Décès de Mohammed Saïd al-Hakim, l'un des plus influents ayatollahs chiites irakiens

Mohammed Rida, fils du plus haut clerc chiite d'Irak, le Grand Ayatollah Ali Sistani, pleure la mort de l'Ayatollah Mohammad Said al-Hakim, l'un des quatre plus grands clercs chiites d'Irak, à la suite d'une crise cardiaque, à l'hôpital al-Hayat dans la ville sainte de Najaf, le 3 septembre 2021. (Photo, AFP)
Mohammed Rida, fils du plus haut clerc chiite d'Irak, le Grand Ayatollah Ali Sistani, pleure la mort de l'Ayatollah Mohammad Said al-Hakim, l'un des quatre plus grands clercs chiites d'Irak, à la suite d'une crise cardiaque, à l'hôpital al-Hayat dans la ville sainte de Najaf, le 3 septembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 04 septembre 2021

Décès de Mohammed Saïd al-Hakim, l'un des plus influents ayatollahs chiites irakiens

  • Al-Hakim était l'un des quatre grands ayatollahs de la «hawza», le séminaire chiite de Najaf, avec le grand ayatollah Ali al-Sistani, la référence religieuse de la plupart des chiites du monde
  • Il a été emprisonné entre 1983 et 1991 sous le régime de Saddam qui craignait que la Révolution islamique de 1979 en Iran voisin ne déclenche «des événements similaires» en Irak

NAJAF, IRAK : Le grand ayatollah irakien Mohammed Saïd al-Hakim, l'une des plus influentes figures du monde musulman chiite, est décédé vendredi à l'âge de 85 ans d'une crise cardiaque dans la ville sainte irakienne de Najaf, a-t-on appris auprès de son entourage.


Mohammed Saïd al-Hakim "a subi une opération chirurgicale il y a trois jours dans un hôpital de Najaf et il a succombé aujourd'hui (vendredi, ndlr) à une crise cardiaque", a indiqué à l'AFP une source au sein de son bureau. 


Cette source a précisé que les funérailles auraient lieu samedi à Kerbala et Najaf. Il sera inhumé dans cette dernière ville du centre du pays où se pressent chaque année des pèlerins chiites du monde entier au mausolée de l'imam Ali.


Dans un communiqué, le président irakien Barham Saleh a rendu hommage à cette "figure marquante" du chiisme. Les Etats-Unis ont quant à eux présenté leurs "condoléances à la nation musulmane", dans un communiqué diffusé par leur ambassade à Bagdad.

Le grand ayatollah irakien Mohammed Said al-Hakim lors d'une réunion dans la ville sainte irakienne de Najaf, le 1er avril 2019. (Photo d'archives, AFP)


Né dans une famille de clercs chiites à Najaf en 1936, Mohammed Saïd al-Hakim était considéré comme "marjaïya", c'est-à-dire l'une des plus hautes autorités chiites d'Irak. 


Il a été emprisonné entre 1983 et 1991 sous le régime de l'ancien dictateur Saddam Hussein qui craignait que la Révolution islamique de 1979 en Iran voisin ne déclenche "des événements similaires" en Irak, a rappelé la politologue Marsin Alshamary sur Twitter.


Au moment de son décès, Mohammed Saïd al-Hakim était l'un des quatre grands ayatollahs de la "hawza", le séminaire chiite de Najaf, avec Mohammed al-Fayadh, Bachir al-Najafi et le grand ayatollah Ali al-Sistani qui est, lui, la référence religieuse de la plupart des musulmans chiites du monde.


Selon un observateur du clergé chiite, qui a souhaité conserver l'anonymat, Mohammed Saïd al-Hakim se distinguait par "sa proximité avec les fidèles". Il avait pour habitude de "se mêler aux pèlerins lors de l'Arbaïn", qui marque le 40e jour de deuil pour le martyre de l'imam Hussein, petit-fils du prophète Mahomet et figure fondatrice de l'islam chiite.


"En public, il n'émettait aucune opinion politique", a poursuivi cet observateur, dans la droite ligne de l'école théologique des chiites irakiens qui s'opposent à la théorie du "velayat e-faqih" de l'ayatollah iranien Ruhollah Khomeiny sur la primauté du religieux sur la politique. 


Tunisie: Marouane Abassi est-il sur un siège éjectable?

Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Marouane Abassi, s'exprime lors d'une conférence de presse le 4 janvier 2023 à Tunis. (Photo FETHI BELAID / AFP)
Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Marouane Abassi, s'exprime lors d'une conférence de presse le 4 janvier 2023 à Tunis. (Photo FETHI BELAID / AFP)
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  • Le gouverneur de la Banque centrale est de plus en plus critiqué en raison de la politique de la BCT, jugée excessivement axée sur la lutte contre l’inflation
  • La majorité des analystes financiers ont sévèrement jugé la décision de la BCT d’augmenter son taux directeur pour la troisième fois en un an

TUNIS: Marouane Abassi n’est-il plus en odeur de sainteté auprès de la présidence de la république? Beaucoup se sont posé la question lorsque le gouverneur de la Banque centrale a été tenu à l’écart de la récente visite du Premier ministre libyen, Abdelhamid Dabaiba, malgré la participation de son compatriote Al-Siddiq Omar al-Kabir lors d’une réunion avec le président tunisien, Kaïs Saïed.

Depuis plus de deux ans, le treizième gouverneur de la Banque centrale tunisienne (BCT) est en effet régulièrement et vertement critiqué, principalement en raison de la politique de la BCT, jugée excessivement axée sur la lutte contre l’inflation.

Véritable tir de barrage
Marouane Abassi a de nouveau été la cible d’un véritable tir de barrage après la décision prise par le conseil d’administration de cet établissement, le 30 décembre 2022, de relever son taux directeur de 75 points de base à 8%. Une mesure destinée, selon un communiqué officiel de la BCT, «à contribuer à freiner la tendance haussière de l’inflation, la ramenant à des niveaux soutenables à moyen terme, afin de protéger le pouvoir d’achat des citoyens, de préserver le stock des avoirs en devises et de favoriser les conditions pour une reprise économique saine et durable».

De rares voix soutiennent cette démarche. C’est le cas par exemple de Mohamed Salah Souilem, ancien directeur général de la politique monétaire à la BCT, qui estime que cet établissement est dans son rôle lorsqu’il se focalise sur la lutte contre l’inflation.

Cependant, tout le monde ne partage pas l’indulgence dont fait preuve M. Souilem à l’égard de l’actuel gouverneur de la BCT, à commencer par le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Saïed, qui s’est interrogé: «Avons-nous besoin d’augmenter le taux directeur de 75 points de base d’un coup, alors qu’il était possible de se contenter de 25 points?»

La majorité des analystes financiers ont, eux aussi, sévèrement jugé la décision de la BCT d’augmenter son taux directeur pour la troisième fois en un an, ce qui l’a fait passer de 6,6% en décembre 2021 à 10,1% douze mois plus tard.

Au-delà du fait qu’il s’agit d’après eux d’un remède inadéquat – ils rappellent que la BCT elle-même reconnaît que l’inflation «est importée» –, ces spécialistes estiment que cette décision aura un effet contraire: elle risque d’aggraver l’inflation, de compromettre la fragile reprise économique et de rendre encore plus difficile le financement des entreprises – ce que l’on appelle «l’effet d’éviction».

Financer le déficit budgétaire
Avant le 25 juillet 2021, Marouane Abassi avait également eu maille à partir avec l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et le gouvernement de Hichem Mechichi, ce dernier refusant que la BCT contribue à financer le déficit budgétaire – une position sur laquelle il campe toujours.

L’ex-patron de l’ancien directeur général de la politique monétaire, Taoufik Baccar, n’est pas tendre non plus avec Marouane Abassi. Le dernier gouverneur de l’ère Ben Ali lui reproche de mal comprendre le concept d’indépendance de la BCT. Pour lui, cette dernière «ne peut pas être indépendante», puisque «c’est la politique monétaire qui l’est».

Alors, jamais deux sans trois? Marouane Abassi connaîtra-t-il le même destin que ses prédécesseurs, Moustapha Kamel Nabli et Chedly Ayari, limogés avant la fin de leur mandat d’un poste devenu un siège éjectable après la chute du régime Ben Ali, le 14 janvier 2011? Il est en tout cas peu plausible qu’il soit reconduit.

 


Israël frappe Gaza après des tirs imputés au Hamas

Un raid israélien sur le camp de réfugiés de Jénine, en Cisjordanie, a tué jeudi 8 Palestiniens, dont une femme âgée, ont déclaré des responsables palestiniens, accusant également l'armée d'utiliser des gaz lacrymogènes à l'intérieur d'un hôpital (Photo, AFP).
Un raid israélien sur le camp de réfugiés de Jénine, en Cisjordanie, a tué jeudi 8 Palestiniens, dont une femme âgée, ont déclaré des responsables palestiniens, accusant également l'armée d'utiliser des gaz lacrymogènes à l'intérieur d'un hôpital (Photo, AFP).
Des Palestiniens lancent des pierres sur un bulldozer de l'armée israélienne, lors d'affrontements dans la ville de Jénine, en Cisjordanie occupée, le 26 janvier 2023 (Photo, AFP).
Des Palestiniens lancent des pierres sur un bulldozer de l'armée israélienne, lors d'affrontements dans la ville de Jénine, en Cisjordanie occupée, le 26 janvier 2023 (Photo, AFP).
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  • L'armée israélienne a annoncé avoir mené au moins deux séries de frappes contre la bande de Gaza. Aucune victime n'a été signalée
  • Les explosions ont touché la ville de Gaza. La branche armée du Hamas a affirmé avoir riposté avec des batteries anti-aériennes et des missiles sol-air

GAZA: Israël a procédé vendredi à des frappes sur la bande de Gaza en réponse à des tirs de roquettes imputés au Hamas, après des opérations israéliennes qui ont tué dix Palestiniens en Cisjordanie.

L'armée israélienne a annoncé avoir mené au moins deux séries de frappes contre la bande de Gaza. Aucune victime n'a été signalée.

Les explosions ont notamment touché la ville de Gaza, ont constaté des journalistes de l'AFP. La branche armée du Hamas a affirmé avoir riposté avec des batteries anti-aériennes et des missiles sol-air.

Jeudi, neuf Palestiniens avaient été tués à Jénine lors d'un raid décrit par l'armée israélienne comme une opération contre des activistes islamistes dans le camp de réfugiés de cette ville du nord de la Cisjordanie occupée.

Les Nations unies n'ont pas recensé de bilan aussi élevé en une seule opération israélienne en Cisjordanie depuis qu'elles ont commencé à comptabiliser en 2005 les victimes du conflit israélo-palestinien.

Un dixième Palestinien a été abattu jeudi à Al-Ram, près de Ramallah, a indiqué le ministère israélien de la Santé.

Dans l'ensemble, il s'agit de la séquence la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis la flambée de violence entre l'armée israélienne et le Jihad islamique à Gaza pendant laquelle 49 Palestiniens au moins, parmi lesquels des combattants mais aussi des civils dont des enfants, avaient péri en trois jours d'août 2022.

L'Autorité palestinienne a dénoncé "un massacre" et annoncé mettre fin à la coopération sécuritaire avec Israël, une première depuis 2020.

Le département d'Etat américain a dit regretter cette décision, jugeant "très important que les parties maintiennent voire approfondissent leur coordination sécuritaire".

Le chef de la diplomatie américaine, Anthony Blinken, doit se rendre lundi et mardi en Israël et Cisjordanie pour insister, selon Washington, sur "la nécessité urgente de prendre des mesures de désescalade".

«Crimes»

"Depuis le début de l'année, nous continuons d'observer les niveaux élevés de violence et les tendances négatives qui ont caractérisé 2022", a regretté l'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient, Tor Wennesland, jugeant "essentiel de faire baisser immédiatement les tensions".

Selon l'armée israélienne, le raid mené dans le camp de Jénine était une "opération de contre-terrorisme" visant des membres de l'organisation Jihad islamique qui, d'après le ministre de la Défense Yoav Gallant, planifiaient une attaque en Israël.

La ministre palestinienne de la Santé Mai al-Kaila a accusé les soldats d'avoir tiré du gaz lacrymogène à l'intérieur de l'unité pédiatrique de l'Hôpital gouvernemental local, ce que l'armée a démenti.

Le directeur de l'hôpital, Wissam Bakr, a indiqué que du gaz lacrymogène avait été tiré "dans le périmètre" de son établissement. "Le gaz a atteint le service pédiatrique, posant un danger pour les enfants, qui ont été transférés vers un endroit sûr loin des affrontements", a-t-il dit à l'AFP.

"Personne n'a tiré du gaz lacrymogène volontairement dans un hôpital (...) mais l'opération se déroulait non loin de l'hôpital et il est possible que du gaz lacrymogène soit entré par une fenêtre ouverte", a affirmé à l'AFP un porte-parole militaire israélien.

L'armée avait auparavant rapporté avoir tiré sur plusieurs "terroristes". Aucun soldat n'a été blessé, a-t-elle ajouté.

Israël "ne cherche pas d'escalade" mais se prépare "à tous les scénarios", a affirmé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, d'après un communiqué.

La diplomatie saoudienne a "vivement" dénoncé "l'incursion" israélienne, que le Qatar a qualifiée de "prolongement des crimes odieux" contre "le peuple palestinien sans défense".

«Résistance»

Majeda Obeid, 61 ans, a été tuée alors qu'elle regardait les affrontements par sa fenêtre dans le camp de Jénine, a déclaré sa fille Kefiyat à l'AFP.

"Elle a été touchée d'une balle dans le cou et s'est effondrée contre le mur puis au sol", a-t-elle dit, dans le salon familial où du sang recouvre le bord d'un tapis.

"La résistance est partout et est prête pour le prochain affrontement", a commenté Tariq Salmi, porte-parole du Jihad islamique, dans un communiqué.

Peu après minuit (22h00 GMT) dans la nuit de jeudi à vendredi, deux roquettes avaient été tirées de la bande de Gaza en direction du territoire israélien, selon des témoins et des sources de sécurité locales.

Les deux tirs, non immédiatement revendiqués, ont été interceptés par le système de défense antiaérien, a indiqué un porte-parole de l'armée israélienne.

Dans le camp de Jénine, qui date de 1953 et abrite plus de 23.000 réfugiés selon l'Unrwa - l'agence de l'ONU chargée des réfugiés palestiniens, les murs de certains bâtiments ont été noircis par des incendies, a constaté un photographe de l'AFP.

En mai 2022, la journaliste palestino-américaine Shireen Abu Akleh, vedette de la chaîne Al Jazeera, y avait été tuée alors qu'elle couvrait un raid israélien.

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, mène des opérations quasi-quotidiennes à travers ce territoire palestinien, particulièrement dans les secteurs de Jénine et Naplouse (nord), bastions de factions palestiniennes armées.

Les décès de jeudi portent à 30 le nombre de Palestiniens, civils ou membres de groupes armés, tués depuis le début de l'année dans des violences avec des forces ou des civils israéliens.


Koweït: La démission du gouvernement acceptée par décret de l'émir

Le Premier ministre Cheikh Ahmad Nawaf Al-Sabah a souis la résignation de son cabinet au prince héritier Cheikh Meshal Al-Ahmad Al-Sabah (Photo fournie).
Le Premier ministre Cheikh Ahmad Nawaf Al-Sabah a souis la résignation de son cabinet au prince héritier Cheikh Meshal Al-Ahmad Al-Sabah (Photo fournie).
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  • Cette démission est due aux multiples blocages au sein du pouvoir législatif
  • Le gouvernement avait été intronisé il y a de cela quatre mois

DUBAI: La démission du gouvernement du Koweït a été acceptée jeudi par décret de l'émir, selon l'agence d'information officielle KUNA.
Le Premier ministre Cheikh Ahmad Nawaf Al-Sabah a souis la résignation de son cabinet au prince héritier Cheikh Meshal Al-Ahmad Al-Sabah.
Selon Barek Al-Shaitan, ministre d'Etat aux affaires du Cabinet, cette démission est due aux multiples blocages au sein du pouvoir législatif au cours de la première session du 17ème mandat de l'Assemblée nationale.
Le ministre s'est dit confiant quant à la capacité du prince héritier à prendre les mesures nécessaires pour l'intérêt du pays.
Le gouvernement avait été intronisé il y a de cela quatre mois.
Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com