Biden a-t-il été contraint d’exécuter l'accord signé par Trump avec les talibans ?

L'envoyé américain pour la paix Zalmay Khalilzad (à gauche) et le mollah Abdul Ghani Baradar (à droite), le plus haut dirigeant politique des talibans, se serrent la main après avoir signé l’accord de paix entre les talibans et des responsables américains à Doha, au Qatar, le 29 février 2020. (Photo, AP/Archives)
L'envoyé américain pour la paix Zalmay Khalilzad (à gauche) et le mollah Abdul Ghani Baradar (à droite), le plus haut dirigeant politique des talibans, se serrent la main après avoir signé l’accord de paix entre les talibans et des responsables américains à Doha, au Qatar, le 29 février 2020. (Photo, AP/Archives)
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Publié le Vendredi 20 août 2021

Biden a-t-il été contraint d’exécuter l'accord signé par Trump avec les talibans ?

  • Biden affirme que l'accord l'obligeait à retirer les troupes américaines de l’Afghanistan, ce qui a préparé le terrain pour le chaos actuel
  • La prise de contrôle des talibans a suscité des questions quant à savoir si les termes et conditions de l'accord ont suffi à protéger l'Afghanistan

WASHINGTON : Après que le président Donald Trump a signé un accord de paix avec les talibans en février 2020, il a proclamé avec optimisme que «nous pensons que nous réussirons à la fin». Son secrétaire d'État, Mike Pompeo, a affirmé que l'administration «saisissait la meilleure occasion de paix depuis une génération».

Dix-huit mois plus tard, le président Joe Biden pointe du doigt l'accord signé à Doha, au Qatar, alors qu'il tente de détourner la responsabilité des talibans qui envahissent l'Afghanistan dans une attaque éclair. Il dit que cela l'obligeait à retirer les troupes américaines, préparant le terrain pour le chaos engloutissant l’Afghanistan.

Mais Biden ne peut aller que jusqu'à présent en affirmant que l'accord l'a coincé. Il y avait une clause échappatoire : les États-Unis auraient pu se retirer de l'accord si les pourparlers de paix afghans échouaient. Ils ont échoué, mais Biden a choisi d'y rester, bien qu'il ait retardé le retrait complet des troupes américaines de mai à septembre.

Chris Miller, secrétaire à la Défense par intérim au cours des derniers mois de l'administration Trump, s'est irrité à l'idée que Biden ait été limité par l'accord.

«S'il pensait que l'accord était mauvais, il aurait pu renégocier. Il avait de nombreuses occasions de le faire s'il le souhaitait», a déclaré Miller, un haut responsable de la lutte contre le terrorisme du Pentagone au moment de la signature de l'accord de Doha, dans une interview.

Mais renégocier aurait été difficile. Biden aurait eu peu d'influence. Comme Trump, Biden voulait que les troupes américaines quittent l'Afghanistan. Se retirer de l'accord l'aurait peut-être forcé à en renvoyer des milliers d'autres.

Il a fait valoir ce point lundi, déclarant dans une allocution télévisée de la Maison Blanche qu'il ne s'engagerait pas à envoyer plus de troupes américaines pour lutter pour l'avenir de l'Afghanistan tout en revenant à l'accord Trump pour suggérer que la voie de retrait était prédéterminée par son prédécesseur.

«Le choix que j'ai dû faire, en tant que président, était soit de donner suite à cet accord, soit d'être prêt à recommencer à combattre les talibans au milieu de la saison des combats de printemps», a signalé Biden.

La prise de contrôle des talibans, bien plus rapide que ce que les responsables de l'une ou l'autre administration avaient envisagé, a suscité des questions, même de la part de certains responsables de l'ère Trump, sur la question de savoir si les termes et conditions de l'accord, et les décisions qui ont suivi, ont suffi à protéger l'Afghanistan après le départ des troupes américaines.

L'accord historique a toujours été une diplomatie de haute volée, exigeant un certain degré de confiance dans les talibans en tant que partenaire de paix potentiel et signé malgré le scepticisme des Afghans las de la guerre qui craignaient de perdre leur autorité dans tout accord de partage du pouvoir. 

«L'accord de Doha était un accord très faible, et les États-Unis auraient dû obtenir plus de concessions des talibans», a dévoilé Lisa Curtis, une experte afghane qui a servi pendant l'administration Trump en tant que directrice principale du Conseil de sécurité nationale pour l'Asie du Sud et l'Asie centrale.

Elle a qualifié l’accord de «vœux pieux» de croire que les talibans pourraient être intéressés par une paix durable. L'accord qui en a résulté, était fortement orienté vers les talibans, a contribué à ébranler le président afghan Ashraf Ghani, qui a fui le pays dimanche, et a facilité la libération de 5000 prisonniers talibans sans une concession proportionnelle des talibans, a-t-elle ajouté.

«Ils voulaient que les forces américaines partent, et ils voulaient prendre le contrôle du pays militairement, et ils croyaient qu'ils pouvaient le faire», a souligné Curtis à propos des talibans. «C'était clair comme de l'eau de roche».

L'accord prévoyait que les États-Unis ramènent leurs forces à 8600 soldats contre 13 000 au cours des trois à quatre mois suivants, les forces américaines restantes se retirant dans 14 mois, ou avant le 1er mai.

L’accord stipulait aussi des engagements que les talibans devaient prendre pour prévenir le terrorisme, notamment des obligations spécifiques de renoncer à Al-Qaïda et d'empêcher ce groupe ou d'autres d'utiliser le sol afghan pour préparer des attaques contre les États-Unis ou leurs alliés. 

Bien que l'accord oblige les talibans à mettre fin à toutes les attaques contre les forces américaines et de la coalition, il ne les oblige surtout pas explicitement à expulser Al-Qaïda ou à arrêter les attaques contre l'armée afghane ou les offensives pour prendre le contrôle des villes afghanes ou d'autres zones peuplées.

L'accord a conféré une légitimité importante aux talibans, dont les leaders ont rencontré Pompeo, le premier secrétaire d'État à rencontrer les leaders du groupe. Il a également été question de leur venue aux États-Unis pour rencontrer Trump.

Pourtant, Trump a parlé avec prudence des perspectives de succès de l'accord et a mis en garde contre la puissance de feu militaire si «de mauvaises choses se produisent». Pompeo a de plus déclaré que les États-Unis étaient «réalistes» et «retenus», déterminés à éviter des guerres sans fin.

Les responsables américains ont clairement indiqué à l'époque que l'accord était basé sur des conditions et que l'échec des pourparlers de paix intra-afghans à parvenir à un règlement négocié aurait avorté l'exigence de retrait. 

Un jour avant l'accord de Doha, un haut assistant du négociateur en chef américain Zalmay Khalilzad a déclaré que l'accord n'était pas irréversible et qu'«il n'y a aucune obligation pour les États-Unis de retirer leurs troupes si les parties afghanes ne parviennent pas à un accord ou si les talibans montrent mauvaise foi au cours de ces négociations».

Ces négociations devaient commencer moins d'un mois après la signature de l'accord entre les États-Unis et les talibans, mais ont été retardées à cause des différends entre les talibans et le gouvernement afghan au sujet de la libération des prisonniers. Au milieu des hauts et des bas, les négociations n'avaient abouti à aucun résultat au moment où Biden a annoncé sa décision de retrait en avril.

Miller a affirmé que c'était la «bonne approche» nécessaire pour forcer Ghani à négocier. Il a indiqué que l'accord de Doha était toujours censé être la «première phase» du processus, la prochaine étape étant que les États-Unis utilisent leur influence pour que Ghani négocie un accord de partage du pouvoir avec les talibans. 

«De toute évidence, Ghani n'était pas emballé par cela, mais il allait le faire, ou il allait être retiré», a ajouté Miller. «Nous allions lui faire subir de sérieuses pressions pour qu'il conclue un accord avec les talibans».

Néanmoins, avec le recul, les États-Unis n'auraient pas dû s'engager dans les pourparlers de Doha «à moins que nous ne soyons prêts à représenter les intérêts du gouvernement afghan. Elles étaient des négociations injustes, car personne ne défendait les intérêts du gouvernement afghan», a soutenu Curtis.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Les négociations entre l'Iran et les Etats-Unis vont démarrer en Suisse

Le vice-président américain JD Vance est arrivé en Suisse dimanche, atterrissant à la base aérienne d’Emmen à 5 h 59 (03 h 59 GMT), selon son porte-parole. (AFP)
Le vice-président américain JD Vance est arrivé en Suisse dimanche, atterrissant à la base aérienne d’Emmen à 5 h 59 (03 h 59 GMT), selon son porte-parole. (AFP)
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  • Les négociations américano-iraniennes s’ouvrent en Suisse dans un contexte tendu, marqué par la poursuite des violences au Liban et des divergences sur l’application du protocole d’accord, notamment sur le nucléaire et un cessez-le-feu
  • L’escalade régionale s’intensifie avec la fermeture annoncée du détroit d’Ormuz par l’Iran, tandis que les États-Unis appellent à la retenue et poursuivent les discussions diplomatiques

BURGENSTOCK: Les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran pour trouver une paix durable au Moyen-Orient doivent débuter dimanche matin dans un hôtel de luxe des Alpes suisses, quatre jours après la signature d'un protocole d'accord, déjà malmené, pour mettre fin aux hostilités.

Ces pourparlers, centrés sur le programme nucléaire iranien, sont prévus pour une durée renouvelable de 60 jours. Avant même qu'ils ne commencent, les écueils se sont accumulés, avec la poursuite des combats au Liban malgré une clause de l'accord-cadre prévoyant la fin des hostilités sur tous les fronts, et l'annonce par Téhéran d'une nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz en représailles.

Sur le front libanais, des frappes israéliennes ont fait au moins 30 morts samedi dans l'est et le sud du Liban, avant une accalmie constatée par un correspondant de l'AFP en fin de journée, lorsque l'armée israélienne a reçu l'ordre de cesser les affrontements avec le Hezbollah pro-iranien.

Les pourparlers débuteront dans le courant de la matinée, a annoncé la diplomatie suisse, précisant que la délégation américaine, dirigée par le vice-président américain JD Vance, et la délégation iranienne, menée par le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, étaient arrivées à l'hôtel de luxe de Bürgenstock, surplombant le lac de Lucerne, site des discussions. Les pays médiateurs, le Pakistan et le Qatar, sont également sur place.

Arrivée samedi soir, la délégation iranienne compte aussi, selon la télévision d'Etat iranienne, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi et le gouverneur de la Banque centrale Abdolnaser Hemmati.

Les discussions devraient durer "quelques jours", a affirmé JD Vance à la presse samedi soir, ajoutant qu'il ne pourrait rester en Suisse "qu'un jour ou deux".

"J'espère qu'on va faire des progrès sur la question nucléaire et sur la question du cessez-le-feu au Liban. Ce sont les deux points principaux sur lesquels je pense que nous allons nous concentrer", a-t-il déclaré.

L'émissaire Steve Witkoff et le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner, se trouvent également en Suisse, selon JD Vance.

Les pourparlers sont censés mener à un accord final pour mettre un terme au conflit au Moyen-Orient, déclenché par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février. Les hostilités ont causé des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

- Protocole "en danger" -

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a toutefois prévenu samedi les Etats-Unis que le protocole d'accord serait "en danger" si ses clauses n'étaient pas appliquées rapidement, en référence à la situation au Liban.

Le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaei, a lui appelé à la prudence face à tout "optimisme", affirmant sur X que "l'ennemi a montré qu'il ne tenait pas ses promesses".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient par des tirs de roquettes sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, tué au début de la guerre.

Depuis, les opérations israéliennes au Liban ont fait 4.057 morts, selon le dernier bilan, samedi, du ministère libanais de la Santé.

L'armée israélienne a annoncé pour sa part qu'un de ses soldats avait été tué samedi dans le sud du Liban, portant à 36 le nombre de ses pertes depuis le début du conflit. Elle a précisé samedi que ses troupes ne mèneraient "pas de frappes proactives", mais qu'elles opéreraient "de manière défensive" au sein de la bande territoriale du sud du Liban occupée par Israël.

Avant son départ pour la Suisse, le vice-président américain a assuré que la situation "s'améliore" au Liban.

"Le gros problème, c'est que vous allez avoir quelqu'un qui va commencer à tirer et ensuite quelqu'un va répondre, et donc vous avez en quelque sorte ce problème de l'oeuf et de la poule où il faut réussir à arrêter les tirs suffisamment longtemps pour que le cessez-le-feu tienne, c'est ce qu'on essaie de faire", a-t-il dit.

- Ormuz fermé -

Après les nouveaux affrontements au Liban, le commandement central de l'armée iranienne a annoncé que "le détroit d'Ormuz serait fermé au trafic maritime", une "première mesure en réponse à la violation des engagements par l'ennemi". Il a menacé "d'autres mesures" si nécessaire "pour contraindre l'ennemi à respecter ses obligations".

La réouverture du détroit a constitué l'un des points clés du protocole d'accord américano-iranien. L'Iran avait verrouillé au début de la guerre cette voie maritime stratégique par laquelle transitaient auparavant quelque 20% des hydrocarbures mondiaux, provoquant une flambée des cours du pétrole.

Après l'annonce par l'Iran de sa nouvelle fermeture, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que ses forces demeuraient "vigilantes". Selon lui, 55 navires marchands ont franchi le détroit de manière sûre samedi.

Téhéran a également évoqué la possible mise en place de "frais" de service maritime pour les navires voulant y transiter. Le président américain Donald Trump a lui aussi menacé d'appliquer un péage dans le détroit en cas d'échec des discussions avec l'Iran.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.