Afghanistan: la France pourrait continuer ses évacuations « au-delà » de vendredi

Cette photo prise et publiée par l'État-major des armées français le 26 août 2021 montre des personnes attendant de monter à bord d'un avion de transport militaire français à l'aéroport de Kaboul, pour se rendre à la base aérienne d'Al Dhafra, près d'Abu Dhabi, et puis à l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, au nord de Paris, dans le cadre de l'opération "Apagan". (AFP / État-Major des Armées)
Cette photo prise et publiée par l'État-major des armées français le 26 août 2021 montre des personnes attendant de monter à bord d'un avion de transport militaire français à l'aéroport de Kaboul, pour se rendre à la base aérienne d'Al Dhafra, près d'Abu Dhabi, et puis à l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, au nord de Paris, dans le cadre de l'opération "Apagan". (AFP / État-Major des Armées)
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Publié le Vendredi 27 août 2021

Afghanistan: la France pourrait continuer ses évacuations « au-delà » de vendredi

  • La France a prévu d'achever son opération vendredi soir, date-butoir "imposée" par les Américains, avait indiqué jeudi le Premier ministre Jean Castex
  • La France essaie encore d'évacuer plusieurs centaines d'Afghans, dans un contexte chaotique après le double attentat revendiqué par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) qui a fait des dizaines de morts

PARIS : La France pourrait poursuivre ses évacuations d'Afghanistan "au-delà" de vendredi soir, a déclaré le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Clément Beaune.

"Ca peut aller peut-être au-delà de ce soir mais nous devons rester prudents sur ce sujet", a-t-il relevé sur la radio Europe 1.

La France a prévu d'achever son opération vendredi soir, date-butoir "imposée" par les Américains, avait indiqué jeudi le Premier ministre Jean Castex.

Un calendrier évoqué également vendredi matin par le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari, qui a fait état des "derniers vols ce soir" sur la chaîne CNews. 

 

Odoul (RN) se félicite d'une "victoire idéologique" de Marine Le Pen

Le porte-parole du Rassemblement national (RN), Julien Odoul, s'est félicité vendredi d'une "victoire idéologique" selon lui de Marine Le Pen dont "les mêmes mots, les mêmes arguments, les mêmes idées" sur l'accueil des réfugiés afghans sont repris par certains candidats de droite à la présidentielle.

"C’est une victoire idéologique pour Marine Le Pen. Quand vous entendez Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, qui utilisent les mêmes mots, les mêmes arguments, les mêmes idées que Marine Le Pen, ça montre bien qu’on a eu raison", s'est-il réjoui sur franceinfo.

"Plus de 2.700 personnes" ont été évacuées depuis le 16 août, selon un décompte twitté jeudi par la ministre des Armées, Florence Parly, alors que les opérations d'évacuations à l'aéroport de Kaboul doivent se terminer vendredi.

La présidente ex-LR de la région Ile-de-France Valérie Pécresse, candidate à la primaire de la droite, avait plaidé lundi pour "stopper l'immigration" et "privilégier l'accueil des personnes déplacées" dans les pays bordant l'Afghanistan, balayant tout "accueil inconditionnel" en France.

Quant à Xavier Bertrand, qui refuse toute primaire à ce stade, il faut "nous préparer sérieusement au choc migratoire qui arrive", avait-il jugé dimanche dans un entretien au JDD. "Nous devons prendre notre part à ce drame, mais pas dans n’importe quelles conditions, et pas tout seuls", avait-il estimé.

M. Odoul a encore une fois invoqué le "principe de précaution" pour "arrêter cette immigration anarchique, ces vagues migratoires" de façon "à protéger les Français".

"Le risque terroriste est bien présent en Afghanistan et le risque que ce pays soit une rampe de lancement pour le jihadisme international est toujours d’actualité", a-t-il ajouté, au lendemain d'une double attaque suicide revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) à Kaboul.

Mme Le Pen a "sollicité le président de la République" pour un entretien, a par ailleurs confirmé le porte-parole du RN, "car la situation est extrêmement grave", mais elle n'a pas obtenu de réponse "pour l'instant" de la part de l'Elysée.

Interrogé également sur les candidats à la primaire de la droite, Julien Odoul a raillé "le concours du meilleur futur Premier ministre d'Emmanuel Macron" car ils sont, selon lui, "tous Macron-compatibles", critiquant aussi "le gouffre, l'océan, entre les discours et les actes" des Républicains.

Le porte-parole du RN a, en outre, assuré que les Français avaient "un désir d'alternance", face à un Emmanuel Macron "incompétent", précisant que Marine Le Pen ferait campagne sur les thèmes de "la sécurité, l'immigration mais aussi sur le pouvoir d'achat" pour les classes moyennes "qui se paupérisent dramatiquement".

Mais la France essaie encore d'évacuer plusieurs centaines d'Afghans, dans un contexte chaotique après le double attentat revendiqué par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) qui a fait des dizaines de morts, dont treize soldats américains, jeudi à l'aéroport de Kaboul.

"L'attaque terroriste ne doit pas empêcher ces opérations (...) Nous continuerons jusqu'à la dernière seconde possible", a déclaré Clément Beaune.

Il a toutefois laissé entendre que tous les Afghans menacés qui essaient de quitter leur pays ne pourraient sans doute pas le faire.

"Est-ce que cela veut dire que toutes les personnes qui ont travaillé en Afghanistan pour des alliés, pour des Européens pourront quitter l'aéroport ? Sans doute non", a-t-il concédé.

Un "guichet spécial" créé à Paris pour enregistrer les demandes d'asiles des Afghans évacués

Un "guichet unique spécial" va ouvrir lundi à Paris pour enregistrer les demandes d'asile des Afghans évacués de Kaboul, a annoncé vendredi à l'AFP l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii), chargé de leur accueil.

Plus de 2.500 Afghans ont rejoint la France lors de ces opérations d'évacuation, depuis la prise de pouvoir des talibans le 15 août.

Les premiers arrivés doivent quitter à partir de ce week-end les hôtels dans lesquels ils sont installés le temps d'une quarantaine sanitaire de dix jours et pourront ensuite déposer une demande d'asile.

"Un guichet unique spécial d'enregistrement de la demande d'asile va être mis en place à partir de lundi à la préfecture de police de Paris", a expliqué le directeur de l'Ofii, Didier Leschi.

Une "vingtaine de personnes" dédiées à l'enregistrement de ces dossiers seront appelées en renfort pour maintenir la "fluidité" du reste des demandes.

En plus de ce dispositif, "plusieurs autres guichets en petite couronne parisienne seront armés spécifiquement" pour cette demande, a ajouté Didier Leschi, avec notamment des "plages de rendez-vous dédiées".


A Paris, blessés et gardes à vues après des bagarres impliquant des supporters niçois

Les supporters du RC Lens font la fête sur le terrain après la victoire de leur équipe à l'issue de la demi-finale de la Coupe de France de football opposant le RC Lens au Toulouse FC au Stade Bollaert-Delelis à Lens, dans le nord de la France, le 21 avril 2026. (AFP)
Les supporters du RC Lens font la fête sur le terrain après la victoire de leur équipe à l'issue de la demi-finale de la Coupe de France de football opposant le RC Lens au Toulouse FC au Stade Bollaert-Delelis à Lens, dans le nord de la France, le 21 avril 2026. (AFP)
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  • Les forces de l'ordre sont intervenues et ont procédé à l'interpellation de 65 personnes qui ont été placées en garde à vue "notamment pour participation à un groupement en vue de commettre des violences", précise encore la PP
  • Des armes blanches et armes par destination ont été découvertes ainsi que des cagoules et gants coqués

PARIS: Soixante-cinq personnes ont été placées en garde à vue après des incidents jeudi soir à Paris, impliquant des supporters de l'OGC Nice, qui ont fait six blessés, dont un grièvement.

Une centaine de supporters de Nice, qui affronte Lens en finale de la Coupe de France de football vendredi à 21H00 au Stade de France, se sont réunis vers 23H30 dans le Xe arrondissement, dans l'est de la capitale, "cherchant manifestement à en découdre", selon la Préfecture de police à l'AFP.

Ces supporters niçois ont déambulé le long du Canal Saint-Martin et une importante rixe a éclaté quai de Valmy "pour un motif ignoré à ce stade". Six personnes ont été blessées, dont une grièvement.

Les forces de l'ordre sont intervenues et ont procédé à l'interpellation de 65 personnes qui ont été placées en garde à vue "notamment pour participation à un groupement en vue de commettre des violences", précise encore la PP.

Des armes blanches et armes par destination ont été découvertes ainsi que des cagoules et gants coqués.

Selon une autre source policière, un couteau à pain avec une lame de 20 cm et des traces de sang ont été également découverts au sol dans une rue du Xe arrondissement. Toujours selon cette source, certaines victimes n'auraient aucun lien avec le milieu du supporterisme, il s'agirait de simples badauds.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos amateurs montrent des personnes masquées s'en prenant à un bar du quartier, L'Atmosphère, jetant notamment des chaises contre la devanture.

"Tout ce qu'on n'aime pas" 

"Ce sont des groupes certainement marginaux car l'essentiel des supporters niçois doit arriver aujourd'hui à Paris", a assuré le président de la Fédération française de football Philippe Diallo sur France Info. "On est dans tout ce qu'on n'aime pas dans le football, c'est-à-dire de la violence, alors même qu'une finale de Coupe de France, c'est la fête...".

Le maire du XIe arrondissement, David Belliard, a dénoncé sur son compte X "un cortège de militants d'extrême droite en plein Paris, qui se battent et sont violents".

"Ces gens n'ont rien à faire là. Nous ne voulons ni d'eux, ni de leur idéologie raciste ici", a ajouté l'élu écologiste.

Classée à risque en raison de l'animosité entre les supporters de Nice et ceux du PSG, cette finale de Coupe de France fait l'objet d'un important dispositif, avec plus de 2.000 policiers prévus.

La préfecture de Seine-Saint-Denis a également décidé d'interdire la vente de boissons alcoolisées sur place et aux abords immédiats du Stade de France, ainsi que leur consommation sur la voie publique.

Le RC Lens, qui a terminé 2e du championnat derrière le Paris Saint-Germain, peut écrire l'une des plus belles pages de son histoire en remportant sa première Coupe de France.

De son côté, Nice tentera avant tout de reprendre confiance quelques jours avant des barrages décisifs pour son maintien en Ligue 1, contre Saint-Etienne.


Le Drian: Le Liban est «en situation de péril» 

Une photo diffusée par le service de presse de la présidence libanaise le 8 décembre 2025 montre le président libanais Joseph Aoun (à droite) en compagnie de l'envoyé français Jean-Yves Le Drian (à gauche) au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth. (Photo : Handout / Présidence libanaise / AFP)
Une photo diffusée par le service de presse de la présidence libanaise le 8 décembre 2025 montre le président libanais Joseph Aoun (à droite) en compagnie de l'envoyé français Jean-Yves Le Drian (à gauche) au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth. (Photo : Handout / Présidence libanaise / AFP)
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  • "Aujourd'hui, le Liban est en situation de péril sur son unité et sur son intégrité", a déclaré Jean-Yves Le Drian sur BFM TV/RMC, soulignant la division des "communautés libanaises à l'égard du Hezbollah et à l'égard d'Israël"
  • "Le Liban est menacé dans son intégrité parce qu'il y a une partie de son territoire qui est occupée par Israël et une autre partie qui est agitée et animée par le Hezbollah, qui sert les intérêts iraniens, donc d'une puissance étrangère", a-t-il rappelé

PARIS: Le Liban est "en situation de péril", a estimé jeudi l'envoyé spécial du président français pour le Liban, Jean-Yves Le Drian, tout en saluant la poursuite des discussions qui offrent "une perspective" de sortie du conflit entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.

"Aujourd'hui, le Liban est en situation de péril sur son unité et sur son intégrité", a déclaré Jean-Yves Le Drian sur BFM TV/RMC, soulignant la division des "communautés libanaises à l'égard du Hezbollah et à l'égard d'Israël".

"Le Liban est menacé dans son intégrité parce qu'il y a une partie de son territoire qui est occupée par Israël et une autre partie qui est agitée et animée par le Hezbollah, qui sert les intérêts iraniens, donc d'une puissance étrangère", a-t-il rappelé.

Il a néanmoins salué la poursuite de la trêve, y voyant "une perspective de 45 jours où on va continuer à discuter".

Et dans ce processus, les dirigeants libanais sont "de haute qualité" et "sont courageux", a-t-il souligné, en référence à la demande de négocier directement avec le gouvernement israélien pour faire sortir leur pays "de cet étau et d'aboutir à un processus qui redonnera à l'État libanais les moyens d'agir et d'exister".

Il a en outre jugé "positif" que les Etats-Unis s'impliquent dans le processus de négociation et ce, "même si Israël a refusé que la France fasse partie de cette discussion alors que les Libanais le demandaient".

Israël et le Hezbollah poursuivent leurs affrontements au Liban malgré la trêve.

L'armée israélienne a mené des frappes au-delà de la "ligne jaune" qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle les soldats israéliens poursuivent leurs opérations, disant protéger la population du nord d'Israël des tirs du mouvement pro-iranien.

 


L'ex-Premier ministre Edouard Philippe soupçonné de détournement de fonds publics

L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
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  • Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025
  • Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête

PARIS: L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi.

Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile.

Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête.

La lanceuse d'alerte, "Judith" (prénom modifié), "se félicite de l'ouverture d'une information judiciaire sur les faits qu'elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d'instruction", a réagi auprès de l'AFP son avocat Jérôme Karsenti.

Les faits sont contestés depuis le début par M. Philippe, qui a été le premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron (2017-2020).

La maire du Havre "prend acte de l'ouverture d'une information judiciaire. Il l'apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice", a réagi auprès de l'AFP son entourage.

Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l'innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise.

La plainte consultée par l'AFP estimait que le juge d'instruction devait "apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique", un tiers-lieu d'innovation.

Les soupçons portent sur une convention d'objectifs pluriannuelle pour l'animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l'association LH French Tech.

LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d'intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d'un service d'intérêt économique général (SIEG).

L'association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d'euros de compensation de service public pour mener des projets.

Le conflit d'intérêts "semble absolument évident", a considéré à l'époque la lanceuse d'alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023 et qui avait obtenu le statut de lanceuse d'alerte en janvier 2025.