En Irak, un juteux trafic d'antiquités, alimenté par la corruption et l'insécurité

En Irak, un juteux trafic d'antiquités, alimenté par la corruption et l'insécurité
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Publié le Lundi 23 août 2021

En Irak, un juteux trafic d'antiquités, alimenté par la corruption et l'insécurité

  • La corruption et l'avènement de groupes armés aux obédiences diverses ont favorisé ce juteux trafic
  • La pièce, qui comporte des traces d'écriture cunéiforme -- l'écriture la plus vieille du monde --, «faisait partie d'une collection appartenant à un résident de Londres», avant 1992

BAGDAD: S'offrir une tablette en argile vieille de plus de 3 000 ans avant notre ère est relativement facile et bon marché via internet, au risque d'alimenter le trafic d'antiquités dans un Irak miné par l'insécurité et la corruption.


Sur liveauctioneers.com, un site de vente aux enchères, la "tablette sumérienne en terre cuite" est mise à prix à environ 550 livres (645 euros) et appartiendrait "à un gentleman du Sussex", dans le sud-est de l'Angleterre. 


La pièce, qui comporte des traces d'écriture cunéiforme -- l'écriture la plus vieille du monde --, "faisait partie d'une collection appartenant à un résident de Londres", avant 1992, toujours selon le site. 


Il est toutefois difficile d'avoir la certitude que le petit objet d'à peine 70 grammes n'a pas été dérobé dans l'Irak actuel, là où s'élevait l'empire de Sumer au IVe millénaire av. J.-C.


Chez le Britannique TimeLine Auctions, maison-mère du site liveauctioneers.com, on dit être conscient du "problème de la contrebande" de biens culturels. Mais "nous investissons beaucoup d'argent et d'efforts pour éliminer les risques", indique à l'AFP Chris Wren, un responsable.


L'Irak, qu'ont foulé Sumériens, Assyriens et Babyloniens, est une terre de choix pour les contrebandiers. Les sites archéologiques y fourmillent et avec eux "les exhumations aléatoires" menés par les trafiquants, comme l'explique Laïth Majid, directeur du Conseil irakien des Antiquités et du Patrimoine, un organisme étatique.


"Nous n'avons pas de statistiques sur le nombre d'antiquités qui ont fait l'objet de contrebande" en provenance d'Irak, précise M. Majid. Mais la corruption et l'avènement de groupes armés aux obédiences diverses ont favorisé ce juteux trafic.


Prenez ce site du sud de l'Irak, où les civilisations sumérienne et babylonienne ont prospéré. Son gardien, dont l'identité et le lieu de travail ne peuvent être révélés par crainte pour sa sécurité, dit avoir surpris à de multiples reprises des trafiquants.


"Un jour, j'ai vu un camion arriver avec trois hommes armés. Ils ont commencé à creuser et quand je les ai interpellés, ils ont tiré en l'air et m'ont crié: +tu te crois chez toi, ici ?+", raconte-t-il.


Le manque de moyens mis en place par les autorités pour la protection des sites archéologiques est criant en Irak, où 40% des 40 millions d'habitants vivent en-dessous du seuil de pauvreté.

Par l'Iran, vers le Golfe 
Les sites se concentrent autour de Kout, Samawa et Nassiriya, dans le sud du pays. De là, les contrebandiers acheminent leur butin vers les marais du sud et Amara, ville située non loin de l'Iran qui est devenue la "plaque tournante du trafic d'antiquités", explique un archéologue irakien qui souhaite rester anonyme.


La plupart des antiquités volées traversent la frontière vers l'Iran avant de prendre la route de la mer, à bord de "bateaux de pêche vers les pays du Golfe", dit-il. Un autre itinéraire traverse le désert de l'ouest de l'Irak jusqu'aux frontières jordanienne, syrienne et turque.


Une source gouvernementale irakienne assure que le trafic alimente les réseaux criminels dans un pays où les groupes armés, dont certains sont proches de l'Iran, ont fortement gagné en influence. La corruption des agents de l'Etat, mal payés, joue aussi un rôle. Selon le classement de l'ONG Transparency International, l'Irak est l'un des pays les plus corrompus au monde.


Lorsqu'il occupait de larges pans du territoire irakien entre 2014 et 2017, le groupe Etat islamique a, lui, saccagé des dizaines de trésors pré-islamiques au bulldozer, à la pioche ou à l'explosif. A l'instar du site de Nimrod, joyau de l'empire assyrien fondé au XIIIe siècle avant J.-C., situé en dehors de Mossoul, dans le nord de l'Irak.


Les jihadistes "ont aussi pratiqué la contrebande. Cela leur a rapporté de l'argent, mais cela a davantage affecté les régions de Syrie", où l'EI était présent, fait valoir un expert européen en sécurité sous couvert d'anonymat. 


Selon un rapport publié en 2020 par l'ONG Global Initiative Against Transnational Organized Crime, "sur les revenus annuels de l'EI, estimés à entre 2,35 et 2,68 milliards de dollars, 20 millions de dollars provenaient du trafic d'antiquités et de la taxation" des contrebandiers, en 2015.


Il y a quelques semaines, les Etats-Unis ont rendu à l'Irak 17 000 pièces archéologiques datant de près de 4 000 ans et pillées au cours des dernières décennies. 


S'il salue cet effort, le responsable gouvernemental interrogé par l'AFP estime que le problème "se situe dans les pays voisins" de l'Irak, complices de ce trafic, selon lui. "L'Etat irakien est faible. Les pièces archéologiques ne sont pas une priorité pour lui", conclut-il. 


L'Iran offre 30.000 dollars pour tuer ou capturer des soldats américains

L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
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  • "Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans"
  • En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire

TEHERAN: L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme.

Le chef d'état-major de l'armée, Amir Hatami, a affirmé que ce dispositif avait été mis en place à la suite d'un "grand nombre de demandes" de personnes souhaitant contribuer financièrement, selon l'agence officielle Irna.

"Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans", a-t-il déclaré, en utilisant cette unité monétaire informelle équivalant à 10.000 rials iraniens.

En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire.

Aucun déploiement connu de troupes américaines au sol n'a eu lieu en Iran pendant la guerre au Moyen-Orient, à l'exception d'une mission de sauvetage menée en avril pour porter secours à un pilote américain dont l'appareil s'était écrasé.

"Les courageuses femmes iraniennes qui accompliront une telle action recevront le double de cette récompense", a-t-il ajouté.

La guerre entre Téhéran et Washington a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre la République islamique qui a répliqué en lançant des frappes sur les pays du Golfe alliés de Washington.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un accord-cadre en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats.

L'Iran et les Etats-Unis ont depuis échangé sporadiquement des frappes qui se concentrées principalement autour du stratégique détroit d'Ormuz.


L'émissaire de Trump se rendra en Israël pour tenter d'aplanir les divergences sur Gaza

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
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  • M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer
  • Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route"

JERUSALEM: Jared Kushner, l'émissaire et gendre de Donald Trump, se rendra en Israël la semaine prochaine pour tenter d'aplanir les divergences entre les deux alliés sur le plan américain pour la bande de Gaza, a déclaré une source au sein du "Conseil de paix".

Il se rendra avec Nikolaï Mladenov, le haut représentant pour ce territoire palestinien du "Conseil de paix" créé par le président américain, en Israël et en Egypte, un pays médiateur-clé.

Cette visite interviendra après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rejeté publiquement le 9 août la feuille de route américaine en 15 points annoncée fin juillet par M. Mladenov, qui prévoit le désarmement du Hamas et le retrait israélien de la bande de Gaza.

Si ce mouvement islamiste palestinien l'a acceptée, Israël a dit lier tout départ de ses soldats à un "véritable" désarmement du Hamas.

Selon une source au sein du "Conseil de Paix", MM. Kushner et Mladenov espèrent "des discussions constructives" sur le plan de paix global de Donald Trump pour la bande de Gaza, dont le premier jalon a été le cessez-le-feu décrété en octobre 2025. Depuis, les frappes israéliennes ont diminué en intensité, sans s'arrêter pour autant.

"Les Etats-Unis et Israël s'accordent sur l'issue souhaitée à Gaza, c'est-à-dire un Hamas démilitarisé", a précisé la même source, qui a requis l'anonymat.

"Nous allons écouter les préoccupations soulevées et discuter des prochaines étapes", a-t-elle poursuivi.

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien.

Mais M. Mladenov est ensuite revenu sur ses propos et a déclaré qu'Israël n'aurait pas à retirer ses forces tant que le Hamas ne se serait pas entièrement désarmé.

M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer, exigeant que celui-ci détruise ses armes de manière vérifiable.

Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route", a dit à l'AFP Bassem Naim, membre du bureau politique de ce mouvement islamiste.

Il a appelé les Etats-Unis à "empêcher la perturbation du processus (de mise en oeuvre) de l'accord de cessez-le-feu pour des raisons politiques et électorales".

 


Kushner doit rencontrer le Hamas en Egypte

Hassan Rashad (2e à droite), chef des services de renseignement égyptiens, a rencontré dimanche une délégation du Hamas. (ARCHIVES/AFP)
Hassan Rashad (2e à droite), chef des services de renseignement égyptiens, a rencontré dimanche une délégation du Hamas. (ARCHIVES/AFP)
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  • Le Hamas a donné son accord fin juillet à une feuille de route américaine, censée lancer la deuxième étape du plan américain, prévoyant le désarmement du mouvement islamiste et le retrait israélien du territoire palestinien
  • Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui rejeté officiellement le texte en exigeant un désarmement "véritable" du Hamas

LE CAIRE: Des sources au sein du Hamas ont indiqué dimanche que l'émissaire américain Jared Kushner allait rencontrer des dirigeants du mouvement islamiste palestinien en Egypte, avant sa visite en Israël, au moment les Etats-Unis cherchent à faire avancer le plan de paix à Gaza.

L'entretien, qui n'a pas été confirmé par les Etats-Unis, devrait se tenir à Al-Alamein, dans le nord de l'Egypte, un pays qui fait office depuis des années de médiateur dans le conflit israélo-palestinien.

M. Kushner, également gendre du président Donald Trump, s'est déjà entretenu dimanche à Al-Alamein avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, alors que le chef du Hamas, Khalil al-Hayya, a rencontré de son côté le chef du renseignement égyptien, Hassan Rachad.

Ces rencontres surviennent au moment où les Etats-Unis tentent d'aplanir les divergences entre Israël et le Hamas sur la mise en oeuvre du plan du président américain Donald Trump pour mettre fin durablement à la guerre à Gaza.

Le Hamas a donné son accord fin juillet à une feuille de route américaine, censée lancer la deuxième étape du plan américain, prévoyant le désarmement du mouvement islamiste et le retrait israélien du territoire palestinien.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui rejeté officiellement le texte en exigeant un désarmement "véritable" du Hamas.

Visite américaine en Israël 

"Les médiateurs ont informé le Hamas que l'émissaire américain Jared Kushner rencontrerait sa direction, en présence de responsables égyptiens et qataris", a déclaré une source du Hamas, qui a demandé à garder l'anonymat, sans donner de date.

Pendant des années, les Etats-Unis ont refusé tout contact avec le Hamas, qu'ils classent parmi les organisations terroristes et qui a mené l'attaque sans précédent du 7 octobre 2023 contre Israël, déclenchant la guerre de Gaza.

Une deuxième source du Hamas a indiqué que les Etats-Unis avaient demandé au mouvement des précisions sur plusieurs points, notamment sur "la collecte, le regroupement et le stockage des armes de manière réelle, et non simplement symbolique, ainsi que sur le renoncement total du Hamas à gouverner Gaza".

Le Hamas, qui gouverne Gaza depuis 2007, a annoncé début juillet dissoudre son administration civile et vouloir transférer ses responsabilités au Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), un organe créé par le "Conseil de Paix" composé de technocrates palestiniens et chargé d'assurer la transition dans le territoire palestinien.

Lors de la rencontre entre M. Sissi et Jared Kushner, il a été "rappelé la nécessité pour toutes les parties de respecter leurs obligations au titre de l'accord de cessez-le-feu" à Gaza, a déclaré le porte-parole de M. Sissi, Mohamed al-Chennawi, dans un communiqué.

De son côté, la délégation dirigée par Khalil al-Hayya, dont c'est la première visite en Egypte depuis sa nomination fin juillet, "a réaffirmé son engagement à mener à bien le plan" américain, selon l'agence officielle égyptienne Mena.

La réunion avec M. Rachad portait sur "les efforts déployés pour contraindre Israël à respecter l'accord, qui comprend la feuille de route en 15 points, et à entamer sa mise en œuvre", a précisé un responsable du mouvement islamiste palestinien à l'AFP.

Le "Conseil de Paix", chargé de mettre en œuvre le plan de paix, avait indiqué que M. Kushner devait, outre l'Egypte, se rendre la semaine prochaine en Israël avec Nikolaï Mladenov, haut représentant pour Gaza de cet organe créé par M. Trump.

Blessés dans des frappes 

Le Hamas et Israël s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu d'octobre 2025 dans le territoire palestinien, dévasté par deux ans de guerre.

Sur le terrain, plusieurs personnes ont été blessées dimanche après des frappes israéliennes sur une maison dans le centre de la bande de Gaza, a rapporté Mahmoud Bassal, porte-parole de la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours opérant sous l'autorité du Hamas.

L'armée israélienne a déclaré qu'elle répondait à une menace émanant du Jihad islamique.

D'autres personnes ont été blessées après des tirs israéliens sur des tentes abritant des personnes déplacées dans le sud, selon la même source.

Au moins 1.262 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé du territoire, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël y a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués.