Un des «Beatles» de l'Etat islamique plaide coupable devant la justice américaine

Alexanda Kotey (à droite), ancien ressortissant britannique âgé de 37 ans, plaidait jusqu'ici non-coupable devant le tribunal d'Alexandria, près de Washington, aux côtés d'El Shafee el-Sheikh, 33 ans, un autre des quatre membres du groupe de kidnappeurs de l'EI. Les deux accusés appartenaient à la cellule surnommée les "Beatles" par leurs otages, en raison de leur accent britannique. Les vidéos des assassinats, diffusées par l'EI à des fins de propagande, avaient choqué le monde entier. (Photo, AFP)
Alexanda Kotey (à droite), ancien ressortissant britannique âgé de 37 ans, plaidait jusqu'ici non-coupable devant le tribunal d'Alexandria, près de Washington, aux côtés d'El Shafee el-Sheikh, 33 ans, un autre des quatre membres du groupe de kidnappeurs de l'EI. Les deux accusés appartenaient à la cellule surnommée les "Beatles" par leurs otages, en raison de leur accent britannique. Les vidéos des assassinats, diffusées par l'EI à des fins de propagande, avaient choqué le monde entier. (Photo, AFP)
Les familles des quatre victimes américaines étaient présentes dans la salle d'audience. Le représentant de l'accusation, Dennis Fitzpatrick, a indiqué qu'elles étaient d'accord avec ce changement de stratégie de défense. (Photo, AFP)
Les familles des quatre victimes américaines étaient présentes dans la salle d'audience. Le représentant de l'accusation, Dennis Fitzpatrick, a indiqué qu'elles étaient d'accord avec ce changement de stratégie de défense. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 03 septembre 2021

Un des «Beatles» de l'Etat islamique plaide coupable devant la justice américaine

  • Alexanda Kotey fait partie des ravisseurs accusés de l'enlèvement d'otages étrangers de 2012 à 2015, et d'avoir torturé et tué leurs victimes, notamment par décapitation
  • Parmi les victimes figure une jeune humanitaire qui a été torturée par ses geôliers puis remise au chef de l'EI, qui l'aurait violée à de nombreuses reprises avant de la tuer

ALEXANDRIA : L'un des membres de la bande de ravisseurs du groupe Etat islamique (EI) baptisée les "Beatles" a plaidé coupable jeudi de complicité dans les enlèvements et les meurtres d'otages occidentaux, dont quatre Américains, devant un tribunal fédéral aux Etats-Unis.

Alexanda Kotey, ancien ressortissant britannique âgé de 37 ans, plaidait jusqu'ici non-coupable devant le tribunal d'Alexandria, près de Washington, aux côtés d'El Shafee el-Sheikh, 33 ans, un autre des quatre membres du groupe de kidnappeurs de l'EI.

Ils sont notamment accusés d'être impliqués dans les meurtres des journalistes américains James Foley et Steven Sotloff, tués en 2014, et celui des travailleurs humanitaires Peter Kassig et Kayla Mueller.

Alexanda Kotey a répondu "oui" au juge TS Ellis qui lui avait demandé: "Plaidez-vous coupable librement et volontairement parce que vous êtes en fait coupable de ces accusations ?".

En reconnaissant sa culpabilité, il a renoncé à son droit à un procès et encourt plusieurs peines de prison à vie sans droit à une libération anticipée. Il a aussi passé un accord avec le gouvernement pour fournir toutes les informations en sa possession sur ses actes en Syrie.

L'accusé, né à Londres, s'est exprimé en anglais. Les familles des quatre victimes américaines étaient présentes dans la salle d'audience. Le représentant de l'accusation, Dennis Fitzpatrick, a indiqué qu'elles étaient d'accord avec ce changement de stratégie de défense. 

Alexanda Kotey et El Shafee el-Sheikh ont été extradés aux Etats-Unis depuis l'Irak en octobre 2020 pour comparaître devant la justice américaine.

Ils avaient été capturés en janvier 2018 par les forces syriennes kurdes, puis remis à l'armée américaine en Irak.

Londres, qui ne voulait pas les juger sur son territoire, les a déchus de leur nationalité britannique.

Leur extradition aux Etats-Unis n'a été rendue possible qu'après que les autorités américaines eurent assuré à Londres qu'elles ne requerraient pas de condamnation à mort dans cette affaire.

Alexanda Kotey et El Shafee el-Sheikh appartenaient à la cellule surnommée les "Beatles" par leurs otages, en raison de leur accent britannique.

Les deux hommes ont grandi au Royaume-Uni, où ils se sont radicalisés avant de rallier l'EI en Syrie en 2012.

Ils sont accusés de l'enlèvement d'otages américains, européens, japonais et syriens de 2012 à 2015, et d'avoir torturé et tué leurs victimes, notamment par décapitation. Les vidéos des assassinats, diffusées par l'EI à des fins de propagande, avaient choqué le monde entier.

Les deux hommes auraient notamment supervisé les lieux de détention des otages et coordonné les négociations de rançon par e-mail. Ils auraient aussi été impliqués "dans des faits répétés de violences physiques et psychologiques contre des otages", selon la justice américaine.

Le chef présumé de la cellule, Mohammed Emwazi, surnommé "Jihadi John", a été tué dans une frappe aérienne américaine en Syrie en novembre 2015, tandis que le quatrième "Beatle", Aine Davis, est détenu en Turquie après avoir été reconnu coupable de terrorisme en 2017.

L'opération de l'armée américaine au cours de laquelle le chef de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi, avait été tué en octobre 2019, était baptisée "Task Force 8-14" en référence à la date d'anniversaire de Kayla Mueller.

La jeune humanitaire travaillait avec le Danish Refugee Council quand elle a été enlevée à Alep, dans le nord de la Syrie, en août 2013.

Selon ses parents, elle a d'abord été torturée par ses geôliers puis a été remise fin 2014 à Baghdadi, qui l'aurait violée à de nombreuses reprises avant de la tuer.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.