Présidentielle: la rencontre improbable de Zemmour et Le Pen

A gauche, la présidente du Rassemblement national (RN) Marine Le Pen posant lors d'une séance photo le 15 mai 2019 à l'Assemblée nationale à Paris et à droite, le polémiste d'extrême droite français Eric Zemmour posant lors d'une séance photo à Paris le 22 avril 2021. (AFP)
A gauche, la présidente du Rassemblement national (RN) Marine Le Pen posant lors d'une séance photo le 15 mai 2019 à l'Assemblée nationale à Paris et à droite, le polémiste d'extrême droite français Eric Zemmour posant lors d'une séance photo à Paris le 22 avril 2021. (AFP)
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Publié le Vendredi 03 septembre 2021

Présidentielle: la rencontre improbable de Zemmour et Le Pen

  • La candidate à l'Elysée veut bien rencontrer Eric Zemmour dans le cadre d'un «dîner» privé quand le journaliste voudrait un «débat» public
  • Les deux invités ne sont pas d'accord sur la forme de la rencontre

PARIS: Une partie de ping-pong a opposé vendredi deux figures de l'extrême droite, la candidate à l'Elysée Marine Le Pen et le polémiste Eric Zemmour, qui sont d'accord pour une rencontre, proposée par Robert Ménard, mais pas sur son format.

Craignant une "division" du camp "national" si M. Zemmour se présentait aussi en 2022, le maire de Béziers Robert Ménard, proche du Rassemblement national, a proposé à Marine Le Pen et Eric Zemmour de venir "discuter" dans sa ville.

Mais les deux invités ne sont pas d'accord sur la forme de la rencontre. La candidate à l'Elysée veut bien rencontrer Eric Zemmour dans le cadre d'un "dîner" privé quand le journaliste voudrait un "débat" public.

La cheffe du RN et le journaliste controversé de CNews, pour qui Mme Le Pen "ne gagnera jamais" en 2022 et qui pourrait aussi se présenter, "sont suicidaires. Il faut qu'ils arrêtent de se tirer dans les pattes les uns et les autres", a affirmé vendredi matin sur BFMTV et RMC M. Ménard.

"Marine et Éric, je leur dis: +Venez à Béziers, et on discute+, parce que je suis ami avec les deux", a ajouté l'édile qui a renouvelé sa proposition dans un tweet, auquel M. Zemmour, qui va démarrer à la mi-septembre la promotion d'un nouvel essai au parfum de campagne électorale, a répondu qu'il "acceptait l'invitation" et "débattrait volontiers avec Marine Le Pen".

- "Arrière-cuisine" -

L'entourage de Marine Le Pen, interrogé par l'AFP, a indiqué que la candidate "n'avait jamais refusé de discuter avec quiconque" mais que la proposition de M. Ménard portait sur une "discussion autour d'une table" et pas sur "un débat" public.

"On n'est pas là (…) pour faire une sorte de show qui ferait certainement plaisir aux médias mais (ne ferait) pas avancer nos idées", a renchéri l'eurodéputé du RN Thierry Mariani qui promet, si Mme Le Pen était élue présidente, "du travail pour Eric Zemmour".

Quelques heures plus tard, le maire de Béziers rapportait que Mme Le Pen était "d'accord pour un dîner avec Éric Zemmour à Béziers", qualifiant cet engagement de "très bonne nouvelle".

Cependant, l'entourage de M. Zemmour a précisé à l'AFP que le polémiste était "d'accord pour un débat mais pas pour des magouilles d'arrière-cuisine". "Non à la cuisine politicienne, oui au débat démocratique".

- Union des droites -

"C'est curieux pour quelqu'un qui prône l'union des droites", a répliqué l'entourage de Mme Le Pen, qui considère ne pas avoir "besoin de primaire". 

"Quant au débat, il intervient quand les gens sont définitivement candidats", a-t-on ajouté de même source, en précisant laisser M. Ménard "à la manoeuvre pour le dîner".

Eric Zemmour "a tort d'employer ces mots-là. Qu'est-ce qu'il veut faire ? Il veut singer les hommes politiques qui sont incapables de trouver des compromis ? (...) Arrêtons d’être la droite la plus bête", a réagi M. Ménard.

Ce partisan de l'union des droites, qui publie à la mi-septembre un petit livre de conseils à la dirigeante d'extrême droite, appelle à voter en 2022 pour Marine Le Pen, seule à prétendre avec Emmanuel Macron au second tour selon les sondages. "Elle a évolué. Aujourd'hui, elle est moins doctrinaire, plus ouverte (...), plus raisonnable", fait-il valoir.

Après avoir un temps poussé M. Zemmour à se présenter, il considère désormais que ce dernier n'est "pas capable de réussir le passage entre polémiste et chef de l'État".

Il souhaiterait dans ce cas que ses invités "actent (...) que demain, si tous les deux sont en lice, celui qui est derrière appellera à voter pour celui qui sera devant".

L'eurodéputé RN Gilbert Collard en a conclu que "ni l'un ni l'autre ne veulent se rencontrer".

Le chef de file de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a suggéré pour sa part que "s'il y a un survivant au pique-nique LePen et Zemmour", il vienne débattre avec lui.


Budget: le gouvernement ne va pas «annoncer de mesures» mardi mais «un cap»

 Le gouvernement ne va pas "annoncer de mesures" mardi lors d'une nouvelle réunion du comité d'alerte des finances publiques, mais "un cap", a fait savoir lundi le ministre des Comptes publics David Amiel. (AFP)
Le gouvernement ne va pas "annoncer de mesures" mardi lors d'une nouvelle réunion du comité d'alerte des finances publiques, mais "un cap", a fait savoir lundi le ministre des Comptes publics David Amiel. (AFP)
  • "On actualisera évidemment nos prévisions", en prenant en compte les effets de l'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran en juin et les négociations actuelles autour du stratégique détroit d'Ormuz
  • Le gouvernement reviendra également sur le niveau des "dépenses de l'Etat", de la "Sécurité sociale" et des "collectivités"

PARIS: Le gouvernement ne va pas "annoncer de mesures" mardi lors d'une nouvelle réunion du comité d'alerte des finances publiques, mais "un cap", a fait savoir lundi le ministre des Comptes publics David Amiel.

"Où en sommes-nous sur la croissance" et sur "l'inflation" du fait de la guerre au Moyen-Orient?, sera la question sur laquelle reviendra le gouvernement, a détaillé David Amiel sur RTL.

"On actualisera évidemment nos prévisions", en prenant en compte les effets de l'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran en juin et les négociations actuelles autour du stratégique détroit d'Ormuz.

Le gouvernement reviendra également sur le niveau des "dépenses de l'Etat", de la "Sécurité sociale" et des "collectivités".

Sur ce sujet, David Amiel a indiqué que "les aides qui ont été apportées aux entreprises et aux ménages" pour faire face aux conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient se sont élevées à 1,4 milliard d'euros.

"C'est 50 fois moins que ce qui avait été fait" par le gouvernement "en 2022-2023" après le début de la guerre en Ukraine et l'envolée des prix de l'énergie, a-t-il rappelé. Il s'est réjoui d'un "changement de doctrine" sur les dépenses publiques.

Le gouvernement avait alors décidé de largement diminuer les taxes sur l'électricité et le gaz pour contenir l'envolée des prix, ce qui avait coûté plusieurs dizaines de milliards d'euros à l'Etat.

"Heureusement, le gouvernement n'a pas (...) écouté ceux qui nous appelaient à déverser des milliards et des milliards d'euros", a-t-il affirmé.

Car "il n'y a pas eu de cagnotte" fiscale, a poursuivi le ministre des Comptes publics, qui a mis en avant le fait que les recettes fiscales liées aux carburants avaient diminué de plus de 80 millions d'euros sur les six premiers mois de 2026 par rapport à la même période en 2025, la baisse des volumes consommés ayant pris le pas sur la hausse des prix.

Dans ses dernières prévisions, le gouvernement tablait toujours sur 0,9% de croissance pour 2026.

La Banque de France a déjà abaissé les siennes à 0,5% du PIB (contre 0,9% escomptés avant), et l'Insee table sur 0,7%. Ces prévisions, publiées en juin, ne prenaient pas en compte l'évolution actuelle autour du conflit au Moyen-Orient.

 


La «lutte acharnée» se poursuit contre un incendie dans le sud, 4.600 hectares brûlés

Des centaines de pompiers français poursuivent lundi matin leur "lutte acharnée" contre un incendie qui a déjà parcouru 4.600 hectares depuis samedi dans le sud du pays, entraînant l'évacuation de 10.000 personnes et perturbant le Tour de France, selon les autorités. (AFP)
Des centaines de pompiers français poursuivent lundi matin leur "lutte acharnée" contre un incendie qui a déjà parcouru 4.600 hectares depuis samedi dans le sud du pays, entraînant l'évacuation de 10.000 personnes et perturbant le Tour de France, selon les autorités. (AFP)
  • Le sinistre a connu une progression fulgurante depuis qu'il s'est déclaré près du village de Trévillach samedi soir, et 700 pompiers sont à l'oeuvre pour tenter de le contenir en dépit des conditions météo défavorables, vent, air sec et fortes chaleurs
  • "Les habitants de 26 communes ont été invités à évacuer", précisent les services de l'Etat français dans un communiqué, soit environ 10.000 personnes

ILLE-SUR-TET: Des centaines de pompiers français poursuivent lundi matin leur "lutte acharnée" contre un incendie qui a déjà parcouru 4.600 hectares depuis samedi dans le sud du pays, entraînant l'évacuation de 10.000 personnes et perturbant le Tour de France, selon les autorités.

Le feu "a parcouru à cette heure 4.600 hectares (...) Notre priorité de la journée est évidemment de reprendre cette lutte acharnée pour contenir sa propagation sur sa tête et sur ses flancs", a indiqué lors d'un point presse Pierre Regnault de la Mothe, le préfet du département des Pyrénées-Orientales, frontalier de l'Espagne.

Le sinistre a connu une progression fulgurante depuis qu'il s'est déclaré près du village de Trévillach samedi soir, et 700 pompiers sont à l'oeuvre pour tenter de le contenir en dépit des conditions météo défavorables, vent, air sec et fortes chaleurs.

"Les habitants de 26 communes ont été invités à évacuer", précisent les services de l'Etat français dans un communiqué, soit environ 10.000 personnes.

Cet incendie, qui s'est propagé au massif des Aspres, aride et difficile d'accès, a par ailleurs blessé cinq personnes, dont deux sapeurs-pompiers. Le préfet a également fait état d'un bilan provisoire de "50 bâtiments impactés (...) à des degrés divers".

Face à une "situation très difficile", le représentant de l'Etat a annoncé dimanche soir que la troisième étape du Tour de France, reliant Granollers en Espagne aux Angles dans les Pyrénées-Orientales, aurait bien lieu lundi, mais "sans public" dans sa partie française, notamment à l'arrivée, en raison de la mobilisation des secours.

"Ma priorité du jour, c'est de venir en aide à la population qui a été évacuée. Donc j'ai décidé qu'il n'y aurait pas un seul sapeur-pompier qui serait mobilisé sur le Tour de France. Ce qui n'empêche pas que l'étape puisse avoir lieu", a-t-il dit lundi matin.

Les pompiers français luttent également contre de multiples feux ailleurs dans le sud du pays.

Les Pyrénées-Orientales continuent d'être, comme 15 autres départements français lundi, en vigilance orange canicule avec des températures qui pourraient monter à certains endroits jusqu'à 40°C, quelques jours après un premier épisode caniculaire historique.

Même si la plupart des départs de feu sont d'origine humaine, selon les pompiers, leur développement est favorisé par la multiplication des vagues de chaleur et de sécheresse sous l'effet du changement climatique.

 


Trois jours avant le jugement, un dernier banquet à Liévin pour Le Pen et Bardella

Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella (à droite), et la présidente du groupe parlementaire du parti, Marine Le Pen, quittent une réunion avec le Premier ministre français à l'Hôtel Matignon, à Paris, le 17 septembre 2025. (AFP)
Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella (à droite), et la présidente du groupe parlementaire du parti, Marine Le Pen, quittent une réunion avec le Premier ministre français à l'Hôtel Matignon, à Paris, le 17 septembre 2025. (AFP)
  • Marine Le Pen et Jordan Bardella organiseront à Liévin un événement pour montrer leur unité avant la décision de la cour d’appel de Paris sur son inéligibilité
  • Une possible condamnation pourrait empêcher Marine Le Pen de se présenter, renforçant l’hypothèse d’un rôle accru de Bardella pour 2027

PARIS: A trois jours de la décision de la cour d'appel de Paris, qui déterminera qui des deux sera candidat à la présidentielle, Marine Le Pen et Jordan Bardella participeront samedi soir à un "banquet champêtre" à Liévin, en plein coeur du fief électoral de la patronne du Rassemblement national.

Ensemble, devant leurs militants, les deux chefs du RN afficheront leur unité, à moins de 72 heures du couperet judiciaire tant attendu, par le parti à la flamme comme par ses adversaires.

Si elle se voit confirmer une peine d'inéligibilité de plus de deux ans, Marine Le Pen ne pourra pas concourir une quatrième fois à l'Elysée. Elle estime aussi que si les juges lui imposent un bracelet électronique, il ne lui sera "pas possible" de faire campagne. En fonction de la sentence, elle annoncera sa décision mardi soir, probablement dans un journal télévisé.

Comme elle, tout le parti est dans l'expectative depuis la fin du procès en février. "On n'a plus les cartes, donc elle comme moi on patiente", confie en privé son dauphin, Jordan Bardella, appelé à "reprendre le flambeau" si la "candidate naturelle" était empêchée.

Ces dernières semaines, leurs prises de positions parfois dissonantes ont fait ressurgir des doutes sur la solidité du ticket qu'ils entendent présenter aux électeurs. Ce "banquet champêtre" à Liévin tombe donc à point nommé pour resserrer les rangs.

Loin d'être une tradition, l'événement a été monté par le nouveau maire RN de cet ex-bastion socialiste, Dany Paiva, avec l'appui du député Bruno Bilde, membre du premier cercle de Marine le Pen -elle-même élue de la circonscription voisine d'Hénin-Beaumont.

- "On reste soudés" -

Samedi soir à Liévin, ils seront 1.200 militants à se presser autour des deux leaders. L'ambiance sera résolument amicale et champêtre. Un podium sera installé pour de brèves prises de parole, 10 minutes pour Jordan Bardella puis 10 minutes pour Marine Le Pen, avant un bain de foule.

"Pas de discours" à proprement parler, ni de "thèmes prédéterminés" selon un conseiller de Marine Le Pen. Mais une expression conjointe qui "montrera que tout va bien, et que quel que soit le résultat du 7 juillet on reste soudés", glisse un proche de la patronne et de Jordan Bardella.

Celle qui se vante d'avoir "la peau dure" viendra refaire le plein de soutiens auprès de ses électeurs du Pas-de-Calais, avant d'affronter l'épreuve fatidique.

"La politique, c'est de l'amour. Si vous n'aimez pas les gens, il faut faire autre chose", mais "quand l'amour vous porte, on prend les coups les uns après les autres et on se crée une carapace", dit-elle après quatre décennies d'une carrière jalonnée d'une vingtaine de scrutins (dont deux finales présidentielles perdues face à Emmanuel Macron).

Entourés de nombreux cadres locaux du mouvement d'extrême droite, les deux favoris des sondages enverront aussi un signal à leurs adversaires à l'affût de la moindre faille. A commencer par le mieux placé, Edouard Philippe, que Marine Le Pen espère affronter au second tour, et qui tiendra son premier grand meeting dimanche à Paris.