Biden prend la parole sur le retrait d'Afghanistan, une décision qu'il n'a jamais reniée

Le président américain, Joe Biden. (AFP)
Le président américain, Joe Biden. (AFP)
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Publié le Mardi 31 août 2021

Biden prend la parole sur le retrait d'Afghanistan, une décision qu'il n'a jamais reniée

  • Joe Biden n'a jamais renié sa décision de mettre fin à vingt années d'intervention militaire, et n'est jamais revenu sur le calendrier, même quand le retrait a tourné à l'humiliation pour la première puissance mondiale
  • L'armée américaine a quitté l'Afghanistan une minute avant que ne débute, à Kaboul, la journée du 31 août, date butoir fixée par Joe Biden

WASHINGTON: Après les militaires et les diplomates, une mise en scène solennelle pour tenter de remettre d'aplomb un commandant en chef fragilisé: Joe Biden s'exprime mardi sur la fin humiliante de l'intervention américaine en Afghanistan, une décision qu'il n'a jamais reniée.

Le président a voulu prendre son temps avant de parler. L'horaire de son allocution mardi a d'ailleurs été repoussé de plus d'une heure par rapport au programme initial, et c'est à finalement 18H45 GMT que Joe Biden, sauf nouveau délai, doit apparaître dans la State Dining Room, la salle de réception de la Maison Blanche.

Se seront alors écoulées près de 24 heures depuis l'annonce par général Kenneth McKenzie de la fin de la plus longue guerre des Etats-Unis.

Joe Biden a ensuite laissé son secrétaire d'Etat Antony Blinken donner lundi de premières indications sur les efforts pour permettre aux derniers ressortissants américains et à d'autres alliés, afghans et étrangers, des Etats-Unis, de quitter un pays désormais aux mains des talibans.

- Commandant en chef fragilisé -

Après le général, le diplomate, et la photo déjà historique du dernier soldat américain montant de nuit dans l'avion à Kaboul, la Maison Blanche a voulu mettre en scène de manière très solennelle Joe Biden, ce "commandant en chef", titre dont se parent volontiers les présidents américains, très ébranlé.

Joe Biden n'a jamais renié sa décision de mettre fin à vingt années d'intervention militaire, et n'est jamais revenu sur le calendrier, même quand le retrait a tourné à l'humiliation pour la première puissance mondiale.

Comme il l'a dit et répété: "Je suis le président des Etats-Unis et à la fin c'est moi qui assume."

L'armée américaine a quitté l'Afghanistan une minute avant que ne débute, à Kaboul, la journée du 31 août, date butoir fixée par Joe Biden.

Pour autant, rien ne s'est passé comme prévu. Le président américain et son administration ont d'abord semblé tétanisés par l'avancée fulgurante des talibans. Il faudra du temps aux Américains pour oublier le long silence de Joe Biden, retranché dans la résidence de vacances de Camp David, devant ses écrans de visioconférence, alors que Kaboul tremblait puis tombait.

La Maison Blanche a ensuite tenté de reprendre la main en communiquant sans relâche sur la gigantesque opération d'évacuation de 120.000 personnes par voie aérienne.

L'administration Biden, très vite, a aussi martelé que non, il n'était pas question de revenir en arrière. Même après qu'un attentat a coûté la vie à 13 militaires américains à Kaboul la semaine dernière.

- Tourner la page -

Reste à savoir quel impact aura cette fin catastrophique de la guerre en Afghanistan sur le reste de la présidence Biden.

Le démocrate de 78 ans, qui n'est pas considéré comme un grand orateur, s'attaque à un exercice périlleux mardi.

D'un côté, il va certainement vouloir tourner la page après la première vraie crise de sa présidence. 

Mais, de l'autre, Joe Biden ne peut pas aller trop vite. 

Pas quand les Américains ont encore en tête les jeunes visages de ces militaires, parfois guère plus vieux que la guerre en Afghanistan elle-même, tombés à Kaboul. 

Pas quand il reste aux Etats-Unis à évacuer entre 100 et 200 ressortissants, en comptant seulement sur la voie diplomatique et sur les promesses des talibans.

Joe Biden, près de vingt ans après les attaques du 11 septembre 2001, doit aussi convaincre ses concitoyens que l'Afghanistan ne redeviendra pas une base arrière d'où seraient lancés des attentats contre les Etats-Unis.

Pour la majorité des experts, à long terme, le démocrate sera toutefois jugé sur ses promesses de prospérité pour la classe moyenne américaine, pas sur ses qualités de chef de guerre.

En d'autres termes, le mandat de Joe Biden, au final, se jouera moins à Kaboul que dans les couloirs du Congrès.

C'est là que se tiendront ces prochaines semaines des négociations compliquées pour finaliser deux chantiers majeurs du président: un grand plan de rénovation des infrastructures, et une batterie de nouvelles dépenses sociales.

La facture totale pourrait flirter avec les 5 000 milliards de dollars.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.