Angela Merkel soutient Israël dans sa tournée d'adieu 

Mme Merkel, arrivée tard samedi soir à Tel-Aviv, a rencontré dimanche matin à Jérusalem le Premier ministre israélien Naftali Bennett dans le cadre de sa huitième et dernière visite officielle en tant que chancelière en Israël, pays où elle a laissé sa marque. (Photo, AFP)
Mme Merkel, arrivée tard samedi soir à Tel-Aviv, a rencontré dimanche matin à Jérusalem le Premier ministre israélien Naftali Bennett dans le cadre de sa huitième et dernière visite officielle en tant que chancelière en Israël, pays où elle a laissé sa marque. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 10 octobre 2021

Angela Merkel soutient Israël dans sa tournée d'adieu 

  • Après une rencontre avec de hauts responsables israéliens, dont le Premier ministre Naftali Bennett, Merkel s'est rendue à Yad Vashem
  • «La relation entre l'Allemagne et Israël était forte, mais sous votre mandat, elle est devenue plus forte qu'elle ne l'avait jamais été», a déclaré dimanche Bennett

 JÉRUSALEM: La sécurité d'Israël restera une priorité de "tout gouvernement allemand", a déclaré dimanche la chancelière Angela Merkel lors de sa dernière visite officielle à l'Etat hébreu, avec lequel l'Allemagne a approfondi ses relations pendant ses 16 années au pouvoir.   

Après une rencontre avec de hauts responsables israéliens, dont le Premier ministre Naftali Bennett, Mme Merkel s'est rendue à Yad Vashem, le mémorial israélien de la Shoah, génocide juif perpétré par l'Allemagne nazie durant la Seconde guerre mondiale. 

"Les crimes contre les Juifs qui sont documentés ici sont un rappel perpétuel de la responsabilité qui incombe aux Allemands, et un avertissement", a écrit dans le livre d'or de Yad Vashem la chancelière, se disant "émue jusqu'au plus profond d'elle-même" par chaque visite à ce lieu phare de Jérusalem.  

Pour sa huitième et dernière visite officielle en Israël à titre de chancelière, Angela Merkel était l'hôte du nouveau Premier ministre israélien Naftali Bennett qui l'a qualifiée "de véritable amie d'Israël". 

Dans les décennies suivant la Seconde Guerre mondiale, l'Allemagne et Israël ont noué de fortes relations diplomatiques, Berlin s'engageant dans la défense du seul Etat à majorité juif au monde. Et en 2008, dans un discours à la Knesset, le Parlement israélien, Mme Merkel avait déclaré que la Shoah "emplissait de honte" les Allemands.  

"La relation entre l'Allemagne et Israël était forte, mais sous votre mandat, elle est devenue plus forte qu'elle ne l'avait jamais été", a déclaré dimanche M. Bennett à l'égard d'Angela Merkel. "Il ne s'agit plus simplement d'une alliance, mais d'une véritable amitié et ça nous le devons à votre leadership", a-t-il ajouté.

Menace «existentielle»

Les deux responsables ont abordé dimanche la question épineuse du programme nucléaire iranien, qui a "franchi toutes les lignes rouges" selon une déclaration récente à l'ONU de M. Bennett. Ce dernier a répété dimanche que l'Iran représentait une menace "existentielle" contre Israël par sa volonté selon lui de se doter de l'arme atomique.

Les Etats-Unis tentent actuellement de revenir sur la décision de l'ancien président Donald Trump de se retirer de l'accord sur le nucléaire iranien de 2015 (JCPOA) qui avait levé les sanctions sur l'Iran en échange de restrictions sur son programme nucléaire.

Or, Israël, réfractaire au JCPOA, tente à ce propos de convaincre les Etats-Unis et la troïka européenne (France, Royaume-Uni et Allemagne) d'éviter de s'engager dans un nouvel accord avec l'Iran qui pourrait lui permettre à terme de se doter de la bombe nucléaire. 

"La question de la sécurité d'Israël restera toujours d'une importance centrale pour tout gouvernement allemand", a assuré la chancelière allemande, soulignant que l'Allemagne souhaitait un retour à un accord avec Téhéran sur son programme nucléaire, mais "que jusqu'à présent l'Iran n'avait pas donné signe de sa volonté de reprendre les pourparlers". 

Pas de Ramallah

Pour cette dernière visite, Mme Merkel n'avait pas prévu de détour par Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas en Cisjordanie occupée, bien que l'Allemagne reste favorable à la solution à "deux Etats", une Palestine indépendante et viable aux côtés d'Israël.

Aujourd'hui, plus de 675 000 colons israéliens vivent à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, territoires palestiniens occupés par Israël depuis 1967.

Et bien qu'elle s'oppose ouvertement à la colonisation, illégale au regard du droit international, Angela Merkel reste critiquée par des militants des droits humains qui lui reprochent de ne pas avoir un discours assez musclé sur cette question.

Interrogée par des journalistes, Mme Merkel a affirmé avoir abordé plusieurs sujets avec son interlocuteur mais que celui "des colonies n'avait pas été abordé encore (...), il s'agit d'une question plus délicate".

"Nous ne sommes peut-être pas d'accord sur le fait qu'il doit y avoir une solution à deux Etats impliquant les Palestiniens, mais je crois que nous sommes d'accord sur le fait qu'à long terme il doit y avoir un Etat démocratique d'Israël", a déclaré Mme Merkel, alors que M. Bennett a réitéré son opposition à un Etat palestinien. 

"La signification d'un Etat palestinien est d'avoir probablement un état terroriste à environ sept minutes de chez moi", a-t-il soutenu, affirmant toutefois que son gouvernement de coalition mettait en place "différentes actions" pour "faciliter" la vie des Palestiniens.  

Aucune rencontre n'est prévue non plus avec Benjamin Netanyahu, actuel chef de l'opposition israélienne, au pouvoir pendant la majeure partie (12 ans) des années Merkel.   


Téhéran veut garder le contrôle d'Ormuz, fin du round de négociations

Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
  • Le responsable américain, ainsi que le négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, ont quitté lundi le complexe hôtelier du Bürgenstock, dans les Alpes suisses, au terme d'un marathon de 18 heures
  • En attendant, M. Ghalibaf a réaffirmé que les conditions dans le détroit d'Ormuz ne retourneraient pas à celles d'avant-guerre et que la voie resterait "administrée" par son pays, selon des propos rapportés mardi par Irna

BURGENSTOCK: Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Ces discussions ont permis de poser des "bases très solides pour aboutir à un accord final réussi", s'est félicité lundi le vice-président américain JD Vance, les Etats-Unis annonçant dans la foulée une suspension de deux mois des sanctions sur le pétrole iranien.

Le responsable américain, ainsi que le négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, ont quitté lundi le complexe hôtelier du Bürgenstock, dans les Alpes suisses, au terme d'un marathon de 18 heures, laissant à des diplomates le soin de poursuivre des discussions "techniques" sur place.

Celles-ci se sont également achevées et les pourparlers se poursuivront ultérieurement au sein de groupes de travail, a indiqué mardi la diplomatie iranienne à l'agence officielle Irna.

En attendant, M. Ghalibaf a réaffirmé que les conditions dans le détroit d'Ormuz ne retourneraient pas à celles d'avant-guerre et que la voie resterait "administrée" par son pays, selon des propos rapportés mardi par Irna.

Le passage par Ormuz, où transite en temps normal 20% du pétrole et du GNL mondial, était libre de tout contrôle avant le déclenchement par les Etats-Unis et Israël le 28 février de la guerre contre l'Iran.

Mais "l'administration du détroit d'Ormuz ne redeviendra jamais ce qu'elle était avant la guerre", a assuré M. Ghalibaf, martelant que "l'Iran administrera" celui-ci.

L'Iran a par ailleurs indiqué mardi avoir conclu en Suisse avec les Américains un accord pour le déblocage "immédiat" de 12 milliards d'avoirs iraniens gelés.

Ceux-ci seront libérés "en deux tranches de 6 milliards", a détaillé auprès d'Irna le chef de la délégation iranienne chargé des discussions techniques, le vice-ministre de Affaires étrangères Kazem Gharibabadi.

M. Vance avait souligné que son pays s'assurerait qu'un éventuel déblocage d'avoirs iraniens "ne servirait pas à financer le terrorisme".

Ghalibaf à Oman 

Le cycle de négociations entamé ce week-end en Suisse nourrit les espoirs d'un règlement durable du conflit et a fait retomber le cours du baril de Brent de la mer du Nord sous la barre des 78 dollars, loin des plus de 126 dollars atteints au paroxysme de la guerre.

Les négociations, où le Pakistan et le Qatar jouent un rôle de médiation, doivent aboutir à un document final sous un délai de 60 jours renouvelables.

Dans ce cadre, le président iranien, Massoud Pezeshkian, doit effectuer une visite d'Etat à Islamabad mardi, selon la diplomatie pakistanaise.

Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio est pour sa part attendu de mardi à jeudi aux Emirats arabes unis, à Bahreïn et au Koweït, selon son ministère.

Et l'équipe de négociateurs iraniens, emmenée par M. Ghalibaf, s'est rendue de son côté à Oman pour parler précisément de la gestion du détroit d'Ormuz, selon Irna.

Pressé de mettre un terme à un conflit qui pèse sur le pouvoir d'achat de ses citoyens, Washington a multiplié les gestes envers Téhéran.

Concernant le pétrole, principale ressource de la République islamique, "toutes les transactions" concernant la production, la vente et le transport d'hydrocarbures d'origine iranienne "sont autorisées jusqu'au 21 août", a détaillé le ministère américain des Finances.

Selon M. Vance, Téhéran a accepté d'inviter à nouveau des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ce que l'Iran n'a pas confirmé.

"Premier test réel" 

Mises en place par l'accord de 2015 déchiré par M. Trump en 2018, ces inspections avaient été suspendues par l'Iran après les bombardements israélo-américains de ses installations en juin 2025.

Les inspecteurs de l'AIEA n'ont depuis pas pu visiter les sites touchés, laissant planer le doute sur l'état des stocks d'uranium hautement enrichi de la République islamique, un point de contentieux majeur avec Washington.

Téhéran a toujours nié chercher à se doter de l'arme nucléaire, tout en restant inflexible sur son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète.

Sur le front libanais, que Téhéran a insisté pour associer aux discussions, une "cellule de gestion des conflits" va être mise en place pour faire cesser les combats entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre début mars.

Lundi, le président libanais Joseph Aoun a ainsi fait savoir avoir reçu un appel de M. Vance au sujet de "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard".

L'offensive au Liban, destinée selon Israël à empêcher les attaques du Hezbollah, a fait plus de 4.100 morts selon les autorités et plus d'un million de déplacés.

Pour le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, le respect de ce cessez-le-feu sera "le premier test réel" de la solidité du protocole d'accord américano-iranien.


Pourparlers Iran-Etats-Unis : «des bases très solides» en vue d'un accord final, selon JD Vance

Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
  • "Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis
  • Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna

BURGENSTOCK: Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance.

"Nous avons posé des bases très solides pour aboutir à un accord final réussi. L'accord final, c'est la maison. Nous en avons posé les fondations. Nous n'avons pas encore construit la maison, mais nous avons posé des bases solides pour atteindre une issue favorable pour le peuple américain", a-t-il déclaré aux journalistes.

Après la signature d'un protocole d'accord la semaine dernière et un démarrage dans le chaos, ces négociations, lancées dimanche dans le complexe hôtelier du Burgenstock, dans les Alpes suisses, doivent aboutir, sous un délai de 60 jours renouvelables, à un document final.

"Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis.

Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna.

Des négociations vont toutefois se poursuivre au niveau technique.

"Nos équipes, en collaboration avec les Iraniens, les Qataris et les Pakistanais, ont réalisé d'importants progrès hier. Elles continueront à travailler au niveau technique avec les équipes présentes ici au Burgenstock", a indiqué JD Vance.

"Ces négociations techniques se poursuivront ensuite au cours des semaines et des jours à venir. Nous voulions mettre en place une structure pour garantir une supervision politique adéquate", a-t-il ajouté.


Iran et Etats-Unis s'accordent sur une feuille de route pour un accord définitif sous 60 jours

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
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  • Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient
  • "La médiation pakistanaise et qatarie a permis des progrès majeurs afin de mettre un terme à la guerre au Liban"

BURGENSTOCK: Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, lors de leur première séance de négociations en Suisse, ont annoncé lundi les médiateurs pakistanais et qatari.

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint.