Maroc: la justice examine l'extradition d'un Ouïghour vers la Chine

Des membres de la minorité musulmane ouïghoure gardent symboliquement les mains liées avec une corde alors qu'ils manifestent pour demander des nouvelles de leurs proches et exprimer leur inquiétude quant à la ratification d'un traité d'extradition entre la Chine et la Turquie sur la place Uskudar à Istanbul le 26 février 2021 (AFP)
Des membres de la minorité musulmane ouïghoure gardent symboliquement les mains liées avec une corde alors qu'ils manifestent pour demander des nouvelles de leurs proches et exprimer leur inquiétude quant à la ratification d'un traité d'extradition entre la Chine et la Turquie sur la place Uskudar à Istanbul le 26 février 2021 (AFP)
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Publié le Vendredi 27 août 2021

Maroc: la justice examine l'extradition d'un Ouïghour vers la Chine

  • Selon des experts étrangers, plus d'un million de Ouïghours sont ou ont été détenus dans des camps de rééducation politique dans la province chinoise du Xinjiang
  • A son arrivée au Maroc, M. Aishan faisait l'objet d'une notice rouge d'Interpol émise à la demande de la Chine

RABAT: La Cour de cassation marocaine a renvoyé au 1er septembre le procès d'extradition d'un Chinois membre de la minorité musulmane des Ouïghours, arrêté au Maroc car réclamé par la Chine pour "des actes terroristes", des faits qu'il nie, a indiqué jeudi sa défense.

Yidiresi Aishan, 34 ans, avait été arrêté le 19 juillet à son arrivée à l'aéroport de Casablanca (ouest) depuis la Turquie, sur demande de la Chine qui lui impute "des actes terroristes commis en 2017" et lui reproche de faire partie d'une "organisation terroriste", a indiqué à l'AFP son avocat Miloud Kandil.

M. Aishan, informaticien chinois basé en Turquie depuis 2012, réfute ces accusations et "assure ne pas être retourné en Chine depuis 2012", a souligné son avocat.

Selon des experts étrangers, plus d'un million de Ouïghours sont ou ont été détenus dans des camps de rééducation politique dans la province chinoise du Xinjiang.

A son arrivée au Maroc, M. Aishan faisait l'objet d'une notice rouge d'Interpol émise à la demande de la Chine. "Le parquet a expliqué que l'accusé a été arrêté en vertu d'un accord judiciaire signé par le Maroc et la Chine en 2016", a ajouté M. Kandil.

Le cas de M. Aishan mobilise plusieurs ONG dédiées aux droits humains: Amnesty International avait affirmé dans un communiqué qu'il "risquait d'être détenu et torturé s'il était renvoyé de force en Chine" en raison "de son travail effectué par le passé pour des organisations ouïghoures".

Le sort des Ouïghours, minorité principalement musulmane qui représente un peu moins de la moitié des 25 millions d'habitants du Xinjiang, est dénoncé dans le monde entier par les défenseurs des droits humains et fait l'objet d'une confrontation de plus en plus vive entre l'Occident et la Chine.


Le Liban entame des négociations avec le FMI sur un plan de sauvetage

Le vice-premier ministre tient une conférence téléphonique avec l'équipe du FMI. (Photo, AFP)
Le vice-premier ministre tient une conférence téléphonique avec l'équipe du FMI. (Photo, AFP)
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  • Les pourparlers se déroulent en ligne en raison de la pandémie. Le Liban espère obtenir un plan de sauvetage financier pour relancer une économie à la dérive depuis deux ans
  • Les responsables libanais ont convenu d'évaluer les pertes du secteur financier à 69 milliards de dollars (60 milliards d'euros) comme base de négociation avec le FMI

BEYROUTH: Des responsables libanais ont entamé lundi après plusieurs retards, des pourparlers avec le Fonds monétaire international (FMI) sur des mesures de soutien visant à sortir le pays de la pire crise économique de son histoire. 

« Nous espérons que les négociations seront conclues le plus tôt possible, mais étant donné la complexité des questions, il est possible que d'autres cycles aient lieu », a déclaré le vice-Premier ministre Saadé Chami, qui dirige la délégation libanaise, selon un communiqué officiel. 

Les pourparlers se déroulent en ligne en raison de la pandémie. Le Liban espère obtenir un plan de sauvetage financier pour relancer une économie à la dérive depuis deux ans. 

L'Etat a fait défaut sur sa dette souveraine en 2020, une première dans son histoire. 

La monnaie a perdu environ 90% de sa valeur sur le marché noir et quatre Libanais sur cinq vivent désormais en dessous du seuil de pauvreté, selon l'ONU, une paupérisation accélérée notamment par une inflation à trois chiffres.   

Malgré le déclin social et économique choquant du pays, la classe dirigeante a continué de bloquer les réformes auxquelles les donateurs étrangers ont conditionné leur aide. 

Le gouvernement du Premier ministre Najib Mikati s'est réuni lundi pour la première fois depuis la mi-octobre, après des mois de marchandage politique entre ses factions rivales. 

« Dans ce premier cycle de négociations et au cours des deux prochaines semaines, nous discuterons de plusieurs sujets, dont le budget, le secteur bancaire et le taux de change », a encore dit M. Chami. 

Les responsables libanais ont convenu d'évaluer les pertes du secteur financier à 69 milliards de dollars (60 milliards d'euros) comme base de négociation avec le FMI. 

Il s'agit de la première estimation depuis le début de la crise économique du pays, l'une des pires au niveau mondial depuis 1850, selon la Banque mondiale (BM). 

Selon Riad Salamé, le gouverneur de la Banque centrale, le Liban aurait besoin « de 12 à 15 milliards de dollars pour relancer son économie ».  


Le président algérien en visite officielle en Égypte

Le président El-Sisi reçoit son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune à l'aéroport international du Caire. (porte-parole de la présidence égyptienne)
Le président El-Sisi reçoit son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune à l'aéroport international du Caire. (porte-parole de la présidence égyptienne)
Le président El-Sissi reçoit son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune au Caire. (porte-parole de la présidence égyptienne)
Le président El-Sissi reçoit son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune au Caire. (porte-parole de la présidence égyptienne)
Le président El-Sisi reçoit son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune à l'aéroport international du Caire. (porte-parole de la présidence égyptienne)
Le président El-Sisi reçoit son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune à l'aéroport international du Caire. (porte-parole de la présidence égyptienne)
Le président El-Sisi reçoit son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune à l'aéroport international du Caire. (porte-parole de la présidence égyptienne)
Le président El-Sisi reçoit son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune à l'aéroport international du Caire. (porte-parole de la présidence égyptienne)
Le président El-Sisi reçoit son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune à l'aéroport international du Caire. (porte-parole de la présidence égyptienne)
Le président El-Sisi reçoit son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune à l'aéroport international du Caire. (porte-parole de la présidence égyptienne)
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  • M. Tebboune effectue une visite officielle de deux jours et devrait discuter avec le président égyptien des questions de sécurité arabes et africaines
  • L’Égypte est le troisième pays arabe visité par M. Tebboune depuis sa prise de fonction en décembre 2019, après l’Arabie saoudite et la Tunisie

LE CAIRE: Lundi soir, le président égyptien, Abdel Fatah al-Sissi, a accueilli son homologue algérien, Abdelmadjid Tebboune, à l’aéroport international du Caire.

M. Tebboune effectue une visite officielle de deux jours et devrait discuter avec M. Al-Sissi des questions de sécurité arabes et africaines, notamment de la crise en Libye voisine.

Les deux présidents se sont déjà rencontrés en janvier 2020 en marge de la conférence de Berlin sur la crise libyenne. L’Égypte est le troisième pays arabe visité par M. Tebboune depuis sa prise de fonction en décembre 2019, après l’Arabie saoudite et la Tunisie.

M. Al-Sissi a reçu un message écrit du président Tebboune la semaine dernière après s’être entretenu avec le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, au Caire.

Le président égyptien et M. Lamamra ont abordé les relations bilatérales entre les deux pays ainsi que des questions arabes, notamment le conflit israélo-palestinien et la crise libyenne.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'appel de la nature place un village saoudien historique sur le chemin du tourisme

Aïn Zoubaida («la source de Zoubaida») à La Mecque. (Photo Fournie)
Aïn Zoubaida («la source de Zoubaida») à La Mecque. (Photo Fournie)
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  • Les activités du festival hivernal vont de l'observation de la faune aux soirées de poésie
  • Plus de soixante jeunes volontaires masculins et féminins supervisent les activités du festival, notamment les jeux interactifs

LAYNAH/LA MECQUE: Les touristes allant dans le désert se rendent au village historique de Laynah en Arabie saoudite. En effet, la première édition du Zoubaida Trail Winter Festival attire des visiteurs de la région et d'ailleurs, à qui s’offrent de nombreuses options, de lectures de poèmes aux observations exceptionnelles de la faune.

Ce festival de neuf semaines, qui se poursuivra jusqu'au 26 février 2022, promet une évasion saisonnière et la chance de profiter d’activités hivernales. Il permettra d'apercevoir l'une des 60 espèces animales de la région, dont l'outarde arabe, le loup arabe, ou encore le lézard à queue épineuse.

On peut également trouver dans la région plus de 120 espèces végétales, dont des acacias et des sidrs, ainsi que des arbustes rares, tels que l'awsaj, l'arfaj et le ramth.

Aïn Zoubaida («la source de Zoubaida») à La Mecque. (Photo Fournie)
Aïn Zoubaida («la source de Zoubaida») à La Mecque. (Photo fournie)

Le festival est organisé par l'Imam Turki ben Abdullah Royal Reserve Development Authority, connue pour organiser un large éventail d'initiatives environnementales.

«Le festival offre l’opportunité d’une grande évasion pour les habitants et les visiteurs de la région avec son atmosphère hivernale attrayante. Les multiples événements du festival sont idéaux pour les familles, les jeunes, les personnes âgées et les enfants», affirme Menahi Mite'eb, rédacteur en chef de Rafha Today, un journal en ligne.

Monif Ali, qui vit à Aewe, à 30 kilomètres environ de Laynah, a emmené à deux reprises sa famille au festival ces dernières semaines, pour profiter des activités hivernales et se défaire des jeux de PlayStation et de réalité virtuelle. Il espère aussi voir le palais historique du roi Abdelaziz et les voitures d’époque qui y sont exposées. «C'est le meilleur moment pour se rendre au festival», assure-t-il.

Les objets artisanaux, la nourriture et les boissons préparées par des familles actives, ont attiré une foule de visiteurs venus acheter des cadeaux pour leurs proches et leurs amis.

Plus de 60 jeunes volontaires masculins et féminins supervisent les activités du festival, notamment des parties du folklore, des soirées de poésie, un musée et des jeux interactifs.

Aïn Zoubaida («la source de Zoubaida») à La Mecque. (Photo Fournie)
Aïn Zoubaida («la source de Zoubaida») à La Mecque. (Photo fournie)

Les visiteurs du festival peuvent visiter le palais historique, les puits, les routes et les monuments, à travers des itinéraires et des chemins préétablis.

«Le festival a redonné vie à l'économie et au tourisme dans la région», affirme Mite'eb, ajoutant que les soirées de poésie ont attiré un grand nombre de personnes grâce à la participation de poètes bien connus.

Laynah, l'un des plus anciens villages de la péninsule Arabique, est situé sur une route qui faisait partie du sentier de Zoubaida qu’empruntaient les pèlerins irakiens lors de leurs voyages du Hajj et de l’Omra vers La Mecque.

La région est connue pour l'abondance de ses eaux et de ses puits, ainsi que pour son importance historique. On peut ainsi visiter le palais du roi Abdelaziz, construit en 1935, et l'ancien marché ou «souk», ainsi nommé par les marchands irakiens qui échangeaient des marchandises avec les habitants du Najd.

Le sentier de Zoubaida, ou route de pèlerinage Al-Koufi, va de Koufa en Irak à La Mecque, en passant par le nord et le centre du Royaume.

Il a été ainsi nommé d'après Zoubaida bent Jafar, épouse du calife abbasside Haroun al-Rachid, en reconnaissance de son travail caritatif et du nombre de stations de repos qu'elle avait ordonné d'établir le long du chemin.

Le sentier fonctionnait comme une route commerciale à l'époque préislamique, mais son importance s’est ensuite accrue, pour se développer à l'époque du premier califat. Le sentier a connu son apogée à l'époque abbasside entre 750 et 1258, lorsqu'il est devenu une route pavée à proprement parler.

Des stations, des puits, des piscines et des barrages ont été établis, et des maisons construites le long du sentier menant à La Mecque. On y a relevé vingt-sept grandes stations, notamment Al-Sheihiyat, Al-Joumaima, Faid, Al-Rabadha, That-Erq et Khouraba.

Avec l'augmentation du nombre de musulmans au début de l'époque islamique, en particulier aux époques omeyyade et abbasside, le manque de sources d'eau à La Mecque et dans les lieux saints posait un sérieux problème aux habitants, en particulier pendant la saison du Hajj.

Les visiteurs du festival peuvent visiter le palais historique du roi Abdelaziz, les puits, les routes et les monuments historiques, en empruntant des itinéraires et des chemins préétablis. (SPA)
Les visiteurs du festival peuvent visiter le palais historique du roi Abdelaziz, les puits, les routes et les monuments historiques, en empruntant des itinéraires et des chemins préétablis. (SPA)

Le Dr Mohammed Al-Sharif, chercheur en histoire de la région de La Mecque, explique que la rareté de l'eau était un problème et un défi pour les habitants de La Mecque et les pèlerins. Parfois, le prix d'Al-Badrah (une petite outre) était de 10 dirhams ou plus, un prix très élevé pour la plupart des pèlerins.

Lorsque Zoubaida a été informée du manque d’eau auquel les pèlerins étaient confrontés, elle a ordonné le creusement d'Aïn Zoubaida, ou «source de Zoubaida», en 810. Cela a contribué à pallier la rareté de l'eau dans les lieux saints et les villages environnants pendant des centaines d'années.

Al-Sharif précise que Zoubaida avait commandé et payé la construction d'Aïn Zoubaida. Elle a fait appel à des architectes et des ingénieurs pour résoudre ce problème.

Les sources sont un symbole immuable de l'âge d'or de la culture arabe, affirme Al-Sharif. «Elles constituaient un exemple parfait du patrimoine islamique et un chef-d'œuvre d'ingénierie incarnant la grandeur des personnes qui vivaient à proximité des Deux Saintes Mosquées. C'est un témoignage de leur détermination à s'adapter au terrain difficile et à construire une grande civilisation humaine», conclut-il.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com