Méditerranée: le plastique au centre des attentions au congrès de la nature

«Près des côtes on trouve surtout les emballages et au large des déchets issus de la pêche» détaille François Galgani, spécialiste des déchets maritimes à l'institut public français Ifremer. (Photo, AFP)
«Près des côtes on trouve surtout les emballages et au large des déchets issus de la pêche» détaille François Galgani, spécialiste des déchets maritimes à l'institut public français Ifremer. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 08 septembre 2021

Méditerranée: le plastique au centre des attentions au congrès de la nature

  • Paris et Athènes s'engagent à fortement augmenter les aires marines protégées dans les eaux méditerranéennes de leurs pays
  • L'UICN avait publié en 2020 un rapport sur la pollution de cette mer quasi-fermée au titre explicite: «Mare plasticum»

MARSEILLE : La pollution plastique des mers est un fléau reconnu, particulièrement en Méditerranée, et les initiatives pour la réduire et agir sur les sources du mal s'affichent au congrès mondial de la nature, au risque de poser des problèmes de coordination.

"La Méditerranée c'est la plus belle mer au monde... et une des plus polluées aussi," lance Danielle Milon, vice-présidente de l'emblématique Parc national des Calanques, situé aux portes de la ville de Marseille qui accueille jusqu'à samedi le sommet de l'Union internationale de conservation de la nature.

L'UICN avait d'ailleurs publié en 2020 un rapport sur la pollution de cette mer quasi-fermée au titre explicite: "Mare plasticum".

"Près des côtes on trouve surtout les emballages et au large des déchets issus de la pêche," détaille François Galgani, spécialiste des déchets maritimes à l'institut public français Ifremer.

Exemples de conséquences: "les tortues confondent les emballages avec des méduses et dans certaines zones en Méditerranée 80% des tortues ont ingéré du plastique". Et dans les zones où on retrouve surtout des restes d'engins de pêche, "un filet sur le fond continue de pêcher: il tue".

Autres problèmes, les déchets plastiques "peuvent changer le cycle de vie de certaines espèces" ou les transporter ailleurs quand elles s'y agrippent. "Une véritable arche de Noé", pour le chercheur, qui ne voit "pas d'autres exemples de transport d’espèces de cette ampleur".

En ouverture du congrès de l'UICN, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis comme le président français Emmanuel Macron se sont engagés à fortement augmenter les aires marines protégées dans les eaux méditerranéennes de leurs pays.

Et à y renforcer les mesures en vigueur, pour qu'elles "ne soient plus des zones protégées sur le papier seulement", a lancé M. Mitsotakis, insistant également sur la nécessité de promouvoir un "tourisme durable" notamment dans les zones côtières. Ce secteur est en effet un poumon économique pour nombre de pays de la région.

Pour cela il faut "embarquer tous les parties prenantes," insiste Philippos Drousiotis, patron de l'Initiative chypriote pour un tourisme durable.

Entrepreneur dans le secteur, il s'est engagé dans l'action pour l'environnement par réalisme économique et en estimant que les activistes écologistes "ne faisaient pas attention aux gens" et à leurs emplois.

Son organisation mène des actions de sensibilisation, notamment pour que les organisateurs d'excursions, les loueurs d'engins nautiques ou les hôteliers cessent d'utiliser des plastiques à usage unique. Elle a aussi installé des fontaines à eau à la plage pour que les vacanciers renoncent plus facilement à leur bouteille en plastique.

"Les solutions sont à terre et pas en mer", insiste d'ailleurs Romy Hentinger de la Fondation Tara Océan, pour qui "il ne faut pas essayer de nettoyer mais de régler la question en amont".

Il faut aussi augmenter la connaissance des sources et circuits de pollution. L'emblématique goélette de la fondation française a ainsi mené en 2019 une expédition pour tracer la pollution plastique dans les grands fleuves européens.

"80% des déchets sur les plages et dans les mers viennent des rivières", insiste Nathalie Van Den Broeck océanographe et vice-présidente de Surfrider Europe.

Cette ONG française a elle aussi lancé un projet d'étude, baptisé "Plastic origins", qui fait appel à de la science participative, avec une application utilisant l'intelligence artificielle pour trouver les déchets dans des images prises par téléphone portable. Des volontaires ont ainsi récemment parcouru les bords du Rhin, dans les six pays que traverse le fleuve.

Un foisonnement d'initiatives qui profite du congrès de Marseille pour tenter de développer réseaux et synergies. Même si les pays de la rive Sud de la mer, aux moyens incomparablement moindre et pour certains en crise, sont moins présents.

Car s'il est important d'accumuler les connaissances et d'éveiller les consciences, il faut éviter de se disperser, ou de doublonner les initiatives.

"Il y a beaucoup de choses qui se passent mais sans connexion," analyse Mercedes Munoz Canas, du Centre de coopération pour la Méditerranée de l'UICN. Qui veut aussi élargir le cercle des acteurs, notamment au monde de l'entreprise. Et travaille à la mise en réseau des différents intervenants, via une "communauté de pratique".


Israël: les militants d'une nouvelle flottille en détention après leur interception en mer

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  • Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël
  • Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus

ASHDOD: Les autorités israéliennes ont entamé mercredi le transfert et le placement en détention à Ashdod, dans le sud d'Israël, de centaines de militants propalestiniens arrêtés à bord d'une flottille à destination de Gaza, selon une ONG.

Les forces israéliennes avaient intercepté lundi au large de Chypre des bateaux participant à une nouvelle "flottille pour Gaza".

Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël.

Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus.

"Ayant mis le cap sur Gaza pour y apporter de l'aide humanitaire et contester le blocus illégal, ces participants civils ont été enlevés de force dans les eaux internationales et conduits en territoire israélien entièrement contre leur volonté" a déclaré Adalah.

Une cinquante de navires avaient quitté la Turquie la semaine dernière avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré dans la nuit de mardi à mercredi que les 430 militants pourraient rencontrer leurs représentants consulaires.

"Cette flottille s'est une fois de plus révélée n'être rien de plus qu'un coup de communication au service du Hamas", a ajouté le porte-parole, en référence au mouvement islamiste palestinien qui a mené l'attaque sans précédent contre Israël en octobre 2023, déclenchant la guerre à Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dénoncé plus tôt "un plan malveillant destiné à briser le blocus (...) imposé aux terroristes du Hamas".

Neuf ressortissants indonésiens, membres de la flottille, "ont été signalés comme ayant été arrêtés par Israël", a déclaré une porte-parole du ministère indonésien des Affaires étrangères, citant des informations datées de mercredi.

L'Indonésie a appelé Israël à libérer immédiatement tous les navires et membres d'équipage. Le journal indonésien Republika avait indiqué plus tôt que deux de ses journalistes figuraient parmi les personnes interpellées.

La Turquie et l'Espagne ont condamné l'interception. Les organisateurs ont indiqué que la flottille comptait également 15 citoyens irlandais, dont Margaret Connolly, la sœur de la présidente Catherine Connolly.

Israël contrôle tous les points d'entrée vers la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis 2007.

Pendant la guerre à Gaza, où une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2025, le territoire a connu de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels, Israël ayant parfois complètement interrompu les livraisons d'aide humanitaire.

Une précédente flottille avait été interceptée en avril dans les eaux internationales au large de la Grèce et la plupart des militants expulsés vers l'Europe. Deux d'entre eux ont été amenés en Israël, détenus pendant plusieurs jours puis expulsés.

 


Négociations Etats-Unis-Iran: nouvelle visite d'un ministre pakistanais à Téhéran

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  • Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine
  • "Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran"

TEHERAN: Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine, a rapporté mercredi l'agence officielle Irna, en pleine impasse dans les négociations de paix.

"Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran", a précisé l'agence, citant "des sources diplomatiques à Islamabad".

 

 


L'armée iranienne prévient qu'elle «ouvrira de nouveaux fronts» en cas de nouvelle attaque américaine

Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
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  • Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens
  • La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole

TEHERAN: L'armée iranienne a averti mardi dans un communiqué qu'elle "ouvrira de nouveaux fronts" si les Etats-Unis reprennent leurs attaques contre l'Iran, interrompues depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril.

"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a déclaré le porte-parole de l'armée Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.

Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant ce lundi et un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une nouvelle offensive à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Lundi, M. Trump avait estimé devant la presse qu'il avait "de très bonnes chances" de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution "très positive" des tractations avec Téhéran, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu.

Il avait toutefois assuré que les Etats-Unis se tenaient prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé" avec Téhéran.

Le chef du commandement des forces armées iraniennes, Ali Abdollahi, avait répondu en mettant en garde "les Etats-Unis et leurs alliés" contre toute nouvelle "erreur stratégique et de calcul".

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a écrit Donald Trump sur son réseau.

Des médias iraniens avaient déjà dénoncé les "conditions excessives" imposées par les Etats-Unis dans leur dernière offre.

Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Washington a également refusé de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre, selon la même source.