A Ouagadougou, le «désenchantement» des étudiants quatre ans après le discours de Macron

Le 28 novembre 2017, devant quelque 800 étudiants de l’université Joseph Ki-Zerbo à Ouagadougou, le président français élu depuis quelques mois avait esquissé une nouvelle relation avec le continent. (AFP)
Le 28 novembre 2017, devant quelque 800 étudiants de l’université Joseph Ki-Zerbo à Ouagadougou, le président français élu depuis quelques mois avait esquissé une nouvelle relation avec le continent. (AFP)
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Publié le Jeudi 07 octobre 2021

A Ouagadougou, le «désenchantement» des étudiants quatre ans après le discours de Macron

  • «On ne peut pas dire qu’il y a eu du changement sous le soleil franco-africain. Les Africains peinent à se défaire du lourd héritage de la colonisation» tranche d’un ton sec un enseignant-chercheur
  • L'intervention militaire française aux côtés des armées des pays du Sahel pour lutter contre les jihadistes dans la région est la cible de critiques croissantes

OUAGADOUGOU: Quatre ans après un discours d'Emmanuel Macron à l'université de Ouagadougou, promettant une rupture dans la politique française en Afrique, l'heure est au désenchantement sur le campus de la capitale du Burkina Faso. 


Avant un sommet vendredi à Montpellier (sud de la France) visant à "réinventer la relation" entre l'Afrique et la France, la politique africaine du quinquennat Macron est loin de faire l'unanimité aujourd'hui. 


"C’est le désenchantement ! Quatre ans après les promesses en grande pompe, très peu ont été suivies d’actes", lance Lassina Kambou, un étudiant de 23 ans.


Le 28 novembre 2017, devant quelque 800 étudiants de l’université Joseph Ki-Zerbo à Ouagadougou, le président français élu depuis quelques mois avait esquissé une nouvelle relation avec le continent, où la France serait moins en première ligne, en rupture avec les pratiques opaques de la "Françafrique". 


"On ne peut pas dire qu’il y a eu du changement sous le soleil franco-africain. Les Africains peinent à se défaire du lourd héritage de la colonisation", tranche d’un ton sec Adama Zongo, enseignant-chercheur.


"Les promesses de rupture se sont véritablement heurtées à la +realpolitik+ sur fond d’intérêt économique entre l’ancienne métropole et ses ex-colonies", analyse-t-il.

«Ingérence»
L'intervention militaire française aux côtés des armées des pays du Sahel pour lutter contre les jihadistes dans la région est la cible de critiques croissantes et parfois perçue comme du "néocolonialisme" en Afrique de l'Ouest.


La rapidité avec laquelle Emmanuel Macron s'était rendu au Tchad pour adouber Mahamat Idriss Déby, propulsé en avril à la tête du pays après la mort de son père, avait également rappelé certains vieux réflexes.


"A Ouagadougou, Macron avait choisi d’incarner la rupture. Quatre ans après, ce discours est resté, pour ses grandes lignes, à l’état d’annonce. La volonté affichée du président Macron n’a pas résisté à la réalité de la fonction présidentielle", insiste Lianhoué Imhotep Bayala, doctorant et membre du Balai citoyen, un mouvement de la société civile en pointe lors de l’insurrection populaire de 2014.


"L’ingérence de la France sur le continent est permanente et se traduit par des voyages récurrents des ministres Florence Parly, de Jean-Yves Le Drian. Quand la France vient donner des leçons de conduite d’Etat à un autre Etat, c’est la caractéristique la plus évidente de l’insistance du maintien des liens coloniaux", souligne-t-il qualifiant de "grosse farce de marketing politique" l'annonce de la fin de la Françafrique.

«Statu quo»
L'annonce de la réduction des troupes françaises au Sahel pour les articuler dans un groupement de forces spéciales de plusieurs pays européens ne convainc pas davantage au sein de l'université burkinabè. 


"Avec la situation actuelle au Sahel, tout ce qui reste ce sont des tentatives ou des annonces de retrait de troupes françaises. C'est toujours le statu quo", souligne M. Bayala, un brin dépité, tandis que ses camarades s’éloignent, se refusant à commenter le discours de 2017 qualifié de "poudre aux yeux".


La situation sécuritaire du Burkina Faso ne cesse de se dégrader depuis plusieurs années, le pays étant devenu une des cibles principales au Sahel des groupes armés terroristes qui multiplient les attaques meurtrières. 


Mais certains, comme Ali Traoré, étudiant en Lettres modernes, préfèrent retenir la construction à Ouagadougou d’un centre de soutien à la recherche, l'entrepreneuriat et l'innovation, une promesse du président Macron ou les premières restitutions d'oeuvres d'art au Bénin, pillées lors des guerres coloniales.


"Cette promesse peine à être tenue mais il faut qu’elle le soit si la France veut être irréprochable et continuer à donner des leçons de morale", estime Lianhoué Bayala.


A Ouagadougou, on salue également la levée du secret-défense sur des documents relatifs à l’assassinat du père de la révolution burkinabè Thomas Sankara, en 1987, dont Emmanuel Macron avait promis la remise aux autorités burkinabè.


Le procès de l'assassinat de Thomas Sankara débutera le 11 octobre, devant le tribunal militaire de Ouagadougou, avec 13 personnes sur les bancs des accusés. 


Deux employés d'un Burger King jugés en décembre pour harcèlement après un suicide

Deux employés d'un restaurant Burger King à Calais seront jugés en décembre pour harcèlement moral, quatre mois après le suicide d'une de leurs collègues, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et de l'entourage de la victime. (AFP)
Deux employés d'un restaurant Burger King à Calais seront jugés en décembre pour harcèlement moral, quatre mois après le suicide d'une de leurs collègues, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et de l'entourage de la victime. (AFP)
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  • Sylvana Dufossé, 20 ans, employée polyvalente au Burger King de Calais, a mis fin à ses jours le 1er janvier 2026
  • Selon la plainte déposée par sa grande soeur Angelina Dufossé le 13 janvier et consultée par l'AFP, Sylvana "subissait un harcèlement moral quotidien et presque physique de la part de deux de ses collègues de travail au restaurant Burger King Calais"

LILLE: Deux employés d'un restaurant Burger King à Calais seront jugés en décembre pour harcèlement moral, quatre mois après le suicide d'une de leurs collègues, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et de l'entourage de la victime.

A l'issue de leurs gardes à vue jeudi soir dans le cadre de cette affaire, "des convocations par officier de police judiciaire ont été remises aux deux prévenus" pour être jugés, selon la procureure de Boulogne-sur-Mer Cécile Gressier.

Il s'agit d'un salarié du même niveau hiérarchique que la victime et d'un supérieur direct, de hiérarchie intermédiaire, a précisé la procureure.

Ils doivent comparaître le 10 décembre au tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer, selon un avis du parquet reçu par la soeur de la victime, partie civile dans ce dossier, et dont l'AFP a obtenu une copie.

Sylvana Dufossé, 20 ans, employée polyvalente au Burger King de Calais, a mis fin à ses jours le 1er janvier 2026.

Selon la plainte déposée par sa grande soeur Angelina Dufossé le 13 janvier et consultée par l'AFP, Sylvana "subissait un harcèlement moral quotidien et presque physique de la part de deux de ses collègues de travail au restaurant Burger King Calais".

Le procès à venir "est un soulagement pour la famille, car nous redoutions que l'affaire soit classée sans suite. C'est une première étape, mais l'objectif reste qu'ils soient condamnés, pour Sylvana et pour toutes les victimes de harcèlement au travail. Il faut que cela cesse", a déclaré à l'AFP Boubacar Dembélé, fondateur du collectif Agir Ensemble, qui lutte contre le harcèlement.

Plusieurs salariés du même établissement se sont joints à la plainte d'Angelina Dufossé et ont témoigné à la justice du harcèlement subi.

Par ailleurs, une autre plainte avait déjà été déposée en mai 2025 par une ancienne employée du même restaurant, Séphina Lapotre, pour harcèlement moral lié à sa religion et à son port du voile.

De son côté, Burger King avait déclaré en février à l'AFP qu'un audit RH réalisé à sa demande dans le restaurant de Calais avait été "partagé aux autorités compétentes" et que les deux salariés concernés étaient suspendus.

 


Rima Hassan convoquée ce vendredi matin à la police judiciaire de Paris

L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier. (AFP)
L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier. (AFP)
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  • Rima Hassan est attendue au Bastion par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP)
  • L'eurodéputée a été placée jeudi en garde à vue d'où elle est ressortie libre en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" à raison d'un de ses posts sur X

PARIS: L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier.

Rima Hassan est attendue au Bastion par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP), a ajouté cette source confirmant partiellement une information de TF1.

Les faits pour lesquels l'eurodéputée est convoquée à la BRDP n'ont rien à voir avec ce qu'il s'est passé jeudi, a-t-on insisté.

L'eurodéputée a été placée jeudi en garde à vue d'où elle est ressortie libre en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" à raison d'un de ses posts sur X.

Lors de la fouille de ses effets, il a été découvert "la présence de matières s'apparentant d'une part à du CBD et d'autre part à de la 3MMC (une drogue de synthèse, ndlr), sur lesquelles elle a été interrogée", avait indiqué le parquet à l'issue de sa garde à vue, en ajoutant que "ces éléments (étaient) disjoints et feront l'objet d'une procédure distincte".

Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise, a assuré vendredi sur Sud Radio que Rima Hassan n'avait "aucune drogue sur elle", dénonçant des "informations mensongères" utilisées pour la "salir".

Invité de BFMTV, Laurent Nuñez a justifié le signalement à la justice par ses services du post de Rima Hassan qui faisait référence à Kōzō Okamoto, un des auteurs du massacre perpétré le 30 mai 1972 à l'aéroport de Tel-Aviv (26 morts).

"C'était normal de faire un signalement (...) le tweet de Mme Hassan est grave (...), il n'y a pas d'acharnement", a fait valoir le ministre de l'Intérieur, en affirmant qu'il ne "fallait rien laisser passer".

"L'action politique doit rester dans les limites de l'Etat de droit", a-t-il ajouté.


Macron reçu par l'empereur à la fin de sa visite au Japon

Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
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  • Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung
  • Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace

TOKYO: Emmanuel Macron a été reçu jeudi à Tokyo par l'empereur du Japon Naruhito, au dernier jour de sa visite dans l'archipel nippon pour renforcer les liens diplomatiques et économiques avec la France.

Le président français, accompagné par son épouse Brigitte Macron, a été accueilli par le souverain et l'impératrice Masako au palais impérial, une bâtisse épurée dans un parc arboré au coeur de la capitale japonaise, a constaté un journaliste de l'AFP.

Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung.

Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace. Astrocale a une filiale en France et un partenariat avec le français Exotrail.

"C'est une parfaite illustration de ce qu'est la coopération spatiale entre le Japon et la France", a-t-il dit, alors que l'espace est l'un des secteurs pour lesquels il a appelé la veille au renforcement des partenariats bilatéraux.

"Comment oeuvrer à une mission d'intérêt général pour un espace durable", avec "le désorbitage et la destruction des débris spatiaux qui aujourd'hui sont une vraie problématique", est une question qui était "au coeur du G7 porté par le Japon" et sera "au coeur aussi du G7 que la France préside cette année", a-t-il ajouté.