Washington veut «forger» avec Pékin une relation commerciale «responsable»

La représentante américaine au Commerce (USTR) Katherine Tai s'est entretenue vendredi soir avec le vice-Premier ministre chinois (Photo, AFP).
La représentante américaine au Commerce (USTR) Katherine Tai s'est entretenue vendredi soir avec le vice-Premier ministre chinois (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 09 octobre 2021

Washington veut «forger» avec Pékin une relation commerciale «responsable»

  • «Les deux parties ont eu des échanges pragmatiques, francs et constructifs», a indiqué depuis Pékin l'agence de presse officielle Chine nouvelle dans un compte-rendu
  • Le déficit commercial américain avec la Chine s'est élevé à 218,9 milliards de dollars pour les huit premiers mois de cette année, selon des données publiées mardi

WASHINGTON: La représentante américaine au Commerce (USTR) Katherine Tai s'est entretenue vendredi soir avec le vice-Premier ministre chinois Liu He pour évoquer les pratiques commerciales chinoises que Washington juge déloyales, avec l'objectif d'instaurer "une relation commerciale gérée de manière responsable".

Il s'agit du deuxième entretien entre les deux négociateurs en chef chargés du commerce, qui auront fort à faire pour restaurer des relations mises à mal sous l'ancien président américain Donald Trump malgré la trêve signée en janvier 2020 entre les deux pays.

Katherine Tai et Liu He avaient déjà eu une première prise de contact en mai dernier.

L'entretien de vendredi était "une opportunité pour les Etats-Unis et la Chine de s'engager à forger une relation commerciale gérée de manière responsable, car elle affecte non seulement les populations dans nos pays, mais aussi partout dans le monde", a expliqué une responsable de l'USTR sous couvert d'anonymat.

"Les deux parties ont eu des échanges pragmatiques, francs et constructifs", a indiqué depuis Pékin l'agence de presse officielle Chine nouvelle dans un compte-rendu.

L'ambassadrice Tai a en outre détaillé les préoccupations des Etats-Unis concernant "les pratiques non marchandes de l'Etat chinois et la manière dont la politique de Pékin nuit aux travailleurs, agriculteurs et entrepreneurs américains", a précisé l'USTR dans un communiqué.

L'administration Biden, comme celle de l'ex-président Donald Trump avant elle, déplore les subventions massives accordées par le gouvernement chinois aux entreprises publiques, le transfert de technologies forcé, qui oblige les entreprises étrangères à partager leurs technologies pour faire affaire en Chine, ou encore le non-respect de la propriété intellectuelle.

Ces pratiques anticoncurrentielles ont creusé au fil du temps le déficit commercial américain avec la Chine.

En 2019, année précédant la pandémie, il s'était, pour les seuls biens, élevé à 344 milliards de dollars, selon les données du département du Commerce américain.

Pour les huit premiers mois de cette année, il s'est élevé à 218,9 milliards, selon des données publiées mardi.

Intérêts américains

L'entretien était aussi destiné à "évaluer" les progrès de la Chine dans la mise en oeuvre de l'accord de phase 1 qui avait été signé en janvier 2020, avec l'administration de Donald Trump. 

Katherine Tai et Liu He "sont convenus que les deux parties se consulteraient sur certaines questions qui sont restées en suspens", a précisé un communiqué. 

Si l'administration Trump avait décidé de sortir l'artillerie lourde envers Pékin, instaurant des droits de douane punitifs sur des centaines de milliards de dollars de marchandises chinoises, Katherine Tai a indiqué plus tôt cette semaine que l'administration Biden n'avait pas l'intention "d'enflammer les tensions commerciales" avec le géant asiatique.

Elle a toutefois signalé que Washington comptait faire respecter les engagements pris dans le cadre de l'accord signé avec Donald Trump.

Dans la "Phase 1" de ce traité bilatéral, la Chine s'était engagée à acheter pour 200 milliards de dollars supplémentaires de produits américains sur deux ans, dont des produits agricoles, des biens du secteur de l'énergie et de l'industrie manufacturière. 

L'objectif était de réduire le déséquilibre commercial entre les deux pays. Certains points de l'accord n'ont pas été réalisés en partie en raison de la pandémie.

S'agissant des droits de douane sur 370 milliards de dollars, Katherine Tai a lancé cette semaine une procédure d'exclusion de certains produits.

Plus qu'un geste de bonne volonté envers Pékin, elle a expliqué qu'il s'agissait d'accorder "au cas par cas" des exemptions pour les entreprises américaines qui n'ont pas de source d'approvisionnement alternative à la Chine.

Pékin a "négocié l'annulation des surtaxes douanières et des sanctions supplémentaires", a indiqué samedi sans plus de précisions Chine nouvelle dans son compte-rendu de l'échange.

De nombreuses petites et moyennes entreprises alertent depuis des mois sur le fait qu'elles sont contraintes de payer ces droits de douane qui menacent leur activité.

Vendredi, l'ambassadrice Katherine Tai a redit l'objectif du président Biden: mener une politique qui serve au mieux les intérêts américains.


Malgré les menaces de Téhéran, les discussions continuent "à un rythme rapide" selon Trump

Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
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  • Les pourparlers États-Unis–Iran sont fragiles, entre annonces d’accords et suspension du dialogue.
  • Malgré les discussions, les frappes et menaces d’escalade régionale se poursuivent, alimentant l’instabilité

TEHERAN: Donald Trump a assuré lundi que les négociations avec Téhéran pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient se poursuivaient "à un rythme rapide" et qu'une détente se profilait au Liban, comme exigé par la partie iranienne.

Un peu plus tôt, l'agence de presse iranienne Tasnim avait affirmé que les négociateurs du pays avaient "suspendu" le dialogue indirect avec Washington à cause des "crimes" qu'Israël "continue à commettre", sans que cette information ne soit confirmée de source officielle iranienne.

"Les Etats-Unis sont directement responsables d'une violation du cessez-le-feu contre l'Iran, et d'une violation du cessez-le-feu par le régime israélien contre le Liban", a estimé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont estimé que "les lignes rouges franchies" à Gaza et au Liban équivalaient "à une guerre directe", en référence aux frappes quasi quotidiennes d'Israël dans le territoire palestinien et à son offensive dans le pays voisin.

"En réponse", l'Iran "est déterminé à mener des opérations défensives" et à "ouvrir de nouveaux fronts", ont averti les Gardiens.

Mais Donald Trump a annoncé avoir obtenu auprès du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, l'engagement de ne pas envoyer de troupes à Beyrouth, et auprès du Hezbollah pro-iranien celui de "cesser totalement le feu".

"Israël ne les attaquera pas et ils n'attaqueront pas Israël", a-t-il écrit.

Peu après, l'ambassade du Liban aux Etats-Unis a confirmé que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de "cessation mutuelle des attaques" avec Israël.

- Le pétrole fébrile -

Les négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine, patinent depuis des semaines.

D'autant que Téhéran a redit lundi que le nucléaire iranien ne faisait pas partie "à ce stade" des discussions, contrairement aux attentes de Donald Trump, qui a affirmé dimanche soir qu'un protocole d'accord devrait stipuler "très clairement que l'Iran n'aura(it) pas d'arme nucléaire".

Autre dossier clé des discussions, la navigation maritime. Selon Tasnim, l'Iran compte continuer à verrouiller le détroit d'Ormuz, et envisage de perturber le trafic dans celui de Bab el-Mandeb, de l'autre côté de la péninsule arabique - ce qui bloquerait l'accès au canal de Suez via la mer Rouge et contraindrait les navires à d'énormes détours.

Un navire a été touché par un projectile dans le Golfe qui a déclenché une forte explosion, a indiqué sans plus de détails l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Dans ce contexte, le cours du Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole brut, est brutalement reparti à la hausse (jusqu'à environ +7%) avant de ralentir quelque peu et de terminer la séance en hausse de 4,24% à 94,98 dollars.

- Washington défend des frappes "défensives" -

L'Iran avait plus tôt dans la journée accusé les Etats-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril, après des frappes américaines ce week-end suivies de représailles militaires iraniennes.

L'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Les Gardiens iraniens avaient dit avoir riposté en attaquant une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire, sans nommer le pays visé - mais le Koweït a intercepté des missiles et drones "hostiles" et les a attribués à l'Iran.

La guerre a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranle l'économie mondiale.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".