À l'aéroport de Kaboul, retour au calme pour les dernières évacuations

«Nous avons des listes données par les Américains (...) Si votre nom est sur la liste, vous pouvez passer», a expliqué un responsable taliban près du terminal passagers civils de l'aéroport international Hamid Karzai. (Photo, AFP)
«Nous avons des listes données par les Américains (...) Si votre nom est sur la liste, vous pouvez passer», a expliqué un responsable taliban près du terminal passagers civils de l'aéroport international Hamid Karzai. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 28 août 2021

À l'aéroport de Kaboul, retour au calme pour les dernières évacuations

  • L'attentat qui a fait jeudi plus de 100 morts, dont 13 soldats américains, près d'une des portes d'accès de l'aéroport a effrayé ceux qui espéraient fuir le nouveau régime
  • Lourdement armés, des combattants talibans circulaient sur les terrains et dans les bâtiments annexes de l'aéroport

KABOUL: Après des jours de chaos, l'ordre et le calme étaient de retour samedi à l'aéroport de Kaboul, où des combattants talibans remettaient les Afghans candidats à l'exil aux Américains en vue de leur évacuation.

Les milliers d'Afghans rassemblés depuis des jours aux portes de l'aéroport pour prendre place sur un des vols affrétés par les Occidentaux avant le 31 août, date limite pour le retrait des forces étrangères d'Afghanistan et la fin des évacuations, n'étaient plus visibles.

L'attentat qui a fait jeudi plus de 100 morts, dont 13 soldats américains, près d'une des portes d'accès de l'aéroport a effrayé ceux qui espéraient fuir le nouveau régime taliban vers un avenir meilleur en Occident.

Mais la coopération s'est aussi accentuée entre les Américains et les talibans, qui ont joué un rôle en scellant l'accès à l'aéroport, vers lequel seuls les bus disposant d'une autorisation sont désormais autorisés à s'avancer.

"Nous avons des listes données par les Américains (...) Si votre nom est sur la liste, vous pouvez passer", a expliqué un responsable taliban près du terminal passagers civils de l'aéroport international Hamid Karzai. "Si votre nom n'est pas là, vous ne pouvez pas passer."

Samedi, un journaliste de l'AFP a vu une dizaine de minibus ou bus de taille moyenne décharger des passagers un peu tendus devant la porte principale de l'aéroport.

Il n'était pas possible de déterminer d'où venaient ces bus ni qui les avait affrétés. Les responsables et gardes talibans ne laissaient pas les passagers être interviewés.

Sans bagages

Les hommes et femmes étaient séparés et devaient marcher chacun d'un côté différent de la rue. Dans chaque groupe, on pouvait voir des personnes tenant des bébés dans leurs bras ou des enfants par la main, dont certains semblaient oublier la réalité du moment et vivre leur départ comme une aventure.

Chacun était sommé d'abandonner ses bagages et ne devait conserver que ce qui pouvait tenir dans un petit sac en plastique.

"À cause de l'explosion (l'attentat de jeudi), les Américains ne les laisseront rien emmener", a affirmé un responsable taliban. "Nous leur disons de prendre leur argent et leur or dans les poches. S'ils laissent des vêtements, nous les donnerons à d'autres gens."

Lourdement armés, des combattants talibans circulaient sur les terrains et dans les bâtiments annexes de l'aéroport, alors que des soldats du corps des US marine les observaient depuis le toit du terminal passagers.

Après 20 ans de guerre, ces ennemis étaient séparés d'à peine une trentaine de mètres, avec une vue dégagée les uns sur les autres.

Les Américains pouvaient aussi voir des membres de l'unité "Badri 313", une composante des forces spéciales talibanes, dans des véhicules blindés Humvee pris sur le champ de bataille à l'armée afghane, et maintenant surmontés du drapeau blanc sur lequel est inscrit en noir le début de la chahada.

Les Américains et autres pays de l'Otan avaient prévu d'évacuer les Afghans ayant travaillé pour eux ces deux dernières décennies.

«Bonne chance»

Mais leurs plans pour une exfiltration ordonnée sont tombés à l'eau en raison de la rapidité de l'avancée militaire des talibans, qui sont rentrés dans Kaboul et ont repris le pouvoir le 15 août, bien plus tôt que ce que les Occidentaux avaient jamais anticipé.

Avant l'attaque meurtrière de jeudi, revendiquée par l’État islamique au Khorasan (EI-K), des milliers de personnes avaient pris d'assaut l'aéroport pour fuir leur pays.

Ces Afghans, pour beaucoup urbains et éduqués, craignaient que les talibans n'imposent le même type de régime fondamentaliste et brutal que lorsqu'ils étaient au pouvoir entre 1996 et 2001, malgré les promesses répétées des islamistes qu'ils ont changé et qu'ils ne chercheront pas à se venger.

Quelque 112 000 personnes, afghanes et étrangères, ont ainsi été évacuées depuis la mi-août, selon la Maison Blanche.

Un photographe de presse a reconnu un ami journaliste samedi parmi ceux qui arrivaient par bus pour être évacués. Ce dernier avait travaillé auparavant pour le service de communication de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) et était considéré comme pouvant faire l'objet de représailles des talibans.

Ils se sont enlacés brièvement avant de se séparer. "Bonne chance" se sont-ils dit, l'un restant derrière, l'autre partant vers une nouvelle vie.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.