Indonésie: un incendie dans une prison surpeuplée fait au moins 41 morts

Le feu s'est déclenché tôt mercredi dans la prison de Tangerang, ville à l'ouest de la capitale indonésienne, piégeant des dizaines de détenus. (AFP)
Le feu s'est déclenché tôt mercredi dans la prison de Tangerang, ville à l'ouest de la capitale indonésienne, piégeant des dizaines de détenus. (AFP)
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Publié le Mercredi 08 septembre 2021

Indonésie: un incendie dans une prison surpeuplée fait au moins 41 morts

  • Cette prison hébergeait par ailleurs deux fois et demi plus de détenus que prévu, plus de 2 000 au lieu de 600
  • «L'incendie s'est propagé rapidement et il n'y a pas eu assez de temps pour ouvrir certaines cellules»

JAKARTA: Au moins 41 détenus ont été tués et plusieurs dizaines d'autres blessés dans un incendie qui s'est déclenché pendant la nuit de mardi à mercredi dans une prison indonésienne surpeuplée de la région de Jakarta, ont annoncé les autorités.


Le feu s'est déclenché tôt mercredi dans la prison de Tangerang, ville à l'ouest de la capitale indonésienne, piégeant des dizaines de détenus.


"L'incendie s'est propagé rapidement et il n'y a pas eu assez de temps pour ouvrir certaines cellules", a expliqué le ministre de la Justice Yasonna Laoly au cours d'un briefing.


"40 personnes sont mortes sur place, une autre est décédée sur le trajet vers l'hôpital", et huit blessés graves ont été recensés, a-t-il indiqué.


Le ministre a révisé à 31 le nombre de blessés légers, contre 72 annoncés initialement par la police.


Un détenu sud-africain et un détenu portugais figurent au nombre des morts, a précisé M. Laoly.


Des images de télévision ont montré des pompiers aux prises avec les flammes qui ont ravagé pendant la nuit l'un des bâtiments de la prison, d'où se dégageait un épais nuage de fumée.


Les pompiers ont pu venir à bout vers 03H00 locales (20H00 GMT mardi) de l'incendie qui a embrasé un bâtiment de la prison hébergeant surtout des condamnés pour trafic ou consommation de drogues.


Les victimes grièvement blessées ont été évacuées vers les hôpitaux de la ville de Tangerang, dans la conurbation de Jakarta, et ceux présentant des blessures plus légères dans une clinique des alentours.


Des sacs mortuaires oranges, jaunes et bleus, contenant les dépouilles des victimes ont été envoyés vers un hôpital de la police de l'Est de Jakarta où ils doivent être identifiés. Des tests ADN seront nécessaires pour certaines victimes, a noté le ministre de la Justice.


Marlinah, une proche d'une des victimes de l'incendie, s'est rendue à l'hôpital pour identifier le corps.


"Je suis venue dès que j'ai reçu la nouvelle à propos de mon petit frère, Muhammad Yusuf (...) on m'a informée que mon frère nous avait quitté et que le bloc C2 avait brûlé", a dit à l'AFP cette femme indonésienne vêtue de noir.


Elle a expliqué en pleurant qu'elle espérait pouvoir enterrer son frère dans sa ville d'origine, Bogor, à l'Est de Jakarta. 

Problème électrique 
Les autorités recherchent encore les causes de l'incendie mais suspectent un problème électrique.


"J'ai inspecté le lieu de l'incendie et sur la base des premières observations le feu aurait pris à cause d'un court-circuit", a indiqué Fadil Imran, le chef de la police de Jakarta. 


Les installations électriques de la prison de Tangerang, construite en 1972, n'ont pas été modernisées depuis plus de 40 ans, a noté le ministre de la Justice.


Cette prison hébergeait par ailleurs deux fois et demi plus de détenus que prévu -- plus de 2.000 au lieu de 600 -- selon les données du site du département des prisons.


Le bâtiment qui a pris feu était aussi largement surpeuplé, a reconnu la porte-parole du directoire général des prisons Rika Aprianti.


"La capacité maximale du bloc C était de 40 personnes mais il était utilisé pour 120 détenus", a-t-elle déclaré sur la chaîne Metro TV.


Les prisons indonésiennes présentent le plus souvent des conditions sanitaires difficiles et sont surpeuplées. Il est assez fréquent que les détenus s'en échappent ou se rebellent contre des conditions inhumaines. 


En 2019, au moins 100 prisonniers se sont échappés d'une prison de la province de Riau, sur l'île de Sumatra, après un incendie.


Les incendies sont par ailleurs fréquents dans l'archipel d'Asie du Sud-Est où les mesures de sécurités sont peu observées.


Une trentaine de personnes avaient trouvé la mort en 2019 dans l'explosion d'une fabrique d'allumettes après la chute accidentelle d'un briquet qu'un ouvrier avait laissé tomber sur une pile de boîtes prêtes à être livrées.


Rubio met en garde contre le «chaos total» en cas de péage à Ormuz

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
  • L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés
  • C'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient

MANAMA: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, en tournée dans le Golfe, a mis en garde jeudi contre le "chaos total" que pourrait engendrer la mise en place par l'Iran de frais dont devraient s'acquitter les navires dans le détroit d'Ormuz.

Plus tôt jeudi, Téhéran avait menacé de "mesures appropriées" contre tout bateau s'aventurant à franchir le détroit sans leur autorisation, semblant répondre à l'aonnonce par Oman de l'ouverture d'un "corridor maritime temporaire" présenté comme une intiative concertée avec l'ONU.

Ormuz est une étroite voie navigable d'une trentaine de kilomètres de large qui sépare l'Iran et Oman, mais le seul passage autorisé par l'Iran se fait dans un couloir qui longe ses côtes.

L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés - c'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn).

Le chef de la diplomatie américaine, venu rassurer ses alliés du Golfe largement ciblés par Téhéran pendant la guerre en représailles des frappes israélo-américaines sur l'Iran, a ajouté que les Etats-Unis souhaitaient un accord de paix, mais pas "à n'importe quel prix".

"Nous voulons un accord qui soit bon, nous voulons un accord qui soit réel, nous voulons un accord qui soit vérifiable, et nous voulons un accord qui soit respecté", a poursuivi M. Rubio.

Le responsable, qui s'est rendu aux Emirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn, a également donné l'assurance que les intérêts des pays du Golfe seraient pris en compte.

"Nous voulons nous assurer qu'aucune partie de cet accord ne porte atteinte, de quelque manière que ce soit, à la sécurité, à la stabilité ou à la prospérité de l'un de nos partenaires de la région du Golfe", a-t-il souligné.

Son homologue de Bahreïn, Abdoullatif ben Rachid Al Zayani, a lui mis en avant les "incertitudes" affectant ces pays.

Les monarchies du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Elles accueillent des bases militaires américaines et ont été visées par des missiles et drones iraniens en représailles.


Double séisme au Venezuela: au moins 32 morts et plus de 700 blessés

Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
  • Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres
  • Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela

CARACAS: Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués.

Dans la capitale de ce pays d'Amérique latine de près de 30 millions d'habitants régulièrement frappé par des séismes, des photographes de l'AFP ont vu des secouristes et des habitants fouiller des immeubles réduits à des gravats. Des personnes étaient extirpées des décombres puis emmenées sur des brancards.

Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres. "Nous avons besoin de lampes torches !", lance l'un d'eux dans la nuit noire.

"A l'heure actuelle, nous avons reçu des informations faisant état de 32 morts" et "de plus de 700 blessés", a déclaré la présidente par intérim Delcy Rodriguez dans un message à la nation, après avoir déclaré l'état d'urgence.

Elle a précisé ne pas encore disposer de données concernant l'Etat de La Guaira, situé à proximité de la capitale et qui est selon elle la région la plus touchée. L'aéroport de Caracas, gravement endommagé selon elle, a été fermé.

Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela. "Nous serons aux côtés de nos nouveaux et formidables amis", a assuré le président américain Donald Trump, tandis que Mme Rodriguez a indiqué s'être entretenue au téléphone avec le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

Cette initiative américaine, un acte diplomatique fort après des années de tensions, s'inscrit dans le cadre du rétablissement des relations entre les deux pays depuis que les forces américaines ont capturé le président déchu Nicolas Maduro, aujourd'hui incarcéré aux Etats-Unis.

La Chine et l'Inde ont elles aussi proposé leur aide, et plusieurs pays d'Amérique latine ont fait de même et exprimé leur solidarité, parfois au-delà de leurs divergences politiques. 


L'Iran accuse l'Otan de «complicité» dans la guerre menée contre lui

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
  • M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury"
  • "Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X

TEHERAN: Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël.

M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury" lancée contre l'Iran le 28 février.

M. Rutte a également affirmé que l'aéroport de Bucarest avait réduit ses vols commerciaux pour laisser la place aux avions de ravitaillement utilisés dans le cadre de cette opération, et qu'entre 4.000 et 5.000 sorties d'avions américains avaient été effectuées depuis des bases européennes pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X.

"Le secrétaire général de l'Otan a explicitement désigné l'Italie et la Roumanie comme ayant participé à l'agression contre l'Iran", a souligné le porte-parole du ministère iranien.

"Ces pays, ainsi que tous les autres pays européens ayant apporté leur soutien à l'agression américano-israélienne contre l'Iran, doivent expliquer à leur propre population et au monde entier pourquoi ils ont choisi de se rendre complices de cet acte d'agression flagrant et de la perpétration d'atrocités de masse contre les populations iraniennes", a-t-il ajouté.

En Italie, le ministère de la Défense a condamné mercredi les propos de M. Rutte, estimant qu'ils avaient envoyé "un message complètement trompeur", Rome n'ayant permis aux Etats-Unis d'utiliser ses bases que pour des vols techniques et logistiques, et non des missions de combat.