchestre" de la bande.

Détenu depuis juillet 2016, il a notamment été filmé passant devant la boutique Chopard juste avant le vol, a été reconnu par une témoin comme le conducteur de la voiture qui attendait les braqueurs devant chez Chanel et son ADN a été retrouvé dans un box utilisé par les malfaiteurs, ainsi que sur des mèches dans la cache d'armes.

Dix-sept ans de prison ont été réclamés contre deux "lieutenants" de l'équipe, pour "association de malfaiteurs" et "vol en bande organisée avec arme". Chez l'un, Frédéric Cruz, les enquêteurs ont saisi plusieurs outils qui se trouvaient dans un utilitaire volé, ayant servi au braquage Chanel.

L'autre, Joseph Toffa, aurait conduit la moto utilisée lors du même braquage (les clés du véhicule et ceux du box ont été retrouvés chez lui). Considéré comme "en fuite", il refuserait en fait de sortir de chez lui en raison d'un délire de persécution, a indiqué son avocat, qui estime que "sa place, c'est à l'hôpital".

L'accusation a ensuite demandé 14 à 15 ans contre "le plus diplômé de la bande", accusé d'avoir participé à la préparation des braquages et d'avoir servi d'intermédiaire pour écouler les bijoux Chanel, qui n'ont jamais été retrouvés.

Dix ans ont été requis contre le frère cadet de Frédéric Cruz, également absent. Mis en garde à vue quelques jours avant le braquage chez Chopard dans une affaire de vols de véhicules, il n'a pas pu y participer.

Cependant, les policiers ont saisi chez lui un téléphone faisant partie d'une "flotte" de sept appareils prépayés n'ayant servi que trois jours avant les faits et le jour même du vol à main armée.

Si c'est un "voleur à la petite semaine", qui a reconnu les vols de Range Rover, il n'a "pas l'étoffe d'un braqueur", a plaidé son avocat, demandant son acquittement sur les faits d'"association de malfaiteurs".

La même peine de dix ans a été demandée contre celui décrit par les enquêteurs comme l'"armurier" (un pistolet automatique a été trouvé à son domicile, et son ADN sur un sac dans la cache d'armes), également poursuivi pour le recel de la mallette de la Brink's.

Selon ses avocats, une durée "disproportionnée" qui réduirait "quasiment à néant ses chances de réinsertion" et "ne correspond pas à son implication dans le dossier", ceux-ci estimant que l'accusation de recel ne repose que sur des "raccourcis et des insinuations".

Enfin huit ans de détention ont été réclamés à l'encontre d'un garagiste, ami de Philippe Enriquez, accusé d'avoir fourni une plaque d'immatriculation utilisée pour le braquage Chopard.

Là encore, son avocat a jugé cette demande "absolument extravagante", affirmant qu'il ne connaissait pas les projets criminels de la bande

Le verdict est attendu en fin de semaine.