Le chef de l'armée algérienne accuse le Maroc de «conspiration»

L’Algérie a décidé le 24 août de rompre ses relations diplomatiques avec Rabat puis un mois plus tard de fermer l'espace aérien algérien à tous les avions civils et militaires marocains. (Photo, AFP)
L’Algérie a décidé le 24 août de rompre ses relations diplomatiques avec Rabat puis un mois plus tard de fermer l'espace aérien algérien à tous les avions civils et militaires marocains. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 29 septembre 2021

Le chef de l'armée algérienne accuse le Maroc de «conspiration»

  • L'Algérie «est prête à faire face, avec rigueur et fermeté, à tous les plans sinistres, qui se trament secrètement et ouvertement, visant l’Etat-Nation et ses symboles»
  • Traditionnellement difficiles, les relations entre l'Algérie et son voisin de l'ouest se sont dégradées ces derniers mois en raison surtout de l'épineux dossier du Sahara occidental

ALGER : Le chef d'état-major de l'armée algérienne s'en est violemment pris au Maroc mardi dans un contexte de vives tensions entre les deux pays, accusant le royaume d'ourdir des "conspirations" contre l'Algérie.

"L’attachement de l’Algérie à ses principes et sa détermination à ne guère en dévier dérangent le régime du Mekhzen (le pouvoir au Maroc) et entravent la concrétisation de ses plans douteux dans la région", a déclaré le général Saïd Chanegriha dans un discours au siège de la 2ème région militaire à Oran et dont le texte a été publié sur le site ministère de la Défense.

"Ce régime expansionniste est allé trop loin, dans les conspirations et les campagnes de propagande subversives visant à réduire le rôle de l'Algérie dans la région", a-t-il ajouté.

Accusant également le Maroc de "tenter de porter atteinte à l’unité" du peuple algérien "en semant la discorde et la division en son sein", il a affirmé que ces actes "seront voués à l'échec car l'Algérie est déterminée (...) à défendre sa souveraineté, son unité nationale et sa décision souveraine".

L'Algérie "est prête à faire face, avec rigueur et fermeté, à tous les plans sinistres, qui se trament secrètement et ouvertement, visant l’Etat-Nation et ses symboles", a-t-il ajouté.

Traditionnellement difficiles, les relations entre l'Algérie et son voisin de l'ouest se sont dégradées ces derniers mois en raison surtout de l'épineux dossier du Sahara occidental, un vaste territoire désertique dont près de 80% est sous contrôle du Maroc. L'Algérie est le premier soutien des indépendantistes sahraouis du Front Polisario.

L’Algérie a décidé le 24 août de rompre ses relations diplomatiques avec Rabat puis un mois plus tard de fermer l'espace aérien algérien à tous les avions civils et militaires marocains.

Dans son discours, le général Chanegriha a affirmé que "les ennemis" avaient recruté "certains faibles d’esprits et traitres à la Nation, instrumentalisés et recrutés comme agents".

Une allusion à peine voilée au Maroc et à Israël qu'Alger accuse de soutenir le MAK (Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie), une organisation indépendantiste, ainsi que l'organisation islamo-conservatrice Rachad, tous deux classés comme mouvement "terroristes" par l'Algérie.


Soudan: chassé par la guerre, le gouvernement annonce son retour à Khartoum

Le gouvernement, allié à l'armée, ainsi que des agences de l'ONU avaient également quitté la capitale pour se replier à Port-Soudan, devenue alors capitale provisoire. (AFP)
Le gouvernement, allié à l'armée, ainsi que des agences de l'ONU avaient également quitté la capitale pour se replier à Port-Soudan, devenue alors capitale provisoire. (AFP)
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  • "Nous sommes de retour aujourd'hui (...) le gouvernement de l'espoir revient dans la capitale nationale", a déclaré Kamel Idris aux journalistes à Khartoum, promettant de "meilleurs services" pour les habitants
  • Plus de 3,7 millions de personnes avaient fui la capitale dès les premiers mois du conflit, déclenché en avril 2023, lorsque les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) s'en étaient emparés

KHARTOUM: Le Premier ministre soudanais a annoncé dimanche le retour dans la capitale Khartoum du gouvernement qui en avait été chassé en 2023 par la guerre et avait été transféré à Port-Soudan, dans l'est du pays.

"Nous sommes de retour aujourd'hui (...) le gouvernement de l'espoir revient dans la capitale nationale", a déclaré Kamel Idris aux journalistes à Khartoum, promettant de "meilleurs services" pour les habitants.

Plus de 3,7 millions de personnes avaient fui la capitale dès les premiers mois du conflit, déclenché en avril 2023, lorsque les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) s'en étaient emparés.

Le gouvernement, allié à l'armée, ainsi que des agences de l'ONU avaient également quitté la capitale pour se replier à Port-Soudan, devenue alors capitale provisoire.

Reprise en mars 2024 par l'armée, Khartoum a depuis enregistré le retour de plus d'un  million de personnes, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Mais après plus de 1.000 jours de guerre, les services de base de la capitale -- hôpitaux, aéroports, centrales électriques-- restent dévastés.

L'ONU estime à environ 350 millions de dollars le coût de la réhabilitation des infrastructures.

Dans son discours dimanche, M. Idris a promis de reconstruire les hôpitaux, d'améliorer les services éducatifs, d'électricité, d'eau et d'assainissement.

Lors d'une visite à Khartoum en juillet dernier, la première depuis sa prise de fonction en mai, il avait déjà affirmé que "Khartoum redeviendra une capitale nationale fière".

Depuis, les autorités ont commencé à reconstruire certains quartiers, même si les FSR ont mené à plusieurs reprises des frappes de drones, notamment contre des infrastructures.

Fin octobre, les paramilitaires qui avaient redirigé leurs offensives vers l'ouest du pays après la perte de la capitale, s'étaient emparés d'El-Facher, la dernière des cinq capitales de la vaste région du Darfour qui était encore contrôlée par l'armée.

Depuis, les FSR se concentrent sur la région voisine du Kordofan, terre pétrolifère située sur l'axe entre le Darfour et Khartoum.

La guerre a tué plusieurs dizaines de milliers de personnes et déraciné plus de 11 millions d'autres, tant à l'intérieur du territoire qu'au-delà de ses frontières.


Syrie: les forces kurdes quittent Alep après des jours de combats meurtriers

Les affrontements, les plus violents à Alep depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, ont fait au moins 21 morts parmi les civils depuis mardi, et provoqué le déplacement d'environ 155.000 personnes, selon les données officielles. (AFP)
Les affrontements, les plus violents à Alep depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, ont fait au moins 21 morts parmi les civils depuis mardi, et provoqué le déplacement d'environ 155.000 personnes, selon les données officielles. (AFP)
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  • L'agence officielle syrienne Sana a confirmé que "les bus transportant le dernier groupe de membres des FDS ont quitté le quartier de Cheikh Maqsoud à Alep, en direction du nord-est"
  • Après avoir pris le contrôle d'Achrafieh, l'armée syrienne avait déjà annoncé samedi la fin de ses opérations à Cheikh Maqsoud et le départ des combattants kurdes vers le nord. Mais les forces kurdes avaient démenti ces affirmations

ALEP: Les forces kurdes en Syrie ont annoncé dimanche l'évacuation de leurs combattants des deux quartiers où ils étaient retranchés à Alep, après plusieurs jours de combats meurtriers contre les forces gouvernementales.

"Nous sommes parvenus à un accord qui a conduit à un cessez-le-feu et permis l'évacuation des martyrs, des blessés, des civils pris au piège et des combattants des quartiers d'Achrafieh et de Cheikh Maqsoud vers le nord et l'est de la Syrie", ont écrit les Forces démocratiques kurdes (FDS) dans un communiqué.

L'agence officielle syrienne Sana a confirmé que "les bus transportant le dernier groupe de membres des FDS ont quitté le quartier de Cheikh Maqsoud à Alep, en direction du nord-est".

Après avoir pris le contrôle d'Achrafieh, l'armée syrienne avait déjà annoncé samedi la fin de ses opérations à Cheikh Maqsoud et le départ des combattants kurdes vers le nord. Mais les forces kurdes avaient démenti ces affirmations.

Les affrontements, les plus violents à Alep depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, ont fait au moins 21 morts parmi les civils depuis mardi, et provoqué le déplacement d'environ 155.000 personnes, selon les données officielles.

Accusations mutuelles 

Les deux camps s'accusent mutuellement d'en être à l'origine.

Ces combats ont fragilisé encore plus un accord conclu en mars entre les deux parties pour intégrer les institutions civiles et militaires de l'administration autonome kurde au sein de l'Etat syrien, qui n'a pas encore été appliqué.

L'évacuation des combattants a été obtenue "grâce à la médiation des parties internationales pour mettre fin aux attaques et aux violations commises contre notre peuple à Alep", a affirmé le FDS, après avoir au contraire dénoncé quelques heures plus tôt des déplacements forcés et des enlèvements de civils.

Depuis Damas, l'émissaire américain Tom Barrack avait lancé samedi un appel à la "retenue" et à la fin des hostilités, après avoir rencontré le président Ahmad al-Chareh dont le gouvernement se dit déterminé à asseoir son autorité sur Alep, la deuxième ville du pays.

Un correspondant de l'AFP posté samedi à l'entrée du quartier Cheikh Maqsoud a vu au moins cinq autocars transporter des hommes, escortés par les forces de sécurité.

Prises au piège pendant des jours, des familles hagardes ont enfin pu quitter le lieu des combats.

Des hommes portent leurs enfants sur le dos, des femmes et des enfants pleurent. "Papa, papa", répète une petite fille cherchant son père.

Mais plusieurs dizaines de jeunes gens sont mis à l'écart par les forces de sécurité, qui les forcent à s'asseoir par terre, tête baissée, sous leur garde, avant de les embarquer dans des cars.

Les FDS, qui ont été le fer de lance de la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique en Syrie, sont soutenues par Washington qui appuie également Ahmad al-Chareh.

Les combats ont fait craindre une escalade régionale, la Turquie voisine se disant prête à intervenir aux côtés des autorités syriennes et Israël prenant la défense des Kurdes.

Depuis la chute de Bachar al-Assad, le pouvoir islamiste s'est engagé à protéger les minorités. Mais les combats d'Alep sont le troisième épisode de violences avec des minorités, après des massacres d'alaouites sur la côte en mars et des combats avec les druzes dans le sud en juillet.

Les Kurdes, qui ont tiré profit du chaos de la guerre civile (2011-2024) pour s'emparer de vastes territoires du nord et du nord-est de la Syrie, y compris des champs pétroliers et gaziers, réclament notamment un système de gouvernance décentralisé, ce que rejette Damas.


Liban: Frappes aériennes israéliennes sur un complexe résidentiel à Saida

De la fumée s'élève du site d'une frappe aérienne israélienne qui a touché les collines près du village d'Al-Katrani, dans le sud du Liban, le 11 janvier 2026. (AFP)
De la fumée s'élève du site d'une frappe aérienne israélienne qui a touché les collines près du village d'Al-Katrani, dans le sud du Liban, le 11 janvier 2026. (AFP)
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  • Plus de 43 frappes aériennes ont été menées en moins de deux heures sur des vallées et des montagnes libanaises
  • Le porte-parole de l'armée israélienne, Avichai Adraee, a lancé un avertissement aux résidents d'un grand complexe résidentiel à Kfar Hatta, leur demandant d'évacuer les lieux avant sa démolition

BEYROUTH : Les avions de combat israéliens ont lancé dimanche au moins 43 frappes aériennes sur les vallées et les montagnes du sud du Liban, au nord du fleuve Litani, une zone qui reste en dehors du plan actuel de l'armée libanaise visant à consolider les armes sous le contrôle de l'État.

Le Liban a qualifié ces attaques de violations de l'accord de cessez-le-feu.

Le porte-parole de l'armée israélienne, Avichai Adraee, a lancé un avertissement aux résidents d'un grand complexe résidentiel à Kfar Hatta, leur demandant d'évacuer les lieux avant sa démolition.