Présidentielle: pour Emmanuel Macron, le dangereux statut de favori

Emmanuel Macron, président de la France et probable candidat à sa réélection (Photo, AFP).
Emmanuel Macron, président de la France et probable candidat à sa réélection (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 06 octobre 2021

Présidentielle: pour Emmanuel Macron, le dangereux statut de favori

  • Emmanuel Macron se retrouve dans une situation singulière d'un président probable candidat à sa réélection disposant d'une majorité parlementaire et favori à six mois du scrutin
  • La piste d'une entrée en campagne dans la foulée d'un discours du président le 19 janvier au Parlement européen, alors que la France présidera l'UE pendant le premier semestre 2022, est désormais largement évoquée

PARIS: Porté par de bons sondages, Emmanuel Macron, toujours pas candidat, se retrouve favori de l'élection présidentielle: une situation d'apparence favorable mais qui suscite la méfiance des troupes macronistes, tant le scrutin semble incertain à six mois du premier tour.

Dimanche, lors de l'université de rentrée de La République en marche à Avignon, Richard Ferrand estimait "retrouver les accents des débuts" de l'aventure macroniste, face à 4.500 militants euphoriques.

"Mais si j'évoque notre premier rendez-vous", a poursuivi le président de l'Assemblée nationale, "c'est parce que rien n'est jamais acquis: (...) tout est possible, y compris sa réélection, mais y compris l'échec". Et ce marcheur de la première heure de mettre en garde contre "les bons augures qui pourraient nous endormir et flatter notre paresse".

Trop haut, trop tôt? Emmanuel Macron se retrouve dans une situation singulière, si ce n'est inédite, d'un président probable candidat à sa réélection disposant d'une majorité parlementaire et (largement) favori à six mois du scrutin, entre 24 et 26% au premier tour selon un sondage Ifop-Fiducial pour Le Figaro et LCI publié lundi.

"Il y a une préoccupation sur l'absence potentielle d'humilité", reconnaît un porte-parole de LREM Roland Lescure, quand l'ancienne ministre Sibeth Ndiaye exhorte à "ne jamais considérer qu'une élection est gagnée d'avance" car, fait-elle valoir, "si on m'avait dit en juillet que Zemmour serait à 15% début octobre, je ne l'aurais pas cru".

Volatilité de l'électorat, accidents de campagne: la macronie est d'autant plus inquiète qu'elle brandit les exemples de Lionel Jospin en 2001-2002, ou Edouard Balladur, sept ans plus tôt, balayés après avoir dominé les intentions de vote. "Je sens Emmanuel Macron non pas confiant, mais plutôt fébrile", croit même savoir un député.

Le favori de l'automne est-il condamné à être le déçu du printemps? "Ça n'est pas vrai", conteste le directeur du pôle opinion de l'Ifop, Frédéric Dabi, qui rappelle que François Mitterrand n'a jamais été inquiété par les sondages pour sa réélection et qu'à partir de 2006, "Sarkozy n'a jamais été donné perdant".

Candidature mi-janvier ?

Dans la manche du chef de l'Etat, un étiage de score de premier tour comparable à celui de 2017, "ce que n'avait pas Chirac en 2002", rappelle le politologue et sondeur, alors que les trois quarts des électeurs d'Emmanuel Macron d'il y a cinq ans assurent vouloir à nouveau voter pour lui.

Le président de la République convertit en outre environ trois quarts de ses 40% de bonnes opinions en intentions de vote, "ce qui n'est pas honteux", selon M. Dabi, puisque comparable au ratio de François Mitterrand en 1988.

"On a vraiment un président qui est en pôle position: c'est le seul îlot de stabilité dans un paysage politique fragmenté, tourmenté" et, dès lors, "il peut laisser et voir venir et jouer de ce statut", estime-t-il.

Mais "oui, il peut se passer des choses", convient l'expert, notamment "le regard peut changer quand Emmanuel Macron va entrer en campagne".

En macronie, la question de l'annonce de candidature fait l'objet de spéculations. Une campagne courte, à l'instar de celle de Mitterrand en 1988, qui s'était dévoilé moins de cinq semaines avant le premier tour? "Il faut arrêter avec ça, ça n'a aucun sens", peste un ministre qui estime au contraire que "Sarkozy était sorti trop tard", en février 2012.

La piste d'une entrée en campagne dans la foulée d'un discours du président le 19 janvier au Parlement européen, alors que la France présidera l'UE pendant le premier semestre 2022, est désormais largement évoquée.

Demeure l'incertitude des adversaires, notamment au second tour - si tant est que le chef de l'Etat y soit qualifié -, alors que le "ticket d'entrée" pourrait être historiquement bas, autour de 15-16%.

"Ce qui inquiète Macron, c'est qu'il croyait refaire le match avec Le Pen, et là on n'en est plus du tout certain", note un député.

"Le président peut battre tout le monde au deuxième tour, c'est une question de dynamique", balaie un ministre. "Et la politique, c'est un sujet d'offre, on doit se concentrer sur l'élaboration de notre projet", abonde Sibeth Ndiaye, selon qui "on n'a pas fait le dépassement pour dire qu'aujourd'hui, on veuille choisir notre adversaire".


Le ramadan finira vendredi pour tous les musulmans en France

A l'issue d'une démarche exceptionnelle de concertation, plusieurs instances départementales avaient également annoncé en début de semaine la date du 20 mars. (AFP)
A l'issue d'une démarche exceptionnelle de concertation, plusieurs instances départementales avaient également annoncé en début de semaine la date du 20 mars. (AFP)
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  • La commission religieuse de la Grande mosquée, réunie mercredi après-midi, "a constaté l'impossibilité d'observer la nouvelle lune", affirme l'institution dans un communiqué
  • De ce fait "le mois de ramadan durera 30 jours" ce qui fixe à vendredi la date de l'Aïd el-Fitr qui marque la fin du ramadan, mois de jeûne, de prières et de partage pour les cinq à six millions de musulmans vivant en France.

PARIS: Après un début en deux temps qui avait consterné les fidèles, le ramadan se terminera vendredi pour tous les musulmans de France, la Grande mosquée de Paris ayant elle aussi arrêté cette date pour l'Aïd el-Fitr.

La commission religieuse de la Grande mosquée, réunie mercredi après-midi, "a constaté l'impossibilité d'observer la nouvelle lune", affirme l'institution dans un communiqué.

De ce fait "le mois de ramadan durera 30 jours" ce qui fixe à vendredi la date de l'Aïd el-Fitr qui marque la fin du ramadan, mois de jeûne, de prières et de partage pour les cinq à six millions de musulmans vivant en France.

Cette décision met un terme au pataquès qui avait entouré les dates du ramadan cette année en France, déploré par beaucoup comme un signe de division interne.

La Grande mosquée de Paris avait en effet fixé son début au 18 février, à rebours de la date du 19 arrêtée par de nombreuses autres institutions parmi lesquelles le Conseil français du culte musulman (CFCM), ex-instance de représentation de l'islam auprès des pouvoirs publics.

En ce qui concerne la fin du ramadan, le CFCM avait de longue date fixé à vendredi le jour de l'Aïd el-Fitr.

A l'issue d'une démarche exceptionnelle de concertation, plusieurs instances départementales avaient également annoncé en début de semaine la date du 20 mars.

La divergence dans la fixation des dates vient de la méthode retenue, selon que le calcul astronomique est ou non associé à l'observation de la lune.


Macron près de Nantes pour dévoiler le nom du futur porte-avions géant

Le président français Emmanuel Macron salue des militaires à bord du porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée, après des frappes de drones iraniens sur Chypre, le 9 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron salue des militaires à bord du porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée, après des frappes de drones iraniens sur Chypre, le 9 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron se rend à Indret pour dévoiler le nom du futur porte-avions français, qui remplacera le Charles de Gaulle en 2038
  • Le projet, estimé à 10 milliards d’euros sur 20 ans, représente un symbole de puissance militaire française et intègre une technologie américaine électromagnétique pour les catapultes, tout en restant évolutif pour accueillir drones et aéronefs futurs

PARIS: Un nouveau navire amiral, embarquant des drones et fort de trois catapultes: Emmanuel Macron se rend mercredi à Indret, près de Nantes, où il dévoilera le nom du futur porte-avions français dont la construction vient de débuter.

Le chef de l'Etat est attendu vers 15H00 sur le site du constructeur Naval Group où seront fabriquées les deux chaufferies nucléaires du bâtiment. Il remplacera en 2038 le Charles de Gaulle, sur lequel Emmanuel Macron s'est récemment rendu alors qu'il naviguait en Méditerranée orientale face aux risques d'extension de la guerre au Moyen-orient.

Le chef de l'État a donné le feu vert à la construction de ce porte-avions de nouvelle génération en décembre, concrétisant un projet en gestation depuis 2018. Ce déplacement devrait être l'occasion de dévoiler le nom du navire, dont la coque sera façonnée à Saint-Nazaire à partir de 2031.

Le "Richelieu" ? "François Mitterrand" ? Le "Marie Marvingt", pionnière de l'aviation ?  Ou encore le "Simone Veil", figure politique française ? Les paris vont bon train sur internet, en attendant le verdict présidentiel. Donner le nom d'une femme à un tel bâtiment serait en tout cas une première.

Ce nouveau fleuron, qui représentera 10 milliards d'euros d'investissements sur une vingtaine d'années, est d'ores et déjà paré de tous les superlatifs. "Ce sera le plus gros navire militaire construit en France, avec 77.000 tonnes contre 42.000 pour le Charles de Gaulle", relève l'Elysée.

Seuls deux pays au monde disposent de porte-avions nucléaires, les Etats-Unis (11 bâtiments) et la France. La Chine et l'Inde en ont à propulsion classique et les autres (Royaume-uni, Italie..) sont équipés de porte-aéronefs à décollage vertical.

De quoi faire du navire un symbole de la puissance militaire française, à l'heure où Emmanuel Macron met un accent particulier sur l'effort de défense, à l'image de son récent discours sur la dissuasion nucléaire qui marque l'augmentation de l'arsenal français et une coopération avec huit pays européens.

Ce futur bâtiment "sera capable à la fois de catapulter et de récupérer des avions. Actuellement, sur la plupart des porte-avions, vous catapultez et vous reconfigurez ensuite le pont pour récupérer, ce qui limite en termes de capacité opérationnelle", souligne la présidence.

- "Plan B" -

Avec trois rails de catapulte, au lieu de deux actuellement, il maximisera aussi la capacité d'envol des 40 aéronefs embarqués.

Un gros bémol toutefois: la technologie électromagnétique des futures catapultes relèvera de l'américain General Atomics, source de vulnérabilité potentielle dans un monde aux rapports de forces de plus en plus exacerbés.

"Le choix a été fait, et c'est un choix économique de travailler avec les États-Unis, qui est parfaitement cohérent, mais il existe bien évidemment d'autres plans, un plan B, si jamais on avait des contraintes particulières", assure toutefois un conseiller présidentiel.

Le bâtiment devra aussi être "évolutif" pour pouvoir accueillir tous les types d'avions qui seront déployés pendant sa durée de vie, mais aussi des drones, le nouveau défi militaire révélé par les guerres en Ukraine et au Moyen-orient.

Un enjeu énorme. "On ne peut pas se contenter de reproduire un outil qui a été conçu à la moitié du siècle dernier", souligne le chef d'état-major des armées, le général Fabien Mandon.

"Demain, le porte-avions ne sera pas qu'un porte-avions (..) Nous aurons besoin de drones qui vont pénétrer les défenses adverses, que ce soit des drones de combat ou des munitions téléopérées, de drones ravitailleurs, de drones de surveillance...", renchérit le chef d'état-major de la Marine, l'amiral Nicolas Vaujour.

Vecteur de projection de puissance, les porte-avions représentent aussi des coûts astronomiques, en période de restriction budgétaire. "Sur un programme de près de 20 ans, nous sommes précautionneux", concède l'Elysée tout en maintenant l'estimation de 10 milliards d'euros.

La question d'un deuxième porte-avions continue aussi de se poser, alors qu'un seul bâtiment n'est disponible que 65% du temps. "A ce stade, non", répond-on toutefois à l'Elysée.


Un hommage national rendu au militaire français tué en Irak

L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. (AFP)
L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. (AFP)
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  • "La Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos militaires blessés qui sont encore, pour certains, dans les soins intensifs en ce moment-même à l'hôpital"
  • Arnaud Frion, 42 ans, a été tué jeudi soir dans une frappe de drone qui a également blessé six militaires français, depuis rapatriés et hospitalisés en France

VARCES-ALLIERES-ET- RISSET: Emmanuel Macron a salué mardi, au début d'un conseil de défense sur le conflit au Moyen-Orient, la mémoire du major Arnaud Frion "mort pour la France" en Irak, auquel la ministre des Armées Catherine Vautrin a aussi rendu un hommage solennel au 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces (Isère) où il servait.

"Le major Frion est mort pour la France en Irak en fin de semaine dernière lors d'une attaque de drones perpétrée par une milice pro-iranienne, alors qu'il œuvrait à la lutte contre le terrorisme, au combat contre Daech (État islamique, NDLR), à la défense de la souveraineté irakienne et, ce faisant, à notre sécurité", a déclaré le chef de l’État.

"La Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos militaires blessés qui sont encore, pour certains, dans les soins intensifs en ce moment-même à l'hôpital", a-t-il ajouté.

Arnaud Frion, 42 ans, a été tué jeudi soir dans une frappe de drone qui a également blessé six militaires français, depuis rapatriés et hospitalisés en France.

"La France n'oubliera pas le prix de la vie d'Arnaud Frion (...) ce prix douloureux, c'est celui de notre sécurité, de notre souveraineté, de notre liberté", a également affirmé Catherine Vautrin à Varces.

Face à elle, le cercueil du major est recouvert du drapeau bleu blanc rouge et de trois coussins sur lesquels reposent ses décorations, la croix de chevalier de la Légion d'honneur reçue à titre posthume et la tarte, béret distinctif des chasseurs alpins.

"Le parcours d'Arnaud Frion raconte un homme qui était devenu par le travail, par la valeur, par l'exemple, l'une des plus belles figures du soldat français", a salué la ministre au côté du chef d'état-major de l'armée de Terre, le général Pierre Schill.

L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. Marié et père d'un enfant, il avait reçu la médaille militaire le 31 décembre 2021.

Il a été frappé avec ses compagnons d'armes alors qu'il se trouvait dans une base placée sous l'autorité des combattants kurdes peshmergas, située au sud-ouest d'Erbil, à Mala Qara, dans le Kurdistan irakien. Ils y étaient déployés dans le cadre de la coalition internationale mise en place en 2014 contre le groupe jihadiste État islamique.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le Kurdistan irakien et Erbil ont essuyé de multiples attaques de drones Shahed imputées à des factions pro-iraniennes, visant notamment les dispositifs militaires américains dans la région. Ces attaques ont été pour la plupart neutralisées par la défense antiaérienne.