Le calvaire d'un adolescent afghan recruté de force par les talibans

Des combattants talibans montent la garde dans la ville de Kunduz, dans le nord de l'Afghanistan, le lundi 9 août 2021. AP - Abdullah Sahil
Des combattants talibans montent la garde dans la ville de Kunduz, dans le nord de l'Afghanistan, le lundi 9 août 2021. AP - Abdullah Sahil
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Publié le Samedi 14 août 2021

Le calvaire d'un adolescent afghan recruté de force par les talibans

  • Dimanche matin, Abdullah savait que les talibans ne tarderaient pas à arriver jusqu'à son quartier
  • Mais il est pris de court quand les insurgés l'arrêtent dans la rue, l'emmènent sur une colline voisine et lui font porter des armes: un sac de têtes de RPG sur le dos, d'une vingtaine de kilos,  et une boîte de munitions dans chaque main

KABOUL, Afghanistan: Quand les talibans sont arrivés dimanche à Kunduz, sa ville dans le Nord afghan, Abdullah, 17 ans, n'imaginait pas qu'ils l'emmèneraient de force se battre à leurs côtés. 

Aujourd'hui, le jeune homme a gagné Kaboul comme des milliers d'Afghans, pour se mettre à l'abri, fuyant l'offensive éclair des insurgés qui ont pris le contrôle de la moitié des capitales provinciales afghanes en huit jours et sont arrivés aux portes de la capitale. 

Installé avec sa famille sous une tente, dans un faubourg du nord de la capitale, il raconte l'horreur de son dernier jour dans sa ville assiégée.  Dimanche matin, Abdullah savait que les talibans ne tarderaient pas à arriver jusqu'à son quartier. 

Mais il est pris de court quand les insurgés l'arrêtent dans la rue, l'emmènent sur une colline voisine et lui font porter des armes: un sac de têtes de RPG sur le dos, d'une vingtaine de kilos,  et une boîte de munitions dans chaque main.

Les parents menacés

Le visage marqué par l'acné, Abdullah assure avoir reconnu aux côtés des talibans des élèves d'une madrassa (école coranique) proche de Kunduz. Les talibans y ont recruté 30 à 40 jeunes, certains âgés de 14 ans à peine.

"Ils leur demandaient de prendre les armes et de rejoindre leurs rangs. Et quand leurs parents venaient demander leur libération, ils les menaçaient avec des armes", rapporte l'adolescent vêtu de la longue chemise traditionnelle bleue. 

Le calvaire d'Abdullah dure trois heures avant que ses proches n'arrivent à convaincre les talibans de le relâcher. La famille décide alors de fuir et le jeune homme sort prévenir son grand-père.

Mais les talibans sont toujours là. Quatre combattants "pakistanais", affirme-t-il en se basant sur leur accent, l'arrêtent et l'emmènent pour le préparer au combat.

"Ils nous battaient. J'ai encore les marques" raconte-t-il alors que la nuit tombe. 

Une heure plus tard, le voilà équipé d'un M16, le fusil d'assaut utilisé par l'armée américaine, en route pour le front d'où les talibans attaquent des bureaux de la police.

"Je tremblais, je n'arrivais pas à tenir mon arme" se rappelle Abdullah, qui travaillait dans le salon de coiffure de son père et ne s'était jamais battu auparavant. "Il y avait des bombardements aériens et des chars qui tiraient. Trois ou quatre garçons qui portaient des armes ont été touchés et sont morts quand leurs sacs ont explosé."

Car en face, les forces afghanes ripostent. "Un taliban a été tué, un autre a perdu une jambe et un bras", poursuit Abdullah, ses yeux bruns en amande masqués par une mèche de cheveux noire. "J'avais vraiment peur. Je pensais à mes parents, je me disais: +Si je suis touché et tué... que vont-ils devenir?+"

Sous le choc

La "moitié des talibans du groupe" qui l'accompagne sont tués ou blessés. Alors il tente sa chance, jette son arme et part en courant. Il met une heure à regagner son quartier: "J'étais sous le choc, je n'arrivais même pas à reconnaitre notre porte (...) Quand je suis arrivé à la maison, je n'étais même plus sûr d'être en vie".

La famille se prépare à fuir, elle emprunte de l'argent et vend même le téléphone de la mère pour payer le voyage. "Nous n'avons rien pris avec nous. Nous avons même vendu la nourriture que nous avions", regrette Abdullah. 

Ce qu'ils ont laissé derrière eux part en fumée quand leur maison est frappée par un tir de mortier. Après quinze heures de voyage, ils atteignent enfin Kaboul avec ses parents, son grand-père, ses deux sœurs et trois frères, dont le plus jeune n'a que deux ans et demi.

Depuis, ils dorment à même le sol, sans rien d'autre que les habits qu'ils ont sur leur dos. La veille, "un businessman de passage" leur a jeté une couverture. Maintenant que son pays est à feu et à sang, le seul espoir d'Abdullah est d'en partir.  Mais il s'inquiète pour sa mère, malade.

Lui-même a très mal au ventre à cause des coups frappés par les talibans "avec la crosse de leurs armes". Il n'arrive même plus à manger.


Amazon fait construire au Texas une immense centrale à gaz pour ses centres de données

Le logo du géant américain de la vente en ligne Amazon sur la façade d’un centre de redistribution à Horn-Bad Meinberg, dans l’ouest de l’Allemagne, le 9 décembre 2024. (AFP)
Le logo du géant américain de la vente en ligne Amazon sur la façade d’un centre de redistribution à Horn-Bad Meinberg, dans l’ouest de l’Allemagne, le 9 décembre 2024. (AFP)
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  • Amazon construit au Texas une centrale à gaz de 7,65 GW dédiée à ses centres de données, avec une autorisation d’émettre plus de 30 millions de tonnes de GES par an
  • Le projet illustre l’explosion des besoins énergétiques liés à l’IA, tout en soulevant de fortes inquiétudes environnementales et sanitaires malgré les engagements climatiques d’Amazon

WASHINGTON: Amazon fait construire au Texas une immense centrale à gaz qui pourrait devenir la plus importante source d'émission de gaz à effet de serre des Etats-Unis, a confirmé vendredi le géant technologique américain.

Le projet, nommé GW Ranch, est destiné à alimenter en électricité d'immenses centres de données et ne sera pas connecté au réseau électrique, une solution de plus en plus utilisée par les géants de la tech pour satisfaire à la hâte l'énergie requise par le boom lié à l'IA.

Le projet prévoit 35 turbines pour une capacité totale de 7,65 gigawatts, selon des permis, plus de quatre fois la puissance du réacteur nucléaire EPR de Flamanville en France, et plus que n'importe quelle centrale à gaz actuellement en activité aux Etats-Unis.

La centrale a l'autorisation d'émettre plus de 30 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an, plus que n'importe quelle autre infrastructure dans le pays.

A l'aide d'images satellites, le cabinet spécialisé du secteur Cleanview a fait le lien entre ce projet de centrale et trois permis de centres de données déposés cette semaine par Amazon dans cette zone aride du Texas, près de la frontière mexicaine.

Un porte-parole du géant américain a confirmé l'information, en insistant: "Amazon tient à payer intégralement le coût réel de l'alimentation de nos opérations."

"C'est exactement ce que fait notre nouveau projet de centres de données dans le comté de Pecos: il sera alimenté par une centrale dédiée qui n'augmentera pas les prix de l'électricité pour les foyers texans", a-t-il ajouté, sur fond d'inquiétude politique sur une hausse des factures.

L'entreprise affirme qu'elle "explore les possibilités" d'ajouter de l'énergie solaire au site et qu'elle utilisera de l'eau non-potable pour éviter de siphonner le réseau local. Le géant américain affirme aussi maintenir son objectif de bilan carbone neutre d'ici à 2040.

La soif d'électricité des centres de données est telle que, depuis quelques années, de plus en plus d'infrastructures installent, directement près de leurs serveurs, des centrales dédiées et hors-réseau, comme d'immenses groupes électrogènes.

Si elles sont moins polluantes que les centrales à charbon, celles à gaz restent des sources importantes d'émissions responsables du réchauffement climatique, d'autant plus que la production de gaz naturel provoque des fuites de méthane, un gaz au très puissant effet de serre.

Ces centrales émettent aussi des gaz toxiques et des particules fines qui peuvent représenter des dangers pour la santé.


Foot: Hervé Renard nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire

Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
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  • Hervé Renard est nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire, un poste qu'il avait déjà occupé entre 2014 et 2015 avec une victoire à la CAN
  • Le Français succède à Emerse Faé, qui quitte ses fonctions malgré le sacre continental de 2024 et le meilleur parcours mondial de l'histoire du pays en 2026

PARIS: Le Français Hervé Renard a été nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire pour succéder à Emerse Faé, a annoncé mardi la fédération ivoirienne de football (FIF) sur ses réseaux sociaux.

Âgé de 57 ans, Renard, qui a brièvement dirigé la Tunisie lors du Mondial-2026 en étant arrivé en pleine compétition, avait déjà occupé ce poste entre 2014 et 2015, avec à la clé une Coupe d'Afrique des nations en 2015.

Renard, dont l'arrivée avait été annoncée dès mardi par le journal le Parisien, prend la suite de Faé, non reconduit par la FIF malgré une Coupe d'Afrique des nations remportée en 2024 et une qualification en 16e de finale lors du Mondial 2026, une première dans l'histoire du pays.

Renard, qui a dirigé au cours de sa carrière de nombreuses sélections, avait pris la tête de la Tunisie à la suite du lourd revers contre la Suède (5-1) lors du premier match des Aigles de Carthage au Mondial, une déroute qui avait coûté sa place à Sabri Lamouchi.

Il a officié à deux reprises, avec deux défaites à la clé, contre le Japon (4-0) et les Pays-Bas (3-1).

Libre de tout contrat après ce court intérim, Hervé Renard retrouve onze ans plus tard le banc de la Côte d'Ivoire où il jouit d'une très grande popularité, gagnée grâce au sacre de la CAN-2015 avec la génération de Yaya Touré, après près de 25 ans de disette.

Déjà vainqueur de la CAN trois ans plus tôt avec la Zambie, le technicien s'est bâti une réputation solide sur le continent africain où il a multiplié les expériences à la tête d'équipes nationales (Ghana, Angola, Maroc...).

Il a toutefois connu ces dernières années des expériences plus mitigées notamment à la tête de la sélection saoudienne, dont il a été limogé en avril malgré une qualification au Mondial-2026, ou sur le banc de l'équipe de France féminine, avec laquelle il a atteint les quarts des JO-2024 à Paris.

M. Renard est attendu à Abidjan dans les prochains jours afin de prendre officiellement ses fonctions, a précisé la fédération ivoirienne.


Trump dit que soit le détroit d'Ormuz "ouvrira très bientôt", soit l'Iran sera frappé "très fort"

Le président américain Donald Trump a déclaré qu'un accord visant à rouvrir le détroit d'Ormuz pourrait être conclu dès mercredi, tout en avertissant que l'Iran serait « frappé très durement » si les négociations échouaient. (AP)
Le président américain Donald Trump a déclaré qu'un accord visant à rouvrir le détroit d'Ormuz pourrait être conclu dès mercredi, tout en avertissant que l'Iran serait « frappé très durement » si les négociations échouaient. (AP)
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  • Donald Trump affirme qu'un accord avec l'Iran sur la réouverture du détroit d'Ormuz est proche, tout en menaçant Téhéran de représailles en cas d'échec
  • Un accord temporaire de 60 jours serait à l'étude pour encadrer la navigation dans le détroit, alors que les incidents sécuritaires se poursuivent

Rancho Palos Verdes, États-Unis:  Donald Trump a déclaré mardi que le détroit d'Ormuz ouvrirait "très bientôt, ou alors (les Iraniens) seront frappés très fort", dans un entretien accordé à la chaîne Fox News.

"Nous avons de très bonnes discussions", a encore dit le président américain, en déplacement en Californie (ouest), assurant que l'Iran voulait passer un accord.

"J'ai le temps", a aussi déclaré le dirigeant républicain à propos de ce conflit qui dure depuis plus de cinq mois.

Selon le site Axios, qui cite des "sources régionales", un accord temporaire de 60 jours est en discussion pour organiser le passage dans le détroit entre l'Iran et le sultanat d'Oman.

Cet accord préliminaire, qui pourrait être annoncé dès mercredi, prévoit selon Axios que tout transport maritime entrant via le détroit emprunterait une voie nord dans les eaux iraniennes, et tout navire sortant suivrait une trajectoire méridionale dans les eaux contrôlées par Oman, le tout sans péage ou droit de passage.

Pendant cette période de soixante jours, et dans l'attente d'un accord définitif, la voie médiane du détroit serait déminée, toujours selon Axios, qui prévient que ce compromis n'est pas encore scellé.

"Il y a une chance que nous parvenions aujourd'hui ou demain à un accord visant à rouvrir le détroit et à aller vers une normalisation", a déclaré mardi le ministre des Finances américain Scott Bessent dans un entretien à la chaîne CNBC.

Les tensions dans le détroit, devenu un enjeu de premier plan dans la guerre au Moyen-Orient, restent vives. Mardi, l'agence maritime britannique UKMTO a indiqué qu'un navire y avait été touché par un "projectile inconnu".