Blinken se rend à Paris en quête d'actes «concrets» pour la réconciliation franco-américaine

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken s'exprimant lors d'une réception à l'occasion du 14 juillet, à l'ambassade de France à Washington DC. (Photo, AFP)
Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken s'exprimant lors d'une réception à l'occasion du 14 juillet, à l'ambassade de France à Washington DC. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 02 octobre 2021

Blinken se rend à Paris en quête d'actes «concrets» pour la réconciliation franco-américaine

  • La visite doit marquer une étape pour rétablir la confiance entre les deux alliés avant une rencontre Macron-Biden fin octobre en Europe
  • Le chef de la diplomatie américaine a prévu un tête-à-tête avec Le Drian, mais Washington n'a pas précisé s’il serait également reçu à l’Elysée

WASHINGTON : Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken se rendra à Paris la semaine prochaine pour rencontrer des dirigeants français, et tenter d'avancer vers des "actes concrets" permettant de sceller la réconciliation entre les Etats-Unis et la France après une crise sans précédent.

Le ministre sera dans la capitale française de lundi à mercredi pour une réunion de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et "rencontrera également ses homologues français afin de poursuivre les discussions sur le renforcement de la relation vitale entre les Etats-Unis et la France sur une série de questions", a annoncé vendredi le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price.

Un nouveau tête-à-tête est notamment prévu avec son homologue français Jean-Yves Le Drian, après celui de la semaine dernière à New York à l'occasion duquel les deux hommes avaient convenu qu'il faudrait "du temps" pour tourner la page.

Washington n'a pas précisé à ce stade si Antony Blinken serait également reçu par le président français Emmanuel Macron.

Le coup de froid a éclaté mi-septembre, quand le président des Etats-Unis Joe Biden a annoncé une nouvelle alliance avec l'Australie et le Royaume-Uni dans la région indo-pacifique, dans le cadre de sa grande priorité internationale: contrer la Chine.

Ce partenariat stratégique, baptisé AUKUS, a suscité une rare colère de la France, car il a provoqué la rupture par l'Australie d'un mégacontrat pour acheter des sous-marins français.

Paris a accusé Washington de traîtrise, évoquant "un coup dans le dos" et une "rupture de confiance entre alliés".

Le président Macron a même rappelé son ambassadeur aux Etats-Unis "pour consultations", une première entre ces deux pays amis. Le diplomate, Philippe Etienne, a regagné mercredi Washington où il s'est d'abord entretenu jeudi avec le conseiller de Joe Biden pour la sécurité nationale, Jake Sullivan, puis avec M. Blinken vendredi.

Car entre-temps, un coup de fil Biden-Macron, la semaine dernière, a permis d'amorcer un certain apaisement.

Le locataire de la Maison Blanche a reconnu que les Etats-Unis auraient pu mieux communiquer avec leur allié de longue date. Et les deux chefs d'Etat ont lancé un "processus de consultations approfondies" pour rétablir la "confiance".

La visite d'Antony Blinken à Paris doit marquer une étape de ce processus, avant une rencontre entre Emmanuel Macron et Joe Biden fin octobre en Europe.

Le chef de la diplomatie américaine discutera avec les dirigeants français de la "sécurité dans la région indo-pacifique" mais aussi de "la crise climatique, la reprise économique après la pandémie de Covid-19", ou encore "la relation transatlantique", selon Ned Price.

"Nous reconnaissons" que la réconciliation "prendra du temps, et nécessitera beaucoup de travail", a insisté vendredi la secrétaire d'Etat américaine adjointe chargée de l'Europe, Karen Donfried.

"Il faut que nos conversations aboutissent sur des actes concrets qui montrent comment, en travaillant ensemble, nous allons rétablir la confiance", a-t-elle ajouté, sans dire si des annonces étaient attendues à l'issue des entretiens parisiens.

Elle a assuré que l'alliance AUKUS ne venait pas "remplacer" d'autres partenariats. "Au contraire, nous saluons l'opportunité de discuter de comment on peut inclure l'Union européenne et d'autres partenaires dans nos initiatives dans l'Indo-Pacifique", a-t-elle dit.

Une source européenne espérait récemment que la crise franco-américaine se révèle être in fine un mal pour un bien, en permettant une "clarification" entre les deux rives de l'Atlantique au sujet des ambitions d'une défense européenne complémentaire de l'Otan - un projet poussé notamment par Emmanuel Macron.

Après Paris, Antony Blinken est attendu les 7 et 8 octobre au Mexique, pour son premier voyage dans ce pays voisin des Etats-Unis en tant que chef de la diplomatie américaine.


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.


Départ de Vallaud: Faure appelle le PS à «avancer d'un même pas», «le congrès permanent ce n'est pas possible»

Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
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  • Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas"
  • "Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun"

PARIS: Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas", jugeant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible" après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d'opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

"Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur franceinfo.

 

 

 


Une Française rapatriée du MV Hondius positive à l'hantavirus, 22 cas contacts en France

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
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  • "Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist
  • Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg

PARIS: Une passagère française, rapatriée du bateau de croisière MV Hondius, a été testée positive à l'hantavirus, a annoncé lundi la ministre de la Santé Stéphanie Rist, faisant également état de 22 cas contacts identifiés en France.

Parmi les croisiéristes déjà évacués, un Américain et cette Française ont été testés positifs à l'hantavirus, contre lequel n'existe aucun vaccin ni traitement et qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

La crise à bord du MV Hondius, qui doit repartir pour les Pays-Bas lundi, a suscité l'inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si à ce stade l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne recense que six cas confirmés d'hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare.

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter.

Les cinq passagers "sont hospitalisés dans des chambres avec des flux d'air qui permettent d'éviter la contamination", "ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et y resteront jusqu'à nouvel ordre", au minimum 15 jours, a-t-elle ajouté.

Concernant les cas contacts, elle a confirmé qu'une vingtaine de Français avaient été identifiés : huit parmi les passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg, qui "ont été mis à l'isolement rapidement", et 14 à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam.

"Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist.

Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg. Elle était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé à son bord.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu "tiendra une nouvelle réunion" lundi après-midi "pour suivre au plus près l'évolution de la situation" sur le virus hantavirus, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a-t-elle ajouté sur BFMTV.

Elle a appelé à "ne pas créer de panique", "nous n'en sommes absolument pas à avoir ces discussions-là" comme lors de l'épidémie de Covid-19.

La variante du virus détectée à bord du navire MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines.