Le réchauffement de la planète s’accélère, des désastres «sans précédent» menacent l'humanité

Que ce soit en Californie, en Grèce, en Turquie ou ailleurs, les flammes qui ravagent les forêts et les zones habitées ne sont qu'une première salve de ce qui attend le monde dans les années à venir. (Photo, AFP)
Que ce soit en Californie, en Grèce, en Turquie ou ailleurs, les flammes qui ravagent les forêts et les zones habitées ne sont qu'une première salve de ce qui attend le monde dans les années à venir. (Photo, AFP)
«C'est à nous d'être courageux et de prendre des décisions basées sur les preuves scientifiques», a plaidé sur Twitter la jeune militante suédoise Greta Thunberg. (Photo, AFP)
«C'est à nous d'être courageux et de prendre des décisions basées sur les preuves scientifiques», a plaidé sur Twitter la jeune militante suédoise Greta Thunberg. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 10 août 2021

Le réchauffement de la planète s’accélère, des désastres «sans précédent» menacent l'humanité

  • A moins de trois mois de la conférence climat COP26 à Glasgow, le premier rapport d'évaluation depuis sept ans du Giec tire la sonnette d’alarme
  • Alors que la planète a gagné pour l'instant +1,1°C, le monde voit de ses propres yeux les conséquences déjà à l’œuvre : incendies, inondations et températures extrêmes

PARIS : Pire et plus vite qu'on le craignait. Le réchauffement de la planète pourrait atteindre le seuil de +1,5°C autour de 2030, dix ans plus tôt qu'estimé, menaçant de nouveaux désastres "sans précédent" l'humanité, déjà frappée par des canicules et inondations en série.

A moins de trois mois de la conférence climat COP26 à Glasgow, le constat choc des experts climat de l'ONU (Giec) publié lundi, sonne comme un branle-bas de combat : les humains sont "indiscutablement" responsables des dérèglements climatiques et n'ont d'autre choix que de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, s'ils veulent en limiter les dégâts.

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Peu avant la série noire des incendies, les inondations ont frappé partout, comme ici en Allemagne en juillet. (Photo, AFP)

 

Ce premier rapport d'évaluation depuis sept ans, adopté vendredi par 195 pays, passe en revue cinq scénarios d'émissions de gaz à effet de serre, du plus optimiste - certains diraient utopiste - à l'hypothèse du pire.

Dans tous les scénarios, la planète devrait atteindre le seuil de +1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle "au début des années 2030", soit "dix ans plus tôt" que la précédente estimation du Giec en 2018.

Ensuite, d'ici 2050, la hausse se poursuivrait au-delà de ce seuil - qui est une des limites-clés de l'Accord de Paris - même si le monde parvenait à réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre.

Et si ces émissions ne sont pas drastiquement réduites, les +2°C seront dépassés au cours du siècle. Ce qui signerait l'échec de l'Accord de Paris et son objectif de limiter le réchauffement "bien en-deçà" de +2°C, si possible +1,5°C.

De pire en pire: les principaux points du rapport climat

Le nouveau rapport des experts climat de l'ONU (Giec), dévoilé lundi, montre sans équivoque que le climat change plus vite qu'on le craignait et que c'est la faute de l'humanité.

Voici un résumé des principaux points de cette première évaluation complète de la science climatique depuis 2014, réalisée par plus de 230 scientifiques de 66 nationalités en se basant sur 14.000 études publiées.

Bye bye +1,5°C

Dans tous les scénarios envisagés -- du plus optimiste ou plus pessimiste --, la température mondiale devrait atteindre +1,5°C ou +1,6°C par rapport à l'ère pré-industrielle autour de 2030. Soit dix ans plus tôt que la précédente estimation du Giec il y a trois ans.


D'ici la fin du siècle, le seuil de +1,5°C, une des limites clé de l'Accord de Paris, serait dépassé, d'un dixième de degré jusqu'à près de 1°C, selon les scénarios.


Toutefois, dans l'hypothèse la plus ambitieuse, la température pourrait revenir à 1,4°C d'ici la fin du siècle.

Les alliés du climat faiblissent

Depuis 1960, les forêts, sols et océans ont absorbé 56% du CO2 émis dans l'atmosphère par les activités humaines. Sans cette aide de la nature, la planète serait déjà beaucoup plus chaude et inhospitalière. 


Mais ces puits de carbone, alliés cruciaux dans le combat contre le changement climatique, montrent des signes de saturation, et le pourcentage de CO2 qu'ils absorbent devrait diminuer au cours du siècle.

La faute au réchauffement

Le rapport souligne les progrès exceptionnels de la "science de l'attribution", qui permet désormais de quantifier la part de responsabilité du réchauffement dans un événement météo extrême spécifique.


Les scientifiques ont par exemple montré que la canicule extraordinaire au Canada en juin 2021, avec des températures frôlant les 50°C, aurait été "presque impossible" sans le changement climatique. 

La mer monte

Le niveau des océans a augmenté d'environ 20 cm depuis 1900, et le rythme de cette hausse a triplé ces dix dernières années sous l'influence grandissante de la fonte des calottes glaciaires.


Même si le réchauffement est limité à +2°C, les océans pourraient gagner environ 50 cm au XXIe siècle et cette hausse pourrait atteindre près de 2 mètres d'ici 2300 -- deux fois plus qu'estimé par le Giec en 2019.


En raison de l'incertitude liée aux calottes, dans le scénario du pire, les experts ne peuvent pas exclure une augmentation de 2 mètres d'ici 2100.

Retour vers le futur

L'avancée des connaissances sur les climats du passé sert de mise en garde pour le monde d'aujourd'hui.


Par exemple, il y a 125.000 ans, dernière période où l'atmosphère était aussi chaude, le niveau de la mer était probablement 5 à 10 m plus haut qu'aujourd'hui.


Il y a trois millions d'années, quand la concentration de CO2 dans l'atmosphère équivalait à celle d'aujourd'hui et la température était 2,5 à 4°C plus élevée, le niveau de la mer montait jusqu'à 25 mètres plus haut. 

Le méthane sous les projecteurs

Le Giec n'avait jamais autant parlé du méthane, avec cette mise en garde: si les émissions de CH4, deuxième gaz à effet de serre le plus important après le CO2, ne sont pas réduites, cela pourrait saper les objectifs de l'Accord de Paris. 


Les concentrations de CH4 dans l'atmosphère -- auxquelles contribuent les fuites venues de la production de gaz, les mines, le traitement des déchets et le bétail -- dans l'atmosphère sont à leur plus haut depuis 800.000 ans.


Et il a un pouvoir de réchauffement bien plus important que le CO2, même s'il reste bien moins longtemps que lui dans l'atmosphère.

Différences régionales

Océans, terres, atmosphère, toute la planète se réchauffe mais certaines zones plus vite que d'autres.


En Arctique par exemple, la température moyenne des jours les plus froids devrait augmenter trois fois plus vite que le réchauffement mondial. Et si le niveau de la mer monte partout, il pourrait gagner jusqu'à 20% de plus que la moyenne sur de nombreux littoraux.

Points de bascule

Les modifications abruptes du système climatique à "faible probabilité" mais "impact important", appelés "point de ruptures" quand ils deviennent irréversibles, "ne peuvent pas être exclus". 


L'effondrement des calottes glaciaires capable de faire monter la mer de dizaines de mètres, le dégel du permafrost qui renferme des volumes immenses de carbone ou la transformation de l'Amazonie en savane en font partie. 

Courants atlantiques

La "circulation méridienne de retournement atlantique" (AMOC), système complexe de courants océaniques qui permettent de réguler la chaleur entre les tropiques et l'hémisphère nord, se ralentit, une tendance qui va "très probablement" se poursuivre pendant tout le siècle.


Le Giec estime également, avec un niveau de confiance "moyen", que l'AMOC pourrait complètement s'arrêter, ce qui entrainerait notamment des hivers plus durs en Europe et une perturbation des moussons en Afrique et en Asie.

«Ce n'est que la première salve»

Alors que la planète a gagné pour l'instant +1,1°C, le monde voit de ses propres yeux les conséquences déjà à l’œuvre. Encore plus cet été, avec les images de flammes ravageant l'Ouest américain, la Grèce ou la Turquie, des flots submergeant des régions d'Allemagne ou de Chine, ou un thermomètre qui frôle les 50°C au Canada.

"Vous nous parlez depuis plus de 30 ans des dangers de laisser la planète se réchauffer. Le monde a écouté, mais n'a pas entendu", a déclaré Inger Andersen, patronne de l'ONU-Environnement. Résultat: "Personne n'est en sécurité. Et c'est de pire en pire de plus en plus vite".

Même à +1,5°C, les canicules, inondations et autres événements extrêmes vont augmenter de manière "sans précédent" en termes d'ampleur, de fréquence, d'époque de l'année où elles frapperont et de zones touchées, prévient le Giec.

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Hormis le réchauffement climatique, l'activité humaine ne cesse de détruire des écosystèmes et de raréfier les ressources naturelles. (Photos, AFP)
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"Ce rapport devrait faire froid dans le dos à quiconque le lit (...) Il montre où nous en sommes et où nous allons : dans un trou qu'on continue de creuser", a commenté le climatologue Dave Reay.

Face à cet avenir apocalyptique, les appels à agir se multiplient et tous les regards se tournent vers Glasgow où se réuniront en novembre les dirigeants du monde entier.

"Nous savons ce qu'il faut faire pour limiter le réchauffement de la planète: reléguer aux oubliettes le charbon et passer à des sources d'énergie renouvelables, protéger la nature et financer le climat", a réagi le Premier ministre britannique Boris Johnson.

"Nous ne pouvons pas attendre (...) Tous les pays doivent prendre des mesures courageuses", a renchéri l'envoyé spécial américain pour le climat John Kerry, tandis que la Commission européenne assurait qu'il n'est "pas trop tard pour endiguer la tendance".

"Scellons un accord à la hauteur de l'urgence!", a twitté le président français Emmanuel Macron, assurant que le pays "restera du côté de ceux qui agissent".

Alors qu'il faudrait réduire les émissions de CO2 de moitié d'ici 2030 pour tenir le +1,5°C, "ce rapport doit sonner le glas du charbon et des énergies fossiles avant qu'ils ne détruisent notre planète", a de son côté plaidé le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, accusant ces énergies et la déforestation "d'étouffer la planète".

Vers +4° ou +5° au rythme actuel 

"Il n'y a pas le temps d'attendre et pas de place pour les excuses" après cette "alerte rouge pour l'humanité" lancée par le Giec, a-t-il insisté.

Mais à ce stade, seule la moitié des gouvernements ont révisé leurs engagements d'émissions de gaz à effet de serre. La précédente série d'engagements, pris dans la foulée de l'Accord de Paris de 2015, conduirait à un monde à +3°C, s'ils étaient respectés, mais au rythme actuel, le monde se dirige plutôt vers +4°C ou +5°C.

Au milieu de ses sombres projections, le Giec apporte malgré tout un espoir auquel se raccrocher.

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Autre conséquence du dérèglement climatique: la multiplication des catastrophes naturelles, comme les ouragans et les typhons, dont les dégâts se chiffrent en milliards de dollars chaque année. Sur cette photo, une ville aux Philippines réduite à néant après le passage d'un typhon. (Photo, AFP)

Dans le meilleur scénario, la température pourrait revenir sous le seuil de 1,5°C d'ici la fin du siècle, en coupant drastiquement les émissions et en absorbant plus de CO2 qu'on en émet.

La question des solutions au changement climatique sera traitée dans le troisième volet du rapport attendu en mars 2022. Le deuxième volet sur les impacts, prévu en février, montre lui en détails comment la vie sur Terre sera inéluctablement transformée d'ici 30 ans, voire plus tôt, selon une version préliminaire obtenue par l'AFP.

Conséquences irréversibles 

D'ores et déjà le premier volet prévient de certaines conséquences déjà "irréversibles" (augmentation du niveau des océans, fonte de la calotte glaciaire de l'Antarctique,  mort des forêts).

Mais ce n'est pas une raison pour abandonner le combat, au contraire, insistent scientifiques et militants.

"C'est à nous d'être courageux et de prendre des décisions basées sur les preuves scientifiques", a plaidé sur Twitter la jeune militante Greta Thunberg. "Nous pouvons encore éviter les pires conséquences, mais pas si nous continuons comme aujourd'hui et pas sans traiter la crise comme une crise".


Après l'afflux migratoire à Ceuta, mesures sécuritaires en France et Italie

Des migrants marchent le long du littoral de Ceuta après avoir franchi la frontière vers l'enclave espagnole, vus depuis les abords de la ville marocaine de Fnideq, à la frontière entre le Maroc et l'Espagne, le 31 juillet 2026. (AFP)
Des migrants marchent le long du littoral de Ceuta après avoir franchi la frontière vers l'enclave espagnole, vus depuis les abords de la ville marocaine de Fnideq, à la frontière entre le Maroc et l'Espagne, le 31 juillet 2026. (AFP)
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  • L'Italie et la France renforcent leurs contrôles aux frontières avec l'Espagne après l'entrée illégale d'environ 60.000 migrants à Ceuta
  • Cette crise ravive les tensions au sein de l'UE, tandis que Madrid appelle à l'unité et renforce les moyens de sécurité à Ceuta

CEUTA: L'Italie et la France durcissent samedi leurs contrôles frontaliers avec l'Espagne après l'entrée illégale cette semaine de quelque 60.000 migrants en provenance du Maroc dans l'enclave espagnole de Ceuta, ouvrant une crise au sein de l'Union européenne.

Dès jeudi, l'Italie avait annoncé vouloir suspendre l'Espagne de l'espace Schengen, une mesure pour laquelle Rome a obtenu le soutien de la Finlande et du Danemark. Mais la proposition a été qualifiée de "démagogique" par l'Espagne.

La portée de cette proposition reste incertaine, des juristes consultés par l'AFP assurant qu'il est impossible de l'appliquer dans le cadre légal actuel.

Par ailleurs, à compter de samedi selon le ministère italien de l'Intérieur, des contrôles aux frontières aériennes et maritimes avec l'Espagne sont établis sur les ressortissants non européens arrivant d'Espagne.

En France, le nombre de policiers et gendarmes déployés en renfort à la frontière franco-espagnole est multiplié par cinq à compter de samedi, a annoncé vendredi le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

Cette annonce faisait suite à la demande du président Emmanuel Macron de "renforcer les contrôles à la frontière avec l'Espagne".

De son côté, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a déclaré sur X: "ce n'est pas le moment de se diviser. C'est le moment de continuer à construire une Union européenne forte et unie".

Les images de cette crise ont déclenché une montée au créneau de la droite et de l'extrême droite européenne autour des contrôles aux frontières de l'espace Schengen.

- "Pas de futur" -

"Environ 60.000 personnes sont entrées dans notre ville", a déclaré le président du gouvernement local de Ceuta, Juan Vivas lors d'une conférence de presse vendredi, soit "70% de la population de Ceuta", et déplorant la mort de 34 migrants, dont beaucoup par noyades.

La plupart de ces migrants - en très grande majorité des Marocains, et principalement des jeunes hommes et des adolescents - seraient cependant retournés au Maroc, selon les autorités espagnoles.

Ceuta, petit territoire de 84.000 habitants situé à la pointe nord du Maroc, bordant le Détroit de Gibraltar, forme l'une des deux frontières terrestres entre l'Afrique et l'Europe (avec l'autre enclave espagnole de Melilla).

Dans la nuit de vendredi à samedi, des groupes de jeunes erraient dans les rues et le long de la plage de Ceuta, où sont déployés de nombreux militaires, notamment autour du port d'où partent les ferries pour le continent européen.

Vendredi soir, de nombreux policiers patrouillaient dans les rues de la ville, certains à moto poursuivant des groupes de jeunes hommes pour les disperser, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Sur une plage, des dizaines d'hommes dormaient dans le sable, et certains ont allumé des feux, à quelques mètres d'un véhicule de police.

"Ils viennent car ils n'ont pas de futur au Maroc, ils tentent le rêve européen", selon Mohamed, 35 ans chauffeur de taxi à Ceuta qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

Au poste-frontière aux alentours de minuit, devant un important déploiement policier et militaire, de nombreux jeunes rebroussaient chemin. Certains saluent les militaires qui leur indiquent la porte d'un "adiós!", ou "good bye!" avant de retraverser la frontière.

"La prochaine fois, je viens avec le passeport!", lance Oussam aux militaires, en se dirigeant vers la frontière. Le jeune homme de 25 ans, qui tient un salon de coiffure, dit avoir voulu quitter son pays car "c'est la misère au Maroc, on n'a pas de futur". Il est venu en nageant "trois kilomètres" : il rêve lui aussi de l'Europe mais en attendant, il rentre chez lui "pour prendre une douche et manger", car comme beaucoup, il n'a rien avalé depuis deux jours.

- Crise migratoire -

Arrivé vendredi matin avec son ministre de l'Intérieur, Pedro Sánchez a évoqué "une attaque, une violation de l'intégrité territoriale de l'Espagne" et accusé des "mafias" d'être à l'origine de la rumeur d'ouverture de la frontière.

Le ministère espagnol de l'Intérieur a annoncé l'envoi immédiat de plusieurs dizaines de membres de la Garde civile et policiers, parmi lesquels huit plongeurs, ainsi qu'un bateau et des drones.

A Washington, le président américain Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l'immigration illégale une de ses priorités, a jugé que les images de l'enclave espagnole de Ceuta ressemblaient à "l'invasion d'un pays", accusant sur X l'Espagne de mener des "efforts délibérés" ayant favorisé cette immigration clandestine.

Cette crise migratoire à Ceuta rappelle la précédente de 2021, lorsque des milliers de personnes avaient traversé la frontière à la faveur d'un assouplissement des contrôles par Rabat lors d’un différend diplomatique avec l'Espagne.

Plus de 10.000 migrants avaient alors atteint Ceuta depuis le Maroc en deux jours.


Le Pakistan fait état de négociations entre Washington et Téhéran

Cette photo de presse, prise le 29 juillet 2026 et diffusée par le ministère pakistanais des Affaires étrangères, montre le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar (à droite), s'entretenant avec son homologue koweïtien, le cheikh Jarrah Jaber al-Ahmad al-Sabah, lors d'une réunion au ministère des Affaires étrangères à Islamabad. (AFP)
Cette photo de presse, prise le 29 juillet 2026 et diffusée par le ministère pakistanais des Affaires étrangères, montre le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar (à droite), s'entretenant avec son homologue koweïtien, le cheikh Jarrah Jaber al-Ahmad al-Sabah, lors d'une réunion au ministère des Affaires étrangères à Islamabad. (AFP)
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  • La diplomatie pakistanaise a assuré jeudi que des négociations étaient "en cours" afin de "parvenir à une désescalade", en particulier concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique verrouillé par Téhéran,au coeur des tensions
  • Elle a indiqué faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix

TEHERAN: Le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, a affirmé jeudi que les belligérants négociaient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements américains sur l'Iran dans la nuit, et des tirs de représailles iraniens.

En attendant une éventuelle percée dans ces discussions, le conflit au Moyen-Orient s'étend à de nouveaux pays: après l'Irak, où des groupes pro-iraniens ont été ciblés par des frappes conjointes américaines et saoudiennes, l'Egypte a fait état d'une attaque de drone dans le port de Damiette (nord).

La diplomatie pakistanaise a assuré jeudi que des négociations étaient "en cours" afin de "parvenir à une désescalade", en particulier concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique verrouillé par Téhéran,au coeur des tensions.

Elle a indiqué faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient.

Plus tôt jeudi, le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé avoir "frappé des dizaines de cibles" des Gardiens de la Révolution en Iran.

Mettre fin à "l'escalade" 

Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par cette puissante force armée de la République islamique, de "multiples missiles balistiques" contre "les forces américaines basées au Moyen-Orient", précisant que ces missiles avaient été interceptés.

Les Gardiens ont, eux, annoncé jeudi que trois de leurs membres avaient été tués dans une attaque américaine  dans le nord-ouest du pays, tandis que les médias officiels iraniens ont fait état d'attaques dans des provinces méridionales.

Trois membres d'une même famille ont été tués dans une frappe contre une maison sur l'île de Qeshm, selon l'agence Fars.

Alors que l'Egypte a fait état d'une frappe de drone qui a touché deux navires, dont un américain, dans le port de Damiette mercredi, le président Abdel Fattah al-Sissi a appelé la communauté internationale à mettre fin à "l'escalade" dans la région.

Il s'agit de la première attaque en Egypte depuis le début de la guerre. M. Sissi a précisé qu'une enquête se poursuivait sur les circonstances de l'attaque qui n'a pas été revendiquée.

Les rebelles Houthis au Yémen, alliés de Téhéran et qui contrôlent une partie des rives de la mer Rouge, ont dit ne pas être derrière cette frappe.

Des pays de la région accueillant des forces américaines ont été visés de nouveau jeudi.

Le Koweït a rapporté qu'une personne avait été tuée par un bombardement iranien sur une entreprise chinoise.

La Jordanie a de son côté annoncé avoir intercepté cinq missiles tirés depuis l'Iran. Les Gardiens ont revendiqué avoir ciblé, en représailles à la frappe à Qeshm, des avions américains stationnés sur la base aérienne d'Al-Azraq.

"Notre tour" 

"On va les frapper très fort, parce que c'est à notre tour", avait menacé mercredi le président américain Donald Trump.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite avaient annoncé avoir mené des frappes conjointes contre des groupes armés pro-iraniens en Irak, accusés d'avoir attaqué des installations pétrolières saoudiennes, ce qu'ils ont démenti.

Ces attaques à travers l'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens - et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué cette alliance de groupes armés irakiens qui inclut des factions pro-iraniennes.

Avant les dernières frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, opposant les Houthis à l'Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite.

"La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", a commenté pour l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule, par lequel transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial avant la guerre, lancée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Jeudi matin, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient tenté la veille au soir "de quitter le couloir maritime sûr" désigné par l'Iran, et que l'un d'entre eux avait "pris feu", sans autre précision.


Les Etats-Unis reprennent leurs bombardements sur l'Iran

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays. (AFP)
Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays. (AFP)
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  • L'armée américaine a "frappé des dizaines de cibles du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones"
  • Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par les Gardiens de la Révolution, de "multiples missiles balistiques"

TEHERAN: Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays.

L'armée américaine a "frappé des dizaines de cibles du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones, des sites de surveillance et de défense côtières, ainsi que des capacités maritimes", a écrit le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par les Gardiens de la Révolution, de "multiples missiles balistiques" lors d'une "tentative d'attaque surprise contre les forces américaines basées au Moyen-Orient", précisant que tous ces missiles avaient été interceptés.

La Jordanie, qui héberge des forces américaines sur ses bases, a de son côté annoncé jeudi matin avoir intercepté cinq missiles tirés depuis l'Iran, qui n'ont pas fait de victime.

"Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", avait prévenu mercredi le président américain Donald Trump dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News.

"On va les frapper très fort, parce que c'est à notre tour", avait-il insisté plus tard devant la presse à la Maison Blanche.

Les médias officiels iraniens ont fait état d'attaques dans les provinces méridionales du Khuzestan et d'Hormozgan.

"Une attaque américaine contre une maison d'habitation dans le quartier de Chah Tangu, à Qeshm, a tué trois membres d'une même famille: le père, la mère et leur enfant de deux ans", a écrit l'agence Fars sur Telegram, en citant l'Université des sciences médicales d'Hormozgan, ajoutant que deux autres enfants âgés de sept et neuf ans, blessés, avaient été hospitalisés.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite avaient annoncé avoir mené des frappes conjointes contre des groupes armés pro-iraniens en Irak, accusés d'avoir attaqué des installations pétrolières saoudiennes (ce qu'ils ont démenti).

Riposte inévitable 

Ces attaques dans plusieurs villes d'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens - et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué ce réseau de factions à majorité chiite, intégré aux forces armées irakiennes et englobant des groupes armés pro-Iran.

"Notre riposte contre l'ennemi américain est inévitable, et pourrait frapper ses instruments en Arabie saoudite", a soutenu mercredi dans un communiqué la Résistance islamique en Irak, une puissante alliance armée irakienne pro-Iran.

Téhéran a condamné les frappes chez son voisin.

Dans la capitale iranienne, des habitants expriment leur lassitude.

"On ne sait pas vraiment si nous sommes en guerre ou en paix (...) Ce que je vois, c'est une population profondément découragée et déprimée", déclare à l'AFP Golrokh, une retraitée de 60 ans.

Avant les dernières frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, opposant les rebelles yéménites houthis pro-iraniens à l'Arabie saoudite.

Les rebelles ont affirmé mardi avoir visé avec des missiles un pétrolier saoudien en mer Rouge, l'accusant d'avoir "violé le blocus naval" dont ils menacent le royaume, premier exportateur de brut au monde.

"Téhéran utilise désormais son réseau de proxys (...). La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", a déclaré à l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le stratégique détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule, par lequel transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial avant la guerre, lancée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Jeudi matin, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient tenté la veille au soir "de quitter le couloir maritime sûr" désigné par l'Iran, et que l'un d'entre eux avait "pris feu", sans autre précision. "Les deux bâtiments ont fait demi-tour à grande vitesse", selon la même source.

Ces nouvelles violences ont fait brièvement monter les cours du pétrole, avant qu'ils ne repartent à la baisse jeudi matin. "On craint que la guerre soit en train de s'étendre", a commenté auprès de l'AFP Andy Lipow, analyste chez Lipow Oil Associates. "Ce qui n'aiderait en rien à rétablir les flux pétroliers" dans la région.