Russie: un physicien détenu s'inquiète des arrestations «d'éminents scientifiques»

Le tristement célèbre siège du FSB, ci-devant la KGB, sur la place Lubianka à Moscou. Des fleurs sont déposées près d'un mémorial érigé en souvenir des personnes torturées et exécutées dans ce lieu sinistre depuis l'époque stalinienne jusqu'à la chute de l'URSS en 1991. L'ex officier du KGB actuellement à la tête de la Russie semble perpétuer les mauvaises habitudes qu'il a appris durant sa jeunesse. (Photo, AFP)
Le tristement célèbre siège du FSB, ci-devant la KGB, sur la place Lubianka à Moscou. Des fleurs sont déposées près d'un mémorial érigé en souvenir des personnes torturées et exécutées dans ce lieu sinistre depuis l'époque stalinienne jusqu'à la chute de l'URSS en 1991. L'ex officier du KGB actuellement à la tête de la Russie semble perpétuer les mauvaises habitudes qu'il a appris durant sa jeunesse. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 22 septembre 2021

Russie: un physicien détenu s'inquiète des arrestations «d'éminents scientifiques»

  • Ces affaires «décapitent les instituts, provoquant une fuite réelle de jeunes cerveaux et des spécialistes qualifiés, qui ne veulent pas se retrouver en prison»
  • «Le système répressif est tel que toute personne ayant eu un contact avec un étranger peut potentiellement être accusée de trahison»

MOSCOU : Un physicien russe, détenu pour "trahison", a dénoncé mardi les poursuites visant "d'éminents scientifiques" pour des accusations controversées d'espionnage au profit de puissances étrangères, qui se sont multipliées en Russie ces dernières années.

Ces affaires sapent la coopération internationale et "décapitent les instituts, provoquant une fuite réelle de jeunes cerveaux et des spécialistes qualifiés, qui ne veulent pas se retrouver en prison", écrit Valeri Goloubkine, 69 ans, dans une lettre ouverte dont l'AFP a pu consulter une copie.

Valeri Goloubkine, arrêté en avril, est enseignant en aérohydrodynamique des grandes vitesses à l'Institut de physique et de technologie de Moscou (MFTI), l'un des meilleurs établissements scientifiques de Russie, et employé de l'institut spécialisé dans ces technologies TsAGI.

Selon son avocat, il n'a participé qu'à des projets de "coopération internationale classique" et n'a commis aucune trahison.

"De plus en plus de scientifiques refusent des partenariats internationaux (...) ce qui cause un dommage réel à la sécurité du pays, entre autres", poursuit le physicien dans cette lettre, dont un extrait a été publié par son avocat, Ivan Pavlov.

Un autre employé du TsAGI, Anatoli Goubanov, a également été arrêté en décembre, accusé d'avoir transmis des informations classifiées aux services de renseignement d'un pays européen.

Tous deux ont participé notamment à un projet international destiné à créer un avion passager à grande vitesse.

Les procès pour "espionnage" ou "haute trahison", toujours tenus à huis clos et dont les détails sont secrets, se sont multipliés ces dernières années en Russie, les autorités affirmant régulièrement déjouer des complots ou des opérations des Occidentaux.

En août, un scientifique à la tête d'un institut de recherche spécialisé dans les technologies hypersoniques a été arrêté, accusé d'avoir transmis à un "citoyen étranger" des "informations secrètes" liées à ses recherches.

Une autre affaire d'espionnage controversée implique l'ex-journaliste Ivan Safronov, spécialisé dans les questions de défense, qui clame son innocence.

Dans un article paru en juillet, il a dénoncé l'arbitraire des services de sécurité et de la justice qui cautionne ces affaires. Selon M. Safronov, le système répressif est tel que "toute personne ayant eu un contact avec un étranger" peut potentiellement être accusée de "trahison" en Russie.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.