Sommet de Bagdad: le chef de la diplomatie iranienne en route vers l'Irak

Le président iranien Ebrahim Raisi (à droite) avec le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amirabdollahian le 26 août 2021. (Présidence iranienne / AFP)
Le président iranien Ebrahim Raisi (à droite) avec le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amirabdollahian le 26 août 2021. (Présidence iranienne / AFP)
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Publié le Vendredi 27 août 2021

Sommet de Bagdad: le chef de la diplomatie iranienne en route vers l'Irak

  • Ce sommet prévu samedi a pour ambition de désamorcer les tensions régionales, notamment entre les puissances saoudiennes et iranienne
  • Outre M. Macron, seul acteur extra-régional, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, et le roi Abdallah II de Jordanie sont attendus

TEHERAN, Iran : Le ministère iranien des Affaires étrangères a indiqué vendredi qu'une délégation présidée par le chef de la diplomatie, Hossein Amir-Abdollahian, se rendait en Irak pour participer au sommet régional de Bagdad où est également attendu le président français, Emmanuel Macron.

Ce sommet prévu samedi a pour ambition de désamorcer les tensions régionales, notamment entre les puissances saoudienne et iranienne.

Le nouveau président iranien, Ebrahim Raïssi, a reçu l'invitation au sommet début août mais il n'a pas précisé s'il y participerait.

Outre M. Macron, seul acteur extra-régional, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, et le roi Abdallah II de Jordanie sont attendus.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, et le roi Salmane d'Arabie saoudite ont également été conviés à la rencontre mais pourraient envoyer des représentants.

L'Irak tente de se poser en médiateur entre les pays arabes et l'Iran. Depuis le mois d'avril, Bagdad tente de négocier des pourparlers entre l'Iran et l'Arabie saoudite, afin de réduire les tensions entre les deux puissances régionales.

"Je ne vois pas d'obstacles" à rétablir les liens avec le royaume du Golfe, avait déclaré le président ultraconservateur, M. Raïssi, qui a succédé début août au modéré Hassan Rohani. Pour le chef d'Etat iranien, l'amélioration des relations avec les pays de la région est une priorité. 


Argentine: l'urgente quête des identités «volées» sous la dictature

Les membres des Grands-mères de la Place de Mai se réunissent à Buenos Aires le 19 décembre 2011, alors que le Congrès argentin reconnaissait le groupe de défense des droits à l'occasion de son 35e anniversaire. (AFP)
Les membres des Grands-mères de la Place de Mai se réunissent à Buenos Aires le 19 décembre 2011, alors que le Congrès argentin reconnaissait le groupe de défense des droits à l'occasion de son 35e anniversaire. (AFP)
Les membres des Grands-mères de la Place de Mai se réunissent à Buenos Aires le 19 décembre 2011, alors que le Congrès argentin reconnaissait le groupe de défense des droits à l'occasion de son 35e anniversaire. (AFP)
Les membres des Grands-mères de la Place de Mai se réunissent à Buenos Aires le 19 décembre 2011, alors que le Congrès argentin reconnaissait le groupe de défense des droits à l'occasion de son 35e anniversaire. (AFP)
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  • Sous la dictature militaire (1976-1983), un peu moins de 500 enfants ont été «appropriés», nés d'une mère détenue puis disparue, et donnés à un foyer souvent ami du régime
  • Depuis, 130 cas ont été «résolus» --c'est-à-dire l'identité originelle de l'enfant restituée-- souvent en d'émouvantes retrouvailles, parfois après la mort. Mais rien, aucune «restitution», depuis juin 2019

MORON: Les "Grands-mères" de la Place de Mai s'éteignent l'une après l'autre, les souvenirs -et les doutes- s'enfouissent,et le temps presse : en Argentine la quête, toujours délicate, de l'identité d'enfants "volés" sous la dictature, reprend depuis peu alors que les restitutions se raréfient.

Le doute, ce peut être cette dissemblance physique d'avec ses parents, qui avec le temps a fini par interpeller. Cette absence dans l'album-photos de la grossesse de sa mère, ou ces trous dans le récit familial. Le déclic, c'est parfois le décès d'un parent, parfois sa propre paternité, maternité, qui fait réaffleurer le doute : "Je viens de donner la vie, mais ma vie à moi vient d'où ?"

"Ils viennent à nous dans divers états, avec cette +chaîne de doutes+, ils ont porté une charge de silence pendant 20 ans, parfois plus, sans en parler à personne, même pas leur conjoint. Certains ont pris rendez-vous plusieurs fois, et finalement ne sont pas venus", explique à l'AFP Laura Rodriguez, de la jeune génération de l'organisation "Abuelas" qui regroupait à l'origine ces grands-mères d'enfants "volés" à leurs filles ou fils sous la dictature.

Aussi Abuelas multiplie depuis quelques semaines des sessions dites d'"approche spontanée", les décentralise dans la vaste province de Buenos Aires. Pour aller à la rencontre, au plus près, de ceux auxquels ce pas coûte. Il n'est jamais facile de venir dire qu'"+on n'est pas sûr d'être qui on nous a toujours dit qu'on était+", excuse Laura.

Sous la dictature militaire (1976-1983), un peu moins de 500 enfants ont été "appropriés", nés d'une mère détenue puis disparue, et donnés à un foyer souvent ami du régime, dans un curieux mélange de service à une famille voulant un enfant et de délire de voir élever un être "bien pensant" politiquement.

«Saut dans le vide»

Depuis, 130 cas ont été "résolus" --c'est-à-dire l'identité originelle de l'enfant restituée-- souvent en d'émouvantes retrouvailles, parfois après la mort. Mais rien, aucune "restitution", depuis juin 2019. La faute en grande partie à la pandémie, qui a tari les contacts, les recherches.

Dans la province de Buenos Aires, plus de 600 "présentations spontanées" étaient ainsi reçues par an vers 2012-14, chiffre tombé à 250 -et tout en virtuel- en 2020. Et six "Grands-mères" sont décédées durant les années Covid.

Aussi Moron, à 40 km de Buenos Aires, accueille une de ces sessions  --une demi-douzaine sont prévues sur les semaines à venir-- où Abuelas, et Defenseur du peuple, vont au contact, invitent, incitent, quiconque aurait des doutes sur son identité à venir s'exprimer.

Car parler n'est pas facile. "C'est un saut dans le vide", insiste Guillermo Amarilla Molfino, "petit-fils N.98" qui a lui-même mis des années à verbaliser, puis récupérer son identité, sa fratrie, en 2009 après un long processus. Il dispense à présent des conseils à l'équipe qui va accueillir en présentiel des quadra, quinquagénaires, nés dans cette fourchette fin des années 70-début des 80. Et qui "doutent".

"Il y a beaucoup de craintes, il y a une culpabilité, cette culpabilité qui nous fait taire : +pourquoi je doute de mes parents, pourquoi je trahis ceux qui m'ont donné à manger, un toit ?", poursuit-il. "Il y a le silence qui parfois devient un allié avec lequel on vit". Et venir parler  "c'est comme +remettre sa vie+" à quelqu'un.

D'où l'importance du doigté, de qui va recueillir ces doutes, en tête-à-tête. Equilibrisme entre une écoute empathique et le "devoir, pas forcément agréable, de doucher les espoirs, trier ce qui est une information fiable dans ce que nous dit la personne, et ce qui relève du récit qu'elle a commencé, seule, à se tisser", pose patiemment Luciano Lahiteau, Défenseur des droits.

Je doute, donc je suis 

La quête, poursuit-il, emprunte ensuite un protocole établi : stricte confidentialité bien sûr, prise de toute donnée, document, acte, dont dispose cette personne, croisement avec les données de la "grande" histoire, registres récupérables, état-civil, hôpitaux, témoignages ou éléments émergés lors de procès de militaires.

Puis, s'il y a "présomption", un prélèvement ADN est proposé, croisé avec la Banque nationale de données génétiques, qui détient une grande partie -pas tous- des ADN des familles recherchant un enfant "approprié" sous la dictature.

"Quand on en retrouve un, c'est le gros lot à la loterie !", convient Laura Rodriguez. "Mais on se conçoit comme travaillant dans un +univers plus vaste+". Qu'ils soient enfants adoptés, illégitimes, confiés, "on reçoit énormément de gens qui ne sont pas fils de disparus. Et on s'assure d'accueillir, d'aider de la même façon, donner les outils, à quiconque fait ce pas" d'exprimer son doute sur sa vraie identité.


Grèce: au moins 15 morts dans le naufrage d'une embarcation de migrants

La Grèce a connu cette année une augmentation du trafic migratoire, les passeurs empruntant souvent la route la plus longue et la plus périlleuse au sud du pays. (AFP)
La Grèce a connu cette année une augmentation du trafic migratoire, les passeurs empruntant souvent la route la plus longue et la plus périlleuse au sud du pays. (AFP)
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  • Les corps de 15 femmes apparemment d'origine africaine ont été repêchés à l'est de l'île de Lesbos, voisine des côtes turques en mer Egée, après que leur embarcation a sombré
  • Neuf autres femmes ont pu être secourues mais 14 autres personnes sont portées disparues, une quarantaine de personnes se trouvaient à bord de l'embarcation au moment du drame

ATHENES: Au moins 15 personnes sont mortes et une trentaine d'autres portées disparues en Grèce dans le naufrage de deux embarcations de migrants, poussées par des vents violents, ont annoncé jeudi les gardes-côtes grecs.

Les corps de 15 femmes apparemment d'origine africaine ont été repêchés à l'est de l'île de Lesbos, voisine des côtes turques en mer Egée, après que leur embarcation a sombré, a indiqué un porte-parole des garde-côtes, Nikos Kokkalas, sur la chaîne de télévision publique ERT.

Neuf autres femmes ont pu être secourues mais 14 autres personnes sont portées disparues, a-t-il ajouté, en précisant qu'une quarantaine de personnes se trouvaient à bord de l'embarcation au moment du drame. "Les femmes étaient complètement paniquées", a-t-il décrit.

Quelques heures plus tôt, les autorités avaient fait état de disparus après le naufrage d'une autre embarcation, un voilier transportant quelque 95 personnes, cette fois-ci au large de l'île de Cithère, proche de la péninsule du Péloponnèse.

A la nage 

Certains des survivants ont pu rejoindre la côte à la nage, et une opération combinée mobilisant des navires en mer et les services de pompiers et de police à terre a permis de retrouver 80 personnes.

Le voilier a coulé près du port de Diakofti. Il a été "complètement détruit", selon M. Kokkolas.

Aucune précision n'a été fournie quant à la nationalité des naufragés.

Dans la région de Cithère, les vents atteignaient 102 km/h, ont indiqué les garde-côtes.

La Grèce a connu cette année une augmentation du trafic migratoire, les passeurs empruntant souvent la route la plus longue et la plus périlleuse au sud du pays.

Les embarcations de fortune partent du Liban, et non plus de la Turquie, pour contourner les patrouilles en mer Égée et tentent de rejoindre l'Italie.

Les garde-côtes ont assuré avoir secouru quelque 1.500 personnes au cours des huit premiers mois de l'année, contre moins de 600 en 2021.

La traversée périlleuse de quelques milles nautiques entre les îles grecques, porte d'entrée dans l'Union européenne, et les côtes turques en mer Egée, située en Méditerranée orientale, coûte la vie à de nombreux migrants et réfugiés qui tentent la traversée à bord d'embarcations de fortune pour fuir guerres et misère.

Depuis janvier 2022, 64 personnes ont péri en tentant de passer en Europe depuis les côtes turques proches, contre 111 pour l'ensemble de l'année 2021, selon les données de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

En décembre dernier, au moins 30 personnes ont péri dans trois naufrages distincts de bateaux de migrants en mer Égée. Mais les données précises sont difficiles à établir car certains corps ne sont jamais repêchés ou sont retrouvés sur le rivage des semaines plus tard.

Accusations 

Athènes accuse Ankara de fermer les yeux sur les pratiques des passeurs et de laisser des migrants venir en Grèce en violation de l'accord de mars 2016 qui prévoyait un effort de la Turquie pour limiter les départs de réfugiés et migrants depuis son territoire.

La Turquie nie ces accusations.

De son côté, la Grèce est pointée du doigt par des ONG et des médias pour ses responsabilités dans des refoulements illégaux et souvent violents à ses frontières maritimes et terrestres.

Le gouvernement conservateur grec a toujours démenti ces refoulements vers la Turquie, contraires au droit international, malgré les enquêtes sérieuses et documentées menées par des médias internationaux et des ONG.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a accusé la Grèce de transformer la mer Egée en "cimetière" avec "ses politiques oppressives". Le ministre grec des Migrations, Notis Mitarachi, lui a rétorqué que la Turquie poussait les migrants "avec violence" vers les eaux territoriales grecques "en violation du droit international".


Une Europe élargie se rassemble à Prague face à Poutine

Six ans après le Brexit, les moindres faits et gestes de la Première ministre britannique Liz Truss à Prague seront évidemment scrutés avec attention. (AFP)
Six ans après le Brexit, les moindres faits et gestes de la Première ministre britannique Liz Truss à Prague seront évidemment scrutés avec attention. (AFP)
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  • Traduction concrète d'une idée lancée en mai par le président français Emmanuel Macron, cette «CPE», est un rassemblement beaucoup plus large que l'Union européenne
  • Mais derrière ce nouvel acronyme, on trouve des tensions latentes et des pays aux trajectoires radicalement différentes vis-à-vis de l'UE

PRAGUE: La "Communauté politique européenne" fait ses premiers pas: 44 dirigeants du continent se retrouvent jeudi à Prague, dans un format inédit qui est aussi un symbole fort, sept mois après le début de l'invasion russe en Ukraine.

La "photo de famille" dans l'imposant château de Prague qui domine la vieille ville vise à marquer les esprits au moment où le président russe Vladimir Poutine brandit de nouveau le spectre de l'arme nucléaire et où le continent redoute une crise énergétique sans précédent.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'exprimera depuis Kiev en visioconférence.

Traduction concrète d'une idée lancée en mai par le président français Emmanuel Macron, cette "CPE", est un rassemblement beaucoup plus large que l'Union européenne (17 pays invités en plus des 27 membres du bloc).

Mais derrière ce nouvel acronyme, on trouve des tensions latentes et des pays aux trajectoires radicalement différentes vis-à-vis de l'UE: Norvège, Ukraine, Suisse, Turquie, Royaume-Uni, Moldavie, Serbie, Azerbaïdjan...

Quel dénominateur commun entre des candidats déclarés (et impatients) à l'adhésion, des pays qui savent que la porte leur est fermée pour longtemps et le Royaume-Uni, qui choisissait il y a six ans de quitter l'UE avec fracas?

La CPE s'inscrira-t-elle dans la durée ou rejoindra-t-elle la longue liste des projets sans lendemain sur le continent, à l'image de la Confédération européenne proposée en 1989 par François Mitterrand?

Ne risque-t-elle pas, enfin, de devenir une anti-chambre dans laquelle les candidats à l'adhésion patientent éternellement?

Il s'agit d'un "complément" et non d'une "alternative" au processus d'adhésion à l'UE, assure Emmanuel Macron.