Le président turc Erdogan avertit Emmanuel Macron de ne pas "chercher querelle à la Turquie"

Emmanuel Macron et Recep Tayyip Eerdogan côte à côte pour la photo de famille lors du sommet sur la Libye, à Berlin, le 19 janvier 2020. (Odd Andersen/AFP)
Emmanuel Macron et Recep Tayyip Eerdogan côte à côte pour la photo de famille lors du sommet sur la Libye, à Berlin, le 19 janvier 2020. (Odd Andersen/AFP)
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Publié le Dimanche 13 septembre 2020

Le président turc Erdogan avertit Emmanuel Macron de ne pas "chercher querelle à la Turquie"

  • Emmanuel Macron et ses six homologues du sud de l'UE ont exhorté jeudi la Turquie à cesser sa politique de "confrontation" en Méditerranée orientale et l'ont menacée de sanctions européennes
  • "M. Macron, vous n'avez pas fini d'avoir des ennuis avec moi", a lancé le président turc, en s'en prenant pour la première fois directement et nommément à son homologue

ISTANBUL : Le président turc Recep Tayyip Erdogan a averti samedi son homologue français Emmanuel Macron de "ne pas chercher querelle à la Turquie" alors que la tension monte entre les deux pays à propos de la situation en Méditerranée orientale.

"Ne cherchez pas querelle au peuple turc, ne cherchez pas querelle à la Turquie", a lancé M. Erdogan dans un discours télévisé à Istanbul, en référence aux sévères critiques émises par M. Macron envers Ankara dans le cadre du conflit entre la Turquie et la Grèce à propos de la prospection pétrolière en Méditerranée.

Emmanuel Macron et ses six homologues du sud de l'UE ont exhorté jeudi la Turquie à cesser sa politique de "confrontation" en Méditerranée orientale et l'ont menacée de sanctions européennes si Ankara continue à contester les droits d'exploration gazière de la Grèce et de Chypre dans la zone.

M. Macron avait aussi estimé que le gouvernement turc "avait aujourd'hui des comportements inadmissibles" et devait "clarifier ses intentions".

M. Erdogan a exhorté samedi la Grèce à "se tenir à l'écart" des actions "erronées" soutenues par des pays comme la France en Méditerranée orientale. La France a intensifié sa présence militaire dans cette zone le mois dernier.

"M. Macron, vous n'avez pas fini d'avoir des ennuis avec moi", a lancé le président turc, en s'en prenant pour la première fois directement et nommément à son homologue.

M. Erdogan l'a aussi accusé de "manquer de connaissances historiques" et a estimé que la France "ne pouvait pas donner de leçon d'humanité" à la Turquie en raison de son passé colonial en Algérie et de son rôle dans le génocide de 1994 au Rwanda.

La Turquie revendique le droit d'exploiter des gisements d'hydrocarbures dans une zone maritime qu'Athènes estime relever de sa souveraineté. Ces dernières semaines, les deux pays ont montré leurs muscles à coups de déclarations martiales, de manœuvres militaires et d'envois de navires sur zone.

La France a clairement affiché son soutien à la Grèce en déployant des navires de guerre et des avions de combat dans la région, une initiative vivement dénoncée par le président turc.


Jour J pour le pass vaccinal, les restaurateurs résignés

«Quand une partie de la population contrôle une autre partie de la population, ce n'est pas bon», déplore Alain Fontaine, président de la société française des Maîtres restaurateurs. (Photo, AFP)
«Quand une partie de la population contrôle une autre partie de la population, ce n'est pas bon», déplore Alain Fontaine, président de la société française des Maîtres restaurateurs. (Photo, AFP)
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  • «Pour nous, le pass vaccinal ne change pas grand-chose», confie Alain Deriot, gérant du restaurant Jour de pêche à Lille, dont la clientèle est «souvent vaccinée»
  • Le pass vaccinal «ne sera pas une contrainte supplémentaire», a estimé Didier Chenet, président du GNI, syndicat patronal des indépendants de l'hôtellerie restauration

PARIS: Cinq semaines après son annonce par le gouvernement, le pass vaccinal a remplacé lundi l'ancien pass sanitaire, obligatoire pour les plus de 16 ans souhaitant aller au restaurant ou prendre le train, une transition contestée mais sans encombre selon les témoignages recueillis dans plusieurs villes. 

« Pour nous, le pass vaccinal ne change pas grand-chose », confie Alain Deriot, gérant du restaurant Jour de pêche à Lille, dont la clientèle est « souvent vaccinée ». 

« Les petits contrôles de pass à l'entrée, on sait faire (...) Mais les contrôles d'identité, je ne me vois pas les faire, c'est intrusif », souligne-t-il, alors que la loi autorise désormais les gérants d'établissements à contrôler l'identité des clients en cas de doute sur le pass présenté. 

Même son de cloche pour César Armand, du bar lillois Les Arts: « Bien sûr, parfois on a des doutes quand on regarde la date de naissance et que la tête de la personne ne correspond pas, mais moi je ne suis pas policier ». 

Sammy, serveur dans un café à Paris, relève que, de toute façon, la levée des restrictions sera « vite là », le gouvernement ayant annoncé la fin du port du masque en extérieur et du télétravail obligatoire le 2 février, puis la réouverture des discothèques et le retour de la consommation au comptoir le 16 février. 

Mais désormais un test négatif ne suffit plus, comme c'était le cas avec le pass sanitaire, sauf pour accéder aux établissements et services de santé: à partir de 16 ans, il faut justifier d'un statut vaccinal contre la Covid-19 pour accéder aux activités de loisirs, restaurants et bars (sauf restauration collective), foires ou transports publics interrégionaux (avions, trains, cars). 


La France conseille de reporter les voyages non essentiels vers l'Ukraine

Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, lors de la réunion consacrée aux tensions entre la Russie et l'Ukraine. (Photo, AFP)
Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, lors de la réunion consacrée aux tensions entre la Russie et l'Ukraine. (Photo, AFP)
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  • «Dans la mesure du possible, il est conseillé de différer les déplacements sans caractère indispensable ou urgent en Ukraine», souligne le ministère français des Affaires étrangères
  • Contrairement aux Etats-Unis et au Royaume-uni, la France ne demande pas pour l'heure au personnel de son ambassade ou aux familles de ses diplomates en poste en Ukraine de quitter le pays

PARIS: La France a recommandé lundi à ses ressortissants de reporter les voyages non essentiels vers l'Ukraine et de ne pas se rendre dans les zones frontalières dans le Nord et l'Est du pays, en pleine escalade des tensions avec la Russie voisine.  

« Dans la mesure du possible, il est conseillé de différer les déplacements sans caractère indispensable ou urgent en Ukraine », souligne le ministère français des Affaires étrangères dans ses conseils actualisés aux voyageurs. 

« Dans le contexte des tensions créées par la concentration de troupes russes aux frontières de l'Ukraine, il est recommandé de faire preuve d’une vigilance renforcée et il est formellement déconseillé de se rendre dans les zones frontalières du nord et de l'est du pays », est-il ajouté. 

Contrairement aux Etats-Unis et au Royaume-uni, la France ne demande pas pour l'heure au personnel de son ambassade ou aux familles de ses diplomates en poste en Ukraine de quitter le pays. 

« Nous avons pris note des annonces effectuées par les États-Unis et le Royaume-Uni concernant la situation de leur personnel diplomatique en Ukraine et de leur famille », s'est bornée à répondre la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, interrogée sur ce point. 

« Nous restons en étroite concertation avec tous nos partenaires, notamment européens (..) et nous tenons prêts à adapter notre position si la situation le justifie », a-t-elle toutefois ajouté. 

L'Union européenne a fait savoir lundi qu'elle ne comptait pas suivre les Etats-Unis qui rappellent les familles de leurs diplomates. 

Le ministère britannique des Affaires étrangères a de son côté annoncé lundi le retrait de personnels de son ambassade à Kiev face à la « menace croissante » de la Russie. 

L'Australie a aussi recommandé à ses ressortissants de ne pas se rendre en Ukraine  « en raison du risque de conflit armé » et annoncé un rapatriement du personnel non essentiel de son ambassade. 

Canberra demande également aux Australiens se trouvant en Ukraine de quitter sans tarder le pays par des « moyens commerciaux » tant que la situation sécuritaire le permet. « La disponibilité en vols pourrait changer ou être suspendue à brève échéance », a averti le ministère australien des Affaires étrangères. 


Hollande, qui promet de s'exprimer bientôt, «a beaucoup d'humour», selon Hidalgo

L'ancien président français François Hollande prononce un discours lors d'une conférence de presse pour présenter son dernier livre à Lille, dans le nord de la France, le 8 décembre 2021. (Photo, AFP)
L'ancien président français François Hollande prononce un discours lors d'une conférence de presse pour présenter son dernier livre à Lille, dans le nord de la France, le 8 décembre 2021. (Photo, AFP)
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  • «François Hollande a beaucoup d'humour», a fait valoir lundi la candidate PS à la présidentielle Anne Hidalgo
  • Interrogé alors pour savoir s'il pourrait bientôt prendre une décision sur une possible candidature, François Hollande a répondu: «je vais en tout cas prendre la parole bientôt»

PARIS: « François Hollande a beaucoup d'humour », a fait valoir lundi la candidate PS à la présidentielle Anne Hidalgo à propos de l'ex-président qui a évoqué dimanche une prochaine prise de parole, en disant ne pas être candidat « pour l'instant ». 

« Pour l'instant je ne suis pas candidat, tu as remarqué », a répondu François Hollande à un lycéen lors d'une rencontre avec des élèves diffusée dimanche soir par France 3. « Et comme ça ne va pas bien (dans le pays et à gauche, NDLR), c'est vrai qu'on pourrait se dire ‘est-ce qu'une candidature de plus serait utile’; je ne sais pas, je ne pense pas d'ailleurs... J'ai les mêmes idées qu'avant, je continue à les défendre, et un ancien président peut très bien refaire de la politique et, c'est arrivé, être candidat à l'élection présidentielle », a-t-il ajouté. 

Interrogé alors pour savoir s'il pourrait bientôt prendre une décision sur une possible candidature, il a répondu: « je vais en tout cas prendre la parole bientôt ». 

Questionnée lundi sur RTL sur ces phrases énigmatiques, Anne Hidalgo a fait remarquer que « d'abord, François Hollande, qu('elle) voi(t) régulièrement, a beaucoup d'humour, et je crois a fait preuve de beaucoup d'humour devant ces élèves de seconde », a-t-elle jugé. 

Ensuite « je ne suis pas là pour commenter les petites phrases, même celles de François Hollande », a-t-elle ajouté. 

Ira-t-elle jusqu'au bout de la campagne, alors qu'elle plafonne dans les sondages à 2 à 4% des intentions de vote et que la gauche est éclatée ente cinq candidatures ? « Je vous donne rendez-vous le 10 avril (date du premier tour de la présidentielle, NDLR) », a-t-elle répondu. 

« Cette campagne n'a pas démarré véritablement », a encore ajouté la candidate PS, une phrase qu'elle répète depuis l'automne. »Je disais ça il y a quatre mois car c'était encore plus vrai qu'aujourd'hui », a-t-elle justifié. 

Désormais, « la vraie ligne de départ, c'est quand tout le monde aura aligné ses parrainages », a-t-elle ajouté. 

La date limite de dépôt des parrainages est fixée au 4 mars. 

Anne Hidalgo a une nouvelle fois déploré que le candidat écologiste Yannick Jadot ait refusé de participer à la primaire populaire, initiative citoyenne qui se traduira par un vote du 27 au 30 janvier pour désigner un candidat de gauche. 

Elle-même, ainsi que le candidat LFI Jean-Luc Mélenchon, n'y participeront pas non plus, à l'inverse de l'ex-garde des Sceaux Christiane Taubira. 

Mais elle a nié « regretter » cette décision de ne pas y participer alors que 467 000 électeurs se sont inscrits pour voter.