Covid: situation «extrêmement grave» dans les Antilles françaises

En Martinique, les autorités ont annoncé lundi un confinement strict avec la fermeture des commerces non-essentiels (Photo, AFP).
En Martinique, les autorités ont annoncé lundi un confinement strict avec la fermeture des commerces non-essentiels (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mardi 10 août 2021

Covid: situation «extrêmement grave» dans les Antilles françaises

  • En Martinique, les autorités ont annoncé lundi un confinement strict avec la fermeture des commerces non-essentiels, des locations saisonnières et les hôtels ainsi que des plages
  • En Guadeloupe voisine, les chiffres explosent aussi (14 morts entre le 2 et le 8 août), et le variant Delta représente 88% des contaminations

FORT-DE-FRANCE: La situation sanitaire dans les Antilles françaises, où la vaccination est faible et la pandémie de Covid-19 connaît une flambée sans précédent, est "extrêmement grave", a déclaré mardi le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu qui y débute mardi une "visite de crise".

En Martinique, les autorités ont annoncé lundi un confinement strict avec la fermeture des commerces non-essentiels, des locations saisonnières et les hôtels ainsi que des plages, et invité les touristes à quitter l'île. Les déplacements y sont restreints à un kilomètre maximum autour du domicile.

"La situation est extrêmement grave", a affirmé à l'AFP le ministre avant son départ pour les Antilles. "Ce sont des taux d'incidence que l'on n'a jamais connus dans tous les territoires de la République confondus", a-t-il ajouté, envisageant un probable renforcement du confinement en Guadeloupe, plus au nord. 

"Il tombe sous le sens que nous allons devoir durcir les mesures de freinage tant il y a urgence", a expliqué le ministre mardi soir à la Guadeloupe. Il se rendra jeudi en Martinique où il sera rejoint par le ministre de la Santé Olivier Véran.

En Martinique, seule 22% de la population a reçu une première dose de vaccins. A titre de comparaison, à l'échelon national, Olivier Véran a annoncé que 80% des adultes étaient "primovaccinés". 

La Martinique est passée de 410 cas le 6 juillet à 4 171 la première semaine d'août, et 35 décès. En quatre semaines, 350 personnes ont été hospitalisées. Le variant Delta représente 40% des contaminations. 

En Guadeloupe voisine, les chiffres explosent aussi (14 morts entre le 2 et le 8 août), et le variant Delta représente 88% des contaminations. Là-aussi, la couverture vaccinale est beaucoup plus faible qu'en métropole, et moins de 20% de la population y a reçu les deux injections.

Gérard Cotellon, le directeur général du CHU de Pointe-à-Pitre, affirme à l'AFP devoir "pousser les murs" pour installer des nouveaux patients. "J'ai recruté massivement, mais cela ne suffit pas", se désole-t-il.

Des soignants ont été envoyés en renfort depuis la métropole --240 soignants doivent s'envoler mardi de Paris pour les deux îles -- et début août, les premières évacuations de patients ont été effectuées vers des hôpitaux de l'Hexagone.


Zemmour s'emporte contre Gilles Bouleau et une «interview de procureur»

Le tout nouveau candidat à la présidentielle Eric Zemmour a fustigé mardi soir une "interview de procureur" sur TF1, une "escroquerie intellectuelle" (AFP)
Le tout nouveau candidat à la présidentielle Eric Zemmour a fustigé mardi soir une "interview de procureur" sur TF1, une "escroquerie intellectuelle" (AFP)
Short Url
  • Eric Zemmour est apparu tendu lors du JT de TF1 reprochant en toute fin d'entretien à Gilles Bouleau de ne pas l'avoir interrogé sur son programme
  • «Il y a eu maldonne, il y a eu même escroquerie intellectuelle, M. Bouleau n'a pas fait son travail, il a voulu faire son malin devant ses confrères»

PARIS: Le tout nouveau candidat à la présidentielle Eric Zemmour a fustigé mardi soir une "interview de procureur" sur TF1, une "escroquerie intellectuelle", reprochant au journaliste Gilles Bouleau d'avoir" voulu faire son malin" durant le JT de 20h.

"C'était une interview d'un procureur. Devant les autres, il (Gilles Bouleau) s'efface, poliment, humblement, parfois de façon larvaire. Avec moi, il s'est révélé un procureur pugnace, de mauvaise foi, me sortant des phrases de mon livre hors de leur contexte", s'est exaspéré le polémiste d'extrême droite après avoir quitté la chaîne, selon des images diffusées par CNews et BFMTV.

"Il y a eu maldonne, il y a eu même escroquerie intellectuelle, M. Bouleau n'a pas fait son travail, il a voulu faire son malin devant ses confrères", a-t-il poursuivi.

A peine déclaré, Eric Zemmour est apparu tendu lors du JT de TF1 reprochant en toute fin d'entretien à Gilles Bouleau de ne pas l'avoir interrogé sur son programme.

Selon un photographe de l'AFP, témoin de la scène, Eric Zemmour s'était emporté contre M. Bouleau à la sortie du plateau.


Médias et personnalités furieux de l'utilisation de leurs images dans le clip de Zemmour

L'équipe du polémiste s'est défendue de ces critiques en citant le droit dit «de courte citation». (AFP)
L'équipe du polémiste s'est défendue de ces critiques en citant le droit dit «de courte citation». (AFP)
Short Url
  • Côté médias audiovisuels, la chaîne de télévision d'information internationale France 24, a dit «s'opposer par principe à l'utilisation de ses images et de son logo dans tout clip de campagne politique»
  • Le réalisateur Luc Besson et l'écrivain Jacques Attali ont ainsi réagi de façon extrêmement véhémente contre cet usage sans leur consentement

PARIS: Médias audiovisuels et personnalités ont fustigé mardi l'utilisation de leurs images par Éric Zemmour, lors de son annonce de candidature à l'élection présidentielle, diffusée sur sa chaîne Youtube, certains menaçant le polémiste d'extrême droite de poursuites judiciaires.


Le réalisateur Luc Besson et l'écrivain Jacques Attali ont ainsi réagi de façon extrêmement véhémente contre cet usage sans leur consentement. 


Le premier a annoncé avoir saisi son avocat "pour engager les poursuites nécessaires" après l'utilisation par Zemmour d'images de son film "Jeanne d'Arc", avec Milla Jovovich, sorti en 1999.


Ces images ont été utilisées de manière "frauduleuse", a précisé le réalisateur qui "tient à faire savoir qu'il ne partage en rien les idées d'Eric Zemmour".


Jacques Attali a adressé une mise en demeure au candidat à la présidentielle de retirer sous 24 heures son image de son montage vidéo.


"En cas de refus de votre part ou d'absence de réponse je saisirai le juge compétent", a-t-il écrit dans une lettre à M. Zemmour, dont l'AFP a obtenu une copie.


Position également ferme du distributeur de cinéma Gaumont qui n'a reçu "aucune demande" de la part des équipes de Zemmour pour l'utilisation des images des films "Un Singe en hiver" et "Jeanne d'Arc" dont la société détient les droits. "Nous allons étudier toutes les options qui s’ouvrent à nous", a ajouté un porte-parole.


Côté médias audiovisuels, la chaîne de télévision d'information internationale France 24, a dit "s'opposer par principe à l'utilisation de ses images et de son logo dans tout clip de campagne politique". 


"En conséquence, la chaîne va demander le retrait immédiat de ces images dans ce clip et étudiera les recours légaux s'il n'est pas donné suite à sa demande", a ajouté le média qui propose quatre chaînes mondiales d'information continue (en français, en anglais, en arabe et en espagnol).

«Courte citation»


De leur côté, France Télévisions, l'Ina et Radio France ont déclaré conjointement: "il conviendra que Éric Zemmour s’acquitte des droits des images reprises comme tout le monde".


L'équipe du polémiste s'est défendue de ces critiques en citant le droit dit "de courte citation", dans un courriel adressé à l'AFP. 


Un juriste de la SCAM, société française de gestion des droits d'auteur, interrogé par l'AFP, a cependant balayé ces arguments: les brefs extraits ne peuvent être utilisés que dans le cadre d'un document à caractère "critique, polémique, scientifique, pédagogique, ou d’information". Il s'agit là d'un clip promotionnel qui ne rentre a priori pas dans les critères, selon lui.


Est également posée la question du droit moral: "l'auteur d'une oeuvre a le droit de dire qu'il ne faut pas qu'elle soit dénaturée quelle que soit son utilisation", a continué le juriste.


Par ailleurs, un porte-parole de la chaîne Public Sénat a remarqué qu'il y avait cinq secondes d'images avec son logo, qui appartenaient en réalité à En Marche. 


"Nous allons faire injonction à l'équipe du candidat Zemmour de retirer notre logo", a-t-il précisé à l'AFP.


Le Parisien, quotidien qui fait également des vidéos, s'emportait lui aussi au sujet de l'utilisation de ses images qui "n'ont pas vocation à servir quelconque candidat".


"Nous avons retiré la vidéo de notre site" (qui avait été initialement intégrée dans un article), a déclaré au sujet du clip d'Eric Zemmour, Pierre Chausse, directeur délégué de la rédaction du Parisien. "L'article en question mentionne à présent que les images ont été utilisées sans l'approbation du Parisien", a-t-il continué.


"On a fait un signalement auprès de YouTube comme on le fait habituellement quand d'autres comptes utilisent nos images sans nous l'avoir demandé", a-t-il poursuivi. 


Sollicité par l'AFP, un porte-parole de YouTube France a refusé de commenter, arguant "qu'il n'avait pas l'habitude de le faire pour les cas individuels".


YouTube dispose d'une procédure pour retirer automatiquement des vidéos quand elles contiennent des images qui ne leur appartiennent pas.


Au procès du 13-Novembre, le mystérieux voyage de Mohamed Abrini en Angleterre

Ce croquis d'audience réalisé le 2 novembre 2021 montre les coaccusés Mohamed Abrini, Mohamed Amri et Salah Abdeslam, principal suspect des attentats de Paris du 13 novembre 2015. (Photo, AFP)
Ce croquis d'audience réalisé le 2 novembre 2021 montre les coaccusés Mohamed Abrini, Mohamed Amri et Salah Abdeslam, principal suspect des attentats de Paris du 13 novembre 2015. (Photo, AFP)
Short Url
  • La photo du visage du Belge de 36 ans s'affiche en grand sur les écrans de la cour d'assises spéciale de Paris, mais lui n'est pas dans la salle
  • A Raqqa, capitale autoproclamée de l'Etat islamique, Mohamed Abrini retrouve son ami de 20 ans Abdelhamid Abaaoud, futur coordinateur des attentats qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis

PARIS: Quel était le but caché du séjour de Mohamed Abrini en Angleterre à son retour de Syrie à l'été 2015 ? Au procès des attaques djihadistes du 13-Novembre, la cour s'est penchée mardi sur ce mystérieux voyage, en l'absence de l'"homme au chapeau" des attentats de Bruxelles. 

L'enquêteur belge "441.157.616" commence son témoignage en citant l'accusé: "mon parcours est comme les lettres de l'alphabet. A comme Abrini, Z comme Zaventem", avait dit lors d'un interrogatoire celui qui avait renoncé à se faire exploser à l'aéroport bruxellois en mars 2016. 

La photo du visage du Belge de 36 ans s'affiche en grand sur les écrans de la cour d'assises spéciale de Paris, mais lui n'est pas dans la salle. 

Pour la troisième journée d'audience consécutive, cinq accusés dont Mohamed Abrini et son ami d'enfance et principal accusé Salah Abdeslam, refusent de comparaître pour protester contre l'absence physique à la barre et l'anonymisation des enquêteurs belges. 

"Tout a commencé en 2014", situe le policier antiterroriste depuis Bruxelles. Mohamed Abrini est en prison pour de la petite délinquance quand il apprend la mort de son frère cadet en Syrie. 

"En rentrant dans ma cellule j'ai pété un câble. Je me suis dis +je sors, je pars+", dit l'enquêteur, qui lit de toute évidence de larges passages d'audition et un texte déjà écrit. 

L'une des avocates de Mohamed Abrini, Me Marie Violleau, s'en exaspère vite. L'enquêteur ralentit, et poursuit.  

Dès sa sortie de prison, les proches de Mohamed Abrini remarquent qu'il se radicalise, entre dans "un trip Etat islamique". Il "parle bco (beaucoup, ndlr) de jihad lol", dit sa petite amie dans un texto à sa soeur.  

A celle qu'il traite désormais de "mécréante", Mohamed Abrini écrit fin 2014: "je vais me battre pour défendre la cause du tout-puissant", "le prix à payer c'est de laisser sa vie".  

Aux enquêteurs, il affirmera qu'il ne veut que se rendre sur la tombe de son frère.  

Il leur raconte son passage en Syrie depuis la Turquie, en juin 2015. "Un jeu d'enfant", "il suffit de traverser un champ de maïs", rappelle l'enquêteur en visioconférence.  

« Mission »

A Raqqa, capitale autoproclamée de l'Etat islamique, Mohamed Abrini retrouve son ami de 20 ans Abdelhamid Abaaoud, futur coordinateur des attentats qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis. 

"Il ne m'a pas parlé de ses projets pour l'Europe", assurait-il en interrogatoire. Ça aurait été "comme si le braqueur parlait à des petits voleurs de poules", lit encore "441.157.616".  

Dans les citations choisies par l'enquêteur, on reconnaît le parler coloré dont Mohamed Abrini a déjà usé devant la cour. "On n'est pas sortis du ventre de nos mères avec une Kalachnikov à la main", avait-il notamment lancé début novembre.  

A la fin de ce séjour d'une dizaine de jours - sans formation au combat, selon Mohamed Abrini - Abdelhamid Abaaoud lui aurait donné 2.000 euros pour une "mission": aller "récupérer de l'argent" - 4.000 euros - en Angleterre. 

L'enquêteur n'y croit pas. "Pourquoi prendre autant de risques" pour si peu ? 

Le véritable but de ce voyage reste un mystère, et les versions de Mohamed Abrini et de certains de ses coaccusés soupçonnés de l'avoir aidé ont "beaucoup varié", note le président de la cour, Jean-Louis Périès. 

Mohamed Abrini assure qu'il n'a rencontré les hommes chargés de lui remettre de l'argent qu'une seule fois. Pourquoi alors a-t-il passé une semaine sur place, pourquoi ces échanges téléphoniques et déplacements à Londres, Birmingham et Manchester, révélés par l'enquête ? 

Et cette photo, que l'enquêteur fait passer à l'écran: on y voit Mohamed Abrini poser devant le stade de Manchester United. Un "repérage" pour un projet d'attentat ? Un détour touristique, avait plutôt balayé le fan de foot, qui a aussi fait des arrêts au casino et dans "le plus grand bar à chicha d'Angleterre". 

L'enquêteur voit lui "un lien" entre ce voyage et le retour en Europe du chef opérationnel des attentats: "deux jours après avoir reçu l'info qu'Abrini avait réceptionné l'argent, Abaaoud quitte la Syrie". 

"On peut donner un autre sens à cette mission", dit l'enquêteur: quand Abaaoud "arrive, tout est prêt".