Banksy revendique de nouvelles œuvres apparues sur des murs anglais

Ces dernières années, l'artiste contemporain de Bristol, qui entretient savamment le mystère sur son identité, tient en haleine les milieux de l'art contemporain avec ses causes emblématiques (migrants, opposition au Brexit, dénonciation des islamistes) et affole les ventes aux enchères. (Photos, AFP)
Ces dernières années, l'artiste contemporain de Bristol, qui entretient savamment le mystère sur son identité, tient en haleine les milieux de l'art contemporain avec ses causes emblématiques (migrants, opposition au Brexit, dénonciation des islamistes) et affole les ventes aux enchères. (Photos, AFP)
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Publié le Samedi 14 août 2021

Banksy revendique de nouvelles œuvres apparues sur des murs anglais

  • Le street artist britannique a publié une vidéo d'un peu plus de trois minutes, intitulé «A Great British Spraycation», sur son Instagram
  • Le clip représente le cheminement estival de l'artiste qui voyage à bord d'un camping-car, fatigué, des bombes de peintures plein la glacière

LONDRES : Le street artist britannique Banksy a confirmé via une vidéo vendredi sur son compte Instagram qu'il était bien l'auteur de plusieurs œuvres apparues récemment en Angleterre.

Le clip d'un peu plus de trois minutes, intitulé "A Great British Spraycation", représente le cheminement estival de l'artiste qui voyage à bord d'un camping-car fatigué, des bombes de peintures plein la glacière.

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Sur un contrefort en béton d'une plage anglaise, Banksy a ajouté un rat, son rongeur fétiche, sirotant un cocktail dans un transat.

Un autre œuvre, peinte juste au-dessus d'un banc, représente une pince de machine de fête foraine, faisant des passants qui s'y assoient un lot ou une peluche à gagner.

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Au-dessus d'une benne à encombrants, l'artiste a fait apparaître un goéland prêt à s'y régaler.

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Faisant écho à la crise environnementale, une peinture réalisée au pochoir présente trois enfants, dont l'un écope avec un seau, sur une barque de tôle ondulée reposé contre un mur de briques verdi, avec l'inscription "We're all in the same boat" (nous sommes tous dans le même bateau).

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Dans la petite ville de King's Lynn, dans l'est de l'Angleterre, Banksy offre à la statue de l'ingénieur Frederick Savage, célèbre pour ses machines à vapeur, un cornet de glace et une langue pour la savourer.

Sur le toit d'un abribus, il invite des danseurs et un joueur d'accordéon, sur une maison miniature du Merrivale Model Village, une mention "Go big or go home".

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Ces dernières années, l'artiste contemporain de Bristol, qui entretient savamment le mystère sur son identité, tient en haleine les milieux de l'art contemporain avec ses causes emblématiques (migrants, opposition au Brexit, dénonciation des islamistes) et affole les ventes aux enchères.

En mars, une œuvre mettant à l'honneur les soignants a atteint le montant record de 20 millions d'euro, à destination du service public de santé britannique.

 


Tournage à AlUla du film hollywoodien Kandahar: un aperçu de ce que réserve l'avenir

Le paysage enchanteur de cette ancienne ville et des sites qui l'entourent, au nord-ouest de l'Arabie saoudite, séduisent beaucoup les cinéastes locaux et internationaux, qui apprécient l’histoire riche et le panorama exceptionnel de ces lieux. (Photo fournie)
Le paysage enchanteur de cette ancienne ville et des sites qui l'entourent, au nord-ouest de l'Arabie saoudite, séduisent beaucoup les cinéastes locaux et internationaux, qui apprécient l’histoire riche et le panorama exceptionnel de ces lieux. (Photo fournie)
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  • Le Royaume est en train de placer la barre très haut en matière de production cinématographique et télévisuelle dans la région
  • Dans Kandahar, l'acteur écossais Gerard Butler incarne un agent de la CIA qui se trouve coincé dans un territoire hostile en Afghanistan

RIYAD: Le producteur exécutif de Kandahar, le premier film hollywoodien à grand budget tourné à AlUla, a rendu hommage à la beauté naturelle de cette région d'Arabie saoudite ainsi qu’aux autorités saoudiennes qui ont réussi à en faire un lieu privilégié pour le tournage de films internationaux.
En effet, le paysage enchanteur de cette ancienne ville et des sites qui l'entourent, au nord-ouest de l'Arabie saoudite, séduisent beaucoup les cinéastes locaux et internationaux, qui apprécient l’histoire riche et le panorama exceptionnel de ces lieux.
C’est dans cette optique que la Commission royale pour AlUla a créé, en 2020, l'agence cinématographique Film AlUla, dont la mission est d'encourager et de soutenir la production de films et d'émissions de télévision qui viennent des quatre coins du monde. Elle est dirigée par Stephen Strachan, un producteur de films bien connu au Moyen-Orient et en Afrique du Nord qui est un vétéran de l'industrie cinématographique du Royaume-Uni.
Selon M. Strachan, le Royaume est en train de placer la barre très haut en matière de production cinématographique et télévisuelle dans la région. Il a d’ailleurs annoncé que la création d’un studio à AlUla était envisagée.
Dans Kandahar, l'acteur écossais Gerard Butler incarne un agent de la CIA qui se trouve coincé dans un territoire hostile en Afghanistan. C'est à la fin du mois de novembre que le tournage a démarré à AlUla ainsi que dans quatorze sites de Djeddah.
«L'Arabie saoudite s'impose comme une communauté cinématographique et montre au monde entier qu'elle compte des spécialistes capables de prendre en charge un grand film comme Kandahar», confie M. Stachan à Arab News. Il ajoute que près de 10% de l'équipe et des figurants ont été choisis parmi les habitants du pays.
La Commission du film d'Arabie saoudite et le ministère de la Culture ont accordé aux producteurs de Kandahar des avantages exceptionnels pour le tournage du film à AlUla, précise M. Strachan.
«En collaboration avec le ministère de la Culture , des repérages ont été effectués dans les régions de Tabouk, Haïl, Djeddah et Taëf pendant trois semaines afin de trouver les meilleurs emplacements possibles; le réalisateur de Kandahar, Ric Roman Waugh, tenait absolument à réaliser le tournage en Arabie saoudite», ajoute le producteur.
Ric Roman Waugh a réalisé de nombreux films, parmi lesquels Angel Has Fallen («La Chute du président», 2019), avec Gerard Butler dans le rôle-titre. Il a décidé de tourner à AlUla dès qu'il a vu des photos de la région.
«Lors de mon arrivée ici, j'ai compris que les photos ne rendaient pas justice à cet endroit et que c'était un lieu d'une beauté époustouflante», confie-t-il à Arab News. «Je suis un réalisateur égoïste. Je n'hésiterai donc pas à être le premier à montrer au monde la beauté d'AlUla à cette échelle. C'est un rêve devenu réalité, j’adore cela!»
«Travailler dans un endroit qui ne dispose pas de l'infrastructure nécessaire peut présenter des difficultés, mais ce projet n'aurait jamais vu le jour sans le concours des Saoudiens eux-mêmes et sans leur détermination à soutenir notre projet.»
M. Waugh a remercié la Commission royale d'AlUla ainsi que le ministère saoudien de la Culture pour l'aide, le dévouement et la patience dont ils ont fait preuve durant la réalisation de ce film.
«Des personnes de vingt-cinq nationalités différentes ont participé à ce film», explique-t-il. «Des chrétiens, des musulmans, des hindous et des agnostiques contribuent à ce caractère cosmopolite; c'est cette idée de réussir ensemble qui nous a motivés et c'est ainsi que nous avons relevé tous les défis qui se sont présentés à nous.»
L'acteur indien Ali Fazal – qui incarne le personnage de Kahil Nazir dans le film – et sa femme reconnaissent avoir été vivement impressionnés par la beauté sauvage d'AlUla.
«AlUla m'a fasciné. Lorsque ma femme est arrivée ici, elle est tombée sous le charme des rochers et des paysages», raconte-t-il. «Nous avons visité Hégra et d'autres endroits; c'était vraiment plaisant. Notre prochaine destination, c’est Djeddah et La Mecque, où nous allons accomplir l’Omra.»
Le producteur exécutif du film, Scott LaStaiti, a félicité les autorités saoudiennes pour la rapidité avec laquelle elles ont développé AlUla.
«La Commission royale d'AlUla a suivi une stratégie globale dans le développement d'AlUla; dans certains endroits où nous avons tourné, comme la vallée de Sultan, [...] on peut revivre le passé d'AlUla et imaginer les personnes qui vivaient ici il y a trois mille ans. La nature est magnifique ici, elle fait rêver», confie-t-il.
«L'Arabie saoudite et la Commission royale d'AlUla proposent des avantages vraiment attrayants. La Commission et l’ensemble des Saoudiens font preuve de clairvoyance en nous encourageant à venir tourner sur ce site, et je pense qu'ils vont inciter de nombreux producteurs à choisir ce lieu pour les tournages.»
Outre Kandahar, deux productions ont été tournées à AlUla: parmi eux, Cello est un film d'horreur écrit par Turki al-Sheikh, le président de l'Autorité générale du divertissement d'Arabie saoudite. Il est inspiré de l'un de ses romans. Ce film bilingue (anglais et arabe), qui sortira cette année, a pour vedette l'acteur britannique Jeremy Irons. Il raconte l'histoire d'un musicien en herbe qui se rend compte que son violoncelle vaut beaucoup plus cher qu'il ne le pensait.
Cherry, des réalisateurs Anthony et Joe Russo, est un autre film tourné en Arabie saoudite. Le rôle principal est interprété par Tom Holland, que l’on a vu dans le film Spider-Man: No Way Home («Spider-Man : Sans retour»). Dans Cherry, Holland rencontre l'amour de sa vie et il risque de le perdre en raison d'une série de mauvaises décisions et de circonstances défavorables. Ce film est sorti au début de l'année dernière.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le «Picasso saoudien» sort des sentiers battus

Faisal al-Kheriji préfère le cubisme et le surréalisme «parce que le premier consiste à peindre différentes formes, tandis que le second représente des personnages étranges». (Photo fournie)
Faisal al-Kheriji préfère le cubisme et le surréalisme «parce que le premier consiste à peindre différentes formes, tandis que le second représente des personnages étranges». (Photo fournie)
Faisal al-Kheriji préfère le cubisme et le surréalisme «parce que le premier consiste à peindre différentes formes, tandis que le second représente des personnages étranges». (Photo fournie)
Faisal al-Kheriji préfère le cubisme et le surréalisme «parce que le premier consiste à peindre différentes formes, tandis que le second représente des personnages étranges». (Photo fournie)
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  • L’artiste est bien connu pour ses estampes et peintures figuratives qui représentent des portraits fragmentés
  • Il espère que de nouveaux artistes émergents auront l’occasion d’exposer leurs œuvres dans des galeries d’art

DJEDDAH: Lorsqu’il considère les changements culturels rapides qui sont en train de transformer le Royaume, l’artiste saoudien Faisal al-Kheriji porte son regard à la fois sur le passé et sur l’avenir.
Cet artiste de 27 ans s’inspire du cubisme et du surréalisme – des styles artistiques nés il y a plus d’un siècle – pour créer des portraits singuliers qui montrent de quelle manière l’Arabie saoudite se modernise et s’adapte au changement.
Les œuvres de M. Al-Kheriji traitent de sujets qui vont des coutumes sociales à l’hospitalité en passant par les styles vestimentaires.
«Je m’inspire à la fois de ma culture et d’autres artistes, à l’échelle locale et internationale», confie-t-il.
Ce créateur, qui est né et a grandi à Djeddah, commence à dessiner à l’âge de 6 ans et, très tôt, suit des cours de dessin.
«Au début, le dessin était pour moi un passe-temps, mais je suis devenu autodidacte par la suite. La véritable aventure a commencé quand j’ai suivi des études à l’étranger. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à consacrer plus de temps à mon art et à expérimenter de nouvelles techniques et d’autres styles», rapporte-t-il.


Paris : les bouquinistes des quais de Seine veulent surmonter la crise

Photo prise le 13 juillet 2019 montrant un tableau représentant Notre-Dame de Paris avant qu'il ne soit gravement endommagé par un énorme incendie en avril dernier et l'original Notre-Dame de Paris en cours de reconstruction en arrière-plan. (Photo, AFP)
Photo prise le 13 juillet 2019 montrant un tableau représentant Notre-Dame de Paris avant qu'il ne soit gravement endommagé par un énorme incendie en avril dernier et l'original Notre-Dame de Paris en cours de reconstruction en arrière-plan. (Photo, AFP)
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  • En ce mois de janvier, les quais et leurs bouquinistes font grise mine et ce n'est pas qu'une question de saison ni de météo
  • Face au Louvre, seules deux boîtes sont ouvertes quai de Conti, aucune rive droite

PARIS : Des gravures authentiques, un dictionnaire français-malgache, de vieilles éditions introuvables… Les curieux du monde entier chinent sur les étals des bouquinistes des quais de Seine depuis des siècles. Mais la crise sanitaire menace cette institution parisienne.

"On a un cadre de travail extraordinaire", se réjouit encore, après trente années passées sur le quai de Conti, Jérôme Callais, le président de l'association culturelle des bouquinistes de Paris.

Comme lui, ils sont encore 220 à dénicher des livres anciens pour les proposer à leurs clients. "Bouquiniste, c'est souvent notre dernier métier", poursuit M. Callais, "on en a fait d'autres avant, mais lorsque l'on commence, on ne peut plus s'arrêter".

Un constat partagé par Jean-Pierre Mathias, 74 ans, installé face à la statue de Condorcet depuis trente ans: "mes boîtes ont cent ans, elles s'ouvrent toujours, elles me permettent de rester en bonne santé et un bouquiniste ne s'arrête que lorsqu'il ne peut plus les ouvrir".

Même délibérément optimiste, le vendeur ne cache pas que la profession traverse une crise: "certains de mes collègues n'ouvrent plus beaucoup, un peu démissionnaires face à la conjoncture actuelle".

Spécialisé dans la psychologie, il avait pris l'habitude d'accueillir de nombreux étudiants. "Il n'y a plus de librairie de psycho à Paris, j'occupe le créneau". "Ils sont un petit peu moins nombreux, quand même", concède-t-il, "entre le télétravail et le budget restreint, c'est plus difficile pour eux aussi".

En ce mois de janvier, les quais et leurs bouquinistes font grise mine et ce n'est pas qu'une question de saison ni de météo.

Face au Louvre, seules deux boîtes sont ouvertes quai de Conti, aucune rive droite. Fragilisés successivement par les grandes manifestations sociales des "gilets jaunes" et leurs débordements puis par la pandémie de Covid-19 qui les a contraints à fermer pendant les deux premiers confinements, les bouquinistes souffrent.

"On fait beaucoup de figuration, il faut s'accrocher pour ouvrir" alors que les touristes se font rares à Paris, assure Jérôme Calais. "Un quart seulement de notre clientèle vient d'Île-de-France" (région parisienne).

«Unique au monde»

En ce mois de janvier, 18 emplacements sont vacants sur les quais. La mairie de Paris a ouvert un appel à candidatures jusqu'au 18 février.

"Nous recherchons des spécialistes du livre pour faire perdurer la plus grande librairie à ciel ouvert du monde", explique Olivia Polski, l'adjointe à la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo, en charge notamment du commerce.

Pour l'heure seules "25 candidatures" ont été recensées par la mairie lorsqu'une soixantaine étaient déposées les années précédentes pour autant de boîtes vacantes. "Mais il reste encore un mois", rassure aussitôt Mme Polski.

Pour redonner un coup de fouet à leur activité, les bouquinistes ont déposé, avec le soutien de la Ville de Paris, leur candidature pour obtenir leur inscription au patrimoine immatériel mondial de l'Unesco.

"Nous sommes un symbole majeur de Paris, unique au monde, depuis 450 ans que nous occupons le terrain", plaide Jérôme Callais. 

Malgré le froid, les rares boîtes ouvertes attirent curieux et amateurs comme Jean-Michel Manassero, un retraité qui flâne devant celle de Jean-Pierre Mathias.

"On essaye de se rencontrer, d'échanger, de discuter, c'est agréable", confie ce passionné de livres, qui admet se fournir parfois sur internet. "Ici, c'est différent, on est attiré par un livre étrange, particulier. Ils ont tous une histoire, quelque fois ils sont annotés par les personnes qui les ont lus précédemment". 

Lui aussi a constaté la baisse d'activité des bouquinistes. "C'est de plus en plus rare de les voir ouverts", déplore Jean-Michel Manassero.

"Ce serait bien regrettable qu'ils disparaissent, dit-il, parce qu'ils font partie de la vie parisienne, c'est une animation agréable et typique des quais". Et utile. Tout sourire, il repart aujourd'hui avec un ouvrage improbable à la couverture abîmée: "Comment on devient médium".