Feu vert de l’UE à l'interdiction du dioxyde de titane dans l'alimentation dès 2022

Le chocolat « Ruby », un nouveau chocolat rose obtenu sans ajout de baies, d'arômes ni de colorants, est présenté aux médias à l'usine Barry Callebaut Belgium, leader mondial du cacao, à Lebbeke-Wieze le 18 septembre 2017. (Emmanuel Dunand / AFP)
Le chocolat « Ruby », un nouveau chocolat rose obtenu sans ajout de baies, d'arômes ni de colorants, est présenté aux médias à l'usine Barry Callebaut Belgium, leader mondial du cacao, à Lebbeke-Wieze le 18 septembre 2017. (Emmanuel Dunand / AFP)
Short Url
Publié le Samedi 09 octobre 2021

Feu vert de l’UE à l'interdiction du dioxyde de titane dans l'alimentation dès 2022

  • Le E171, composé de particules de dioxyde de titane sous forme de poudre, est utilisé dans de nombreux produits alimentaires pour ses propriétés colorantes (pigment blanc) et opacifiantes
  • L'absorption des particules de dioxyde de titane est faible, mais «elles peuvent s'accumuler dans l'organisme»

BRUXELLES, Belgique : Les États de l'UE ont donné vendredi leur feu vert pour interdire dès 2022 le colorant E171 (dioxyde de titane) comme additif alimentaire, après une remise en cause de sa sécurité par le régulateur européen.

Le E171, composé de particules de dioxyde de titane sous forme de poudre, est utilisé dans de nombreux produits alimentaires -- confiseries, chewing-gums, pâtisseries, soupes ou plats cuisinés -- pour ses propriétés colorantes (pigment blanc) et opacifiantes.

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) avait estimé début mai que l'E171 ne pouvait plus être considéré comme «sûr» en tant qu'additif alimentaire, car si l'absorption des particules de dioxyde de titane est faible, «elles peuvent s'accumuler dans l'organisme».

Le régulateur, qui avait mené son étude à la demande de Bruxelles, avait donc jugé ne pas pouvoir exclure la «génotoxicité» du composant, c'est-à-dire sa capacité à endommager l'ADN, le matériel génétique des cellules.

Dans la foulée, la Commission européenne a proposé d'interdire l'E171 dans l'alimentaire sur tout le territoire de l'Union, un projet approuvé vendredi par les représentants des Vingt-Sept, a indiqué l'exécutif européen dans un communiqué.

Sauf objection émise d'ici la fin de l'année par le Conseil (l'institution représentant les Etats) ou le Parlement européen, le texte entrera en vigueur «début 2022», avec une transition de six mois à l'issue de laquelle l'interdiction sera totale pour l'usage dans les produits alimentaires.

Pour l'instant, l'industrie pharmaceutique -- qui utilise également le colorant E171 dans la confection de médicaments -- ne sera pas concernée par l'interdiction, de façon à «prévenir toute pénurie» de produits médicaux.

Le feu vert des pays membres est «l'ultime clou dans le cercueil du dioxyde de titane comme additif alimentaire», s'est réjouie Camille Perrin, une responsable du Bureau européen des unions de consommateurs (Beuc).

«Dans la plupart des Etats européens, l'E171 avait déjà largement disparu de la composition des produits alimentaires, mais on le trouvait encore dans certains chewing-gums, friandises et décorations pour gâteaux», a-t-elle observé.

«Le bras de fer a été long, trop long, pour obtenir cette interdiction de l’additif E171 dans notre alimentation en France en 2020 et maintenant dans toute l'Europe, mais c'est une victoire importante pour notre santé», a estimé pour sa part Karine Jacquemart, directrice de foodwatch France, dans un communiqué commun avec Agir pour l'Environnement.

Le Conseil supérieur de la Santé belge considère le dioxyde de titane comme «cancérigène possible», et la France l'avait interdit l'année dernière comme additif alimentaire en raison des nanoparticules qu'il contient. Des chercheurs avaient établi qu'il pouvait provoquer des lésions pré-cancéreuses chez des rats.

Le combat des associations contre le dioxyde de titane sous forme de nanoparticules n'est pas terminé.

«Nous sommes aussi exposés au dioxyde de titane via les produits cosmétiques qui sont susceptibles d'être ingérés en partie comme le rouge à lèvres, le dentifrice... et via les médicaments. La logique commande qu'on élargisse cette interdiction à ces deux familles de produits», a réagi auprès de l'AFP Olivier Andrault, chargé de mission alimentation pour l'association française UFC-Que Choisir.


Le pétrole temporise faute de nouvelles avancées diplomatiques au Moyen-Orient

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Short Url
  • Les prix du pétrole évoluent prudemment, les marchés attendant un accord durable entre l'Iran et les États-Unis sur le détroit d'Ormuz
  • Un compromis Iran-Oman sur le transit a été annoncé, mais des désaccords avec Washington continuent de peser sur les flux énergétiques

LONDRES: Les cours du pétrole sont indécis jeudi, après une forte baisse en début de semaine, le marché attendant un arrangement entre Téhéran et Washington après que l'Iran a affirmé mercredi avoir conclu un accord avec Oman.

Vers 10H40 GMT (12H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre prenait 0,97% à 80,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,77% à 75,80 dollars.

L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.

Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.

Le problème est que Téhéran envisage des frais de service pour le passage dans le détroit, qui sont rejetés par les Etats-Unis et qui vont à l'encontre du droit international.

"Tout accord pourrait donc se révéler aussi fragile que le protocole d'accord initial de juin", prévient Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En juin, Téhéran et Washington s'étaient accordés sur une trêve de 60 jours durant laquelle les deux pays devaient garantir le passage gratuit des navires via le détroit d'Ormuz.

Le flux maritime avait fortement rebondi à ce moment mais la reprise des hostilités en juillet l'a de nouveau plombé.

Les marchés des produits pétroliers dérivés (essence, carburant aérien, etc.) "sont particulièrement tendus" et le "le besoin de reconstituer les stocks de produits raffinés est plus important que celui de reconstituer les stocks de pétrole brut" affirme M. Rasmussen.

Pour permettre une nouvelle baisse des cours, et un retour à la normale des flux énergétiques dans cette région, "des progrès significatifs sont indispensables" entre les Etats-Unis et l'Iran, expliquent les analystes d'ING.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

Short Url

Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.