Au procès du 13-Novembre, «l'insouciance perdue» des rescapés des attentats

Ce croquis d'audience réalisé le 14 septembre 2021 montre (de gauche à droite) les coaccusés Mohamed Amri et Mohamed Abrini flanqués de Salah Abdeslam, le principal suspect des attentats de Paris du 13 novembre 2015, lors du procès des attentats de novembre 2015 à Paris. (Benoit Peyrucq/AFP)
Ce croquis d'audience réalisé le 14 septembre 2021 montre (de gauche à droite) les coaccusés Mohamed Amri et Mohamed Abrini flanqués de Salah Abdeslam, le principal suspect des attentats de Paris du 13 novembre 2015, lors du procès des attentats de novembre 2015 à Paris. (Benoit Peyrucq/AFP)
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Publié le Samedi 02 octobre 2021

Au procès du 13-Novembre, «l'insouciance perdue» des rescapés des attentats

  • Les dizaines de parties civiles qui se succèdent à la barre depuis mardi exposent les mêmes «cicatrices», celles visibles et celles de l'âme, cette «sensation d'être en décalage»
  • «On est des morts-vivants. On survit», lâche Vladimir, qui vendait des écharpes près du Stade de France quand un des «kamikazes» a fait exploser sa ceinture explosive

PARIS : Des cauchemars, des crises de larmes ou d'angoisse, une hypervigilance permanente. Au procès du 13-Novembre, des rescapés des attaques ont tenté de mettre toute la semaine des mots sur les séquelles d'un «indescriptible» carnage et leur difficile reconstruction.

Cette «douce» soirée du 13 novembre 2015 avait commencé dans les rires et «la joie», celle de se retrouver en famille ou entre amis autour d'un dîner ou d'un verre.

Maya est attablée au Carillon, son «QG», avec sa «bande de copains». Ils n'ont pas 30 ans. Son mari Amine et les sœurs jumelles Charlotte et Emilie tombent sous les balles de kalachnikov, Mehdi est gravement blessé. Il a «disparu» de sa vie, «c'était trop dur pour lui».

«Seule à la barre» de la cour d'assises spéciale de Paris, Maya décrit les mois qui suivent l'attentat: «la peur, les cauchemars, les crises de larmes, un extrême sentiment de solitude. Je ne pensais pas qu'il était humain de sentir un tel sentiment de détresse et de solitude».

«On ne peut pas vivre comme ça. Ce qui m'a fait tenir, ce sont mes jambes, mes blessures. Il fallait que je me remette debout, que je marche. J'avais 27 ans et toute ma vie à vivre. Ça a été ça mon combat: de garder espoir», poursuit la frêle jeune femme.

«Et aujourd'hui je suis debout. (...) Mon combat a été de panser chaque blessure une à une, me reconstruire. C'est un combat quotidien qui dure depuis six ans, c'est épuisant. J'ai la tête haute mais je suis épuisée», confie Maya. 

- «Tourner cette page» -

«Je me fatigue vite. Mes rêves ont dépeuplé mes nuits. Je doute beaucoup», poursuit Maya, qui a quitté Paris pour vivre «loin du drame», retrouvé un travail et «un amoureux».

«Je me suis reconstruite, mais ce que je voudrais maintenant c'est vivre. Vivre c'est être amoureuse sans culpabiliser, c'est l'insouciance d'une soirée entre amis, être vraiment là. (...) J'attends de tourner cette page, de n'être plus dans la reconstruction mais tout simplement dans la vie», conclut Maya, bouleversant la salle d'audience.

Le 13-Novembre, Florian s'est jeté près d'un «radiateur» ou d'un «piano» - c'est encore flou, tentant de cacher son grand gabarit à l'abri des rafales de tirs à l'intérieur du Carillon. Aucune balle n'a atteint l'étudiant de 24 ans. Quand il se relève, il voit «du sang partout», des tables et des corps «retournés», «une scène d'horreur».

«A partir du moment où je n'étais pas touché physiquement, je me disais que je n'étais pas touché. Mais en réalité, ces images-là c'est difficile de les oublier», déclare-t-il la voix gorgée d'émotion.

«On essaie de mettre ça de côté. Pour moi, ça m'a frappé quelques mois plus tard, j'ai eu besoin d'un peu d'aide pour comprendre ce qui s'était passé», ajoute-t-il pudiquement en sortant un mouchoir. 

Mais c'est «très irrationnel», «il n'y a rien qui fait sens», estime Florian, devenu avocat.

La nuit des attentats, Coralie était interne en dermatologie et s'est retrouvée à devoir faire de la médecine de guerre au Carillon, pratiquant un massage cardiaque sur un blessé, tentant de porter secours à d'autres jeunes, au milieu des douilles et dans une forte odeur de poudre.

Un certificat médical a décrit son stress post-traumatique comme «sévère». Elle a reçu une ITT à plus de 90 jours sur le plan psychologique.

Elle dit à la cour vivre aujourd'hui «normalement», même si elle a «toujours des angoisses, des cauchemars, un état d'hypervigilance permanent».

- «Morts-vivants» -

Les dizaines de parties civiles qui se succèdent à la barre depuis mardi exposent ces mêmes «cicatrices», celles visibles et celles de l'âme, cette «sensation d'être en décalage». 

«On est des morts-vivants. On survit», lâche Vladimir, qui vendait des écharpes près du Stade de France quand un des «kamikazes» a fait exploser sa ceinture explosive. Il s'est depuis séparé de sa femme et n'a pas entamé de suivi psychologique: elle était «(son) médicament».

Marylin, témoin aussi de ces attentats-suicides, les premiers en France, a eu «tous les symptômes du stress post-traumatique. J'avais peur de tout, des crises d'angoisse dans les transports, et puis je suis devenue colérique, je pétais des câbles qui m'épuisaient physiquement pendant plusieurs jours».

Elle a dû renoncer à «un boulot de rêve» dans l'humanitaire et est partie vivre loin de Paris.

Amanda est restée à Paris, où elle était arrivée trois semaines avant de voir la mort en face, au Petit Cambodge.

Ils étaient une table de huit, tous ont survécu - «une chance». Ses sept amis ont quitté la capitale, Amanda n'y a «jamais pensé», malgré les «moments de panique» qui «partent» et qui «reviennent».

Prendre l'avion pour voir sa famille au Brésil l'effraie. «On me dit +mais un accident ça n'arrive jamais+. Si, j'ai vécu ça. J'étais dans un bar et j'ai vécu ça», insiste Amanda.


Paris salue le vote «historique et courageux» de l'abolition de la peine de mort au Liban

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence"
  • Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient.

Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence", a écrit sur X le ministre, soulignant que le Liban honore ainsi un "engagement pris à Paris il y a un mois lors du 9e Congrès mondial contre la peine de mort".


Chômage des jeunes: "Beaucoup d'outils" disponibles, comme la voie professionnelle, selon Roubache

Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
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  • Le chômage des jeunes de 15-24 ans atteint 21,6 % au deuxième trimestre, en hausse de 2,5 points sur un an
  • Le gouvernement mise sur la voie professionnelle et l’apprentissage, dont les crédits sont maintenus, pour favoriser l’insertion rapide des jeunes

PARIS: Face à la remontée du chômage des jeunes, le gouvernement dispose de "beaucoup d'outils", notamment la voie professionnelle, a déclaré mardi la ministre déléguée chargée de l'Enseignement, de la Formation professionnelle et de l'Apprentissage.

"Vous l'avez dit, le chômage des jeunes remonte. Mais nous avons beaucoup d'outils, notamment la voie professionnelle, l'une de ces voies qui permet à nos jeunes d'être insérés très rapidement. Vous avez la partie scolaire, et la partie en apprentissage, qui est un vrai succès", a déclaré Sabrina Roubache sur Europe 1.

Le taux de chômage des jeunes actifs de 15-24 ans a rebondi au deuxième trimestre à 21,6%, en hausse de 0,4 point sur un trimestre et de 2,5 points sur un an, selon des données publiées vendredi par l'Insee. Quant aux 16-29 ans sans emploi, formation ou études, leur part, stable sur le trimestre à 13,3%, a progressé sur un an.

Sabrina Roubache a aussi défendu le bilan sur l'emploi des jeunes sous la présidence d'Emmanuel Macron, vantant "500.000 jeunes en emploi depuis 2017, plus haut niveau depuis les années 1990 sur les 15-24 ans".

Comme on lui rappelait que le nombre d'apprentis avait baissé en 2025, elle a invoqué "la conjoncture" mais assuré que "les crédits pour l'apprentissage ont été sanctuarisés", car "on ne casse pas une politique publique qui marche".

Sur le nombre de jeunes en voie professionnelle cherchant encore, à trois semaines de la rentrée, une entreprise pour leur apprentissage, la ministre déléguée a répondu qu'"on n'est pas tout à fait capables de le dire" mais a souligné que "vous avez trois mois à partir du démarrage de votre formation en septembre pour trouver une entreprise".

"Mon cabinet et moi-même, nous répondons à toutes les sollicitations", a-t-elle ajouté, avant de lancer "un appel à toutes les entreprises: n'hésitez pas à recruter des jeunes en apprentissage, ce sont les compétences d'aujourd'hui que vous formez pour vos besoins de demain".

Alors que le chômage revient dans le débat politique à huit mois de l'élection présidentielle, le Premier ministre Sébastien Lecornu a défendu lundi le bilan des politiques menées depuis 10 ans, réfutant tout "déni" face à une nouvelle hausse mais appelant à ne pas tomber dans la "caricature".

Avec un taux à 8,3%, au plus haut niveau depuis l'automne 2020, en plein Covid, et depuis l'automne 2019 auparavant, l'objectif d'Emmanuel Macron d'un taux de chômage à 5% de la population active s'est encore éloigné au deuxième trimestre.


Canicule: des températures nettement à la hausse mardi 

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
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  • Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse)
  • "Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00

PARIS: Avec des températures à la hausse, le cinquième épisode caniculaire de l'année s'étend à l'ouest de la France et 43 départements vont être placés mardi à partir de midi en vigilance orange par Météo-France.

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne.

Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse).

"Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00.

Météo-France prévoit de placer 67 départements, dont Paris et sa petite couronne, en vigilance orange canicule dans la journée de mercredi.

Météo-France table sur un "pic probable de l'épisode vers le milieu de semaine".