En Martinique, toujours des réticences au vaccin, malgré la dramatique quatrième vague

Pour l'heure, seulement 18% de la population martiniquaise est entièrement vaccinée. LIONEL CHAMOISEAU / AFP
Pour l'heure, seulement 18% de la population martiniquaise est entièrement vaccinée. LIONEL CHAMOISEAU / AFP
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Publié le Vendredi 13 août 2021

En Martinique, toujours des réticences au vaccin, malgré la dramatique quatrième vague

  • Pour l'heure, seulement 18% de la population martiniquaise est entièrement vaccinée
  • quand on les interroge dans la rue, beaucoup de Martiniquais disent «attendre la version 2 du vaccin», et «ne pas vouloir jouer à la roulette russe»

LE DIAMANT, FRANCE : "Pas de recul", "roulette russe", "relation compliquée avec l'Etat": en Martinique, une partie de la population continue d'être réticente à la vaccination, malgré une quatrième vague de Covid-19 particulièrement dramatique.

A 74 ans, Edwige Dupuy, n'est "pour le moment pas vaccinée". "Je ne suis pas contre le vaccin, mais je trouve qu'on n'a pas assez de recul", explique cette retraitée résidant dans la commune du Diamant (sud de l'île), qui préfère encore "attendre un peu" .  

Alors que la situation sanitaire est "sans commune mesure" avec celle des vagues précédentes en métropole, selon les mots du ministre de la Santé Olivier Véran, présent jeudi sur place, Edwige juge la situation "anxiogène", mais "ne fait pas confiance" aux vaccins anti-Covid.

Elle est loin d'être la seule: quand on les interroge dans la rue, beaucoup de Martiniquais disent "attendre la version 2 du vaccin", et "ne pas vouloir jouer à la roulette russe".

Face au caractère extrêmement virulent de la quatrième vague en Martinique, les autorités ont constaté ces derniers jours un "frémissement" en faveur de la vaccination. Mais pour l'heure, seulement 18% de la population martiniquaise est entièrement vaccinée.

Jeannette Coton-Pelagie, 63 ans, la soeur d'Edwige, est elle vaccinée. Mais elle justifie notamment le refus des plus réticents par l'affaire du chlordécone, pesticide longtemps utilisé dans les bananeraies des Antilles, et considéré comme perturbateur endocrinien et cancérogène probable.

"Le président Emmanuel Macron nous a précisé qu'apparemment le chlordécone n'avait pas été nocif sur le sol antillais (lors de son déplacement aux Antilles en septembre 2018, ndlr), mais quand on voit la quantité de patients atteints de troubles de la prostate, on a l'impression que la République nous ment", dit-elle. "Maintenant on dit que le vaccin peut nous aider à lutter contre le Covid, mais comment voulez vous qu'on ne soit pas méfiant?"

"La question de la vaccination se pose encore. Je crois que véritablement dans les Outre-mer ce sera quelque chose de compliqué", estime aussi le maire de la commune du Diamant, Hugues Toussay, qui n'est lui non plus pas vacciné, mais "va peut-être évoluer dans (sa) réflexion".

Le Martiniquais «est méfiant»

Il évoque "l'Histoire" et une "relation compliquée avec l'Etat": outre "des mois de lutte avec l'Etat concernant le chlordécone", il cite aussi la bataille contre les algues sargasses qui envahissent régulièrement les rivages antillais, objets de débat entre collectivités locales et Etat pour savoir qui doit payer les conséquences de cette pollution.       

Il y ajoute "les fake news sur les réseaux sociaux", le fait que le Martiniquais "est méfiant" et "ne va pas tête baissée dans tout ce qu'on lui dit", et le sentiment que les populations antillaises ont connu un décalage de l'épidémie dans le temps par rapport à l'Héxagone.

"La population se sentait immunisée, protégée", de part son "insularité", estime-t-il.

"Ce qu'on vit aux Antilles actuellement c'est ce qu'a vécu la métropole à la première vague", insiste Jeannette Coton-Pélagie, regrettant que certains médias nationaux "nous stigmatisent" en affirmant que les Antillais refusent d'être vaccinés parce qu'ils "boivent du rhum", qu'ils pratiquent le vaudou ou préfèrent utiliser les "Rimèd razié", plantes médicinales locales.

Beaucoup défendent cette pharmacologie traditionnelle, comme cette femme de 69 ans, souhaitant rester anonyme, qui s'oppose au vaccin et prône plutôt "l'infusion au basilic" et "le manger sain".

Joyce Thelam, jeune homme de 33 ans, défend lui aussi "ces remèdes efficaces", estimant que le vaccin "ne sert à rien", dans une rhétorique reprenant certaines théories complotistes véhiculés par les réseaux sociaux. "Regardez Jacob Desvarieux (fondateur du groupe Kassav, ndlr), il avait reçu trois doses de vaccin et il est décédé du Covid", explique-t-il par exemple. Mais le chanteur, greffé d'un rein, avait un système immunitaire extrêmement faible en raison du traitement immunosuppresseur qu'il prenait, rendant le vaccin moins efficace.    

Olivier Véran a jugé qu'il n'y avait "pas d'explication rationnelle", au retard de vaccination aux Antilles. "La vaccination ça a plus d'un siècle, c'est la prévention par excellence", a-t-il insisté.


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.


Départ de Vallaud: Faure appelle le PS à «avancer d'un même pas», «le congrès permanent ce n'est pas possible»

Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
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  • Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas"
  • "Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun"

PARIS: Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas", jugeant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible" après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d'opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

"Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur franceinfo.

 

 

 


Une Française rapatriée du MV Hondius positive à l'hantavirus, 22 cas contacts en France

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
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  • "Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist
  • Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg

PARIS: Une passagère française, rapatriée du bateau de croisière MV Hondius, a été testée positive à l'hantavirus, a annoncé lundi la ministre de la Santé Stéphanie Rist, faisant également état de 22 cas contacts identifiés en France.

Parmi les croisiéristes déjà évacués, un Américain et cette Française ont été testés positifs à l'hantavirus, contre lequel n'existe aucun vaccin ni traitement et qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

La crise à bord du MV Hondius, qui doit repartir pour les Pays-Bas lundi, a suscité l'inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si à ce stade l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne recense que six cas confirmés d'hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare.

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter.

Les cinq passagers "sont hospitalisés dans des chambres avec des flux d'air qui permettent d'éviter la contamination", "ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et y resteront jusqu'à nouvel ordre", au minimum 15 jours, a-t-elle ajouté.

Concernant les cas contacts, elle a confirmé qu'une vingtaine de Français avaient été identifiés : huit parmi les passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg, qui "ont été mis à l'isolement rapidement", et 14 à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam.

"Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist.

Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg. Elle était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé à son bord.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu "tiendra une nouvelle réunion" lundi après-midi "pour suivre au plus près l'évolution de la situation" sur le virus hantavirus, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a-t-elle ajouté sur BFMTV.

Elle a appelé à "ne pas créer de panique", "nous n'en sommes absolument pas à avoir ces discussions-là" comme lors de l'épidémie de Covid-19.

La variante du virus détectée à bord du navire MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines.