«Un travail comme un autre»: un ex-ministre afghan devient livreur

«Un travail comme un autre»: un ex-ministre afghan devient livreur
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Publié le Lundi 30 août 2021

«Un travail comme un autre»: un ex-ministre afghan devient livreur

  • Bien que détenteur d'une double nationalité afghano-britannique, c'est en Allemagne qu'il décide d'élire domicile fin 2020
  • Les Afghans sont déjà depuis plusieurs années le deuxième groupe de migrants en nombre en Allemagne, derrière les Syriens

LEIPZIG: Il était autrefois ministre en Afghanistan. A présent installé en Allemagne, Sayed Sadaat gagne aujourd'hui sa vie comme livreur à vélo de plats à emporter.


Six heures par jour pendant la semaine, et de midi à 22H00 le soir les week-ends, Sayed Sadaat porte la combinaison orange vif, emblème de son entreprise, ainsi que son sac de coursier pour acheminer pizzas et autres plats aux clients.


"Il n'y a pas à avoir honte, c'est un travail comme un autre", explique-t-il à l'AFP dans les rues de Leipzig. "S'il y a un emploi c'est qu'il y a de la demande et quelqu'un doit se charger d'y répondre", philosophe le quinquagénaire.


La transition fut toutefois rude pour lui. Elle pourrait annoncer celle qui attend à leur tour les quelques milliers d'Afghans tout dernièrement évacués par les forces allemandes suite à la prise du pouvoir dans leur pays par les talibans. Ou ceux qui pourraient venir en bien plus grand nombre par leurs propres moyens dans les mois et années à venir.

210 000 Afghans 

Les Afghans sont déjà depuis plusieurs années le deuxième groupe de migrants en nombre en Allemagne, derrière les Syriens, avec quelque 210 000 demandes d'asile déposées depuis 2015.


Sayed Sadaat est arrivé plusieurs mois avant l'effondrement du régime de Kaboul face aux talibans. Il fut ministre des Communications en Afghanistan de 2016 à 2018.


Il affirme aujourd'hui avoir quitté son poste car il en avait assez de la corruption du gouvernement.


Il a alors été employé en Afghanistan comme consultant dans le secteur des télécoms.


Mais en 2020 la situation sécuritaire se dégrade. "Donc j'ai décidé de partir", raconte-t-il.


Bien que détenteur d'une double nationalité afghano-britannique, c'est en Allemagne qu'il décide d'élire domicile fin 2020. Juste avant que le Brexit rende cette démarche beaucoup plus difficile pour les citoyens de Sa Majesté.


Il estime avoir davantage d'opportunités dans son secteur au sein de la première économie européenne.


Problème: son manque de connaissance de l'allemand a été immédiatement un frein et la pandémie de Covid-19 avec le confinement n'a pas facilité l'apprentissage.


Désormais, il s'y consacre à raison de quatre heures de cours par jour, avant d'enfourcher son vélo de livreur Lieferando.


Il perçoit 15 euros de l'heure. C'est 50% de plus que le salaire minimum en Allemagne (9,50 euros), mais néanmoins un salaire très modeste. Il affirme réussir malgré tout à subvenir à ses besoins.


Sayed Sadaat n'a pas le droit au statut de réfugié et aux allocations afférentes car il est considéré d'abord comme citoyen britannique.


L'homme, qui refuse de parler de sa famille en Afghanistan, affirme malgré tout ne pas regretter sa décision.

Conseiller du gouvernement allemand? 
Le travail de livreur "est pour une période limitée, jusqu'à ce que je trouve un autre emploi", veut-il croire. Dans un sourire, il dit qu'il est en pleine forme depuis qu'il doit parcourir autour de 1.200 kilomètres à vélo chaque mois.


Avec le retrait des forces de l'Otan d'Afghanistan, Sayed Sadaat pense pouvoir se rendre utile en Allemagne. "Je peux conseiller le gouvernement allemand et faire en sorte que le peuple afghan en profite car je peux donner une image réaliste du terrain" sur place, assure-t-il. Même s'il admet n'avoir encore aucun contact.


La priorité du moment reste donc aux livraisons de plats dans les rues de Leipzig, en Saxe.


Sa journée de travail vient juste de commencer ce jour-là et, déjà, il parcourt son téléphone portable où les commandes arrivent. "Je dois y aller à présent", glisse-t-il en fonçant sous la pluie pour sa première livraison de la journée.


Cinq Italiens décédés dans un accident de plongée aux Maldives

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
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  • Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé
  • Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué

MALE: Cinq Italiens sont décédés dans un accident de plongée aux Maldives, sans que les circonstances précises soient connues, a annoncé jeudi le ministère italien des Affaires étrangères, les forces de sécurité sur place ayant retrouvé un corps.

L'archipel est une destination de vacances de luxe, avec ses plages de sable blanc et ses complexes hôteliers isolés, prisée des plongeurs.

Des responsables locaux ont déclaré qu'il s'agissait du plus grave accident de plongée survenu dans ce pays composé de 1.192 minuscules îles coralliennes dispersées sur quelque 800 kilomètres le long de l'équateur, dans l'océan Indien.

"A la suite d'un accident survenu lors d'une sortie de plongée sous-marine, cinq ressortissants italiens ont trouvé la mort (...) aux Maldives. Les plongeurs auraient perdu la vie alors qu'ils tentaient d'explorer des grottes situées à 50 mètres de profondeur", précise le ministère, en soulignant que les autorités locales menaient une enquête.

Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé.

Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué.

"Un corps a été retrouvé", annonce le communiqué. Il a "été découvert à l'intérieur d'une grotte en profondeur (...) On pense que les quatre autres plongeurs se trouvent également dans cette même grotte, qui descend jusqu'à environ 60 mètres", précise-t-il.

Les MNDF ont aussi précisé qu'un navire des garde-côtes se trouvait dans la zone pour coordonner les opérations de recherche tout au long de la nuit. D'autres plongeurs des garde-côtes ont été envoyés en renfort pour participer aux recherches.

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs.

Une touriste britannique est décédée en décembre lors d'une plongée, et son mari, bouleversé, est mort quelques jours plus tard après être tombé malade.

En juin, un touriste japonais de 26 ans a disparu après une expédition de plongée près de la capitale.

Selon les médias locaux, au moins 112 touristes sont morts dans des incidents liés à la mer dans l'archipel au cours des six dernières années, dont 42 victimes d'accidents de plongée ou de plongée avec tuba.

 


Détroit d'Ormuz: Téhéran annonce laisser passer des navires chinois depuis mercredi

L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran"
  • Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique"

TEHERAN: L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran", ont indiqué jeudi dans un communiqué les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran.

Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique", ont-ils spécifié.

Cette autorisation donnée à plusieurs navires chinois a également été annoncée par des médias officiels iraniens.

La télévision d’État iranienne a notamment précisé que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à franchir le détroit d'Ormuz, sans indiquer s'il s'agissait exclusivement de navires chinois.

Le blocage iranien de cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole perturbe les marchés mondiaux et confère à Téhéran un levier stratégique.

Les Etats-Unis ont quant à eux imposé leur propre blocus des ports iraniens malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump, en visite jeudi en Chine, a discuté du détroit d'Ormuz avec son homologue Xi Jinping.

Selon un extrait d'une interview à la chaîne Fox News, Donald Trump a déclaré que M. Xi lui avait assuré que Pékin n'enverrait pas d'équipement militaire à l'Iran et était prêt à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz.

La Chine est le principal pays importateur du pétrole iranien.


De nouvelles négociations entre Israël et le Liban s'ouvrent à Washington 

Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration. (AFP)
Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration. (AFP)
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  • A trois jours de la fin théorique, dimanche, de la trêve au Liban, représentants israéliens et libanais ont repris au département d'Etat des discussions qui doivent durer deux jours
  • Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël a continué à frapper des cibles du Hezbollah pro-iranien au Liban, tuant plus de 400 personnes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels

WASHINGTON: Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration.

Ce troisième cycle de discussions, qui doit durer deux jours, a débuté peu après 09H00 locales (13H00 GMT) au département d'Etat, d'après un diplomate proche du dossier.

A trois jours de la fin théorique, dimanche, de la trêve au Liban, représentants israéliens et libanais ont repris au département d'Etat des discussions qui doivent durer deux jours.

Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël a continué à frapper des cibles du Hezbollah pro-iranien au Liban, tuant plus de 400 personnes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

L'armée israélienne a encore annoncé jeudi de nouvelles frappes visant le Hezbollah pro-iranien dans le sud du pays, après avoir ordonné l'évacuation de huit villages. Selon l'agence de presse libanaise ANI, des bombardements se sont produits dans le sud du pays, au lendemain de raids meurtriers qui ont fait 22 morts.

Dans le nord d'Israël, une attaque de drone du Hezbollah a blessé plusieurs civils, selon l'armée israélienne.

En dépit de la trêve, Israël continue de viser le Hezbollah, le mouvement chiite qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale à la suite du déclenchement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

Le conflit a tué des milliers de personnes, principalement en Iran et au Liban, où les autorités dénombrent plus de 2.800 morts, dont au moins 200 enfants.

Lors de la dernière réunion le 23 avril à Washington entre Israéliens et Libanais, Donald Trump avait annoncé une prolongation de trois semaines de la trêve, et exprimé l'espoir d'un rapprochement historique entre les deux voisins du Proche-Orient.

Le président des Etats-Unis avait conjecturé qu'il accueillerait dans l'intervalle à la Maison Blanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun.

Mais cette rencontre ne s'est pas concrétisée, le chef d'Etat libanais exigeant au préalable un accord sur les questions de sécurité et la fin des attaques israéliennes.